Assainissement : Un an après, Kinshasa Bopeto réalité ou utopie ?

Lancé avec pompe, il y’a une année par le chef de l’Etat congolais, le programme gouvernemental de la ville de Kinshasa ne cesse de faire parler de lui. Pris dans son volet assainissement, Kinshasa Bopeto, programme cher à Gentiny Ngombila Mbaka, laisse sans mots certains kinois qui le scrutent avec dédain. 

Deux problématiques sont à la base de l’échec de l’opération Kinshasa Bopeto, pensent les techniciens de l’environnement. Pour les uns, il y’a le manque d’une politique clairement définie et les moyens de celle-ci, pour ne pas parler de la volonté. Tandis que les autres évoquent la difficulté liée à l’anarchie et l’incivisme. 

«Kinshasa Bopeto nous avait donné beaucoup d’espoir surtout lors de son lancement, nous avons senti que cette fois-là, il y a des autorités qui ont le souci de changer les choses.  Mais visiblement on se retrouve devant les mêmes personnes avec les mêmes habitudes », a indiqué l’horticulteur Jean Mangalibi.

Comme Manngalibi, tous les kinois pensaient voir leur ville redorer son imager longtemps ternie, mais hélas, Kinshasa Bopeto, n’est qu’un éléphant blanc. « L’on assiste plutôt à des autorités qui vendent des idées et qui ne les concrétisent pas sur terrain », s’indique Alexis Muamba, étudiant à l’IBTP.

Une vision mal définies ?

Une année après, rien n’a changé. Par contre, l’on se pose de question si réellement la ville de Kinshasa dispose d’une politique de gestion des déchets. Par ici et par là, les montagnes des immondices refont surface. 

« Le gouverneur est dans le sensationnel et n’a pas une equipe de techniciens capables de changer les choses. Nous lui avons écris pour qu’on digitalise les services d’assainissement (controler les flux operationnels des dechetteries et les optimiser) numériser le secteur pour maitriser les acteurs et agir efficacement. Mais les actions réelles qui doivent être faites se butent à des non reponses, une lettargie qui me laisse sans mots. Si javais ses coordonnées directs ou ceux de sa hierarchie j’allais refaire un plaidoyer« , indique Ben Kalala, acteur d’assainissement.

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Certaines stations de transit construites par l’Union européenne ont quasi disparu. Ces sites sont transformé en des stations-services, ou les débits de boisson. Les agents de la RASKIN (Régie d’Assainissement de Kinshasa), commis à la collecte des déchets ménagers sont souvent démotivés. Les éboueurs qui le font à leur gré, les jettent dans les caniveaux et rivières, cela au vu et au su de l’autorité urbaine.  En réalité, Kinshasa Bopeto n’a fait qu’empirer la situation, s’indignent les observateurs . 

Pour Fiston Ilangi, le manque d’un plan urbanistique est l’une des causes à la base de ce problème que la ville n’arrive toujours pas à résoudre.  « En matière d’urbanisation, il y a deux opérations à respecter et à exiger avant l’occupation d’un terrain : Premièrement,  l’opération de lotissement et deuxièmement l’opération de  tram-d’ accueil. C’est à dire qu’avant de permettre aux gens d’occuper une zone X il faut au préalable procéder au lotissement de cet espace et deuxièmes à l’assainissement de la tram-d’ accueil. Ce qui ne se fait pas à Kinshasa », a-t-il déploré. 

On doit, en amont les caniveaux, connaître les eaux à évacuer,  ce qui n’est pas le cas à Kinshasa malheureusement  s’étonne cet urbaniste dans une interviews accordée à Environews RDC.

« À Kinshasa nous assistons à des quartiers spontanés sur le plan urbanistique, et surtout dans les zones dangereuses où la pente est moins de 2%, sans savoir que ce sont des zones inondables », a-t-il ajouté. 

Changement de paradigme

Il n’est pas si tard de faire mieux dit-on, l’autorité urbaine devrait revoir ses calculs, si réellement il veut voir son programme prendre corps et répondre aux attentes de ses administrés. 

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Pour cela il faut de la rigueur et du sérieux. Il faut également associer d’autres acteurs importants à cette lutte, qui ne pourra aboutir qu’avec une véritable rupture avec le passé. 

Les kinois utilisent les caniveau comme dépotoir d’immondices, sans en être inquiets.  Les agents de l’OVD curent les caniveaux et laissent les déchets à coté sans en être redevables. Tous les comportements d’incivisme environnemental devraient  sévèrement punis, si réellement l’on veut voir Kinshasa Bopeto réussir dans son axe assainissement. 

Qui veut aller loi prépare sa mouture dit-on, Ngombila devrait mobiliser davantage des moyens financiers conséquents pour pouvoir réussir son pari, de voir Kinshasa redevenir propre, un défi que tous ses prédécesseurs n’ont pas pu relever. 

Désiré WEMBOLOWA.

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