Conservation : 230 Kilos d’écailles de pangolin saisies à Zongo (Sud-Ubangi)

Une cargaison de près de 230 kilogrammes d’écailles de pangolin a été saisie à Zongo dans la Province du Sud-Ubangi, par les éléments de la Police Nationale Congolaise, l’ANR et la Douane. Ce colis en provenance de la province voisine du Nord-Ubangi, plus précisément dans le secteur de Abomumbazi, territoire de Yakoma, a été intercepté par les services d’intelligence  avant qu’il ne traverse pour la ville de Bangui, Capitale de la République Centrafricaine. 

Saisi depuis le 03 août, ce colis était jusque là gardé au bureau de la Police en attendant l’instruction totale du dossier. Selon les informations à notre disposition, ce commerçant originaire du Nord-Ubangi ignore même l’existence de la réglementation en vigueur sur la détention et le commerce des espèces de faune et de flore en RDC.

Joint au téléphone, Jean-Louis Koyagialo, Ministre provinciale de l’Environnement du Nord-Ubangi condamne cet acte de barbarie occasionnée par le commerce illicite, qui selon lui, reste l’une des causes de l’érosion de la biodiversité dans sa province. Il en a profité pour exiger que ces écailles soit remises aux autorités de la province de provenance.

«  Je félicite le travail abattu par les services cités ci-haut tout en rappelant les dispositions légales qui régissent le commerce des espèces totalement protégées. A cet effet, je demande la restitution de ces trophées à l’autorité compétente », a-t-il déclaré.

La loi sur la conservation de la nature promulguée en février 2014, prévoit de mécanismes pour réglementer ce secteur, malheureusement, elle reste méconnue du grand public. « L’exploitation de tout spécimen d’une espèce de faune ou de flore sauvage intégralement, partiellement protégée ou autre, est subordonnée à l’obtention préalable d’un permis d’exploitation délivré par l’organe de gestion de mis en place en application de la Convention sur le Commerce Internationale des Espèces de Faune et de Flore Sauvages menacées d’extinctions », tel que prévoit l’article 64 de ladite loi, a insisté le ministre.

Lire aussi  Rapac :le « chèques services », un dispositif innovant dans la gestion des aires protégées d’Afrique centrale

Pour Jean-Louis Koyagialo, cette saisie est une énième preuve que le Nord-Ubangi est une Province de la méga biodiversité dont la plupart d’espèces sont totalement protégées.

« Je décrie l’inexistence des Organisations Non Gouvernementales internationales œuvrant dans le secteur de la Conservation de la Nature dans notre province. Je lance donc un appel pathétique aux partenaires techniques et financiers qui œuvrent dans ce secteur, d’appuyer la Province dans le processus de création de l’Aire protégée de l’Ubangi qui s’étend sur les territoires de Yakoma, Mobayi-Mbongo et Businga », a-t-il souligné.

Signalons qu’il y’a peu, une peau d’Okapi a été saisie entre les mains des chasseurs dans la même province. Ce trophée a permis de confirmer la présence de cette espèce emblématique et endémique dans le Nord-Ubangi, telle que l’inventaire mené par WWF l’avait révélé en 2015.

« Je demande également la désignation par la Convention sur le Commerce Internationale des Espèces de Faunes et de flores menacées d’extinction, CITES en sigle, d’un point focal dans la Province du Nord-Ubangi afin de renforcer la protection de la Méga Biodiversité », a lancé le ministre provincial de l’Environnement du Nord-Ubangi.

Aux dernières nouvelles, seuls 185 kilogrammes de ces écailles saisies ont été expédiés à Kinshasa.

Alfred NTUMBA

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *