Agriculture : le parc agro-industriel de Bukanga lonzo, un échec cuisant

Le projet pilote du parc agro industriel de Bukanga lonzo a été un échec total,  révèle un rapport de l’université d’Oakland aux Etats-Unis publié  le 4  avril dernier, et divulgué à Kinshasa par le Cercle pour la défense de l’environnement au cours d’une conférence de presse organisée par cette ONGD. A en  croire ce rapport, cette débâcle de Bukanga lonzo est la résultante des plusieurs facteurs  qui n’ont pas été  scrutés avant le lancement du projet notamment le mode d’acquisition des terres, le mode de gestion  et les conflits d’intérêts.

Au regard des chiffres de productions avancés par les gestionnaires du parc, et relayés en boucle par les médias, le lancement du parc agro-industriel de Bukanga lonzo a nourri la population Kinoise d’un espoir immense. Celle-ci a enfin cru avoir trouvé un sésame au problème de flambée de prix des denrées de premières nécessité à laquelle elle a toujours fait  face. Malheureusement, cette flamme d’espoir s’éteindra vite avant même que les marchés ne soient inondés par les récoltes de Bukanga lonzo  car en mai 2018, le ministre de l’économie déclarera que Bukanga lonzo était un échec. Un échec qui charrie avec lui près de 92 millions de dollars.

« Pour nous c’est un échec qui est dû à une mauvaise gouvernance, une mauvaise planification et une mauvaise  gestion du partenariat public-privé. C’est un mauvais modèle par rapport à l’investissement dans l’agriculture. En principe l’on devrait appuyer l’agriculture familiale et non appuyer des industriels qui ont déjà beaucoup d’argent et viennent prendre des terres des communautés », a déclaré Mathieu IYELA, coordonnateur de CEDEN

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D’après ce rapport, un parc de cette envergure ne  pouvait pas  être géré de cette manière. Et surtout quand on se rend compte que le ministre de l’agriculture n’a pas été associé au fonctionnement de Bukanga lonzo.

Quant à la façon dont les terres ont été acquises, celle-ci correspond bien à la définition d’un accaparement de terres. Cela s’est fait de la manière la plus trompeuse et sans respecter les exigences légales qui auraient dû conduire à des évaluations. Et aujourd’hui, 9 villages avec plus de 5.000 personnes ont perdu leur terre, à laquelle la police leur  interdit désormais l’accès. Désillusionnés, ils ne savent à quel saint se vouer.

La banque mondiale doit cesser de favoriser l’accaparement des terres mais plutôt promouvoir l’agriculture familiale en RDC tel est un autre message de CEDEN lancé à la banque mondiale pour épargner au pays de retomber dans la même erreur.

« Le gouvernement et ses partenaires  doivent appuyer l’agriculture familiale car nous avons l’impression qu’ils pensent  que c’est l’agriculture industrielle qui doit développer le pays. Ce rapport vient de nous démontrer que cette idée est erronée. C’est ici que nous saisissons la balle au bond, pour leur demander  de se tourner vers cette agriculture familiale », a interpellé Freddy MUMBA, secrétaire exécutif de CONAPAC.

Après la publication de ce rapport, CEDEN et ces partenaires  entendent mener plusieurs actions dans les jours avenir pour dissuader le gouvernement à relancer ce projet.

Aujourd’hui, ces villages portent  encore les stigmates de ce projet qui  s’est soldé par une débâcle, car l’ombre des pesticides comme glyphosates  utilisés dans ce parc agro-industriel fait encore faire les frais à  tout l’environnement de ces villages. Les  cours d’eau ne sont pas épargnés.

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Thierry-Paul KALONJI

 

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