Energie : Quelle place pour le gaz dans la transition énergétique en Afrique ?

Avec les nombreuses ressources naturelles que l’Afrique possède, elle se positionne comme un futur pilier de la transition énergétique mondiale. Il a notamment été découvert récemment de nouvelles sources de gaz naturel sur le continent, permettant d’envisager un fort développement du secteur de l’énergie lors des prochaines années.

L’avenir du gaz naturel en Afrique

Durant les années à venir, l’Afrique va devenir un acteur majeur sur le marché du gaz naturel à la fois en tant que que producteur, consommateur et exportateur. En effet, d’après l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la production de gaz propane en citernes’apprête à exploser au cours des deux prochaines décennies.La part du gaz dans le mix énergétique en Afrique devrait en effet atteindre environ 25% d’ici 2040, contre seulement 5% actuellement.Pour cause, on constate que le Mozambique, la Tanzanie, l’Égypte, le Sénégal, la Mauritanie et l’Afrique du Sud ont représenté plus de 40% des découvertes mondiales de gaz naturel entre 2011 et 2018.

En outre, la production de pétrole atteindra certaines limites au cours des deux décennies en approche, laissant alors la place au gaz naturel qui deviendra une priorité plus importante pour les producteurs. Toutefois, le développement des infrastructures gazières sera un défi majeur pour l’Afrique en raison de la petite taille du marché et des préoccupations concernant son accessibilité. Tout dépendra du prix auquel le gaz en citerne sera disponible ainsi que du développement des réseaux de distribution, du financement disponible pour les infrastructures et des efforts politiques accordés.

Une demande en pleine croissance

D’ici 2040, l’Afrique deviendra la troisième source de demande mondiale de gaz, avec une exploitation en tant que produit mais aussi en tant que consommateur. La demande de gaz en citerne passerait à 317 Gm3 en 2040 contre 158 Gm3 en 2018. Toutefois, les producteurs de pétrole et de gaz doivent rester prudents. En raison de l’évolution des modèles de développement en Afrique, les pays qui dépendent fortement des revenus des hydrocarbures subissent une pression croissante. L’évolution de la dynamique énergétique mondiale montre que les détenteurs de ressources ne peuvent pas juste supposer que ces dernières se traduiront par des revenus futurs fiables.

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Les gouvernements africains doivent donc mettre en place des politiques efficaces pour accélérer la croissance de la production afin de répondre à la demande intérieure et développer des stratégies pour maximiser la valeur de leurs ressources. Soulignant l’importance de l’industrie gazière de l’Afrique de l’Est, l’AIE a averti les gouvernements du Mozambique et de la Tanzanie de prendre des mesures adéquates pour garantir que les revenus du gaz génèrent des « avantages économiques tangibles”. Ce qui permettrait ensuite aux pays africains de se développer davantage vers la transition énergétique à venir.

Une transition vers les énergies renouvelables

En raison des nombreuses réserves de combustibles fossiles, d’énergie solaireet de minéraux que possède l’Afrique, elle jouera sans aucun doute un rôle majeur dans la transition énergétique mondiale. Il s’agit d’une opportunité unique pour le continent de suivre une voie de développement beaucoup moins polluante que de nombreuses autres parties du monde. Outre la production de gaz en citerne, le principal enjeu pour l’Afrique dans la transition énergétique sera de savoir à quelle vitesse son industrie solaire va croître.

Le continent possède les ressources solaires les plus riches du monde, mais ne dispose actuellement que de 5 GW de production photovoltaïque, soit moins de 1% de la capacité mondiale. Selon l’AIE, le déploiement de l’énergie solaire photovoltaïque entre aujourd’hui et 2040 sera d’environ 15 GW par an, ce qui correspond au déploiement annuel moyen aux États-Unis sur la même période. Si les décisions politiques mettent fortement l’accent sur les technologies d’énergie propre, le solaire photovoltaïque pourrait devenir la plus grande source d’électricité du continent en termes de capacité installée d’ici 2040.

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Avec Hello Watt

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