Avec  10.000 mètres cubes de déchets chaque jour  

Le recyclage, un business d’avenir a Kinshasa

 L’assainissement intégral d’une  ville passe par une gestion intégrale des déchets qui y sont produits au quotidien. Le recyclage des déchets est une action activité importante dans la filière verte ou l’économie  verte. A travers le monde,  plusieurs politiques  de recyclage et valorisation des déchets sont initiées afin de répondre à la problématique de gestion des déchets dans les grandes métropoles.

163353_103082226535755_386006794_nC’est dans cette optique que l’ONGD  service d’assainissement d’encadrement et de formation SADEF en collaboration avec UMOJA développement durable et la fondation CODESPA  ont organisé une journée de sensibilisation sur le recyclage des déchets plastiques, au carrefour des jeunes situé dans la commune de Matonge.

Placé sous le thème  le méfait des déchets plastiques sur l’environnement, les organisateurs de cette journée avaient pour but non seulement de démontrer à la population présente à cette activité, mais aussi les différentes opportunités d’affaires que peut offrir ces déchets une fois recyclés.

Pour les initiateurs de cette journée, le choix pou le lancement de cette campagne n’est pas sans fondement. A Kinshasa, où chaque jour près de 10.000 mètres cubes de déchets sont produits chaque jour, seulement 40 pourcent parmi eux sont  traité, ainsi un recyclage à grande échelle permettrait non seulement d’assainir la ville, mais également d’être une source importante des revenus.

L’homme et l’environnement étant appelés à une cohabitation pacifique en raison de leur influence mutuelle, le recyclage des déchets revêt plusieurs avantages pour la population, car il rend vivable le cadre de vie et permet d’opérer d’un environnement assaini.

Informés des différents avantages et désavantages du recyclage des déchets,, la population ayant pris part à cette activité s’est dite prête à mettre en pratique différents savoir engrangés au cours  de cette séance de sensibilisation pour maintenir sain leur cadre de vie.

Apres plusieurs discours qui se sont succédés,  l’heure était de passer à l’acte en procédant au lancement de l’opération achat des sachets. Cette opération lancée dans cette partie de la capitale, consiste à échanger un 1 kg des sachets moyennant un montant de 500 francs congolais.

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Bien que cette initiative ait suscité l’adhésion massive de la population, au regard de la quantité de sachets qui ont été échangés à ce jour, cependant le montant de 500 francs congolais semble décourager certaine personne. Revoir un peu à la hausse ce montant, motiverait sensiblement d’autres personnes qui hésitent encore de prendre ce train, ont souligné quelques recycleurs.

L’option pour le recyclage des sachets en priorité relevé du fait que la quantité de cette sorte de déchets augmente plus vite que d’autre composantes d’ordures ménagères car, plus de la moitié de ce type de déchets provient des emballages.

La plupart de sachets présents dans les ménages congolais sont chimiquement stables et ne se déchirent ou ne décomposent pas facilement, cette caractéristique engendre des problèmes environnementaux sur le long terme.

A l’issue de journée,  les organisateurs ont invité  la population à disposer des poubelles à domicile, ce qui leur permettrait un recyclage facile, tout évitant que des montagnes d’immondices jonchent la ville  comme c’est le cas dans certains coins de Kinshasa.

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A Kinshasa où vont les déchets

On a longtemps considéré les déchets comme  des matériaux qui ne servent plus et qu’il faut jeter. Il existe de manière classique quatre façon de débarrasser des déchets à savoir : les jeter, les bruler, les enterrer et les composter.

De ces quatre procédés permettant de se débarrasser de déchets, les trois premiers renferment des inconvénients non négligeables pour l’environnement.

Acheter un produit, le consommer en produisant des déchets est un acte auquel  personne ne peut s’en détourner. Mais le comble est qu’à  Kinshasa, peu de gens seulement savent qu’il est possible de récupérer ces déchets et les réutiliser en vue de fabriquer des nouveaux produits du même type ou de type différent. Cette situation fait que le recyclage soit une activité peu connue et presque non pratiquée dans cette ville de plus de 10 millions d’habitants.

Portant, il existe une politique de gestion des déchets mise en place par le gouvernement en partenariat avec ses partenaires. Parmi eux, figure au premier plan le projet d’entretien et de réhabilitation des infrastructures routières en RDC et d’amélioration de l’assainissement urbain à Kinshasa (PARAU)

Cette structure financée par le dixième fond européen de développement, est la plus grande qui s’occupe de la gestion des déchets dans la ville de Kinshasa. Elle a construit des stations de transfert de déchets dans certaines communes de la capitale. L’accès à ces stations étant gratuit, ces lieux de décharges reçoivent   les ordures venant de toute part. Ces déchets sont ensuite conduits à Mpasa dans la commune de la N’SELE où le PARAU dispose d’un centre d’enfouissement  technique  des déchets.

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Sur ce site, des casiers sont construits afin que des déchets y soient enterrés sans passer par un tri systématique ou simple. Pendant cette opération d’enfouissement, certaines normes écologiques sont tout de même respectées notamment le recueillement du luxiviat (un liquide très toxique secrété par la décomposition des déchets)   et la construction des conduits souterrains permettant au gaz produit par la décomposition desdits déchets à s’échapper car l’enfouissement se fait sans tri.

Cette pratique entreprise par le Parau est décrié par certains opérateurs économiques et écologistes. Selon eux, l’enfouissement de déchets porte un coup dur à l’environnement en polluant le sol   et l’air, et constitue aussi un manque à gagner pour l’Etat congolais.

A coté du Parau, il existe certains opérateurs économiques qui se lancent dans cette activité de recyclage des déchets.  A la différence du Parau, ceux-ci recyclent et transforment des déchets  en  d’autres produits comme les pavés les tuyaux PVC les papiers hygiéniques les plateaux d’œufs et autres produits. L’usine All Pack à kingabwa et l’ONG RECOVAD à Kimbanseke en sont des cas d’école.

Ces opérateurs économiques achètent plusieurs sortes de déchets notamment  des cartons des sachets et des plastiques qui sont valorisés en étant  par leur transformation en d’autres types de produits.

Outre les aspects environnementaux, le recyclage des déchets a également une importance capitale dans le développement d’une croissance verte. Mais  ces opérateurs qui tentent de se lancer dans cette filière sont confrontés à plusieurs difficultés financières. Pourtant une politique adéquate dans ce secteur dit vert aurait des effets directs sur la croissance économique et la création d’emplois verts.

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D’après un rapport publié récemment par l’agence européenne de l’environnement, cette filière de matière recyclable a évolué de prés de 100% entre 2010 et 2014 pour atteindre environ 60 millions d’euro. Il renchérit en disant que le recyclage et la valorisation des déchets ont des effets  directs sur la croissance économique.

En RDC, au regard du volume des déchets produits au quotidien, le recours massif au recyclage des déchets serait  une bonne opportunité d’affaires tant pour les opérateurs économiques que pour la population qui s’adonnerait à cette pratique. Non seulement il occasionnerait  un assainissement à large échelle de la ville, il créerait également  des emplois tout en  offrant à la population  un moyen de revenu efficace.  Cette façon de faire de l’économie est une preuve indéniable selon la quelle, il est possible d’allier la croissance économique à la préservation de l’environnement.

L’Etat congolais aurait beaucoup à gagner  s’il arrivait à promouvoir ce secteur qui jusque là semble non exploité.

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Le recyclage protège les ressources naturelles

Les ressources naturelles sont qualifiées d’épuisables, après une certaine durée de leur exploration. A coté de cette réalité, il faut également reconnaitre que la mauvaise gestion des déchets compte parmi  les conséquences sur l’environnement, celle  de l’épuisement des ressources naturelles.

Raison pour la quelle des spécialistes préfèrent le recyclage parce qu’il protège les ressources naturelles, en lieu et place de l’enfouissement des déchets. Ainsi, chaque tonne de papiers recyclés par exemple sauve 17 arbres, 28.000 litres d’eau, 41.000 kWh d’énergie et 3 mètres cubes d’espace dans une décharge. Actuellement, 290.000 tonnes des plastiques flottent sur les océans, cette pollution représente un danger permanent sur les écosystèmes marins et d’autres espèces marines qui  sont décimées à  chaque minute qui s’égrène.

Recycler les déchets reveut plusieurs avantages allant de la préservation de l’environnement  la croissance économique en passant par la protection des ressources naturelles.

 

Thierry KALONJI

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