Goma : le dioxyde de carbone (CO2) fait de nouvelles victimes

Le dioxyde de carbone continue d’endeuiller des familles dans la ville de Goma chef-lieu de la Province du Nord-Kivu. A la fin du mois d’avril dernier, deux personnes ont été trouvées mortes asphyxiées par ce gaz, pendant qu’ils travaillaient sur une fosse sceptique dans le quartier Keshero, avenue Rivuzimuami, non loin du marché Kituku.

Point de fuite du dioxyde de carbone dans le golf de Kabuno ( Photo/ Alfred NTUMBA – Environews)

Cette partie de la ville reste l’une des plus touchées par ces éruptions gazeuses mortelles. Selon un habitant de Keshero, depuis 1975, le gaz carbonique a déjà coûté la vie à plus de 100 personnes, et affecté les écosystèmes.

Le Chef de l’avenue Rivuzimuami, Kigiri Manga manga s’inquiète de cette situation déplorable. « Si le gaz tue beaucoup de gens ce dernier temps, c’est à cause des trous et fosses sceptiques creusés par les habitants pour construire des latrines qu’ils ne couvrent pas aussitôt. La quantité de gaz qui s’échappe ici est importante qu’il affecte même les arbres », a-t-il alerté.

Plusieurs personnes contactées sur place affirment que le dioxyde de carbone fait souvent des éruptions pendant la période de pluies et que son origine fait l’objet d’une confusion.

Pour les scientifiques, ces fuites de gaz ont un lien avec les activités volcaniques mais aussi avec la forte concentration du CO2 dans le Lac Kivu. « Nous avons mené des recherches dans les Mazuku (Ndlr, les endroits reconnus pour leurs capacités de laisser échapper des quantités importantes de CO2), considérés ici comme les fronts des coulée de laves volcaniques. Nous avons constaté que ces sont des fractures non couvertes par les laves qui laissent échapper ce gaz », a informé Mathieu Yalire, chercheur à l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG).

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Malgré leurs appels au secours, les habitants du quartier Keshero se disent dessus par l’attitude des autorités locales qu’ils jugent de « négligence et de non assistance des personnes en danger de mort ». « Souvent, on jetait des déchets solides sur les endroit à risques, notamment les fuites de gaz carbonique pour réduire leurs capacités de nuisance. Bien que cette solution contribuer à l’insalubrité, malheureusement elle semble plus marcher », a expliqué un habitant de Rivuzimuami qui a requis l’anonymat.

En attendant des solutions durables, la population victime de ces éruptions mortelles est appelée à cohabiter avec, tout en prenant des précautions nécessaires. « La population doit apprendre à construire en hauteur pour éviter d’être surpris par les fuite de gaz carbonique », a averti Mathieu Yalire.

Une menace persistante

Les asphyxies dues au gaz carbonique dans la ville de Goma et ses environs préoccupent également les habitants du village Nzulo, situé au pied du volcan Nyamulagira dans le Golf de Kabuno. Dans ce village, la population enregistre souvent des cas de mort d’hommes et de bétails de suite du CO2.

Dans une interview accordée à la Rédaction d’ Environews-RDC, le Directeur scientifique de l’OVG avait affirmé que le dioxyde de carbone contenu dans le Lac Kivu se situerait à 9 mètres de la surface dans le Golf de Kabuno situé à près de 20 kilomètre de Goma. Sur la route de Sake.

Le dégazage tarde à démarrer

Depuis le lancement des travaux de dégazage du Golf de Kabuno par le Ministre des hydrocarbures, le constat à ce jour est plus qu’inquiétant. Sur le terrain rien n’a réellement démarré. L’entreprise française Imnologicale Enginering SAS France, qui a gagné le marché pour cette opération urgente semble battre en retraite.

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Une situation qui laisse perplexes la population riveraine et les activistes de droit de l’Homme qui traitent d’indiffèrent le Gouvernement de la République démocratique du Congo à qui incombe la responsabilité de sécuriser ses populations surtout celles qui habitent dans cette zone où les éruptions volcaniques et les tremblements de terre sont souvent imprévisibles.

Nelphie MIE avec le concours de Gisèle BAGHENI (Goma)

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