Forêts : Jean-Marie Bolika, « le secteur forestier de la RDC ne crée pas des richesses »

Le secteur forestier de la République démocratique du Congo reste bien celui qui n’apporte pas grand-chose au budget national, ceci malgré le potentiel forestier que regorge le pays. Dans une interview exclusive accordée à ENVIRONEWS RDC, Jean Marie Bolika, coordonnateur de Programme Gouvernance forestière à WWF-RDC, fustige les pertes enregistrées chaque année dans ce secteur vital qui, s’il était bien encadré devrait contribuer à la création des richesses du pays.

Jean Marie Bolika, coordonnateur de Programme Gouvernance forestière à WWF-RDC.

Il pointe du doigt l’expansion des activités de l’exploitation forestière illégale et non contrôlée des forêts à travers la république. « Il y’a de sérieux problèmes au niveau de contrôle forestier. Même si l’aménagement forestier a avancé au tour de 30 concessions, mais le problème reste entier sur le contrôle forestier », indique-t-il.

Selon ce cadre du WWF-RDC, le gouvernement congolais peine encore à punir les délinquants forestiers, par le fait que l’exploitation forestière illégale prend des proportions très alarmantes. Ceci a pour conséquence la perte que le gouvernement congolais enregistre dans ce secteur en termes d’argent et de couvert forestier.

La perte qui résulte de ce manque de contrôle, affecte également les communautés locales. « Ces délinquants n’arrivent pas à signer les accords de clauses sociales avec ces communautés. Il devient donc difficile pour ces communautés de bénéficier des avantages sociaux », a-t-il précisé.

A cela s’ajoute également la problématique de la coupe à blanc que ces exploitants forestiers illégaux imposent aux écosystèmes forestiers, car n’étant pas soumis à une quelconque norme de durabilité. A en croire le responsable du programme gouvernance forestière au sein de WWF, tous ces aspects obligent que le gouvernement congolais ouvre grandement l’œil.

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« Le secteur forestier congolais demeure aujourd’hui celui qui ne crée pas des ressources à l’instar du secteur minier. Sa contribution à la création des richesses est au tour de 1 à 3%, ce qui est vraiment insignifiant, parce que il y’a beaucoup de boulons d’étranglement qui font  que le gouvernement n’ait pas la possibilité de mettre en place une fiscalité compétitive devant permettre aux contribuables de s’acquitter normalement de leurs taxes et impôts », a-t-il insisté.

Jean-Marie Bolika félicite l’apport louable de la société civile environnementale qui a su jouer son rôle malgré les multiples difficultés auxquelles elle a été confrontée dans le différents processus de normalisation du secteur forestier en RDC.

« Dans tous les processus mis en place, la société civile a été consulté, et elle a émis son point de vue.  Il y’a beaucoup de cas pour lesquels la société civile a émis son point de vue, mais il appartient à, l’autorité de prendre en considération ce point de vue pour que la gouvernance forestière soit effective », a-t-il souhaité.

Il encourage par ailleurs la société civile à s’impliquer davantage dans la surveillance de différentes reformes que le nouveau régime pourrait envisager pour redynamiser le secteur de forêt de la République démocratique du Congo.

Alfred NTUMBA

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