Nairobi : La visite de la forêt de KARURA, première étape du GLF-2018

Les délégués des pays au GLF-2018 (Globa Landscape Forum), en français (Forum international sur la restauration du paysage forestier d’Afrique), ont visité ce dimanche, la forêt de Karura, située au centre-ville de Nairobi. Cette activité organisée en prélude de la grande conférence qui s’ouvre ce lundi dans la même ville, avait pour but de présenter aux participants venus du monde entier, le modèle kenyan sur la conservation de ce paysage forestier, et la politique participative de gestion et de restauration mis en place par le pays.

Les délégués des pays en pleine visite de la forêt classée de Karura au Kenya. (Crédit photo, Bill Mwamba Mubenga).

Durant plus de trois heures, les visiteurs ont parcouru 1041,3 hectares de cette forêt classée depuis 1932. « Contrairement à ce qui se fait ailleurs, où, pour construire une ville, il faut procéder par raser les forêts, ici, les constructions n’affectent pas les paysages forestiers », a remarqué Dieudonné Mwamba Bill, journaliste congolais, délégué à cette conférence.

Pour Philippe Guizol, chercheur en Chef au CIFOR (Centre de recherche forestière internationale), les paysages forestiers sont à l’interaction entre le social et le naturel. Ce chercheur invite ses collègues à continuer à creuser dans l’amélioration des espèces,  et la meilleure connaissance de celles-ci. Toutefois, il martèle sur le fait qu’il faut aussi travailler sur le processus de décision pour favoriser l’implication des communautés locales dans le choix des espèces, et des objectifs de la restauration.

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« Les citadins ont besoin d’arbre.  En Afrique ceci n’est pas si bien prévu. Il faut repenser l’aménagement de la ville, la planifier d’avance, de façon à intégrer l’arbre dans la ville.  Et le kenyan ont la chance d’avoir une forêt dans la ville et d’en profiter [Ndlr : profiter de service de la forêt] », a-t-il indiqué.

A en croire l’administrateur de cette forêt, les communautés, John Orwa, les communautés au tour de la forêt de Karura, sont mises à contribution à chaque étape, allant de la collecte jusqu’à la replantation des arbres. Elles tirent bénéfices de cette forêt, notamment des avantages financiers.

« Il y’a des communautés très pauvres au tour de la forêt. Deux fois par semaine, nous organisons la cueillette, et la population entre en forêt pour s’approvisionner en bois, et autres », a-t-il déclaré.

L’arbre est aujourd’hui indispensable dans la lutte contre les changements climatiques. Les villes africaines devront repenser leur aménagement, en mettant en place de concept de «ville durable », afin d’avoir des villes moins chaudes.

« L’arbre est une technologie simple, et moins couteux, qui peut nous aider à réduire la température dans la ville. En Europe, on parle d’infrastructures vertes, qui sont de liens entre l’intérieur de la ville et les villages, de façon que la biodiversité puisse circuler. Je pense que c’est un concept qu’il faudrait introduire rapidement en Afrique avant qu’il ne soit trop tard », a précisé Philippe Guizol.

Rappelons que le Forum international sur la restauration du paysage forestier d’Afrique ouvre ses portes ce lundi 27 août, à Nairobi, capitale du Kenya. Les délégués devront discuter sur les voies et moyens de Trouver des solutions pour relever le défi de la restauration des paysages en Afrique où près de 50 millions d’hectares de terres se dégradent chaque année, plus de 800 acteurs multisectoriels de toute l’Afrique et du monde entier prendront part à ces travaux.

Alfred NTUMBA, avec BILL MWAMBA

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