Bassin du Congo : Ce qu’il faut retenir de la conférence extraordinaire de Brazzaville

Les ministres de l’Environnement et des Finances de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) et de la CEA (Communauté Est – Africaine), réunis à Brazzaville le jeudi 05 octobre 2017, ont entériné la feuille de route produite lors des travaux du segment des experts la sous-région, en vue d’opérationnaliser la Commission du Bassin du Congo, et le Fonds bleu pour le Bassin du Congo.

La Commission du Bassin du Congo est l’un de trois blocs créés en novembre 2016, à Marrakech, lors du premier Sommet africain de l’action en faveur de la co-émergence de l’Afrique, tenue en marge de la COP22.

Soulignant la nécessité d’accélérer l’opérationnalisation de cette commission, les ministres ont recommandé au président de ladite Commission de poursuive ses efforts de l’accélération de son opérationnalisation. Ils ont émis le vœu de voir les pays de la Communauté Economique des Etats d’ Afrique Centrale et ceux de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est se mobiliser davantage en vue d’assurer leur pleine participation aux travaux de la Commission du Bassin du Congo. Et que le Fonds bleu devienne l’instrument financier de cette institution.

Les ministres ont convenu également que la Commission du Bassin du Congo change de dénomination, en Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC).
En vue de planifier des actions urgentes à mener dans le cadre de l’opérationnalisation du Fond bleu pour le Bassin du Congo, une réunion sera organisée à Bonn, en marge de la COP23. Cette réunion devra aussi permettre la planification de l’organisation au mois de Janvier 2018, de la première conférence internationale de la CCBT, sur la mobilisation financière.

Bannir les égoïsmes nationaux

La ministre congolaise du Tourisme et de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault a invité les délégués des Etats à bannir toute sorte de doute, d’égoïsme national, et de conflit de leadership, qui ont tant caractérisé les pays de deux sous-régions, pour donner la chance à l’émergence collective des économies des pays membres de la Commission Climat du bassin du Congo. « Je le dis comme je le pense. S’il y’a un sujet à propos duquel nous devons définitivement bannir nos démons récurent de la division, de la jalousie, des égoïsmes nationaux et de petits calculs Politien, c’est bien celui de la défense vitale de notre écosystème », a-t-elle insisté.

Arlette Soudan-Nonault invite les Etats à plus d’engagement, de volonté et d’unité. « Face aux inégalités criantes mise à nu par les effets néfastes du réchauffement climatique, il nous faut établir un rapport de force crédible », a-t-elle martelé. Message relayé également par la Secrétaire Général Adjointe de la CEEAC, Mfoula Thérèse Chantal. « La Commission Climat du Bassin du Congo nous permet par sa structure géographique, d’implémenter la coopération avec d’autres communautés économiques régionales à l’occurrence, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est. Nous devons plus, pour valoriser cette fenêtre d’opportunité. Il faut en faire un modèle d’outil pour illustrer le lien entre la protection de l’environnement et le développement économique, pour l’amélioration des conditions de vies de nos population », a-t-elle souligné.

Fonds bleu et inquiétudes sur les fonds existants

Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo qui se veut opérationnel, vient se joindre à d’autres fonds existants dans la région. En Afrique centrale, ce mécanisme s’ajoute notamment au Fonds pour l’économie verte d’Afrique centrale (FEVAC). Cependant, la mise en place de ce nouvel outil de mobilisation des fonds en faveur de la conservation en Afrique centrale laisse perplexes certains observateurs qui, selon eux, pensent que le Fonds bleu serait un mécanisme de plus, destiné à étouffer ceux existants.
« Quand j’entends certains critiquer déjà de l’intérieur, et remettre en cause le bien-fondé de notre initiative, sous prétexte qu’il y’aura déjà d’autres fonds, je m’inquiète. Bien sûr, le Fonds bleu comme tous les autres, se doivent d’être opérationnels ». A relevé la Ministre congolaise du Tourisme et de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault.

La société civile dans sa diversité soutien la mise en place et l’opérationnalisation du Fonds bleu pour le Bassin du Congo. Toutefois, les acteurs avertis souhaitent voir évoluer côte à côte, les différents fonds en vue d’atteindre les objectifs leur consignés tout en capitalisant les acquis institutionnel de ceux-ci.

« Nous voulons bien nous rassurer que nous ne sommes pas en présence d’une initiative de plus, ou d’une initiative de trop. Nous voulons bien nous assurer que cette initiative prend en compte tout ce qui a été fait en amont pour voir ce qui peut être mis en lien afin de bâtir des synergies », a renseigné le Président de CEFDHAC (Conférence sur mes Ecosystèmes de Forêts Denses et Humides d’Afrique Centrale), Louis-Roger Essola Etsoa.

Prise de conscience collective

Créer un fonds est une chose, mais l’alimenter en ressources financières en est une autre. Sachant les difficultés de contributions que connaissent les Etats pour honorer leurs engagements vis-à-vis des institutions créées à l’initiative des Chefs d’Etats, notamment la COMIFAC, CEEAC, CEMAC, et autres, certains observateurs se préoccupent de l’avenir du bleu, une des initiatives louables de la sous-région. La Secrétaire générale Adjointe de la CEEAC, en appel cependant à la bonne volonté des tous, et la prise de conscience collective. « Nous comptons sur tous les chefs d’Etats afin que le fonds soit ravitaillé », a lancé Mfoula Thérèse Chantal.

Pour rappel, le Fonds bleu pour le Bassin du Congo a été créé en mars 2017 à Oyo en République du Congo. Il vise à permettre aux Etats de la sous-région du Bassin du Congo de passer d’une économie liée à l’exploitation des forêts à une économie s’appuyant davantage sur les ressources issues de la gestion des eaux, et notamment de celles des fleuves.

Alfred NTUMBA

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6 réflexions au sujet de « Bassin du Congo : Ce qu’il faut retenir de la conférence extraordinaire de Brazzaville »

  1. Merci pour ce rapport intéressant.

    Dans le cadre de la COMIFAC nous attendons une bonne articulation entre les acteurs publics et ceux de la société civile notamment les ONG nationales de protection de l environnement. Accréditer les ONG nationales et faciliter leur accès aux ressources financières. Intégrer la CEMAC à la CEEAC et éviter les chevauchements inutiles entre ces deux institutions.
    S’assurer que nos négociateurs pour les différents fonds environnementaux sont bien brieffés et soutenus par l’expérience des ONG nationales en la matière.

  2. Oeuvrons tous d’avantage pr un bien être commun, dans cet espace continental que nous partageons tous, et dont nous pouvons nous départir.

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