Forêt : De Maniema Union 2 à Long Xin, que cache le changement de dénomination ?

L’entreprise chinoise Maniema Union 2 vient de changer sa dénomination. Désormais, elle s’appellera Long Xin (Sarl U [Société à responsabilité limité unipersonnelle]). Ce changement est intervenu de suite de la réunion de l’Assemblée générale mixte tenue le 20 août 2018, à Kinshasa.

Par la même occasion, l’Assemble générale de cette entreprise a nommé Xu Youming comme le nouveau gérant en remplacement Wen Shihan.

Bien avant ce changement, l’entreprise chinoise Maniema Union 2 a été à la base de plusieurs dénonciations à cause de l’exploitation illégale du bois dans les trois concessions qu’elle possède dans la province de l’Equateur. Un rapport de Global Witness avait également mis sur la place publique les abus commis par cette entreprise dans l’exploitation forestière, et ses ramifications avec des autorités militaires de la RDC.

Si par le passé, les noms de certaines personnalités politiques et militaires congolaises étaient cités dans les affaires qui engageait cette entreprise de droit chinois, la nouvelle dénomination de MU2 ne laisse nullement transparaître les ramifications avec ces noms bien connus du grand public pour leur soutien à l’entreprise.

Pour la société civile de la Province de l’Equateur, ce changement de dénomination relève de la stratégie de Maniema Union 2 à se disculper.

« C’est bien dommage, Long Xin doit s’assumer en ce qui concerne l’actif et le passif de tout ce qui a été fait par Maniema Union 2, par rapport à l’exploitation forestière. Pour nous ça n’a aucun impact sur notre travail. Nous continuons la lutte jusqu’à ce que nous puissions avoir les résultats escomptés », a réagit le coordonnateur de la SOCIPA (Société civile de la Province de l’Equateur), Fabien Mungunza.

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Notons par ailleurs que la SOCIPQ s’était constituée en partie civile contre un technicien de Maniema Union 2 arrêté en flagrance dans le territoire d’Ingende.

Selon cette partie civile, le Parquet de Grande instance de Mbandaka aurait subit des pressions extrêmes des autorités nationales et provinciales pour libérer l’incriminé. La SOCIPQ a formé Appel contre le jugement inique qui avait acquitté le sujet chinois de MU2. Au degré d’appel Long Xin sera appelé à comparaitre comme civilement responsable des faits commis par l’agent de l’entreprise dont elle hérite le passif et l’actif, pense Fabien Mungunza.

Alfred NTUMBA

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