Environnement : le foisonnement des constructions de ports menace les eaux du lac Kivu

Il s’observe depuis le début de ce mois d’avril dans la ville de Goma au Nord-Kivu, des mouvements irréguliers des camions bennes transportant des moellons et grosses pierres du volcan Nyiragongo qui sont déversés dans le lac pour la construction  des nouveaux ports, alerte l’ASBL Barbara dans une correspondance adressée au président de la République.  Selon ce document consulté par Environews, il se développe à Goma une culture de construction des ports privés à des fins commerciales qui constitue des graves menaces non seulement  pour les eaux de ce lac mais aussi pour l’environnement, les ressources halieutiques et la santé de la population locale.

Constituant l’eau de boisson de plus d’un  million de personne et riche en ichtyologies, sources de protéines animales, le lac Kivu est une richesse qui doit à tout prix être protégée. Ce qui malheureusement n’est pas le cas au regard du  foisonnement des ports sur ce lac. Ceux qui sont abandonnés se  sont mués en véritable marché, avec toutes les conséquences environnementales qui vont avec.

S’agissant de  la construction de ces nouveaux ports, l’Asbl Barbara exprime sa crainte sur le déversement des moellons et pierres du volcan qui est susceptible de modifier la composition chimique  des eaux,  les rendant très acides et diminuant la productivité des poissons surtout que ces ports sont construits sur des baies.

Il sied de signifier que cette pratique se fait au détriment de l’article 19 de la loi sur l’eau n°15 /026 du 31 décembre 2015 qui  interdit tout rejet des déchets des  substances ou organismes ou espèces biologiques  exotiques envahissantes susceptibles de polluer d’altérer ou de dégrader la qualité  l’eau de surface ou souterraine.

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Les eaux du lac KIVU étant stratifiées, cette  situation fait que les eaux profondes soient salées et ne se mélangent pas avec les eaux superficielles. Cela a comme avantage l’emprisonnement des gaz carbonique et méthane, évitant ainsi les catastrophes naturelles  consécutives à l’explosion de ces gaz.

Pour rappel, le cas de rejet massif de gaz carbonique par dégazage des eaux saturées du lac volcanique Nyos au Cameroun en est un triste exemple. Si cela se produisait  dans le lac Kivu,  2 ou 3 millions de riverains du lac pourraient perdre la vie , et cela  sur une surface de 10.000 km2.

C’est ainsi que  dans sa correspondance aux autorités, l’Asbl Barbara invite les celles-ci  à mener des études d’impact environnemental  pour tout projet  de construction des ports sur le lac comme l’exige  la  loi n°11/009 du 9 juillet 2011.

Thierry-Paul KALONJI

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