Conservation : Pétrole dans les Virunga et la Salonga, que retenir du nouveau Conseil des ministres ?

Plus de peur que de mal dit-on, la quinzième réunion extraordinaire du Conseil des ministres n’a pas clairement levé l’option de désaffecter partiellement  les parcs nationaux des Virunga et Salonga. Réunis ce samedi 14 juillet, au tour du premier ministre Bruno Tshibala, les ministres congolais ont néanmoins adopté les décisions prises lors du 11ème  Conseil des ministres tenu le  08 juin 2018. Lors duquel, il a été décidé la mise en place d’une commission interministérielle devant statuer sur la désaffectation partielle des Virunga et de la Salonga.

« Abordant le premier point de son ordre du jour, le Conseil a adopté le relevé des décisions prises respectivement lors de sa 11ème Réunion ordinaire et de sa 14ème  Réunion Extraordinaire », indique le compte rendu de ce 15ème Conseil dont Environews s’est procuré une copie.

Une prise de conscience ou la stratégie de dupe ?

Après  l’annonce de la mise en place d’une commission interministérielle devant travailler pour désaffecter partiellement ces deux sites du patrimoine mondial, plusieurs voix se sont levées pour décrier la décision dite «hâtive et nocive », prise par le gouvernement.

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La position contraire des organisations de la société civile nationale et internationale, et les réactions musclées des certaines missions diplomatiques installées à Kinshasa et ailleurs, ont il fait changer d’avis la RDC qui à tout prix voudrait bien exploiter souverainement ses ressources pétrolières, s’interrogent les observateurs ?

Difficile de répondre à cette question par oui ou non, d’autant plus qu’aucune décision n’est encore prise quant à l’effectivité ou non de l’exploitation pétrolière dans ces parcs. Mais à la lumière de choses, tout porte à croire que le gouvernement n’est pas prêt à marcher sur ses engagements internationaux.

Voilà qui présage le rétropédalage du ministre des hydrocarbures, Aimé Ngoie Mukena, l’initiateur même de ce projet d’exploitation du pétrole dans les deux aires protégées emblématiques du pays. S’adressant à la presse, le ministre des hydrocarbures n’a pas caché sa considération aux valeurs intrinsèques de ces deux parcs.

« Le gouvernement est conscient de ses engagements internationaux sur la conservation et la protection du Parc national des Virunga, et n’exploitera pas le pétrole dans ce site. Cependant, il ne peut pas être empêché de réfléchir sur ses richesses pétrolières », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, « le premier Ministre a demandé de proposer des solutions qui ne fâchent pas».

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En attendant la décision finale, la société civile environnementale et tant d’autres partenaires de la conservation ne comptent pas désarmer. Ils comptent mener des lobbies à tous les niveaux afin que tout projet allant dans le sens d’une quelconque exploitation pétrolière ne puisse exister, du moins dans les aires protégées de la République démocratique du Congo.

Ces acteurs exhortent en outre le gouvernement congolais à investir dans la conservation et le développement de l’écotourisme, deux secteurs susceptibles de garantir un développement durable du pays.

Alfred NTUMBA

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