Forêt : Affaire Maniema Union à Ingende, une Ong internationale appelle les donateurs à réagir

L’Ong britannique Rainforest Foundation UK (RFUK), et des groupes de la société civile congolaise appellent les bailleurs finançant des programmes de foresterie en République démocratique du Congo (RDC) à répondre à l’affaiblissement de la gouvernance forestière dans ce pays après l’acquittement soudain par un tribunal local d’une entreprise chinoise, accusée d’exploitation forestière illégale.

Deforestation near Lieki, DRC. Photo by Axel Fassio/CIFOR cifor.org forestsnews.cifor.org If you use one of our photos, please credit it accordingly and let us know. You can reach us through our Flickr account or at: cifor-mediainfo@cgiar.org and m.edliadi@cgiar.org

Dans un communiqué publié à ce sujet, et dont copie est parvenue à Environews, ces acteurs s’interrogent sur l’acquittement par la justice congolaise d’un représentant de l’entreprise chinoise d’exploitation forestière « Maniema Union 2 » qui a été arrêté pour « association de malfaiteurs », « destruction méchante » et « exploitation illicite de bois d’œuvre ».

« Le 22 mai 2019, le tribunal a acquitté l’entreprise de tous les chefs d’accusation, invoquant un manque de preuves ainsi que le fait que l’entreprise avait payé une « amende transactionnelle », en dépit du fait que cette « amende » avait été payée avant que la société ne soit accusée d’illégalités », s’indignent-ils.

La RFUK et des organisations de la société civile congolaise ont écrit aux bailleurs finançant à hauteur de plusieurs millions de dollars des programmes de réforme forestière, comme l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale (CAFI, en anglais Central African Forests Initiative), le Fonds de partenariat pour le carbone forestier de la Banque mondiale (FCPF, en anglais Forest Carbon Partnership Fund) et le Programme d’investissement forestier de la Banque mondiale (FIP, en anglais Forest Investment Programme). Les auteurs de cette lettre demandent aux bailleurs de fonds de faire pression en faveur de l’engagement d’actions judiciaires appropriées contre Maniema Union 2 et les autorités locales impliquées dans l’acquittement de cette dernière.

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« Nous pensons qu’essayer de faire progresser des programmes de foresterie en RDC sans exiger des avancées considérables en matière de gouvernance sera perçu comme un feu vert donné à toute violation flagrante des lois. La protection des forêts est minée par des actions illégales manifestes, que les autorités ne sanctionnent pas », a indiqué le directeur exécutif de RFUK, Simon Counsell.

Pour Fabien Mungunza, président de la Société civile de l’Equateur, les bailleurs doivent renforcer les conditions de leur financement à la foresterie en RDC et qu’ils demandent au gouvernement et aux autorités compétentes d’adopter les normes les plus élevées en termes de gouvernance forestière.

« De toute évidence, quelque chose ne va pas lorsque les autorités forestières ne veulent pas ou ne peuvent pas engager de poursuites dans un cas d’exploitation forestière illégale réalisée à une échelle industrielle », a-t-il précisé.

Ce communiqué indique par ailleurs qu’en date du 4 juin, une deuxième plainte contre Maniema Union 2  a été déposée par des communautés de Bolomba pour « coupe illicite », « destruction méchante », et « non-paiement de droit de jouissance ».

« Au moment où la communauté internationale cherche à relancer ses relations avec le nouveau gouvernement congolais, iI est impératif que tous les bailleurs établissent dès le départ que l’impunité pour les contrevenants à la loi forestière ne sera pas tolérée », a rajouté Monsieur Counsell.

Alfred NTUMBA

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