Climat : Les forêts du bassin du Congo sont vulnérables aux changements climatiques

Réputées pour leurs capacités à lutter contre les changements climatiques qui asphyxient la terre, les forêts du bassin du Congo semblent subir aussi cette asphyxie à force  de s’évertuer à jouer le rôle de sapeur-pompier de la planète. C’est ce que révèle une étude menée par un groupe des chercheurs congolais, belges et français affiliés à plusieurs universités et institutions de recherche à renommée internationale dont la présentation a été faite par Emmanuel Kasongo Yakusu, Chef de Travaux à l’Université de Kisangani et Doctorant à l’Université de Gand (en collaboration avec le service de biologie du bois du Musée de Tervuren en Belgique).

Emmanuel Kasongo Yakusu, Chef de Travaux à l’Université de Kisangani et Doctorant à l’Université de Gand, lors de ses travaux de recherche dans la Réserve de Biosphère de Yangambi. (Crédit photo, Thomas Sibret ).

L’étude menée dans le cadre de la recherche doctorale s’articule sur la gestion des arbres économiques africains face au changement climatique. Elle a été présentée récemment au Musée de Tervuren à Bruxelles, en marge de la 18ème réunion du PFBC (Partenariat pour le Forêts du Bassin du Congo). «L’intérêt de cette étude est de démontrer que nous ne pouvons pas parler de l’évolution des forêts sans pour autant analyser le climat dans lequel elles croissent », a déclaré Kasongo Yakusu, chercheur congolais.

Cette étude menée dans la Reserve de biosphère de Yangambi, dans la Province de la Tshopo en République démocratique du Congo, a consisté à analyser le climat à partir de données climatiques journalières locales et les comparer avec d’autres données stockées et mises en ligne par l’unité de recherche climatique (climatic research unit, CRU) de University of East Anglia en Angleterre.

S’étendant sur une période allant de 1980 à 2016, cette recherche affirme que les forêts du bassin du Congo sont menacées par les évènements climatiques extrêmes, comme le phénomène El-niño, la sécheresse et les changements climatiques.

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« Les arbres des forêts du bassin du Congo sont devenus vulnérables au regard des évènements climatiques extrêmes actuels. Si les mesures convenables d’atténuation et d’adaptation tardent à être mis en place, cela risque de tourner à la catastrophe », a indiqué le chercheur.

L’autre zone des forêts denses humides la plus vulnérable aux changements climatiques c’est bien celle qui s’étend du sud du Cameroun, en passant par le Gabon, la Guinée Equatorial et le Congo Brazzaville. Dans ces différentes zones, les chercheurs ont quantifié les changements en terme de « combien de degré » augmente chaque décennie.

« Ce que nous avons trouvé à Yangambi qui est une zone forestière intacte est inquiétant. Nous sommes à plus de 0,1°C d’augmentation par décennie. Curieusement cette augmentation se trouve dans la fourchette de 0.74°C ± 0.18°C considérée comme la fourchette d’augmentation de température moyenne mondiale de  cent dernières années », s’alarme-t-il. « Imaginez-vous  ce qu’advient dans les zones urbaines, dans les savanes et les mangroves ».

Selon ce chercheur congolais, cette étude devra être complétée par d’autres recherches qui vont s’intéresser également aux comportements des forêts denses humides du bassin du Congo face aux changements climatiques.

Les arbres, rien que par les changements climatiques sont vulnérables, insiste-t-il. La mise en place des mesures convenables dans les stratégies d’adaptation et d’atténuation pourrait aider à éviter une catastrophe. Ces stratégies devront avoir comme fondement primordial la volonté politique, laquelle concrétisera la formulation et la mise en application de politiques et des stratégies d’adaptation et d’atténuation face à la problématique des changements climatiques.

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Thierry-Paul KALONJI

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