Forêt : Abus de Maniema Union 2, la SOCIPEQ dénonce l’indifférence des autorités congolaises

La Société civile de la Province de l’Equateur a dénoncé l’indifférence des autorités provinciales et nationales face à l’exploitation forestière anarchique perpétrée par l’entreprise Maniema Union 2 dans la province de l’Equateur, au nord de la République démocratique du Congo. Ceci, malgré les multiples dénonciations tant des communautés locales que des organisations de la société civile. La déclaration a été faite ce samedi 30 novembre à Kinshasa par les acteurs réunis au sein de RENOI (Réseau National des Observateurs Indépendants de la République Démocratique du Congo).

« L’exploitation industrielle incontrôlée par la société Maniema Union 2 expose les forêts de la région à la déforestation, et risque de compromettre tous les efforts du pays en général et de la province de l’Equateur en particulier, à lutter activement contre les effets du changement climatique », a indiqué Fabien Mungunza, président de la SOCIPEQ.

Pour la société civile, Maniema Union 2 ne tient pas compte de plans simples de gestion partout où elle exploite. Cette entreprise chinoise utilise même des permis de coupe artisanale obtenus de tierces personnes, et marchande en négociant avec les chefs de villages et les ayants droit au détriment des communautés locales. Cette pratique met en mal les développements des infrastructures d’utilité commune sensées bénéficier à toute les communautés propriétaires des forêts.

« La SOFECO avait laissé un plan simple de gestion à Bolomba, mais Maniema Union 2 ne le respecte pas. Elle coupe même dans les zones marécageuses, voir même dans les forêts sacrées et cimetières », a précisé Joseph Bolongo, chargé de programme à l’ONG GASHE (Groupe d’Action pour sauver l’Homme et son Environnement).

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A en croire les acteurs de la société civile, l’exploitation forestière pratiquée par cette entreprise depuis 2018, est à la base de conflits communautaires entre les différents villages. C’est le cas de conflits survenus dans le secteur de Bokatola et celui de Bolomba où deux villages se disputent l’argent versé par MU2. Le point de discorde de ce conflit qui risque de couter les vies humaines au village Losanganya n’est rien d’autre que les limites de forêts de deux villages qui ne sont pas clairement définies.

Outre ces conflits, il est également reproché à Maniema Union 2 le non respect de normes d’exploitation forestière préalablement établies par le gouvernement congolais.

« MU2 n’a pas de plan annuel d’opération. Elle dépassement régulièrement le volume d’exploitation, et recours à un personnel non qualifié, notamment les chinois qui ne parle aucune langue nationale », a précisé Monsieur Bolongo.

A cela s’ajoute la corruption et la violation du territoire. L’entreprise dont la concession est géographique située à Bikoro se permet de couper du bois jusqu’ à Ingende, même dans les écosystèmes similaires aux tourbières.

« La concession de Maniema Union 2 se trouve dans la zone de tourbière vers Ingende, il y’a une zone similaire et nous estimons qu’il peut y avoir de tourbes et pourtant la loi congolaise n’autorise pas l’exploitation dans les zones marécageuses », a-t-il ajouté.

La SOCIPEQ se dit également préoccupée par la libération du sujet chinois arrêté en flagrance par le Parquet de Grande instance de Mbandaka. Elle envisage une action de prise à partie contre le juge qui a annoncé ce jugement qu’elle juge inique.

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« Considérant les violations de la législation nationale en matière de l’exploitation forestière commise par la société Maniema Union 2, la société civile de l’Equateur estime que la délivrance des permis de coupe de bois à cette entreprise en 2020 par le Ministre de l’Environnement et Développement durable serait qualifié de l’institutionnalisation de l’illégalité dans la gouvernance forestière en RDC », conclut Monsieur Mungunza.

Alfred NTUMBA

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