Santé : A Kinshasa l’arrêt cardiaque explose, les scientifiques se taisent

Le phénomène « mort subite, arrêt cardiaque » attire l’attention de plus d’un kinois, au regard du nombre important des décès qu’il cause ce dernier temps dans la capitale congolaise. De plus en plus, l’on s’inquiète de proportions que prend ce phénomène qui touche spécifiquement des personnes dont la tranche d’âge varie entre 18 et 50 ans, les cas de la chanteuse Marie Misamu, de l’acteur Mundweri, et de Monique Kitoko, secrétaire nationale en charge de la communication de l’UDPS, en sont des illustrations concrètes.

 

Les kinois assistent impuissants à la disparition de leurs êtres chers, souvent de suite de ce fléau. Incapables de les sauver, ils s’essayent à s’habituer à ce malheur leur imposé par la force de la nature, soit-elle, sans aucun espoir de s’en délivrer un jour.

Un malheur qui tente d’imposer sa loi et enrichi le lexique de tout un peuple, du plus petit au plus grand, par de nouveaux vocables comme, « arrêt cardiaque, malaise, crise, AVC etc. », des mots qui, désormais font partie de leur quotidien, et pourtant méconnus du grand public, il y’a encore de cela une dizaine d’années.

« Il y’a à peine dix ou quinze ans que ce mal a pris de l’ampleur. Je suis arrivé à Kinshasa au début des années 80, les gens ne mourraient pas trop par crise cardiaque. C’était des cas isolés. Aujourd’hui c’est devenue monnaie courante. On ne peut rien faire », s’inquiète un habitant de Kinshasa qui, par AVC, a perdu son fils de 32 ans, l’année dernière.

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A Kinshasa, il ne se passe plus un seul jour sans qu’on enregistre des cas, pas un seul, mais alors, des cas de « mort par arrêt cardiaque». La nature a horreur du vide dit-on, l’arrêt cardiaque et ses corolaires se sont taillées une place de choix dans la ville de Kinshasa, au grand dam du commun de mortel qui, désespérément attende un miracle messianique du gouvernement, mais surtout des scientifiques.

Malheureusement, ces attentes risquent d’être aussi longues que fastidieuses du fait que ceux-là sur qui les kinois comptent, ne font pas de ce fléau une préoccupation majeure.

La science existe-t-elle réellement  au Congo ?

L’on peut bien se poser cette question au regard de la situation qui sévit actuellement dans notre ville. Quelle est la mission des universités congolaises aujourd’hui ?   Elles se comptent par centaines à travers la RDC, quel est leur rôle, si elles n’apportent pas des solutions aux problèmes sociaux ?

Sous d’autres cieux, la science fait siennes, les problèmes sociaux et y apportent rapidement des solutions appropriées. Malheureusement, en RDC, la science somnole, et parfois s’aligne du coté des bourreaux.

En Europe par exemple, lorsqu’une nouvelle maladie se déclare, il ne se passe pas 30 jours, sans que les scientifiques n’y apportent des remèdes efficaces. La grippe aviaire, et tant d’autres fléaux évités, illustrent bien cette problématique.

A Kinshasa comme partout en RDC, ceux qui sont sensés réfléchir, mener des recherches, et apporter des solutions aux maux qui rongent notre société, sont ceux-là qui, par ricochet ont choisi la politique, une véritable aubaine qui mène rapidement à un enrichissement illicite.

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Alors à quoi aura servi cette pléthore d’universités qui déversent sur le marché d’emploi, des éléments que l’on peut considérer comme « inutiles » à la société. Ne faudrait-il pas repenser la mission des universités dans notre pays, d’autant plus qu’elles n’appontent absolument rien en termes de solutions aux problèmes sociaux ?

Chapeau-bas au Docteur Muyembe Ntamfum qui a mis en place un vaccin contre le virus Ebola, Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, et quelques autres héros dans l’ombre qui malgré la difficulté, se dépassent pour remplir leur mission en tant que scientifiques. Si le dévouement de ces hommes de valeur exceptionnelle pouvait aussi inspirer les autres scientifiques, le Congo pourrait alors vivre des jours heureux.

Alfred NTUMBA

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