Agriculture  : Le mode de conservation traditionnelle des aliments face aux opportunités d’incubateurs d’agri business

La conservation des produits agricoles destinés à l’alimentation est une pratique courante dans les ménages en Afrique subsaharienne. L’approvisionnement en denrées de première nécessité dépend du pouvoir d’achat de chaque foyer. Quelque soit leur géométrie variable, tous les ménages ont tendance à recourir au mode traditionnel de conservation des aliments qui consiste à les chauffer pour les garder sans fermenter jusqu’au lendemain. Sans se poser de question sur la qualité de ces produits, l’initiative d’incubateurs d’agri business vise à garantir la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition et la santé des consommateurs.

La conservation des produits agricoles est souvent perçue comme une manière rationnelle de gérer, sans abus ni gaspillage des stocks disponibles d’aliments dans le but de prévenir le manque en cas des calamités naturelles (sécheresse, inondation). Cette gestion parcimonieuse domestique des denrées alimentaires disponibles vise également à ne pas exposer le foyer à la rupture d’aliments étant donné que la faible production des biens ne garantit pas un approvisionnement au quotidien sur le marché. Le ménage moyen consomme donc une partie de la nourriture du jour et en garde une autre pour le lendemain.

La faiblesse d’équipement en appareils électroménagers et la carence en énergie domestique, font que la portion à conserver est chauffée au coucher du soleil, comme le faisait la société égyptienne antique, avant de repasser par le feu le lendemain et être consommée.

Augmenter la production

La réponse au déficit de production passe par l’amélioration de la production. Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a adopté en mai 2013, le Plan National d’Investissement Agricole (PNIA 2013-2020) avec comme objectif global de stimuler une croissance soutenue du secteur de plus de 6%, d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et de générer durablement des emplois et des revenus.

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Car selon le cahier sectoriel de l’agriculture produit en Février 2016 par l’agence nationale pour la promotion des investissements ANAPI, La production agricole ne progresse que de 2% par an, contre une croissance démographique de 3,2%. Le déficit alimentaire est évalué entre 20 et 32% selon les provinces et la contribution du secteur agricole au P.I.B qui s’établissait à environ 40% en 2009, a baissé jusqu’à environ 17,4% en 2014, à cause notamment de la résurgence des activités minières. La production animale est elle aussi largement insignifiante.

La ville de Kinshasa malgré ses 10 millions d’habitants ne possédait en 2015 que 140 473 têtes de volailles alors que la province orientale en comptait 3 869 865, selon le service national des statistiques agricoles. La province de Maniema ferme la marche du classement en têtes de porcin avec 8 952 têtes contre 208 859 pour le Bandundu. Une production insuffisante au regard du nombre des bouches à nourrir dans ce pays traversé par des cours d’eau, où se meurent des poissons faute d’exploitation.

Des incubateurs d’agri business

En 2015, 440 participants venus de 32 pays réunis à Kinshasa lors du Forum d’Agri business Co-organisé par le gouvernement et le PNUD, ont proposé la mise en place de plateformes « Agri business » nationales. Pour la RDC, des exonérations sur l’impôt professionnel sur les revenus, l’impôt foncier et une exonération totale des droits d’entrée des équipements et autres matériels neufs sont accordées aux investisseurs pour un minimum de 3 ans pour la Ville de Kinshasa et 4 ou 5 ans en province, précise l’ANAPI.

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Cet entreprenariat aura le mérite de fournir les produits de l’élevage et de l’agriculture en permanence et éviter à la population tout risque d’intoxication alimentaire à cause d’une méthode empirique de conservation de nourriture. Mais aussi lui assurer l’accès à une nourriture de qualité et à meilleur cout. De ce point de vue l’appui par «  Le projet d’incubateurs en cours de l’Union Africaine dans les domaines clés de la pèche, l’élevage et l’aquaculture va contribuer à stabiliser la jeunesse », indique Josué Aruna représentant pays et Conseiller technique d’African Agri business Incubation Network AAIN en Afrique centrale.

Selon le ministère de la jeunesse et sports, seulement 13 Jeunes ont terminé l’incubation en 2015. En définitive, la fonction primaire de cet entreprenariat agro-alimentaire, sera d’améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et la santé des consommateurs.

François Mukandila

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