Ressources naturelles : De l’eau douce, pour noyer ou booster le développement

La République démocratique du Congo, présentée comme un scandale géologique et minier, est traversée par de nombreux cours d’eau et le majestueux fleuve Congo dont la réputation en débit s’impose en Afrique derrière le fleuve Nil.


Doté d’une ressource stratégique de portée économique, culturelle et sociale, le pays n’assouvit pourtant pas la soif de ses 70 millions d’habitants. La productivité en eau reste l’une de plus faible par rapport à d’autres Etats d’Afrique subsaharienne, qui n’ont guère la prétention de l’égaler en patrimoine naturel.

Donner de l’eau à boire à la population

Malgré ce potentiel hydraulique, le pays ne tire pas suffisamment profit de ses eaux. Ses retraits annuels d’eau douce pour usage domestique sont de l’ordre de 68,01% des retraits totaux d’eau douce alors que son voisin, la République du Congo, qui partage avec lui la forêt du bassin du Congo affichait déjà 69,57% en 2002, selon le rapport de la banque Mondiale de 2017 intitulé « Diagnostic de la Pauvreté et de l’eau, l’assainissement et l’hygiène en République Démocratique du Congo: Riche en Eau, Pauvre en Accès ».

Les retraits pour usage domestique comprennent l’eau potable, l’utilisation ou l’approvisionnement des ménages et l’utilisation d’eau par les services publics, les établissements commerciaux et les foyers.

Un pays qui affiche une croissance démographie de 3,3% par an et qui peine à donner l’accès à l’eau potable à sa population à travers des points améliorés. La même étude renseigne que les zones urbaines connaissent un bien meilleur taux d’accès à des points d’eau améliorés que les zones rurales.

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L’accès à des points d’eau améliorés dans les villes s’élève à 81 %, par rapport à seulement 31 % en milieu rural. L’accès urbain s’est toutefois détérioré au cours des dix dernières années devant l’urbanisation rapide et il existe de profondes inégalités d’accès entre les grandes villes et les zones urbaines plus marginales.

Des secteurs agricole et industriel faibles

Situé dans la zone tropicale, le pays nourrit son agriculture essentiellement de l’eau de pluie. Mais le dérèglement climatique vient priver ce secteur d’une ressource vitale qui lui tombait du ciel sans mains d’œuvres. Dans certaines régions les pluies ne respectent plus leurs calendriers.

Devant une telle menace, Il va falloir inévitablement recourir à d’autres sources. Et pourtant les retraits d’eau pour l’agriculture et pour l’irrigation et la production animale sont de 10,52 en 2005 contre 20,78 pour l’Angola des totaux de retrait.

La même logique est observée dans l’industrie, dominée par l’extraction minière, la RDC avec à peine 21,47% des prélèvements, ne faisait pas mieux que l’Angola qui affiche 33.95%.

Ce faisant, il importe de se demander si le pays, qui compte plus de quatre mille cours d’eau et premier pays à plus grande réserve d’eau douce en Afrique, utilise ce potentiel pour se développer. L’hégémonie de la faim tient en étau sa population, avec près de 77% d’adultes vivant avec moins de 2$ par jour selon la banque Mondiale.

Si les frontières occidentales peuvent paraitre à l’horizon du désespoir, c’est par milliers que sa population se déplace et traverse ces frontières à la recherche d’un eldorado dans les pays voisins. L’Angola en est une belle illustration.

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Stratégie de l’ONU pour l’eau douce

Dans sa stratégie pour 2017-2021, le programme des nations-unies pour l’environnement précise le rôle fondamental de l’eau douce à l’égard de l’environnement, de la société et de l’économie.

Des écosystèmes tels que les zones humides, les rivières, les aquifères et les lacs sont indispensables à la vie sur notre planète et revêtent un aspect vital en ce qu’ils fournissent directement un éventail d’avantages et de services comme l’eau potable, l’eau nécessaire aux cultures vivrières et à l’industrie, notamment énergétique, des habitats pour la vie aquatique et des solutions naturelles pour purifier l’eau, absorber les inondations et surmonter les périodes de sécheresse.

A cet égard le pays ne peut envisager véritablement son développement sans innover dans sa manière d‘exploiter ce potentiel hydraulique.

François MUKANDILA

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