Salubrité : Bruno Tshibala, votre décret interdisant le sac plastique est nul et sans effet

Ne faudrait-il pas le rappeler que l’ancien premier ministre de la République démocratique du Congo, Bruno Tshibala Nzhenze, avait pris en 2017, un décret interdisant l’importation et l’exploitation des sacs plastiques sur l’ensemble du territoire national ? Si, sous d’autres cieux l’adage selon lequel, « la loi est dure, mais c’est la loi », s’applique sans faille, au pays de Tshisekedi, l’on peut bien s’en moquer et dire que « la loi est dure, mais légère ».

Un étalage de vente de sac plastiques au marché de la Liberté.

Une année après l’expiration du moratoire accordé aux opérateurs économiques pour vider leur stock, le constat est tel que le « tout puissant »plastique se porte merveilleusement bien sur le marché congolais. Dans cette réflexion, Joël Kahehero, activiste environnemental et ambassadeur des droits des animaux dans la Région de Beni, dresse un bilan négatif de l’application de ce décret.

Une année après

Le 30 Décembre 2017, l’ex premier ministre Brutshi (Bruno Tshibala) avait signé un décret n° 0018/017, portant interdiction de production, importation, commercialisation et utilisation des sacs, sachets, disques et autres emballages en plastiques.

Un moratoire de 6 mois avait été décrété pour permettre l’écoulement des quantités qui étaient encore sur le marché. Et donc au 1er /07/2018. La mesure était supposée de stricte application. L’engouement avait été constaté par les paraphes des ex Ministres Kapika, Ambatobe et Leu. Alors respectivement, Ministre de l’économie, Ministre de l’environnement, et Ministre de l’industrie.

Cependant en dépit des quelques descentes faite sur terrain par ces ministres, le décret est resté d’abord méconnu par certains concernés (surtout les commerçants et utilisateurs), mais aussi et surtout non appliqué sur le plan national surtout dans les provinces.

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Les ministres de l’Environnement, de l’Economie, de l’Industrie avaient pensé instituer même des inspecteurs environnementaux, des officiers de police justicière,  pour traquer tous les récalcitrants.

Mais je suis vraiment désolé que cela n’ait été qu’une simple construction d’un château de sable en Espagne.

Un échec prévisible

Quelques éléments constatés au tour de ce décret, annonçaient déjà un échec dans son application, notamment, le fait que le décret n’était connu des services urbains de l’environnement, industrie, économie. Pour preuve à Beni aucun de ces services n’en possède encore dans son bureau.

Même certains importateurs, les commerçants détaillants et grossistes, et la population, n’en étaient pas au courant. Aucune alternative n’avait été réfléchie pour pallier au problème d’emballage. Aucune stratégie pour encourager les producteurs des emballages bio et importateurs aux frontières n’avait non plus été montée.

Le décret a mis plus d’importance sur les amandes soumises aux récalcitrants, avec comme conséquence, être prêt pour les amandes mais en gagnant toujours. Bref, l’échec de la planification est égal à la planification de l’échec.

Peut-on faire mieux ?

Maintenant que Brutshi est parti, est-il possible de faire mieux ? La réponse est Oui. Au regard de dégât que causent ces emballages plastiques sur la santé et l’environnement, il y’a lieu de faire en sorte que ce décret soit d’application. Pour y arriver il faut impérativement que :

Le décret soit révisé si possible en insistant sur l’importance d’un environnement sain que sur les amandes. Que les producteurs, importateurs, et commerçants des emballages biodégradables soient exonéré des impôts et taxes pendant 6 mois. Que le Gouvernement encourage les entrepreneurs des projets de promotion des emballages biodégradables. L’élaboration d’une bonne politique de recyclage des déchets. Après révision du décret, qu’un moratoire d’une année soit accordée aux commerçants pour permettre l’écoulement des tous les stocks, mais aussi une bonne vulgarisation de ladite loi. Car, la réussite et le respect de la loi réside plus dans l’appropriation de la loi que dans les mesures contraignantes.

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En définitive, que le président de la République lui-même s’approprie le décret et  que le gouvernement prochain le prenne pour une de ses priorités.

Joël KAHEHERO

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