Pollution : Les sacs et sachets « ville propre », une mascarade à Brazzaville 

Dans un rapport publié récemment, La clinique juridique de l’Institut Cerveau Vert  (l’ICV-2063), alerte le gouvernement et les citoyens de la République du Congo sur le danger que représente l’importation, la commercialisation et l’utilisation  de nouveaux sacs ou sachets communément appelés « ville propre », ou « Congo propre ». cette Ong de la défense de l’environnement dénonce la mascarade qui se cache derrière ces sacs plastiques  et assimilés utilisés comme emballage dans la vente d’aliments, en remplacement des sacs et sachets plastiques dites interdits. L’ICV-2063 révèle qu’il est reproché à ces sacs et sachets d’être issus des ressources fossiles comme en est le cas des emballages plastiques.

Cette ong considère que le principe de précaution doit être appliqué dès lors que les risques sur la santé et l’environnement ne peuvent plus être écartés. Selon ce rapport, La dimension, les composants, l’épaisseur de ce nouveau sac ne sont pas connus du public. Il a été impossible de connaître avec précision les types de substances utilisées dans les processus industriels de leur fabrication de ces sacs sont importés.

« Jusqu’à preuve du contraire, les expériences et observations réalisées hors laboratoire ont renforcé notre conviction sur le fait que ces nouveaux sacs sont fabriqués à partir de combustibles fossiles », peut-on lire sur le rapport.

L’Institut Cerveau Vert 2063 martèle sur le fait que ces sacs ne sont pas biodégradables. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les sols en raison de l’utilisation et de l’abandon croissants de ce nouveau sac dans la nature.

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Les analyses de ce laboratoire rapportent que aussitôt brulé, le sac dit ¨VP¨ sont susceptibles de libérer le gaz carbonique et de la vapeur d’eau. De plus l’incinération de ces sacs dégage des dioxines cancérigènes à l’image des sacs et sachets en plastique.

« Ces sacs devenus déchets se retrouvent dans la nature ou sont enfouis dans les décharges sauvages ou contrôlées avec de lourdes conséquences sur l’environnement et la santé animale et humaine lorsqu’ils se fragmentent parfois en micro-particules sous l’effet de la chaleur et du rayonnement solaire même lorsqu’ils sont enfouis sous la terre ou lorsqu’ils sont incinérés volontairement ou accidentellement », révèle le rapport.

L’inquiétude est pour ces activistes que ces sacs qui s’apparentent aux sacs à usage unique en raison de leur faible résistance finissent  dans les rues et dans les collecteurs naturels et artificiels des différentes villes du pays. Plus grave qu’ils constituent des déchets à boucher les canalisations lorsqu’ils sont emportés par le vent et la pluie ou lors qu’ils  sont utilisés par les ménages comme matière pour le feu de charbon et de bois en remplacement du pétrole lampant et des sacs ou sachets plastiques classiques.

En effet, en observant de façon minutieuse les sacs et sachets dits VP et assimilés, l’accent jusqu’à présent a beaucoup été mis pour les chercheurs sur le non apport des informations de marquage, de traçabilité  et des spécifications du produit. « On n’y mentionne que les noms comme « Congo Propre », « Ville propre », « j’aime mon pays ».  D’autres sacs mis sur le marché ne portent aucun nom », rapportent les chercheurs dans ce rapport.

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A en croire les experts, au sujet de leur possible toxicité ou non, les utilisateurs ne disposent d’aucune information sur leur caractère inerte ou toxique. Or, les plastiques ne présentent pas la même toxicité. Certains sont inertes et non toxiques. D’autres relarguent des phtalates, du bisphénol A, du styrène et d’autres perturbateurs endocriniens. Ces monomères et les additifs ayant des conséquences organoleptiques ou toxicologiques peuvent migrer vers l’aliment.

«Jusqu’à preuve du contraire, nous continuons en effet à croire qu’il s’agit en réalité d’un autre type de sac plastique déguisé, fabriqué à partir de combustibles fossiles, donc importé, commercialisé et utilisé en violation de la réglementation en vigueur. En effet, comme cela a été présenté ce nouveau sac est généralement négligemment jeté au terme de sa première, deuxième ou troisième utilisation en raison de la faible résistance de ce produit pour le transport d’aliments», indique ce rapport.

Face au danger que court la population par l’usage de ces emballages, l’Institut Cerveau Vert 2063 incite le Gouvernement de la République du Congo par le fondement de l’article 41 de la Constitution de suspendre provisoirement l’importation des sacs dits « ville propres » et assimilés sur le fondement du principe de précaution en attendant les analyses plus approfondies de la composition de ces sacs et sachets, d’exiger une autorisation d’importation préalable pour tous les sacs et sachets et de mettre en place des normes et spécifications techniques des sacs et sachets autorisés pour la vente d’aliments.

Albert MUANDA

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