Environnement : Les associations environnementales contre l’étude d’impact environnemental de Total

Les associations environnementales françaises mettent en cause l’étude d’impact environnemental de la société pétrolière Total sur son projet d’importation de près de 550 000 tonnes d’huile de palme pour la production du biocarburant, soit une augmentation de 64% des importations françaises. Pour les défenseurs de l’environnement, avec de tels volumes, des dizaines de milliers d’hectares de forêts tropicales pourraient être détruits, avec des conséquences dramatiques sur le climat et la biodiversité.

« Total a réussi à enfumer le gouvernement avec une étude d’impact environnemental tronquée et la promesse de certifications controversées, voire frauduleuses. Loin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce projet va au contraire accélérer la déforestation et donc les changements climatiques. Cette réalité ne peut pas être ignorée par le juge administratif », a estimé Sylvain Angerand, pour les Amis de la Terre.

Les dépositaires du recours au dossier Total, craignent un risque de conflit d’intérêt car cette étude ne mentionne pas un plan d’approvisionnement détaillé ni les effets néfaste de l’huile de palme.

« Au-delà de la préfecture des Bouches-du-Rhône, l’Etat français a voulu passer en force sur le projet scandaleux de raffinerie géante à La Mède, pour ménager les intérêts particuliers de Total, au détriment de l’Accord de Paris ou de l’engagement de la France à éliminer la déforestation importée, partie intégrante du Plan Climat », a fait savoir Clément Sénéchal/Greenpeace France.

Dans un récent rapport de l’UICN, il est démontré noir sur blanc les méfaits de l’huile de palme et pour les experts il fallait limiter son usage à la consommation et éviter sa production pour le biocarburant. Selon la coordonnatrice du réseau Forêts de France Nature Environnement, Total a échoué à démontrer que des projets alternatifs et moins nuisibles pour la planète avaient été envisagés.

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« L’huile de palme est en réalité la pire voie de reconversion pour le site de La Mède. Au regard des récentes décisions prises à l’échelle européenne, l’huile de palme dans les agrocarburants est condamnée à disparaître d’ici quelques années. Total doit proposer un projet qui préserve les emplois et soit économiquement viable, écologiquement durable », explique-t-elle.

La transition écologique est un défi pour la zone industrialo-portuaire. Pour ces activistes, sa transformation est un enjeu fort dont toutes les parties prenantes doivent se saisir pour qu’elle soit juste.

Face à l’irresponsabilité du gouvernement, les associations environnementales demandent à la justice administrative l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation de la raffinerie de La Mède et la réouverture des discussions pour une reconversion juste et durable de cette raffinerie.

 

Jennifer LABARRE

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