Forêt : SOMICONGO, la vraie fausse homologation d’Amy Ambatobe ?

Le Certificat d’homologation a été signé en avril dernier par Amy Ambatobe, ministre de l’Environnement et Développement durable de la République démocratique du Congo, en faveur de SOMICONGO FOREST CONSERVATION SARL, sur une superficie de 294.014 hectares dans la concession 52/2014, à Inongo dans la Province de Mai Ndombe. Depuis, la  question s’invite sur la place publique. Bien que l’acte posé par le ministre ne soit pas contraire aux prérogatives lui dévolues,  cependant, il laisse sans mot les observateurs de par la précipitation avec laquelle il a été signé révèlent les analyses.

Certains acteurs de la société civile environnementale décrient leur indignation face à ce qu’ils qualifient de supercherie. « Je pense qu’il nous faut rapidement arrêter une position. Il n’est pas à ce jour possible pour la RDC de délivrer un Certificat d’homologation. C’est inacceptable », s’indigne un expert. « Certaines conditionnalités pour confirmer l’homologation de cette concession sont loin d’être remplies ».

D’aucun pense que le Ministre s’est arrangé avec SOMICONGO pour changer la nature de sa concession en vue d’échapper aux réclamations des communautés locales pour lesquelles les clauses sociales n’ont pas été respectées par le concessionnaires.

Sur place à Inongo, les communautés locales se disent surprises et n’est pas être consultées en rapport avec ce changement. Et pourtant, les recommandations formulées à la suite d’un projet de cartographie réalisé dans cette partie du pays prévoyaient également la rétrocession de terres, car les populations ne disposaient presque plus d’espaces pour  leurs activités. Chose qui  n’a pas été prise en considération dans la signature de ce document.

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Quid de la REDD dans la Concession de SOMICONGO ?

De SOMICONGO à SOMICONGO FOREST CONSERVATION, un grand pas a été franchi, mais sans soubassement. Selon les témoignages des villageois, cette entreprise privée d’exploitation forestière ne dispose pas d’activités REDD devant servir de motivation pour le ministre de lui octroyer une quelconque certification d’homologation REDD.

La conversion de cette concession d’exploitation en concession REDD devrait préalablement faire l’objet des activités REDD, ce qui n’est pas le cas pour SOMICONGO. D’aucun s’interroge sur la crédibilité à donner à ce certificat signé par Amy Ambatobe d’autant plus qu’Il n’existe nulle part de clauses négociées entre cette entreprise et les communautés locales qui ne cessent de se plaindre à ce sujet.

En attendant, les habitants de villages concernés par cette grande concession de SOMICONGO, une entreprise qui semble être au bout du souffle, interpellent le ministre de l’Environnement et Développement durable, sur les risques qui pourraient advenir du refus catégorique opposé à la requête de la rétrocession de leurs terres par autorités de SOMICONGO.

Alfred NTUMBA

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