Forêt : Les forêts d’Afrique centrale et de l’Amazonie ont atteint le pic de la séquestration de carbone

Une étude de 30 ans mesurant croissance et mortalité d’arbres répartis sur 565 forêts tropicales intactes en Afrique et en Amazonie révèle que la séquestration de carbone a atteint un pic dans les années 1990. Et, que dans les années 2010, la capacité de ces forêts d’absorber du carbone avait déjà diminué d’un tiers. Cette situation s’explique principalement par une mortalité des arbres plus élevée, et donc un plus important rejet de carbone dans l’atmosphère.

Vue aérienne de la forêt à l’est du Cameroun . Photo de  Mokhamad Edliadi/CIFOR

Cette étude publiée dans la revue Nature, c’est mercredi 4 mars, a impliqué près de 100 institutions de recherche à travers le monde. Elle démontre pour la première fois la tendance inquiétante à une échelle globale.

« Nous montrons que le pic de séquestration du carbone a eu lieu dans les années 1990. En combinant des données d’Afrique et d’Amazonie, nous avons pu expliquer pourquoi ces forêts changent. En créant des modèles sur base de tous ces facteurs, nous avons montré que le puits de carbone des forêts africaines diminuera sur le long terme, tandis que celui des forêts amazoniennes diminue beaucoup plus rapidement », a expliqué le Dr Wannes Hubau, chercheur au Musée royal de l’Afrique centrale et premier auteur de l’article. « L’Amazonie deviendrait une source de carbone déjà dans les années 2030 ».

Urgence d’agir

Si les forêts amazoniennes pourraient dans un futur proche devenir émettrices de carbone, celles de l’Afrique centrale n’en seront pas moins non plus. Selon cette étude, dans les années 1990, les forêts tropicales intactes ont capturé près de 46 milliards de tonnes de CO2 de l’atmosphère. Ce chiffre a diminué à environ 25 milliards de tonnes dans les années 2010. La capacité d’absorber du carbone a donc diminué de 21 milliards de tonnes, ce qui équivaut à 10 ans d’émissions de combustibles fossiles du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et du Canada réunis.

« La vitesse et l’échelle de l’évolution de ces forêts suggèrent que l’impact du changement climatique pourrait être plus important qu’on ne le pensait. Les pays africains et la communauté internationale doivent investir de manière importante dans la préparation aux impacts du changement climatique », a suggéré Emmanuel Kasongo Yakusu de l’Université de Kisangani (République démocratique du Congo), doctorant au Musée royal de l’Afrique centrale et à l’Université de Gand, Coauteur de l’étude.

La capacité de ces forêts à capturer du carbone a diminué de 33 %, la superficie de forêt intacte a diminué de 19 %, alors que les émissions de carbone ont augmenté de 46 %.

« Les forêts tropicales intactes restent un puits de carbone important, mais notre étude montre que si des politiques environnementales importantes ne sont pas mises en œuvre rapidement afin de stabiliser le climat, les forêts tropicales ne pourront bientôt plus absorber de carbone », a alerté le professeur Simon Lewis de l’Université de Leeds, au Royaume Uni.

Plus de temps à perdre

Après des années de recherches de terrain en Afrique et en Amazonie, les scientifiques ont découvert que les conséquences dangereuses du changement climatique sur les forêts ont déjà commencé. Ceci, plusieurs dizaines d’années avant ce que prédisaient les modèles les plus pessimistes.

« Le monitoring de forêts intactes est crucial si l’on veut pouvoir suivre les effets du changement climatique. Ce travail est plus que jamais nécessaire, car les forêts tropicales sont de plus en plus menacées », a précisé DR Hubau

Les auteurs soulignent également que, même si ces forêts ne captureront bientôt plus de CO2, il est important de les conserver. En effet, les forêts tropicales restent des réservoirs gigantesques. Rien que dans leurs arbres, elles stockent 250 milliards de tonnes de carbone. Cette masse équivaut à 90 ans d’émissions mondiales de combustibles fossiles au niveau actuel.

Dans la mesure où les forêts peuvent séquestrer moins de carbone que l’on pensait, les scientifiques suggèrent que les budgets carbone et les objectifs climatiques doivent être revus. Les menaces immédiates pour les forêts tropicales sont la déforestation, l’exploitation et les feux. Ces menaces nécessitent des actions urgentes, recommandent les chercheurs.

« En réduisant nos émissions de carbone plus rapidement que prévu, il serait encore possible d’éviter que les forêts tropicales intactes ne deviennent une source importante d’émissions de carbone », conclut l’étude.

Notons par ailleurs que les forêts tropicales humides intactes sont connues comme étant des puits de carbone importants. Elles freinent le réchauffement climatique en capturant du CO2 de l’atmosphère et en le stockant dans leurs arbres.

Alfred NTUMBA

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2 réflexions sur « Forêt : Les forêts d’Afrique centrale et de l’Amazonie ont atteint le pic de la séquestration de carbone »

  1. Aujourd’hui, les pressions exercées des activités économiques de caractère « extractif » génèrent des menaces sur les ressources (faune et flore : terres, forêts, eaux, animaux). Le développement d’une agriculture intensive, ouverture de vastes prairies dans les zones protégées, cela constituent autant d’agressions dommageables à la fois sur un point de vue de l’environnement. Dans les secteurs : KIBIRIZI, BAMBU, TONGO, BINZA, BISHUSHA, la population de ces villages, localités font des exploitations illégales des ressources naturelles et sont sécurisés par des groupes armés sous différentes redevances dont dans quelques villages et localités proche de ces zones menacées, ces redevances sont partagées avec les autorités de l’état en place.

    C’est au regard de ces problématiques très sensible que l’engagement efficace contre les groupes armés dans et autour des zones doit être mener pour restaurer l’équilibre de services écosystémique de ces zones.

    Les ressources naturelles menacées dans ces différents secteurs représentent un levier important sur l’économie locale et nationale, ces ressources naturelles jouent un rôle important sur le quotidien des communautés.

    Sur le plan démographique et situation géopolitique de ces secteurs : KIBIRIZI, BAMBU, BISHUSHA, TONGO, BINZA, reste préoccupante tenant compte de l’état sécuritaire dominée dans ces secteurs. Ces phénomènes de précarité ou d’instabilité des conflits liés à des terres arables, conflit d’accessibilité sociale dans ces différents secteurs rongent les systèmes de gestion des zones protégée et surtout l’on y signale la présence active des groupes armés locaux et étrangers dont FDLR et les May-May.

    À ce niveau, les stratégies de résolution de ces différents conflits doivent être perçues comme des mesures complémentaires aux approches de conservation pour stimuler le dialogue avec la population de ces différents secteurs des conflits. De manière générale, la gestion des ressources naturelles est liée aux résolutions de conflits à travers les mécanismes visant à concilier les intérêts compétitifs comme l’accès réglementaire aux ressources, l’utilisation rationnelle des ressources et le libre accès à la protection/conservation de ces ressources, projets communautaires, la mise en place des structures de collaboration locales, l’instauration de climat de dialogue et de communication permanents, l’appui aux diverses initiatives communautaires contribuant à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

    Comme le cas du lac Édouard, ce lac fait partie intégrante du Parc National des Virunga, qui abrite de nombreuses espèces de poissons, dont la pêche marque une activité importante pour la survie des communautés bénéficiaires des produits issus de la pêche. Dès les temps les plus reculés, la pêche a été une source majeure de nourriture pour l’humanité, assurant un emploi et des avantages économiques à ceux qui la pratiquaient. Ce mythe s’est évanoui lorsque l’on a pris conscience que les ressources halieutiques sont infinies et renouvelables, or ces ressources halieutiques doivent être convenablement gérées si l’on veut maintenir leur contribution au bien-être nutritionnel, économique et social d’une population bénéficiaire.
    Depuis 2010 jusqu’à en nos jours, l’insécurité pèse sur le lac Édouard et de ces zones côtières occasionnée par des groupes armés locaux en y ajoutant des différents types de pêche non contrôlée, non déclarée et non réglementée, cela créées un impact négatif très significatif aux communautés de pêcheurs.
    Comme c’est bien connu, le Parc National des Virunga, dans son intégrité, demeure une aire protégée dont le statut relève du Domaine Publique de l’Etat. En plus de son statut d’intérêt national, ce site a une double casquette internationale : Un site du Patrimoine Mondial par sa Valeur Universelle Exceptionnelle et sa biodiversité et un site Ramsar, par son Écosystème lacustre qui est le lac Edouard. Ces deux caractéristiques engagent la République Démocratique du Congo, en tant qu’Etat partie, pour avoir ratifié les deux conventions Internationales.

    Eu égard, à cette situation, le renforcement des mesures de conservation et de la protection du lac Édouard et ses zones côtières doit être une préoccupation de tous.

    Les principales menaces qui déstabilisent la gestion du Parc National des Virunga sont identifiées, sont les suivantes :
    1. Pression démographique dans différentes localité, village riverain des zones protégées;
    2. Insécurité élevée dans différentes zones protégées;
    3. Braconnage élevé dans différentes zones protégées;

    L’équipe de la compilation des données dans cette assise conclut que la Valeur Universelle et Exceptionnelle pour laquelle le Parc National des Virunga a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial reste extrêmement menacée, d’où les mesures correctives proposées à cette assise sont les suivantes :

    1. Prendre des mesures au plus haut niveau afin d’arrêter l’implication des FARDC dans les activités illégales d’exploitation des ressources naturelles du Parc National des Virunga, en complicité avec les groupes armée voir la cote Sud-Ouest du lac Édouard ;

    2. Mise en place des structures de collaboration locales ;

    3. Information et sensibilisation à travers divers groupes cibles (ex. élèves, étudiants, villageois.) ;

    4. Résolution des certains conflits entre le gestionnaire des aires protégées et les populations riveraines sur différentes causes apparentes ou non apparentes ;

    5. Renforcer les efforts de désarmement des groupes armés opérant dans, et en périphérie, du Parc National des Virunga « voir le gouvernement et la MONUSCO».

    6. Prendre des mesures au plus haut niveau pour permettre à l’ICCN de poursuivre, sans interférences politiques, l’évacuation pacifique des occupants illégaux dans les différentes zones protegees du Parc National des Virunga.

    D’une manière globale, la situation sécuritaire dans et autour du Parc National des Virunga se porte très mal. Les agressions sur cette aire protégée sont nombreuses et résultent non seulement des activités directes sur les écosystèmes mais en grande partie l’accessibilité sociale fait aussi défaut.

    CONCLUSION

    Ce rapport consiste, pour l’essentiel, en la mise en place de dispositifs de protection des ressources Naturelles dans des sites représentatifs de problèmes généraux d’exploitation non durable.
    En somme, ce rapport retiendra votre auguste attention et toute personne qui aura l’occasion de lire ce présent rapport écologique sera appelée d’apporter sa contribution afin de sauver les ressources naturelles dont tous en dépendent.
    Joel KABWASA MUBAGWA

  2. NOTE DE PLAIDOYER URGENT SUR LA SITUATION SECURITAIRE DANS LE PARC NATIONAL DES VIRUNGA

    En tant que service technique du Bureau d’Ecologistes pour Impacts Environnementaux province du Nord-Kivu demeure toujours préoccupée par la situation pesante dans le Parc National des Virunga. Documentant en fond les problèmes relatifs aux exigences sociales du temps dans l’année 2019, les écologistes sont témoin des atrocités que subit le Parc National des Virunga. Cette misère est due à l’insécurité récurrente qui sévit jusqu’à ce jour dans le Parc National des Virunga.
    Elle est caractérisée par les guerres à répétitions, installation des groupes armés dans le parc, tuerie des éco-gardes, les kidnappings, etc.
    Espérant « Les écologistes où règnent la paix, la justice, la vérité dans le respect de la dignité humaine et écologique donne la version des faits sous cette note de plaidoyer qui s’articule autour des points essentiels suivants :
    1. CONTEXTE URGENT SUR LA SITUATION SECURITAIRE DANS LE PARC NATIONAL DES VIRUNGA
    Depuis 2010 jusqu’à ce jour, le Parc National des Virunga, en province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo ne cessent de subir les conséquences crimes environnementaux et humains « présumés GROUPE ARME LOCAL et ETRAGERE ». Le mode opératoire de ces assaillants consiste aux BRACONNAGE,CARBONISATION, ATTAQUES AUX ECO-GARDES , sans oublier les attaques contre les forces armées de la République Démocratique du Congo . De lors, ce triste phénomène a couté la vie à plus de 17 EC0-GARDES comme échantillon de cette note de plaidoyer.
    De toutes ces atteintes à la dignité de l’homme et écologique, nous nous intéressons aux manifestations de la résurgence de ces crimes environnementaux et humains à la suite du lancement des opérations de « grande envergure » contre les présumés GROUPE ARME LOCAL et ETRAGERE dans le Parc National des Virunga à l’identité des auteurs de ces crimes.
    2. Manifestations de la résurgence des crimes environnementaux et humains
    dans le Parc National des Virunga

    Avec l’avènement du nouveau gouvernement, l’armée congolaise doit annoncer le lancement des opérations en profondeur contre «GROUPE ARME LOCAL et ETRAGERE» dans le Parc National des Virunga.

    En outre, ces mêmes groupes armés ont abattu froidement en date du 09 avril, 6 agents de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature dont 5 éco-gardes et leur chauffeur et un autre gravement blessé dans l’axe Ishasha- Nyakakoma, alors qu’ils étaient en exercice de leur travail de protection du Parc National des Virunga, qui est un site du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. A ce stade, nous vous rappelons que le Parc National des Virunga totalise le nombre de 162 éco-gardes froidement assassinés dans l’exercice de leur travail, il est à signaler, les May-May rançonnent même à grande échelle des pêcheurs au lac Edouard par l’obligation de payer 100.000 FC/semaine pour accéder à la pêche au lac ainsi que la torture réservée à ceux qui n’en payent pas à temps.
    Identité des auteurs des crimes environnementaux et humains
    Plusieurs hypothèses sont avancées sur l’identité des auteurs de ces crimes. Parmi les plus répandues, on indique :
    Il s’agit à ce niveau des groupes armé locaux et étrangères, Bref, Nous pensons que le grand groupe des auteurs de ces crimes se cachent dans différente couche sociocommunautaires riverain du Parc National des Virunga.
    En dépit de tous ceux qui précèdent, il est à souligner, l’ICCN fait face aux défis de grandes tailles dont les principaux sont entre autres :
    1. l’insécurité dans les sites ;
    2. la pauvreté des communautés locales ;
    3. le chômage ;
    4. l’insuffisance des moyens financiers ;
    5. les effectifs insuffisants des gardes dans les Aires Protégées ;
    6. la surexploitation des ressources naturelles ;
    7. l’absence de zonage dans certaines Aires Protégées ;

    Il est à noter, la protection des écosystèmes fait l’amélioration de la vie socioéconomique des populations riveraines du Parc et garanti le développement durable auquel tout le monde aspire.
    De ce qui précède, cette stratégie repose sur trois objectifs spécifiques à savoir :
    1. Assurer la gestion durable de la biodiversité par l’implication des populations riveraines ;
    2. Promouvoir les services écosystémiques provenant des ressources naturelles comme opportunités de développement ;
    3. Promouvoir les activités de développement compatibles avec la conservation de la biodiversité ainsi que celles génératrices de revenus afin d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

    Pour atteindre ces objectifs, quatre axes d’intervention émanent de la conservation dont il s’agit des axes ci-après :
    1. La gouvernance, la participation, l’accès et le partage des avantages ;
    2. L’information, l’éducation et la communication ;
    3. Le développement des alternatives et la valorisation des ressources naturelles ;
    4. La planification et le suivi-évaluation de sa mise en œuvre.

    De nombreux rapports locaux, nationaux et internationaux publiés ont toujours soutenu que ces présumé auteurs identifiés qui contribuent à ces crimes environnementaux et humains soient rendu a la Justice Congolaise dont ces rapports serviront pour mettre la main sur tous ces présumé auteurs et leurs complices pour les mettre à la disposition de la justice.
    Recommandations
    Il est grand temps de repenser notre façon d’agir et d’adopter de nouvelles stratégies pour restaurer la sécurité définitivement dans le Parc National des Virunga à l’est de la RDC en général et en particulier :
    -Prendre au sérieux la question de la protection et conservation de la nature : Il s’agit du secteur Centre, Sud et Nord du Parc National des Virunga qui sont concernés par cette note du plaidoyer ;
    -Supprimer tous les groupes armés locaux qu’étrangères dans le Parc National des Virunga, ces groupes armés sont connus comme travaillant avec certains politiciens congolais et certains officiers des FARDC ;
    -Mener un plaidoyer fort et dynamique auprès des décideurs pour la sécurisation des eaux du lac Edouard.
    -Accompagner les gestionnaire du Parc National des Virunga à la sécurisation du Parc;
    -Restauration des limites des zones protégées ;
    -Développement des projets d’actions alternatives en faveur des communautés (détournement de la main d’œuvre impliquée dans la destruction des habitats et de la faune) ;
    La Croissance économique et protection de l’environnement ne sont pas forcement antinomiques. La conservation contrôlée des ressources naturelles contribue à la réduction de la pauvreté et à la préservation des identités culturelles.
    Tout compte fait, nous vous demandons à tous ceux qui nous lisent en copie, de pouvoir, chacun en ce qui le concerne, de bien vouloir jouer son rôle jusqu’à ce que la justice soit faite et que les auteurs de ces crimes barbares soient sanctionnés en justice et servent d’exemple pour le reste des belligérants qui osent détruire le patrimoine naturel de notre pays et assassinent les agents de l’ICCN qui assurent la protection de notre future et celle de nos générations à venir.
    Joel KABWASA MUBAGWA/BEIE

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