Forêt : Le maire de Boma alerte sur l’intense activité de déforestation dans la Reserve de biosphère de Luki

La Réserve de Biosphère de Luki (RBL) dans le Kongo Central connaît une déforestation grandissante, depuis maintenant plus de trois ans. Cette déclaration a été faite par le Maire de la ville de Boma, Marie-José Niongo Nsuami, au cours d’une audience accordée à la délégation de WWF-RDC et CNCEIB (Coalition Nationale contre l’Exploitation Illégale du Bois), ce mardi 11 février 2020.

Marie-José Niongo, Maire de la ville de Boma.

Pour le maire de la ville, il faut que le gouvernement central s’implique dans la lutte contre cette déforestation qui a pris des allures très inquiétantes.  Elle a par ailleurs informé que cette descente aux enfers de la RBL a été accentuée par le retrait du territoire de Muanda sous la juridiction de la ville de Boma.

« Le territoire de Muanda était une composante de la ville de Boma au même titre que trois communes que nous avons sur place.  Il y’a de cela trois ans, nous étions très actifs dans les actions à prendre pour la protection de cette réserve. Aujourd’hui, le secteur de Boma Bungu dans le territoire de Muanda est à plus de 120 kilomètres des autorités territoriales, cela laisse la réserve à la merci des prédateurs », a-t-elle précisé.

Marie-José Niongo affirme par ailleurs que malgré le détachement du territoire de Muanda de la ville de Boma, dans sa peau d’activiste de l’environnement, elle continue à garder le dialogue avec l’Administration de ce territoire, en proposant quelques pistes de solutions pour juguler cette exploitation illégale qui décime à grands pas la Réserve de Biosphère de Luki.

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Les activités de la carbonisation et du sciage de long a atteint son paroxysme au point de s’exercer même dans la zone centrale de la Reserve. A l’en croire, si rien n’est fait, dans les dix ou vingt ans à venir, ce massif forestier pourrait disparaitre ou se dégrader comme cela a été le cas avec la forêt du Mayombe.

Rappelons que quelques cas de crimes commis dans cette réserve ont été documentés, dénoncés par la CNCEIB et rapportés devant les instances judiciaires. Malheureusement, des actions de poursuite trainent encore à être appliquées pour dissuader les récalcitrants.

« Il y’a des dossiers en instruction ici au Parquet de Grande Instance de Boma. J’aurais souhaité qu’avec la dynamique que nous formons avec WWF, que certains dossiers soient traités sur place dans la réserve pour dissuader et décourager les autres exploitants illéqux», a-t-elle souhaité.

Au niveau de la ville de Boma, le maire entend entreprendre une campagne impliquant tous les ménages de sa ville dans le boisement. « Nous avons 17 quartiers, nous allons voir comment planter un arbre dans chaque parcelle », a-t-elle déclaré.

Alfred NTUMBA

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