Conservation : Rodrigue Mugaruka Katembo reçoit le Prix Goldman pour l’environnement

Le Congolais Rodrigue Mugaruka Katembo et cinq autres défenseurs de l’environnement ont été récompensés du Prix Goldman Environmental Prize 2017, le lundi 24 avril. La cérémonie a eu lieu à Opéra de San Francisco. Cette récompense est le prix le plus généreux au monde destiné à des défenseurs de base de l’environnement. Les bénéficiaires sont des « héros » qui se sont distingués dans la protection de l’environnement et leurs communautés.

Rodrigue Mugaruka Katembo Recevant le prix  » Goldman prize 2017″

Ces protecteurs de l’environnement sont originaires de la République démocratique du Congo, de l’Australie, du Guatemala, de l’Inde, de la Slovénie et des États-Unis. Il s’agit du Congolais Rodrigue Mugaruka Katembo ; de l’Indien Prafulla Samantara ; Uros Macerl, de Slovénie ; Wendy Bowman de l’Australie ; Mark! Lopez des États-Unis et Rodrigo Tot, un leader autochtone à Agua Caliente à Guatemala.

Les fins limiers d’Environews ont arraché les verres du nez du Congolais Rodrigue Mugaruka qui, au risque de sa vie, a mené une enquête clandestine pour documenter et diffuser des informations sur la corruption et les pots-de-vin, caractéristiques autour des tentatives de forages pétroliers dans le Parc national des Virunga. Un tollé général a forcé l’entreprise concernée à se retirer du projet.

« Ce Prix est le plus grand qui existe en matière de la conservation de la nature. Cela m’a été annoncé au mois de novembre. Les amis m’ont écrit pour confirmer que le Directeur m’avait dit que j’ai gagné le prix », s’est extasié Rodrigue Mugaruka. Et à ce dernier de poursuivre : « Mes impressions sont très positives en faveur de la conservation de la nature. Ce prix encourage d’avantage mon engagement en faveur des Parcs nationaux ».

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Des éloges

Ce militant de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) n’a pas caché sa satisfaction, mais surtout sa reconnaissance aux autorités congolaises pour avoir soutenu la création du parc National de Virunga. Il les invite à cet effet à accompagner le processus de conservation qui est entamée dans ce Parc.

« Le prix que je viens de gagner n’est pas pour le Congo mais pour l’Afrique. J’invite mon pays à travailler solidement pour la conservation de la nature ». Un travail bien fait est toujours suivi de plus prêt. « Les parcs sont des zones et centres très isolés, on est vraiment au fond du pays, et nous n’avions jamais cru un seul instant que le travail que nous faisons était suivi et connu du grand public ».

Surpris agréablement, Rodrigue affirme travailler pour le service de l’Etat. De manière particulière, il a une attention vers la conservation de la vie sauvage. Malgré les risques, il se voit engagé depuis 2003 dans ce domaine. « J’invite mes collègues cadres de l’ICCN à doubler d’effort pour que nos Parcs jouent pleinement leur rôle de contribuer au développement de notre pays et à la lutte contre le réchauffement climatique. Et par conséquent, à la préservation de notre planète », lance-t-il en substance.

Très engagé et déterminé pour le besoin de la cause, ce lauréat congolais insiste : « Je demande donc à mes collègues cadres, aux gardes et à tout le personnel de doubler leurs efforts pour maintenir la Faune et la Flore ainsi que l’intégrité des Parcs nationaux partout où ils sont affectés », a-t-il exhorté.

Quant à la communauté internationale, ce haut cadre de l’ICCN sollicite ardemment son implication à l’équipement des gardes et à améliorer leur social. Il a indiqué que l’implication de la communauté internationale aux ressources matérielles pour garantir la préservation de des parcs nationaux congolais est d’une utilité sans précédent.

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Une mission difficile

La mission normale d’un éco garde reste caractérisée par la préservation de la Faune et de la Flore, et cela se fait par la patrouille. Cette mission se résume par le fait que les gardes se lancent à la recherche des braconniers, de ceux qui entament les activités minières à l’intérieur du parc. « Ce n’est pas un travail facile, surtout qu’au Congo nos parcs sont très convoités par la population et même par certaines autorités. Et dans tout ça, ce sont des gardes qui subissent les conséquences. Il y a des groupes armés et la plupart de gardes sont en accrochage permanant dans les aires protégées des intrus », a précisé ce vaillant gardien.

Parlant du rôle de l’ICCN, Monsieur Rodrigue indique que la mission de cet Institution est de faire en sorte que toutes menaces ne touchent pas les Parcs. Que les activités minières se passent en dehors des Parcs. Malheureusement ceux qui cherchent les minerais voient de mauvais œil cette noble mission. Du coup, les personnels de l’ICCN, les gardes-parcs sont les premières personnes à abattre.

« Il y a des bénéfices directs et indirects que la protection d’un parc procure à la population riveraine. D’abord un parc national est un réservoir d’eau. Cette eau vient des sources pures, elle est potable et ne procure aucune maladie. Autour d’un parc national on fait l’agriculture qui est soutenue par le maintien ou la stabilité du climat », a révélé ce grand défendeur de l’environnement. Il ajoute que ce sont des forêts qu’ils protègent qui contribuent à la stabilité du climat, et cette stabilité du climat maintient le cycle de l’eau.

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Il est à noter que le Prix Godman est remis chaque année à des héros de l’environnement issus des six continents habités. Le Goldman Prize rend hommage à des militants de base pour leurs réussites significatives visant à protéger l’environnement et leurs communautés.

 

Edouard BAJIKA

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