Assainissement : Quand Kimbuta prend Tshibala à contre-pied

Le gouvernement provincial de Kinshasa et les membres de la Fédération des entreprises du Congo FEC relevant du secteur de production et distribution des plastiques ont signé le 30 août dernier à Kinshasa une convention portant modalité de collaboration dans la perception de la taxe d’assainissement et d’évacuation des immondices.

Un étalage de vente de sac plastiques au marché de la Liberté.

Ces entreprises s’engagent à verser à la ville une somme évaluée à 180.000 dollars comme taxe d’assainissement, une initiative qui  une fois appliquée adéquatement ne peut qu’aider les Kinois à  mettre fin au triste  duo qu’ils forment avec l’insalubrité  depuis quelques années.  Cependant, avant même que  l’encre ne sèche, la question qui taraudait les esprits aussitôt après ce partenariat est, que devient le décret-loi du premier ministre Bruno Tshibala signé le 30 décembre 2017, interdisant la fabrication et la commercialisation des sacs plastiques  à Kinshasa ?

De Kimbuta et Tshibala,  qui veut réellement libérer  les kinois de cette spirale d’insalubrité dans laquelle ils sont pris depuis  plus d’une décennie.   C’est avec une grande satisfaction que  certains  habitants de Kinshasa avaient accueilli la décision du premier ministre de partir en guerre contre les emballages plastiques qui offrent à Kinshasa un décor répugnant.

Pendant ce temps, bon nombre des Kinois vivant de ce secteur voyait d’un très mauvais œil cette décision qui selon eux était injustifiée du fait que le premier ministre devrait proposer une alternative avant de prendre une telle mesure.  Après l’entrée en vigueur de ce décret-loi le 1 juillet 2018,  aucun de ses effets n’est ressenti  à Kinshasa.

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La production, l’importation et la commercialisation de ce produit se comportent bien. Aujourd’hui,  le sac plastique semble avoir encore des jours meilleurs à Kinshasa, grâce à cette décision du gouverneur de la ville André Kimbuta, de collaborer avec les entreprises qui fabriquent et commercialisent ces produits, prenant ainsi à contre-pied parfait la décision du premier ministre.

Trois jours avant la signature de ce partenariat entre le gouvernement provincial de Kinshasa et ces entreprises membres de la FEC, le gouvernement de la République avait au sortir d’une réunion tenue le 27 août entre les ministres d’Etat en charge de l’industrie de l’Economie et du Commerce extérieur, insisté sur la stricte application du décret du premier ministre contre la pollution plastique en RDC. Cette rencontre avait fait suite à une plainte de la FEC relative à la mesure interdisant l’importation, la production et la commercialisation des sachets non biodégradables en RDC.

Du coup, l’on se demande ce qui justifie la décision du gouverneur de Kinshasa de saborder un décret-loi ayant le soutien de l’ensemble du gouvernement de la République. Cette décision est –elle motivée par les intérêts financiers que couvrent ce partenariat ?, ou bien c’est une  décision qui  relève simplement de l’urgence d’assainir Kinshasa qui pue et tue ses habitants ?

Seul l’avenir nous en dira plus.

Thierry-Paul KALONJI

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Une réflexion sur « Assainissement : Quand Kimbuta prend Tshibala à contre-pied »

  1. A quel film l’on veut nous faire assisté ?
    Nous devons être ferme face aux décisions que nous prenons quoiqu’elles nous demande des sacrifices,et c’est seulement à ce prix là que nous pourrons améliorer les choses.

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