Pénurie d’eau : l’approvisionnement en eau à Kindele, un véritable chemin de croix

Nous sommes au trafic de l’Université de Kinshasa, sous un soleil accablant avec une chaleur de plus de trente degré, nous croisons Lili, une femme âgée d’une quarantaine révolue. Robe orange, cheveux ébouriffés, elle a quatre bidons jaunes ayant chacun une capacité de 25 litres.

Avec ses bidons, Lyly est à la recherche de l’eau pour les besoins de sa famille. Habitant l’arrêt mabanga dans le quartier Kindele à Mont-ngafula, elle a parcouru une distance de près de 3 Kilomètre jusqu’ici à l’UNIKIN pour s’approvisionner en eau.

« C’est à ça que se résume notre vie ici à kindele. Nous parcourons de très longues distances pour avoir de l’eau. Moi, je fais en moyenne quatre tours par jour. On se demande si par qui sommes-nous administrés  car cette souffrance devient insoutenable», s’interroge Lyly, visiblement épuisée.

Comme elle, ils sont des milliers à s’adonner à cet exercice chaque jour, il y a plus de dix mois. Enfants, jeunes, papa et maman, tous font de la quête hydrique la première tâche de la journée avant toute autre. Une quête si difficile que seules les personnes naturellement dotées de la force physique sont capables de faire, vue la distance à parcourir avec un bidon sur la tête ou sur les épaules.

Cette situation est consécutive à l’érosion qui a coupé la route Kimwenza à hauteur de l’arrêt Kasaï. Elle a inexorablement emporté avec elle le réseau de distribution d’eau dans ce quartier en provenance de l’usine de traitement de Lukaya situé à Kimwenza gare. Les constructions anarchiques et le manque de canalisation d’eau de pluie sont à l’origine de cette érosion qui a fait de l’approvisionnement d’eau potable dans ce quartier un véritable chemin de croix.

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Pour rappel, en 2005 une érosion avait coupé en deux la route Kimwenza au niveau de l’arrêt makaya. Cette situation avait astreint les habitants de ce quartier à passer plus de 8 ans sans qu’une seule goutte d’eau ne coule de leurs robinets. L’inauguration de l’usine de traitement de Lukaya en 2015 avait mis fin à la souffrance de cette population qui s’était dite que cette fois-là la pièce était tombée du bon côté. Malheureusement, ce soulagement n’aura duré que l’espace d’un feu de paille quand des pluies décident de couper à nouveau la route en 2017, pour replonger les habitants de ce quartier dans une situation de stress hydrique.

C’est en la pluie, responsable de leur malheur que les habitants ont foi pour soulager tant soit peu leurs souffrances, en attendant que la Regideso vienne à la rescousse. Une rescousse qui pourrait arriver pas avant longtemps, connaissant la lenteur avec laquelle cette entreprise s’emploie pour accomplir sa mission dans cette partie de la capitale.

Thierry-Paul KALONJI

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