Salubrité : Jean-Claude MUISSA, « Kin Bopeto, je partage le rêve avec le gouverneur de la ville de Kinshasa »

Le directeur général du FONAK (Fonds d’Assainissement de Kinshasa), Jean-Claude Muissa Lilombo, rêve d’une ville de Kinshasa Bopeto (Ndlr : propre). Un rêve qu’il partage avec le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka. Il l’a révélé au cours de l’émission #Invité du Weekend produite, par Environews TV. 

Jean-Claude Muissa, directeur général du FONAK (Fonds d’assainissement de Kinshasa)

« Je me permet de rêver, et ce rêve nous le partageons avec le gouverneur de la ville de Kinshasa. On veut un Kin Bopeto, et ça résume tout. Le Bopeto veut dire propre, et, tout ce qu’il y’a de plus beau. De belles rues, des ouvrages d’assainissement calibrés qui ne donnent pas lieu à des spectacles d’inondations auxquels nous assistons. Bopeto c’est aussi les gens qui respectent les emprises publiques. Il faudrait que l’on revienne à cette Kinshasa qu’on appelait Poto Moyndo », a-t-il déclaré.

A bâton rompu, le patron du FONAK a étalé la stratégie mise en place pour atteindre cet objectif et redorer l’images de Kinshasa, la plus belle ville d’Afrique francophone des années soixante. A en croire le directeur général, la ville dispose aujourd’hui d’un système de gestion intégrée des déchets ménagers.

« La ville a réfléchit sur la meilleure façon d’évacuer les immondices d’origine ménagère. Dans aucune parcelle, vous verrez de tas d’ordures. C’est qui veut dire que vous avez des ménages qui produisent des déchets et les confient au pousse pousseurs qui, à leur tour, vont les déposer quelque part », s’est-il inquiété.

A travers la ville, souvent, les déchets collectés par ces éboueurs se retrouvent jetés soit sur la place publique, dans les caniveaux, dans les rivières et parfois même dans le fleuve. Une pratique qui serait à la base de la dégradation de l’environnement, mais aussi l’une des causes des inondations mortelles que connaît souvent la ville de Kinshasa.

Lire aussi  Forêts : La RDC et le Mozambique Signent des accords historiques pour réduire les émissions de carbone

« Là où ils déposent ces déchets devrait être une décharge agréée qu’on appelle Station de Transit ou Station de Transfert. Et, de la Station de Transfert on va vers la Décharge finale. Malheureusement, on ne respecte pas ce système. C’est pour cela que nous avons voulu insister sur la bonne opérationnalisation de ce système qui consiste à pouvoir respecter la chaine d’évacuation », a précisé Monsieur Muissa.

A en croire le DG du FONAK, la ville de Kinshasa est en passe de formaliser ce système de gestion intégrée des ordures ménagères en impliquant totalement tous les bourgmestres qui d’office font la gestion de proximité des leurs entités, afin que ce système soit strictement respecté.

Un fonds fiduciaire pour financer l’assainissement de la ville

Le directeur général du Fonds d’assainissement de Kinshasa, a au cours de cette émission télévisée informé que la ville de Kinshasa a besoin d’environ 12 millions de dollars américains le mois pour assurer sa salubrité. Un montant colossal dont la capitale congolaise n’a pas la capacité de mobiliser à ce jour.

Jean-Claude Muissa, lors de son intervention au forum Expo Béton 4 à Kinshasa.

Consciente de cette difficulté, l’Assemblée provinciale de Kinshasa a doté la ville d’un fonds fiduciaire, le FONAK. Créé en 2013, ce fonds a été rendu opérationnel fin 2017. Il a pour mission de financer les travaux liés à l’assainissement et la protection de l’environnement.

« Si on a créé le fonds, c’est pour éviter que quand l’argent entre dans le trésor urbain, qu’il ne soit affecté à d’autres priorités. On a voulu que ce fonds puisse gérer que les financements liés à l’assainissement », a-t-il indiqué.

Il a par ailleurs émis le vœu de voir les différentes entités qui militent pour redorer le blason terni de la ville de Kinshasa notamment la présidence de la République, la primature et les autres particuliers, s’associer aux efforts entrepris par l’autorité urbaine pour lutter efficacement contre l’insalubrité de la capitale congolaise.

Lire aussi  Pollution : Les sacs et sachets « ville propre », une mascarade à Brazzaville 

« L’assainissement coûte excessivement cher. Il nous faut 12 millions de dollars américains par mois rien que pour l’assainissement, or dans la ville nous n’avons pas que cela comme charge ? il y’a des problèmes sécuritaires, la paie de l’administration, du gouvernement provincial… », a souligné Jean-Claude Muissa.

Ce que mobilise actuellement la DGRK (Direction Générale des Recettes de Kinshasa), ne suffit pas pour prendre totalement en charge l’assainissement de la ville. « Il y’a un appui certes, du gouvernement central mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait davantage nous mettre ensemble, pour que nous puissions résoudre de manière durable le problème d’assainissement. N’est pas le faire, nous allons toujours avoir ce spectacle désolant avec les immondices qui jonchent les rues», a-t-il prévenu.

Payer la taxe pour assainir la ville

Pour une ville qui produit environ 9 mille tonnes des déchets ménagers par jour, le défi de la gestion intégrée de ces déchets reste immense au regard de la modicité des ressources financières que dispose la capitale congolaise. Ainsi, la ville compte appliquer le principe pollueur-payeur afin de mobiliser les moyens de sa politique, a renseigné Jean-Claude Muissa.

« Dans le cas spécifique comme celui de l’assainissement, aussi bien les personnes physiques que les personnes morales, doivent payer pour la salubrité de la ville », a-t-il précisé.

Au delà de cette volonté manifeste de canaliser les ressources nécessaires vers le FONAK, la ville éprouve tout de même des difficultés liées à la mobilisation de ces taxes, impôts et redevances.

« Nous avons réfléchi en ces termes. Nous avons près de 800 mille parcelles dans la ville de Kinshasa. Dans une parcelle, on peut avoir dix ménages. Avons-nous suffisamment des ressources humaines pour collecter cette taxe ? Je dis tout de suite non ! », a informé le Dg du FONAK.

Lire aussi  Environnement : Envo Talk, un nouveau cadre de réflexion qui pense l’environnement

Pour surmonter cette difficulté, la ville compte passer par le canal de la REGIDESO pour essayer d’atteindre un plus grand nombre d’assujettis à cette taxe en intégrant sur la facture une quote-part de 10% du montant globale de la facture.  Bien que toutes les parcelles de la ville ne soient pas connectées au réseau de distribution de l’eau, le FONAK reste convaincu de la faisabilité de cette opération.

« Sous l’égide du ministre de l’Economie, avec la REGIDESO, nous avons abouti à un protocole d’accord. Il faut qu’il ait un arrêté interministériel (Economie et Energie), et cet arrêté doit avoir l’avis favorable de la primature. Nous sommes à ce stade. Le gouverneur a écrit au premier ministre Ilunga Ilunkamba pour que nous ayons cet avis afin qu’avec la REGIDESO puissions commencer cette opération », a-t-il révélé.

Le FONAK compte mettre à contribution le système de paiement électronique via les opérateurs télécom pour dématérialiser la collecte de ses taxes et redevances auprès des ménages. Il compte également sur l’éducation fiscale des kinois afin de les pousser à prendre conscience du rôle qu’ils sont sensés jouer dans cette grande bataille de l’assainissement de la ville de Kinshasa.

Vous pouvez suivre l’intégralité de cette émission#Invité du Weekend sur Environews TV, en TNT surCanal 103. 

Alfred NTUMBA

 

 

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *