Environnement 2019 : Les célébrations en RDC, engagement ou bandwagon effect ?

Ne faudrait-il pas s’arrêter un moment sur cette journée mondiale dédiée à l’Environnement par l’Organisation des nations unies, au regard de différentes activités organisées en marge de celle-ci ? A Kinshasa, comme un peu partout à ailleurs, l’on a assisté à un regain d’intérêt à célébrer cette journée du 05 juin 2019.

Pour les uns, il faut revendiquer un environnement sain pour tous, telle que stipulée dans la Constitution congolaise. Pour les autres, il faut préserver la biodiversité en annulant les projets d’exploration et d’exploitation du pétrole dans les Virunga et la Salonga. Bref, les messages divergent dans leur contenu, mais ils convergent tous à un point commun, « la protection de l’environnement ».

L’une des grandes actions posées en ce jour à Kinshasa, c’est le lancement de la campagne un milliard d’arbres pour le climat d’ici 2023.  Une campagne lancée tambour battant par le gouvernent de la RDC, sous la barbe de la présidence de la République, représentée par le Conseiller spécial du chef de l’Etat, le Professeur Dieudonné Musibono, qui a planté en premier un arbre, portant ainsi toute la symbolique de cette activité.

L’on se souviendra encore, il y’a quelques années, lorsque l’ancien Président de la RDC, Joseph Kabila avait lancé la campagne de reboisement sur l’ensemble du pays. Une campagne qui avait coïncidé avec l’inauguration de la passerelle au niveau de la première rue Limete, à Kinshasa.

Des déclarations et manifestations d’intérêt n’avaient tardé à appuyer et louer l’acte posé par le Raïs. Cependant, cette campagne, comme toutes les autres bonnes intentions, a été étouffée dans l’œuf, laissant derrière elle, quelques plantes chétives que l’on peut désagréablement admirer sur le boulevard Lumumba.

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L’argent décaissé pour cette campagne, aurait même servi à l’achat des villas pour les âmes bien-nées. Aujourd’hui, certains observateurs craignent que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Si à Kinshasa, la plus grande célébration de cette journée mondiale de l’environnement a été marquée par le lancement de cette campagne, des marches initiées par les organisations de la société civile, des jeunes, n’en ont pas été moins non plus.

Plusieurs jeunes se sont donnés rendez-vous ce matin dans quelques carrefours de la ville de Kinshasa, notamment Kintambo, Echangeur, etc. pour clamer haut leur désapprobation au projet d’exploitation du pétrole dans les Virunga et la Salonga. Une activité initiée par la DYJEDD (Dynamique des jeunes pour l’Environnement et le Développement Durable), qui a drainé quelques dizaines des jeunes jusqu’au Palais du peuple, siège du Parlement congolais où ils étaient sensés remettre un mémo à la présidente de cette institution d’appui à la démocratie.

« Nous voulons sensibiliser le public sur la journée mondiale de l’environnement dont le thème est la pollution de l’air. Et dire NON à l’exploitation du pétrole dans les parcs nationaux des Virunga et de la Salonga ».

De l’autre coté de la ville, c’est un autre groupe des jeunes. Cette fois-ci, mobilisés par la Radio télévision Environnement et Conservation de la Nature (RTEC), dont la marche a débuté au siège de cette chaine de télévision, dans la commune de Kasa-vubu, jusqu’au Jardin Botanique de Kinshasa.  Objectif, dire Stop à la pollution (STOPOL).

A Bukavu, de dizaines d’activistes de l’environnement partis de Nyawera, munis des calicots ont marché dans les rues de la ville avant de déposer leur mémorandum au gouvernorat de la province dont le siège est situé à Labotte. Un mémorandum qui invite l’autorité provinciale à initier des politiques efficaces pour la conservation de la biodiversité et la gestion rationnelle des ressources naturelles de la province.

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Dans les universités, des colloques, des ateliers de réflexion et autres activités ont été organisée en marge de cette célébration. Certes, la liste n’est pas exhaustive, car des activités seront organisées au cours de ce mois considéré comme celui de l’environnement.

Cependant, la question qui se pose est bien celle de savoir pour quelle fin toutes ces manifestations sont-elles organisées seulement aujourd’hui ? Cela reflète-t-il réellement l’engagement inébranlable des organisateurs et des participants à inverser la tendance actuelle ? Ou, alors c’est une manière de justifier les fonds reçus des partenaires !

Célébrations oui! et après ?

Lorsqu’on considère parfois que ceux qui, aujourd’hui ont marché pour stopper la pollution, sont les mêmes qui, à leur retour à la maison, ont pollué l’environnement en y jetant leurs déchets dont ils n’ont pas pu gérer.

Alors la préoccupation reste entière. Combien, font-ils réellement des efforts à gérer au quotidien leurs déchets ménagers ? Combien prennent le temps à curer leurs caniveaux et à désinfecter leurs installations hygiéniques ? Combien disposent-ils des corbeilles dans leurs domiciles pour le tri ? Combien sensibilisent les populations par leurs actes en faveur de l’environnement ?

Autant des questions qui doivent pousser les uns et les autres à une profonde réflexion sur des actions quotidiennes à mener pour un réel changement de mentalité, sans lequel rien ne pourra se faire.

Si l’on peut admettre que le changement de la mentalité est un apostolat, il faut alors prêcher par des actes concrets et non par des actions creuses, car dit-on, la charité bien ordonnée commence par soi-même.

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Alfred NTUMBA

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