Santé : En prélude de leurs travaux de fin de cycle,les étudiants  d’ECOM-ALGER présentent leurs sujets de recherche

C’est dans le but de bien rédiger et présenter leurs mémoires de master en juillet prochain,  que les apprenants de master en Ecologie des maladies infectieuses Aléas Naturels et Gestion des Risques (ECOM-ALGER), de la faculté de médecine de l’Université de Kinshasa participent au grand témoin, une activité qui leur donne l’occasion de présenter leur projet de de recherche devant des éminents professeurs, afin de recevoir de ceux-ci,  des conseils et orientations pour présenter au final un travail de qualité. Se déroulant pendant deux jours soit du 3 au 4 mars, près de 15 étudiants passeront tour à tour en présence de ces détenteurs du savoir et d’un public venu de divers horizons.

Organisée chaque année depuis le lancement D’ECOM-ALGER  il y a six ans, cette cérémonie de grand  témoin s’est encore révélée  d’une  importance capitale pour des étudiants soucieux de produire un  travail de qualité.

«  Ce grand témoin m’a permis de présenter mon projet de recherche,  pour avoir des remarques sur la présentation de mon futur travail. En plus de cela, j’ai profité de la présence du public pour sonner  l’alarme sur la problématique des décharges publiques », a déclaré Christelle KISITA, dont le projet de recherche porte sur l’impact des décharges publiques sur  la santé des communautés environnantes.

La RDC comme partout dans le monde, l’on assiste à l’émergence des certaines maladies infectieuses non connues dans le temps, ou encore à la résurgence d’autres maladies déjà éradiquer dans le temps, le tout en faisant allusion aux risques naturels ou à ceux causés par l’homme, bien que les approches de lutte et des programmes mis en place ne marchent. C’est dans ce cadre que le master ECOM-ALGER a été initié par le professeur Jean-Jacques MUYEMBE, afin de former des cadres qui soient capables de mettre en place des programmes multidisciplinaires qui prennent en compte la lutte contre les maladies de façon globale, pour répondre à ces nouveaux défis auxquels est confronté le pays.

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C’est dans cette optique que Marcos Lwamba  a focalisé sa réflexion sur  la récurrence des épidémies de Chikungunya à Kinshasa. Pour cet apprenant, Kinshasa a déjà connu six épidémies relatives à cette maladie, et la durée de la dernière épidémie de 2019 lui a  été d’une  grande motivation pour entreprendre cette  recherche.

Unanimement, les étudiants d’ECOM-ALGER voient en ce grand témoin, une opportunité qui les aide à présenter à la communauté scientifique, des travaux qui apporteront des réponses  adéquates aux questions de l’heure, concernant la résurgence des épidémies.

Signalons que cette cérémonie de grand témoin a été précédée par une conférence animée par Patrick Giraudoux, professeur émérite d’écologie à l’Université Franche-Comté en France.

Avec comme thème, la biodiversité à quoi ça sert ?, cette conférence  voulait passer le message selon lequel la biodiversité est un bien précieux qui garantit la stabilité des écosystèmes. Et l’éroder ne  conduit qu’à des situations un peu plus dangereuses à cause de sa déstabilisation. Si à côté de ces écosystèmes bio divers il y  des populations  humaines et d’animaux domestiques importantes, cela peut favoriser la propagation des épidémies.

Pour ce chercheur  en écologie de la faune sauvage et santé des écosystèmes, la résurgence des épidémies à travers le monde n’est pas forcément  consécutive à la destruction de la biodiversité.

«  Dans les zones où la biodiversité est importante les microbes circulent à  une faible prévalence.  Puisqu’il y a beaucoup d’espèces différences, ce n’est pas facile du tout pour un microbe de passer d’une espèce à une autre. Par contre, si l’on met dans ce système ou à côté de lui des systèmes très simples où il n’y a qu’une seule espèce comme des porcs ou de volaille,  à  ce moment-là il y a possibilité qu’un des pathogènes qui circule puisse passer  dans l’écosystème simplifié, donc celui où il y a plus de biodiversité. Finalement cela  risque de  provoquer des maladies comme nous le connaissons aujourd’hui » , a éclairci Patrick Giraudoux.

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En conclusion, les participants à cette conférence ont pu retenir que  pour éviter la résurgence des épidémies et autres pestes agricoles, l’homme doit éviter toute concentration de forte densité humaine ou  concentration industrielle des produits agricoles  par ce que, une agriculture fondée sur des variétés qui ne sont pas  différentes du point de vue génétiques est vulnérable, elle ne peut pas combattre les microbes qui peuvent arriver.

Thierry-Paul KALONJI

 

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