Forêt : L’expansion incontrôlée de l’agriculture industrielle l’une des plus grandes menaces pour les forêts du bassin du Congo

Dans un rapport publié récemment, ​Rainforest Foundation UK, une Ong britanique, alerte sur les menaces que subissent les forêts du bassin du Congo de suite de l’expansion incontrôlée de l’agriculture industrielle. Selon ce rapport, l’accent a jusqu’à présent beaucoup été mis sur la perte de capital naturel qui en résulte, et de nombreux efforts visant à détourner l’agriculture industrielle des forêts intactes. Mais beaucoup moins d’attention a été accordée aux impacts sociaux de l’agriculture industrielle ou à l’économie politique à l’origine de son expansion.

Ce rapport intitulé «  Tâche d’huile: Enquête sur trois projets industriels d’huile de palme et d’hévéa au Cameroun et en République du Congo’ », les chercheurs ont examiné trois concessions agricoles de la région, responsables collectivement de la perte de 20 000 hectares de forêts jusqu’à présent – Sudcam, Greenfil et Atama.

« Nous montrons comment ces entreprises se sont implantées dans la région souvent par le biais de contrats opaques, négociés à huit-clos, et en violations des lois nationales, tout en apportant beaucoup moins d’avantages économiques que promis aux communautés locales ou aux économies nationales », indique Joe Eisen, responsable des politiques et de la recherche à Rainforest Fpoundeation UK.

A en croire les expert, dans le bassin du Congo, la volonté politique de favoriser l’expansion agroindustrielle a coïncidé avec une augmentation de la demande mondiale de terres. Depuis 2003, environ 1,3 million d’hectares (ha) ont été alloués à des entreprises étrangères pour des exploitations agro-industrielles dans le bassin du Congo.

« Deux des trois concessions étudiées ici ont été accordées à des entreprises n’ayant aucune expérience préalable dans l’exploitation du palmier à huile (Atama et Greenfil). Nos investigations montrent que les trois exploitations ont enfreint la loi à un ou plusieurs égards au cours de leur installation », indique ce rapport.

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Les recherches effectuées dans les 29 villages affectés par l’exploitation montrent que ni la procédure d’attribution à Sudcam, ni la mise en place du projet ne répondaient aux normes internationales en matière de consultation et d’obtention du CLIP des populations locales.  « Ce qui est clair, cependant, c’est que le choix a été effectué sans prendre en compte la présence de la trentaine de communautés locales ayant des droits coutumiers sur la zone », peut-on lire dans ce rapport.

Dans une note d’information publiée séparément dans le cadre de la série MappingForRights, Rainforest Foundation Uk examine cependant l’un des aspects les plus fondamentaux au développement d’une agriculture durable en Afrique centrale: « Le régime foncier. ‘Sécuriser les terres: Comment la cartographie participative peut atténuer les impacts sociaux de l’agroindustrie dans le bassin du congo’ montre comment l’imposition de concessions agricoles sur des terres coutumières sème les germes de conflits fonciers et pourquoi il est crucial, bénéfique et tout à fait possible de clarifier le régime foncier avant toute décision d’investissement », conclut Monsieur Eisen.

Rainforest Foundation Uk recommande aux gouvernement des pays du bassin du Congo d’améliorer la gouvernance des terres et des
ressources naturelles, d’élaborer une politique claire et transparente en matière d’huile de palme, qui s’inscrive pleinement dans un processus national
d’aménagement du territoire. Dans le cadre
de ce travail, envisager des modèles autres
que les plantations à grande échelle, et
notamment promouvoir la production des
petits exploitants.

Alfred NTUMBA

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