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Forêt : La loi sur les peuples autochtones adoptée en pleniere de l’Assemblée nationale en RDC

L’ Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a adopté la proposition de loi portant principes fondamentaux relatifs à la promotion et protection des peuples autochtones, ce jeudi 26 novembre, à Kinshasa. Une plénière qui a réjoui plus d’un député car, il s’agit d’une première en RDC de voir l’Assemblée nationale siéger pour une loi en faveur des peuples autochtones pygmées.

« Je suis très ravi de voir que cette proposition de loi vient d’être votée par tous les élus« , s’est réjoui le président de la commission socio-culturelle, Léon Mondolo.

Cette loi tant attendue, vient apporter un ouf de soulagement aux acteurs qui militent depuis toujours pour la reconnaissance des droits de ces peuples marginalisés.

« C’est le fruit d’un travail qui a duré plusieurs années. Aujourd’hui ce travail là est couronné par une validation de ce qui était une proposition de loi sur la promotion et protection des peuples autochtones notamment les pygmées.« , a indiqué Rachidi Bukanga Ruben, député national.

Une loi innovante

Cette loi apporte plusieurs innovations, à en croire les députés nationaux. C’est pour la toute première fois dans l’histoire de ce pays que les autocthones pygmées aient les droits à des terres qu’ils possèdent. Ces terres là et leurs droits seront désormais reconnus par la loi.

« En plus de l’article 43 de la constitution qui garanti l’accès à l’éducation de base, je vous informe que le peuple pygmée a ce droit désormais d’étudier gratuitement et acceder à tous les établissements publics pour l’enseignement de base. Nous avons élargi jusqu’à l’enseignement sécondaire et professionnel pour les autochtones spécialement, en attendant la promulgation de cette loi par le Président de la République« , a renchérit le député Bukanga.

Cette loi prévoit également que le peuple autochtone soit exonéré de tous les frais liés à la justice, en cas d’un procès en justice. Elle va jusqu’à demander la gratuité de soin de santé pour ce peuple, enfin de les inciter à participer à la vie active comme tous les congolais.

L’adoption de cette loi à l’Assemble nationale est un motif de fierté pour Patrick Saïdi, coordonateur de la Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones (DGPA). « En ce jour comme vous le voyez, ils sont tous là ( les pygmés ) venus témoigner le soutien et l’attachement qu’ils ont à cette plénière car, c’est d’eux qu’il s’agit. Le vote a été unanime, tous les élus ont dit la même chose, et nous vous confirmons que les objectifs sont atteint et d’ici peu, le chef de l’Etat devra promulguer cette loi. Mais, déjà, le grand pas est franchi« , a-t-il précisé.

Notons que les pygmées vivant à Kinshasa étaient très nombreux aux alentours du Palais du peuple, siège du parlement congolais, pour soutenir l’adoption de cette loi qui devra les encadrer dans leur marche vers l’égalité de chance et de droits.

Désiré Wembolowa

Eau : Gestion Intégrée des Ressources en Eau, Claude NYAMUGABO et Mohamed ABDEL ATY DISCUTENT du Projet GIRE Égypte-RDC

Arrivé aux petites heures matinales au Caire en Égypte, le Ministre de l’Environnement et Développement Durable Me Claude NYAMUGABO se met au travail en réunissant son équipe congolaise du comité technique de Consultatif Conjoint pour une huitième réunion porteuse de bonnes nouvelles pour la République Démocratique du Congo.

Au Ministère de l’Irrigation et Ressources en Eau de la République Arabe d’Égypte, avec son homologue Mohamed ABDEL ATY, il est réellement question de relancer les activités du Projet de Gestion Intégrée des Ressources en Eau(GIRE).

Pour ce partenariat signé en 2012, les retombées sont succulentes :
Forage de 30 puits d’eau souterraine (consommation humaine et animale dont 10 puits équipés de système de distribution d’eau)

Une autre grande nouvelle est la construction d’un micro barrage hydroélectrique.

Dans l’immédiat, il est à noter l’inauguration en février 2021du Centre Régional Ultra Moderne des Prévisions Météorologiques, Suivi Hydrologique et Changement Climatique.

Des équipements seront acheminés à Kinshasa dans un bref délai et la formation d’experts congolais en Egypte va se poursuivre.

Le Ministre Claude NYAMUGABO a ensuite visité dans la partie Est de la capitale égyptienne l’ancien Centre des Mesures du fleuve Nil, construit en l’an 815 de notre ère avant de se rendre au Centre Moderne des Prévisions des Pluies et des Changements Climatiques d’Égypte pour enfin chuter au Centre de la Télémétrie.

Toutes ces techniques modernes ont entre autres objectifs de recueillir des données fiables sur les précipitations, l’humidité ainsi que le système d’alerte précoce (prévention des catastrophes).

Cellcom Min EDD

Conservation : Quand un reportage sur les gorilles de montagne jette le discredit sur le media français TF1

Un reportage sur les gorilles de montagne produit par la télévision française TF1 jette de l’huile au feu. Dans ce reportage, les journalistes Sarah Sissman, et Thomas-Diego Badia affirment que les gorilles de montagne, cette espèce de grand singe menacée d’extinction n’existent plus qu’au Rwanda. De ce fait, les journalistes ont oublié que ces grillent vivent en RDC et en Ouganda. Erreur ou manipulation de l’opinion nationale et internationale s’interrogent plusieurs congolais et étrangers sur le motif de cette grosse boulette et en exigent une rapide réparation.

La première à s’en prendre à ce reportage, c’est une congolaise qui sans ambages a tiré à boulet rouge sur les journalistes français qu’elle prend à partie dans ce qu’elle appelle la « désinformation ». Et en suite aux écogardes rwandais.

Ce reportage de propagande dont la vidéo est devenue virale n’a pas laissé indifférent l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature). Dans un tweet fait à ce sujet, il fustige les affirmations gratuites faites par la TF1.

De son coté, le chef de la délégation de l’Union européenne, Jean -Marc Chataigner n’a pas hésité de manifester son indignation à ce reportage qui remet en cause tout le travail abattu par l’Union européenne dans le parc des Virunga, depuis plus de trois décennies.

La désinformation, c’est tout ce que décrie aussi l’Ambassadeur des USA à Kinshasa, et autres personnalités qui trouvent dans ce reportage, la main noire du Rwanda qui cherche à tout prix, à saboter les efforts de conservation entrepris par la RDC et ses partenaires.

Les journalistes membres du réseau Green Journalists Network invitent par ailleurs leurs collègues de la télévision française à revenir plus vite sur leur forfaiture et corriger le plus vite possible leur erreur.

« Ça ne coûterait aucun centime à TF1 de s’appliquer au principes de vérification d’information à la source ou plusieurs sources en RDC, au lieu de diffuser des contrevérités qui constitue une insulte flagrante aux efforts communes (gouvernement, partenaires internationaux, société civile, ICCN) consentis pour la conservation de la nature en RDC et la lutte contre les changements climatiques dans le monde 🌍, parfois au prix de sacrifice« , a indiqué Bill Mwamba, journaliste.

Alfred NTUMBA

FORÊT : YANGAMBI, QUAND LA RESTAURATION RIME AVEC L’ AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE DE POPULATION

La croissance démographique, la pauvreté et le besoin croissant en énergies figurent parmi les principales causes de la perte du couvert forestier en Afrique.  Chaque année, le continent  perd plus de 2 millions d’hectares de forêt. La production de charbon de bois, de bois de chauffe et l’aménagement de l’espace pour des  activités agricoles figurent parmi les causes de cette déforestation. Cette perte du couvert forestier entraîne avec elle aussi la dégradation ou l’appauvrissement du sol, rendant ainsi difficile toute activité agricole.

Transplantation des plantules à la pépinière d’Isalowe ( photo THK)

La République Démocratique du Congo n’est pas épargnée par cette réalité. A Yangambi, dans la province de la Tshopo, la croissance démographique, l’absence de l’électricité, le manque d’emploi durable ainsi que la pauvreté ont poussé la population à exercer une énorme pression sur la réserve biosphère de Yangambi.  Une pression qui dénombre parmi les conséquences, la déforestation qui a entraîné avec elle la dégradation du sol, plongeant ainsi une grande partie de la population dans la pauvreté. C’est ainsi que le Centre de Recherches Forestières Internationale (CIFOR) développe depuis 2017 plusieurs activités dans cette contrée, en vue du développement durable, entre autres la restauration et la sensibilisation des populations. Pour palper du doigt la réalité, nous avons décidé d’effectuer une descente sur  terrain à Yangambi.

Yangambi, un site chargé d’histoire

Après plus de deux heures de navigation sur le majestueux fleuve Congo en partant de la rivière Tshopo puis la rivière Lindi, nous accostons enfin à Yangambi. Dès notre arrivée, nous sommes captivés par les vieux bâtiments datant de l’époque coloniale et quelques vestiges, qui  témoignent de la vie mouvementée qui autrefois animait ce lieu.  Avec la station de recherche  de l’INERA, l’Institut Facultaire Agronomique (IFA/Yangambi) et sa réserve de biosphère, Yangambi fût il y a quelques décennies,   un des grands pôles scientifiques du monde, où se donnaient rendez-vous plusieurs chercheurs et scientifiques venant de tous les coins du monde, pour apprendre et échanger des connaissances sur l’agronomie et la foresterie.

Malheureusement, les guerres qu’a connues la province de la Tshopo n’ont pas épargné Yangambi. Aujourd’hui, ce district de plus d’un million d’âmes porte encore les stigmates de ces sombres pages de l’histoire.  Comme un phénix, ce site rempli d’histoire renaît de ses cendres, grâce au projet Formation, Recherche et Environnement dans la Tshopo (FORETS) du CIFOR, financé par l’Union européenne. « Le partenariat que nous avons avec le projet FORETS, nous permet de récupérer des anciennes terres devenues pratiquement incultes. Ceci est pour nous une façon non seulement de récupérer ces terres, mais de rendre aussi viable le paysage de Yangambi », s’est félicité Michel Lokonda, Directeur de l’INERA-Yangambi.

Des centaines d’hectares recouverts d’arbres

Chargement des plantules dans une remorque (photo THK)

A Yangambi, il était question pour nous d’assister aux activités de restauration lancées depuis 2018 dans le cadre du projet FORETS. Notre arrivée a coïncidé avec la clôture de la grande saison de plantation 2020. Aussitôt arrivés, nous nous sommes donc rendus sur le site où se fait le reboisement. A notre approche, nous apercevons un groupe de gens très motivés. Tenant dans leurs mains ensablées des machettes et houes, elles attendent impatiemment la prochaine remorque des plantules. Nous approchons un jeune homme d’une trentaine révolue. Coiffé d’une casquette noire, machette à la main, Jérôme Isangi est un des  employés du projet FORETSdans le cadre des activités de reboisement. « Je suis enseignant, mais je fais ce travail depuis bien longtemps en attendant que je  sois mécanisé par l’Etat. J’ai fait le reboisement à Bangala et à Nutricen. Ici, je suis à ma troisième plantation », a-t-il renseigné.

Le CIFOR s’est fixé comme objectif de reboiser 600 hectares par an. Un projet ambitieux qui vise non seulement à restaurer le paysage de Yangambi, mais aussi à maintenir le cadre de vie décent des populations, tout en sensibilisant la population sur l’éducation environnementale.

« Depuis le lancement de ces campagnes de restauration, plus de 800 hectares ont été reboisés, et près de 700 mille arbres ont été mis en terre », a expliqué Brice Djiofack, expert junior du projet FORETS. « Pour cette saison, nous avons planté plus de 12 mille arbres par jour, une grande avancée pour le projet », a-t-il renchéri.

Au cours de ces campagnes de plantation, le choix des arbres est porté sur les acacias, les arbres indigènes et les arbres fruitiers. Bien qu’il soit une espèce à croissance rapide, l’acacia est une légumineuse qui favorise la restauration des sols épuisés grâce à la fixation de l’azote, ce qui rend possible la production agricole. Cette espèce a également un haut pouvoir calorifique, ce qui le rend idéal pour produire  la biomasse. Et parmi les arbres autochtones, il y a les arbres à chenilles et autres plantes médicinales. Pour permettre la disponibilité des plantules, deux pépinières ont été mises en place.

La sélection des espaces pour la plantation se fait de manière systémique. « Les terres de Yangambi appartiennent à l’INERA, et ce reboisement est précédé par une prospection qui consiste à choisir des terrains sur lesquels il faudra planter les arbres », a renseigné Fai Colins, facilitateur du terrain du projet FORETS à Yangambi.

Une fois queles terres à repeupler d’arbres sont connues, les campagnes de sensibilisation sont mises en place pour expliquer à la population le bien fondé du projet. Ceci, dans le but de les emmener à participer et s’approprier cette initiative, qui ne vise qu’à améliorer leur bien-être.  Moustapha Mbola, vulgarisateur du projet FORETS, nous explique qu’au départ il y a parfois une certaine méfiance de plusieurs personnes. Mais après échanges, elles finissent par adhérer à l‘idée, s’en approprier et devenir même nos interlocuteurs du projet  auprès des autres personnes encore sceptiques.

La restauration, une activité rémunératrice

En poursuivant notre visite sur les sites de plantation, nous sommes tombés sur un groupe de travailleurs,   dominé par les femmes. Nous débarquons à l’heure de la pause. L’équipe profitait de ce moment pour se restaurer, en attendant la prochaine livraison des plantules. Notre regard  s’est jeté sur une jeune dame au visage rayonnant. Attirés par son sourire, nous nous décidons de l’approcher. Augustine Botoko, c’est ainsi qu’elle se nomme. Cette ancienne commerçante se dit contente et fière de planter des arbres, activité qu’elle entreprend depuis une année. « Je suis mère de six enfants que je prends en charge grâce à ce travail. Depuis que je suis employée ici, ma situation économique s’est beaucoup améliorée. Que Dieu bénisse les initiateurs de ce projet », a-t-elle déclaré sourire aux lèvres.  Motivée par le témoignage de sa collègue, Justine Lola a jugé bon de se confier aussi à nous, concernant cette activité de reboisement à laquelle elle prend part depuis un mois. Pour elle, le plus important n’est pas seulement le fait d’être payée, mais plutôt le fait de bénéficier de ces arbres dans le futur.

Finalement, Daris Lifenda, un jeune qui nous a affirmé qu’il garde des bons souvenirs de ce travail de restauration initié par le projet FORETS, décide de nous emmener à son domicile. A quelques mètres, nous entendons le bruit de vrombissement d’un moteur. Arrivés sur place, nous découvrons un moulin et des gens tout autour venus moudre le manioc, le soja et le maïs. « Ce moulin, je l’ai acheté grâce aux économies que je faisais avec ma rémunération. Il fonctionne avec du gasoil et aide beaucoup de gens de mon quartier, et ceux des quartiers lointains », a-t-il témoigné.

Ce jeune homme de 19 ans nous a confié avoir acheté un deuxième moulin.  Pour chaque saison, c’est presque 500 personnes  qui sont employées dans les plantations.  La plupart d’entre elles reconnaissent qu’au-delà du recouvrement du couvert forestier de leur village, les activités de restauration leur permettent de résoudre certains problèmes comme la scolarisation les enfants, se nourrir, et créer d’autres activités pour avoir un moyen de subsistance.

Des arbres qui alimenteront la centrale à biomasse de Yangambi

Chantier de la centrale à biomasse de Yangambi ( Photo THK)

Hormis la fertilisation du sol, la restauration du couvert forestier, la fabrication du charbon de bois, l’agroforesterie et l’apiculture, le reboisement de Yangambi vise un autre objectif majeur qui pourrait transformer la vie de cette population, il s’agit de la mise en place d’une centrale à biomasse. Cette centrale utilise des substances qui peuvent brûler pour produire de l’énergie qui peut être transformée en électricité. Pour Paolo Cerutti, directeur du projet FORETS, la mise en place de cette centrale vise à développer les entreprises locales comme les PME, ce qui va rénover le substrat économique et contribuer à la lutte contre la déforestation et l’agriculture sur brûlis.  « Nous avons conduit plusieurs études de faisabilité, et es experts ont conclu qu’une centrale de biomasse à Yangambi est possible », a-t-il argumenté. « Nous avons déjà lancé l’appel d’offre pour les premières machines, et nous travaillons de sorte que  tout soit prêt au plus tard novembre 2021 », a dit-t-il.

Cette centrale sera alimentée dans un premier temps avec les arbres des anciennes plantations d’hévéa et des palmiers qui pullulent à Yangambi, en attendant que les arbres plantés atteignent la maturité.

Bien que les forêts soient les principales sources de revenus pour la population, ce modèle d’investissement du projet FORETS à Yangambi prouve qu’il est possible de concilier la préservation des celles-ci et le  maintien d’un cadre de vie décent des populations. Ceci passe par la sensibilisation et la mise en place des alternatives capables de réduire la pression de l’homme sur la forêt, notamment la multiplication des sources de revenus.

Ce reportage a été réalisé avec le soutien du Rainforest Journalism Fund en partenariat avec Pulitzer Center

                                               De retour de Yangambi, Thierry-Paul KALONJI

Assainissement : D’ici 2030, la République démocratique du Congo compte éradiquer la défécation à l’air libre

C’est un vrai défi que se lance la République démocratique du Congo. Celui d’éradiquer la défécation à l’air libre et réduire de 50% les taux de la contamination fécale dans tout le pays, d’ici 2030. La feuille de route pour atteindre cet objectif a été présentée ce jeudi 19 novembre à Kinshasa. La feuille de route de l’éradication de la défécation à l’air libre prévoit de grandes actions qui seront menées sur l’ensemble du territoire national afin d’arriver aux résultats escomptés.  Il s’agit notamment  de sensibiliser les populations qui vivent dans les province où la défécation à l’air libre a un taux très élevé, de faire le plaidoyer pour augmenter la volonté politique, le développement de meilleures politiques, les stratégies et réglementations locales et nationales, et de faire la coordination intersectorielle et la création d’alliances avec la société civile pour la communication et la mobilisation sociale pour le changement de comportement. 

Cet engagement s’inscrit dans le cadre des actions efficaces qui vont concourir à la matérialisation de la cible 6.2 des Objectifs du développement durable (ODD), d’ici à 2030. L’objectif 6. 2 vise à « assurer l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats et mettre fin à la défécation en plein air ».

«Cette feuille de route est un appui pouvant matérialiser la vision du chef de l’Etat, laquelle priorise l’intérêt de la population congolaise aux actions du gouvernement. Elle constitue un nouveau programme du gouvernement pour la mise en œuvre des engagements internationaux relatifs à l’Assainissement», a déclaré Ilunga Zaina, vice-ministre de l’Environnement et Développement Durable.

Financé par l’UNICEF, les actions qui seront menées dans la suite devront contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations en RDC mais également, à l’amélioration des habitudes d’hygiène et la bonne utilisation des latrines. Un accent particulier sera également sur  l’accroissement de l’accès aux infrastructures basiques et améliorées de l’assainissement dans les communautés.

«Dans la carte de la RDC, c’est toutes les provinces qui font la défécation à l’air libre. Parmi les vingt-six  provinces, il y en a neuf dont la défécation à l’air libre est très élevée. Nous allons donc  commencer  par celles-là pour une durée allant  de 2020 à 2023. Ensuite, nous mettrons à profit les expériences  que nous aurons  acquises dans ces neufs provinces, pour celles qui restent afin que la RDC puisse réduire sensiblement ou éradiquer totalement la défécation à l’air libre», a souligné Pascaline Mbangu, directrice nationale de l’Assainissement.

Il sied de signaler que le processus de l’élaboration de cette feuille de route a connu la participation des acteurs du secteur de l’eau, de l’hygiène et assainissement et d’autres acteurs de la  territoriale, des médias et de la décentralisation. Cette feuille de route sera exécutée par la direction d’Assainissement du Ministère de l’Environnement et Développement durable. La cérémonie du lancement de cette feuille de route a coïncidé avec la célébration de la Journée mondiale des Toilettes. 

Nelphie MIE

Conservation : 1 mort et 4 blessés dans le crash d’un avion du parc des virunga

Un mort et quatre blessés, c’est le bilan du crash d’un avion survenu ce mercredi 18 novembre dans le Parc des Virunga, au Nord-Kivu. L’appareil a perdu le contrôle au décollage du Katale, dans le territoire de Rutshuru.

« Nous avons perdu notre pilote dans un crash juste au décollage de notre piste de Katale. Il y’a quatre blessés, des personnes qui étaient dans les environs du lieu du crash. On les a amenés rapidement à l’hôpital« , a indiqué le directeur général de l’ICCN, Cosma Wilungula.

Il a par ailleurs informé que les équipes techniques sont en route pour identifier les causes de ce crash. Notons que l’aéronef avait décollé pour une mission de reconnaissance.

Alfred NTUMBA

Forêt : En RDC, l’accaparement des terres par PHC Boteka affecte près de dix-sept villages à l’Equateur

En République démocratique du Congo, l’accaparement des terres reste l’une des causes de conflits fonciers entre les communautés elles-mêmes et parfois entre les communautés et les industriels qui y exploitent. Ces conflits latents finissent souvent par dégénérer. Dans le secteur de Dwali, Territoire d’Ingende dans la province de l’Equateur, près de 17 villages sont sérieusement en conflit qui les opposent à l’entreprise PHC Boteka (Plantation des Huileries du Congo). Si certains d’entre ces villages gardent encore le peu de leurs terres ancestrales, d’autres par ailleurs, assistent impuissamment à la disparition quasi-totale de leur héritage à cause de l’expansion de ladite plantation installée le long de la Rivière Ruki. 

Une vue de l’usine de FHC Boteka.
Après plusieurs conflits fonciers, l’entreprise avait résolu de donner du travail aux habitants de ces différents villages. Quelques années après, la précarité et la malnutrition ont élu domicile dans ces villages.  Menacées par l’insécurité alimentaire à la suite du manque des terres, les communautés ne savent plus à quel saint se vouer. Nous avons résolu de plonger au cœur du scandale d’un multinational qui a imposé ses lois au détriment d’un bien-être collectif, sous un regard discret des autorités du pays.

Après plus de 10 heures de route à bord d’une moto, nous arrivons au village Loonga Moke. Ce village d’environ six cents personnes subit de plein fouet les effets de l’accaparement de ses terres transformées en palmeraie.  Continuer la lecture de Forêt : En RDC, l’accaparement des terres par PHC Boteka affecte près de dix-sept villages à l’Equateur

Climat : A ce jour, que faut-il retenir de la CDN révisée de la RDC ?

La République démocratique du Congo est signataire de l’accord de Paris sur le Climat. De ce fait, le pays s’est engagé comme les autres Etats du monde, à apporter sa contribution dans la lutte contre le changement climatique. C’est en 2015 que la RDC avait soumis Convention-Cadre des Nations Unie sur le Climat, son document de Contribution Déterminée à l’échelle Nationale (CDN).  Cette Estimé à près de 22 milliards de dollars américains, la contribution de la RDC consiste essentiellement en la réduction de la déforestation et l’absorption de gaz à effet de serre. 

La Convention-Cadre des Nations Unie sur le Climat prévoit la révision par les Etats de leurs CDNs à l’horizon 2021. Ainsi, la RDC s’est engagée à relever son ambition en matière de l’action climatique et ce, à travers l’actualisation de la ligne de base des émissions nationales de gaz à effet de serre, initier de réflexions visant la mise en place d’un cadre propice à sa mise en œuvre et la formulation d’une feuille de route ou plan d’engagement du pays. 

Tous ces mecanismes devront s’aligner aux principales politiques et stratégies sectorielles de développement national, notamment au Plan National Stratégique de Développement, principal cadre fédérateur de la vision développement de la RDC. Continuer la lecture de Climat : A ce jour, que faut-il retenir de la CDN révisée de la RDC ?

Conservation : Le WWF lance un nouveau projet de lutte contre la criminalité faunique en RDC 

«Vers une éradication de la criminalité faunique en RDC pour le bénéfice des populations et de la biodiversité », c’est le nouveau projet lancé ce vendredi 13 novembre,  par WWF-RDC, à Kinshasa. Il s’inscrit dans le cadre des efforts qui sont mis en œuvre pour juguler le commerce illicite de la faune sauvage en RDC. « La demande mondiale en produits illicites de faune sauvage, tels que l’ivoire et les écailles de pangolin, à laquelle s’ajoute la demande locale en viande de brousse, restent toujours très préoccupantes », indique un communiqué du WWF.

La région du Bassin du Congo a perdu 65% de ses éléphants de forêt entre 2002 et 2013 et de récentes enquêtes montrent des déclins localisés importants allant jusqu’à 90% dans certains paysages en raison de la demande internationale illégale d’ivoire, situation à laquelle contribuent certains facteurs tels que les faibles capacités en matière d’application des lois, un manque de financement à long terme pour la lutte contre le braconnage ainsi qu’une implication insuffisante des communautés locales dans la lutte contre le braconnage. Continuer la lecture de Conservation : Le WWF lance un nouveau projet de lutte contre la criminalité faunique en RDC 

Forêt : La disparition des espèces animales comme les chimpanzés pourrait entrainer celle des forêts tropicales africaines

Les forêts tropicales africaines constituent le deuxième poumon vert de la planète, à cause de leurs capacités d’absorption du carbone. Plus de 80% de ces forêts tropicales se trouvent dans la zone centrale du continent africain. Appelée  « la forêt du bassin du Congo », elle regorge d’espèces animales qui jouent un rôle essentiel dans sa régénération naturelle. Il s’agit notamment des espèces frugivores, et certains autres herbivores. Plus de 65% de la forêt du bassin du Congo se trouvent en République démocratique du Congo.

Un bonobo dans le Parc national de la Salonga. (Crédit photo, LuiKotae-T.Nicolon)

Les espèces animales comme les chimpanzés et les éléphants sont réputées pour leurs capacités à disséminer les graines, contribuant ainsi à la régénération naturelle de cette forêt. A ces espèces s’ajoutent également les abeilles et certains oiseaux.

« Aujourd’hui, nous avons la certitude que les chimpanzés nains (Bonobo) jouent un rôle important dans la régénération de la forêt. A Mbou Mon tour, les bonobos que nous protégeons vivent dans un paysage mosaïque Forêt-savane. Le fait qu’ils se déplacent dans la savane, et qu’ils y laissent leurs cacas, nous avons remarqué que la forêt est en train de pousser naturellement dans la savane« , a indiqué Valentin Omasombo, chargé d’études à l’ONG Mbou mon Tour.

Cependant, toutes ces espèces considérées comme « les jardiniers de la forêt » sont très menacées d’extinction. En République démocratique du Congo par exemple, la population des éléphants a drastiquement chutée. Elle est passée de plus de 100.000 individus au début du siècle pour moins de 8. 000 à ce jour, informent les scientifiques. Une tendance qui, si elle se maintient, pourrait avoir des conséquences irréversibles sur la forêt congolaise.

Si les éléphants sont menacés par le braconnage à cause de leur ivoire, les chimpanzés dans leurs diversités les sont à cause de la viande de brousse et de la destruction de leur habitat.

« Là où nous travaillons,  à Bili Uelé et à Lomako, nous avons les chimpanzés nains et les chimpanzés à face claire. Mais ces espèces sont très menacées par le braconnage, mais aussi par la vente des spécimens vivants. Ces spécimens sont vendus vivants pour se faire de l’argot et de la fierté en dehors du pays« , a précisé Antoine Tabou, directeur pays d’AWF (African Wildlife Foundation).

Des menaces accrues sur les chimpanzés

Les menaces sur les chimpanzés de la RDC sont très graves indique Adams Cassinga, coordonnateur de Conserv Congo, une organisation non gouvernementale de conservation basée à Kinshasa. Dans la partie Est du pays par exemple, ces animaux fuient les crépitements des balles des groupes armées et se réfugient dans les pays voisins. Dans la partie ouest par contre, c’est le braconnage pour des gains économiques qui reste la première menace. Le marché de viande de brousse est très florissant dans les périphéries des aires protégées. A cela s’ajoute l’exportation illégale des spécimens.

« La plupart de nos chimpanzés sont cuits comme aliment, et les petits sont pris et vendus ailleurs. La situation est vraiment critique, et nous devons prendre des mesures urgentes. Si ces mesures ne sont pas prises maintenant, dans dix ans, il n’y aura plus de chimpanzés en RDC « , s’est-t-il alarmé.

Pas plus tard que la semaine dernière, un rapport d’Interpol a indiqué que près de 32 spécimens des singes vivants, parmi lesquels se trouvent les chimpanzés, ont été saisis en Zambie. Ces animaux sortis frauduleusement de la République démocratique du Congo devraient aller alimenter le marché chinois, via l’Afrique du sud.

Monsieur Cassinga déplore tout de même le manque d’un plan national de conservation des primates de la RDC. Ceci rend difficile l’analyse du parcours pour évaluer les efforts  réels consentis par l’Etat congolais dans la conservation de ces espèces.

« Nous avons plusieurs plans qui proviennent des organisations locales et internationales que l’Etat essaie d’appliquer ici et là. Quand vous allez à la Garamba, ils ont leur plan, à Kahuzi Biega, un autre plan », a-t-il précisé. « Nous avons quatre sanctuaires en RDC pour recevoir les animaux détenus illégalement par des tierces personnes. Pour un pays qui a la taille de toute l’Europe de l’Est, c’est minime. J’invite le gouvernement à prendre cette question au sérieux »

Prise de conscience du gouvernement 

Les menaces qui pèsent sur les primates de la République démocratique du Congo ne passent pas inaperçues aux yeux des autorités congolaises. A en croire le directeur général chargé des forêts, José Ilanga, les chimpanzés jouent un rôle prépondérant dans la chaîne végétale. Et, ces espèces jouissent d’une attention particulière du gouvernement.

L’avantage que nous avons est que les espèces rares comme les bonobos, et les gorilles, vivent essentiellement dans les aires protégées.  Si nous prenons le cas des chimpanzés, chez nous cette espèce vit dans la forêt, mais l’exploitation de cette forêt chez nous est sélective. Ce qui assure leur survie. Mais nous ne pouvons pas nous en réjouir”, a précisé monsieur Ilanga.  » En plus de la loi relative à la conservation de la nature qui recommande que 15% du territoire national soit transformé en un réseau d’aires protégées,  nous sommes dans la déclaration de Nagoya, où nous acceptons d’aller jusqu’à 17%« .

La conservation communautaire comme une alternative

La République démocratique du Congo est l’un des pays qui disposent aujourd’hui d’une loi sur la conservation des espèces sauvage. Malgré l’existence de cette loi, la faune de la RDC reste confrontée aux multiples difficultés liées notamment à la faiblesse de l’appareil judiciaire, la corruption et à l’inefficacité des efforts.

Plusieurs conflits qui opposent l’Etat aux communautés riveraines des aires protégées exacerbent également la descente aux enfers des espèces de faunes. Souvent, les braconniers se trouvent dans les communautés et parfois, ils prêtent allégeances aux groupes armés qui écument dans les aires protégées surtout dans la partie est de la république.

Face à ces menaces persistantes, des organisations et communautés essaient de mettre en place un autre modèle de conservation dites « communautaire ».

A près de 400 kilomètres de Kinshasa, l’ONG Mbou Mon Tour expérimente depuis une dizaine d’années, la conservation communautaire des Bonobo de Bolobo.

« Tout est parti d’une initiative communautaire basée sur l’interdit sur le Bonobo. Selon une anecdote, le Bonobo est un humain qui, à cause de n’avoir pas payé sa dette, a préféré s’enfuir dans la forêt. Depuis nos ancêtres, nous considérons le Bonobo comme l’un de nos ancêtres. Voilà pourquoi nous gardons l’interdit sur sa chère« , nous révèle Jean-Christophe Bokika, président du Conseil d’administration de Mbou Mon Tour.

La conservation communautaire faite par Mbou Mon Tour, est une initiative qui se présente aujourd’hui comme un modèle de développement basé sur la conservation de ce grand singe. Pour aider les communautés à tirer profit de la conservation de ce chimpanzé nain, l’ONG a mis en place des projets notamment ceux de recherches scientifiques qui attirent des chercheurs internationaux, et l’éco tourisme.

Avec l’appui des partenaires dont le WWF, plusieurs projets de conservation ont été mis en place, ce qui a permis de créer des emplois et d’améliorer les conditions de vie de plusieurs ménages dans ce coin de la RDC.

Au regard des menaces multiformes qui pèsent sur les espèces de faune de manière générale et de chimpanzé particulièrement, l’Afrique devrait se mobiliser pour préserver sa méga biodiversité utile à la survie de ses forêts et de la population humaine.

Des politiques sectorielles et de financements conséquents devront être mis en place pour préserver ces forêts et la diversité biologique qu’elle contiennent  sans quoi, les forêts tropicales pourraient disparaître un jour, comme cela a été le cas avec ce qui est aujourd’hui le désert du Sahara, qui selon plusieurs chercheurs était aussi une luxuriante forêt tropicale.

Alfred NTUMBA