Conservation : Daniel, le premier Rangel de la RDC

Le 31 juillet de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale des écogardes.  Cette célébration est une occasion pour rendre hommage à ces  personnes au-devant de la ligne pour défendre la faune sauvage qui est en proie au braconnage et autres actes menaçant ces espaces utiles à la survie de l’humanité. Malheureusement,  ces hommes et femmes qui ont consacré leur vie à la protection et à la défense de la faune, vont  jusqu’à payer de leur propre vie pour cette cause noble.

Daniel, jeune congolais rangel, dans le Domaine de Chasse et Réserve de Bombo Lumene (photo, Jimmy HICKS).

Selon L’Internal Ranger Federation (IRF), 740 écogardes ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions entre 2009 et 2017.  Des chiffres qui doivent être revus à la hausse au regard des récents cas de décès enregistrés en 2018.

Mais qui sont ces personnes prêtes à sacrifier leur vie pour préserver  les faunes et flores ? Pour tenter de répondre à cette question nous nous sommes entretenus avec Daniel, un jeune congolais de 19 ans, engagé bénévolement dans le rang des rangers pour Wildlife  Angel, une ONG française dont le visionnaire est Sergio  Lopez. Wildlife Angel est opérationnelle en RDC, Bénin,  Namibie, Burkina Faso et le Niger.

Daniel travaille au sein de cette ONG en tant qu’aide moniteur. A coeur ouvert ce Rangel (Ranger Angel), nous parle de sa motivation à travailler dans la conservation.

Environews  RDC : Qu’est ce qui a motivé ton engagement à travailler comme ranger ?

Daniel : Je voulais intégrer la légion étrangère en France pour ses valeurs, le dépassement de soi et l’esprit de sacrifice qui y règnent. Malheureusement je n’ai pas pu me rendre en France pour passer les tests. Du coup, j’ai cherché l’équivalent de cette légion Française ici, et  j’ai découvert l’ONG WILDLIFE ANGEL à travers son Directeur régional à Kinshasa. C’est lui qui m’a appris les bases et poussé à m’engager plus à fond pour la cause.  J’aimais déjà la nature, l’ONG m’a permis d’allier mon goût de la discipline avec la protection des espèces.

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E : Le ranger dans notre pays est un métier souvent confronté à plusieurs défi au regard de l’insécurité qui pullule dans nos aires « protégées », n’as-tu pas peur de payer de ta vie juste pour sauver les animaux ?

D : Comme n’arrête pas de répéter  mon instructeur ici, la peur n’aide pas à éviter un danger. Le fait de s’appuyer mutuellement et de travailler avec des vrais professionnels de ce genre des conflits me permet de me sentir en sécurité quand je patrouille. Si j’étais prêt à donner ma vie pour la France,  et à combien plus fortes raison le serai-je pour protéger les réserves de mon pays.

E : N’as-tu pas rencontré des résistances au sein de ta famille vu les risques qui entourent ce métier que tu as choisi ?

D : Non, car en parallèle je continue mes études. Mon engagement dans les rangs des écogardes de cette ONG n’est pas un métier, mais une passion pour moi.  Si ma famille était  disposée à ce que je parte dans un corps d’élite loin de chez mois, elle ne peut qu’être assurée de me voir ici.

E : Qu’est ce qui t’a le plus marqué jusqu’à présent dans ta formation de ranger ?

D : Je n’avais jamais tiré  avec une arme à feu avant. ça, c’est une très bonne sensation. Une fois que vous prenez confiance en vous, et vous mettez de côté vos peurs ?

E : Aujourd’hui est un jour dédié aux écogardes du monde entier. Pour toi, qu’elle est la valeur que revêt cette journée ?

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D : C’est pour moi un honneur et une fierté d’appartenir à cette grande fraternité. A travers cette journée, je rends un hommage à tous ceux  et toutes celles qui ont payé de leur vie pour la cause que nous défendons.

E : quel est ton dernier message à l’endroit d’autres jeunes comme toi, en cette journée dédiée  à votre métier ?

D : Mon message est simple : défendre la nature c’est défendre son pays, sa richesse en termes de biodiversité. Alors j’engage tous les jeunes comme moi amoureux de la nature de rejoindre le combat.

Propos recueillis par Alfred NTUMBA

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