Biodiversité : Une étude alerte sur le commerce grandissant de la viande de brousse à Yangambi

Une étude menée dans la Réserve de biosphère de Yangambi alerte sur le commerce grandissant de la viande de brousse. Selon cette étude réalisée avec l’aide du CIFOR (Centre pour la recherche forestière internationale ), 845 personnes sont impliquées dans la chaîne du commerce de viande de brousse comme activité principale dont 253 commerçants et courtiers, 153 femmes et 100 hommes, 539 chasseurs et 53 femmes qui participent à des voyages de chasse avec leur mari.

Intitulée « De la forêt au plat: une étude approfondie de la chaîne de valeur de la viande de gibier à Yangambi, République démocratique du Congo », cette étude menée par  Nathalie Van Vliet et compagnie, cette étude visait la compréhension de la chaîne de valeur de cette filière.

« Notre objectif est de compléter la littérature existante sur les chaînes de marché de la viande de gibier, avec une étude de cas du paysage de Yangambi, en République démocratique du Congo (RDC), une région caractérisée par une situation post-conflit », précisent les chercheurs.

Pour mieux comprendre la problématique, les chercheurs ont utilisé une approche de la chaîne de valeur pour explorer la structure et le fonctionnement du commerce et identifier les principaux obstacles à l’entrée sur le marché, ainsi que les principaux leviers pouvant être utilisés pour inverser les utilisations non durables de la viande de brousse.

« La viande de brousse reste la source de viande la plus consommée à la fois dans la zone urbaine principale et dans les villages environnants. La consommation urbaine génère un commerce d’environ 103 à 145 tonnes de viande de brousse par an pour une population de 37 997 habitants », indiquent les chercheurs.

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Selon les chercheurs, la chaîne du commerce suit une structure «redondante» avec peu d’obstacles à la participation dans ce secteur qui regorge de nombreux chasseurs et détenteurs de droits, de nombreux commerçants, et une demande importante et croissante.

« Réduire le commerce non durable dans ce contexte impliquera nécessairement de réduire la charge qui pèse sur les écosystèmes naturels, principaux fournisseurs de protéines animales. En outre, les processus d’appui visant à restructurer les systèmes de gouvernance locaux dans ce contexte d’après conflit contribueront également aux efforts visant à inverser les utilisations non durables », conseillent les chercheurs.

Yangambi est une cité située au nord-est de la RDC, à environ 100 km à l’ouest de la ville de Kisangani, dans la province de Tshopo. La viande de gibier reste un élément pour les économies locales et nationales, il est nécessaire de comprendre la structure et le fonctionnement des chaînes de valeur informelles de la viande de gibier pour pouvoir formuler des recommandations en vue d’un secteur durable de la viande.

« Les chasseurs participant activement à la chaîne du commerce appartiennent pour la plupart au groupe ethnique Turumbo. Ils sont connus pour leurs compétences de chasse ». Précise cette étude.

Alfred NTUMBA

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