Environnement : les 10% des ordures ménagères en RDC sont des plastiques

Les 10 % des ordures ménagères en République démocratique du Congo sont des emballages plastiques a affirmé le Ministre de l’Environnement et Développement durable, Amy Ambatobe Nyongolo, lors de son adresse à la nation, à l’occasion de la journée mondiale de l’Environnement.

Docteur Amy Ambatobe Nyongolo, ministre congolais de l’Environnement et Devenoppement durable s’adressant à la nation à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement.

Ces indications traduisent le diagnostic du cadre institutionnel du secteur de l’assainissement en République Démocratique du Congo, commandée par le Ministère dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de l’assainissement.

« La situation actuelle de la gestion des déchets plastiques dans notre pays est préoccupante et les progrès observés dans ce domaine sont encore faibles. Les matières plastiques ont désormais envahi notre quotidien. Les effets néfastes  des plastiques  sur l’environnement pèsent sur l’économie du pays en raison des coûts pour y remédier. L’urgence et la gravité de cette situation justifient d’ériger l’assainissement en cause nationale majeure. Elle nécessite les changements des comportements et l’adoption de mesures urgentes », a-t-il déploré.

Rappel à l’ordre

Le Ministre de l’Environnement et Développement durable a saisi cette occasion pour rappeler à toute la population congolaise et aux industriels l’interdiction de la production, la commercialisation et l’utilisation des emballages plastiques sur l’ensemble du pays. « C’est dans cet ordre d’idées, que le Gouvernement de la République a pris,  à travers le décret n°17/018 du 30 décembre 2017, la résolution d’interdire la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs, sachets, films et autres emballages en plastiques pour la vente d’aliments, d’eau et de toute boisson en République Démocratique du Congo. Le Décret interdit également l’emballage en plastique non biodégradable. Ce décret est complété à ce jour par l’Arrêté ministériel n°017/CAB/MINET/ECONAT/2018 relatif aux mesures d’exécution dudit Décret et prend effet à partir du 30 juin 2018 », A-t-il indiqué.

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Selon Amy Ambatobe, cette prise de position au plus haut sommet des institutions de l’Etat, traduit la volonté du Gouvernement à éradiquer si pas réduire sensiblement les méfaits de cette pollution pour assurer un environnement sain et une bonne santé aux populations, conformément à l’article 53 de la Constitution.

Une menace mondiale

La journée mondiale de l’Environnement célébrée chaque 05 juin, est une occasion  pour les nations de soulever les questions essentielles de la protection de l’environnement et ses conséquences sur la qualité de vie des populations et la survie de notre planète. A travers le thème retenu pour cette année à savoir « la lutte contre la pollution plastique », la Communauté internationale exhorte  les Gouvernements, les industries, les Communautés et les individus à explorer ensemble des alternatives durables pour réduire de toute urgence la production et l’utilisation excessives des plastiques à usage unique, responsables, de la pollution de nos cours d’eau, des océans, des sols et menaçant ainsi la santé humaine.

Les plastiques représentent 60 à 85% des déchets ramassés. D’après la dernière étude de la fondation Ellen Macarthur, il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons dans l’océan. Et depuis 50 ans l’utilisation du plastique a été multipliée par 20 et la production mondiale de plastique est maintenant de 311 millions de tonnes par an. La majorité de ces déchets polluent les terres et les océans car ils sont, pour la majorité, ni collectés, ni recyclés.

Cette situation est à la base de graves conséquences sanitaires et favorisent la propagation des maladies, obstruent les caniveaux, entraînant la stagnation de l’eau et, partant la prolifération des moustiques et toute sorte des bactéries.

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L’élevage souffre également de l’abondance des plastiques avec des conséquences mortelles pour les chèvres et les autres animaux qui s’étouffent de la consommation des déchets sachets. Les sachets enfouis rendent le sol imperméable en empêchant l’infiltration des eaux des pluies et cela a comme conséquence l’écoulement des eaux en surface entraînant le débordement des caniveaux déjà bouchés par des plastiques ainsi que des fortes intonations dont nous déplorons souvent les méfaits multiformes  dans nos agglomérations urbaines.

Ainsi la journée mondiale de l’Environnement 2018, vise à amener les peuples à devenir les agents actifs du développement durable et équitable et mettre les communautés au centre des solutions aux problèmes environnementaux.

Alfred NTUMBA

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