Forêt : Quand la DGRPEQ sert de béquilles à l’exploitation illégale du bois à l’Equateur

La Direction générale des recettes provinciales de l’Equateur (DGRPEQ) serait impliquée dans la couverture des fraudes et illégalités constatées au tour de l’exploitation et la commercialisation du bois d’oeuvre dans la province de l’Equateur. Selon plusieurs observateurs, cette institution provinciale de mobilisation des recettes est prête à tout pourvue que l’argent rentre dans les caisses de l’Etat, soit-il. Pour cela, la DGRPEQ octroie de manière illégale des avis favorables sans vérifier ni l’origine ni le volume du bois pour lesquels ce document est sollicité. 

Ce document signé souvent par la directrice générale adjointe de la DGRPEQ, Clarisse Boloko Djema, remplace même, selon les circonstances, les permis de coupe et autres documents exigés par l’administration forestière pour assurer le transport et la commercialisation du bois d’oeuvre à travers la province. 

La dernière en date, est bien celui livré à Monsieur Evoloko Lontanga Didier, en date du 12 mai 2020 couvrant ainsi une cargaison de plus de 800 mètres cubes qui flotte actuellement sur le fleuve en direction de Kinshasa. « Le permis est de 350 mètres cube, mais le radeau est d’environ 800 mètres cube, composés du bois de coffrage », a précisé une source sur place à Mbandaka.

Selon cette source, le radeau dispose de plus de 400 grumes de bois de coffrage et une importante quantité du bois scié en provenance de la Province de l’Equateur de la Mongala.

Qui est Clarisse Boloko Djema?

Clarisse Boloko Djema est la fille du gouverneur de la Province de l’Equateur, Bobo Boloko Bolumbu. Elle a été nommée directrice générale adjointe de la DGRPEQ par son père. Elle serait la pièce maitresse dans les illégalités forestières constatées et décriées par la société civile de l’Equateur. 

Selon plusieurs sources contactées par notre rédaction à Mbandaka, la directrice générale est connue pour son implication dans les malversations liées à l’exploitation forestière dans cette province. Pas plus tard qu’en 2019, la fille du gouverneur avait cédé son propre permis d’exploitation artisanale du bois d’oeuvre à l’entreprise chinoise Maniema Union 2, qui s’en est servi pour une exploitation industrielle et incontrôlées dans le territoire d’Ingende. Une illégalité flagrante qui malgré les dénominations n’a absolument rien changé dans le chef de la directrice générale adjointe.

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En sa qualité d’agent de l’Etat, Clarisse Boloko Djema ne peut pas obtenir de permis et exploiter le bois car c’est une activité commerciale incompatible avec l’exercice des fonctions publiques, précise les experts.

Cependant, elle a obtenu un permis d’exploitation artisanale du bois pour couvrir l’exploitation industrielle opérée par Maniema Union 2 dans le village de Inganda, Territoire de Ingende.

La fille du gouverneur est bien celle qui mobiliserait en complicité avec d’autres cadres de l’administration forestière provinciale, de l’argent dont la traçabilité reste encore très douteuse. Parfois, elle ordonne aux services de l’environnement de ne pas organiser des missions de contrôle forestière, surtout lorsque ses clients se sentent en insécurité.

« Une fois, j’ai arrêté un radeau de bois, et pendant que je discutais avec le propriétaire, j’ai reçu un coup de fil de Clarisse Boloko, qui me donne l’ordre de libérer ce radeau, malgré les multiples infractions que j’avais recensé sur les documents du propriétaire », s’indigne fonctionnaire de l’Etat.

Selon la société civile de la province de l’Equateur, l’exploitation forestière du bois d’oeuvre dans cette province reste l’apanage du clan Bobo Boloko Bolumbu qui, derrière les illégalités qu’elle entraine y trouvent de l’intérêt pour mieux construire son empire.

Alfred NTUMBA

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