Archives de catégorie : Biodiversité

Conservation : un braconnier des rhinocéros écope de 20 ans de prison en Afrique du Sud

La justice Sud-Africaine a confirmé sa détermination à protéger les rhinocéros qui sont menacés d’extinction, en condamnant à 20 ans de prison un braconnier pour trafic illégal des cornes des rhinocéros. Un message fort envoyé aux autres braconniers dans ce pays qui dénombre une grande quantité de rhinocéros.


C’est une peine lourde, qu’a écopé Mopoyisa Mahlauli ce braconnier d’origine Mozambicaine, arrêté le 17 mars 2016 dans le parc national de Kruger, situé dans le nord-Est de l’Afrique du sud et frontalier du Mozambique. Ce jour-là, ce sont d’abord des coups de feu qui avaient alerté des rangers en patrouille, avant qu’ils découvrent le cadavre d’un rhinocéros blanc dont les cornes avaient été sciées.
Ils se sont ensuite mis à suivre les traces du braconnier qu’ils ont fini par retrouver. L’homme a été arrêté avec un fusil, des minutions, une scie et des cornes de rhinocéros récemment coupées. Son associé avait réussi à s’échapper.

C’est ce lundi 11 septembre que la justice a rendu son verdict. Le suspect de 30 ans, a été reconnu coupable de chasse illégal et possession illégale d’arme.
Pour rappel, la nation arc-en-ciel abrite quelque 20.000 rhinocéros, soit 80% de la population mondiale. Ces dernières années, le braconnage de ces espèces a atteint des records. Plus de 7.100 pachydermes ont été tués au cours de décennie écoulée.

Ces animaux sont braconnés à cause de leurs cornes, auxquelles plusieurs croyances et légendes attribuent plusieurs vertus.
Thierry-Paul KALONJI

Conservation : Les marchés domestiques de l’ivoire disparaissent de plus en plus en Afrique centrale

Une étude complète sur le commerce illégal d’ivoire dans cinq pays d’Afrique centrale vient d’être publiée, après près de 20 ans d’enquêtes sur terrain.
Réalisé par TRAFFIC, ce rapport dont Environews RDC s’est procuré une copie, présente les résultats des investigations sur les marchés d’ivoire dans les principales villes de cinq pays d’Afrique centrale ( Cameroun, République démocratique du Congo, Congo, République centrafricaine et le Gabon), en 2007, 2009 et 2014 et 2015.

D’après les résultats de cette enquête, l’Afrique centrale a été au cours de ces dernières années l’une des principales sources d’approvisionnement illégal en ivoire du commerce national d’ivoire non réglementé dans les pays de la sous-région, dans toute l’Afrique de l’Ouest et dans les destinations étrangères, en particulier en Asie.

La grande révélation de ce rapport est qu’en Afrique centrale, les marchés domestiques ouverts d’ivoire disparaissent principalement en raison des efforts d’application de la loi et de la concurrence avec les réseaux criminels souterrains. A leur place, un commerce international sophistiqué s’installe, favorisé par un haut niveau de corruption et une faible gouvernance.

Si la législation actuelle interdit le commerce domestique de l’ivoire dans tous les pays d’Afrique centrale, à l’exception du Cameroun, le rapport souligne cependant que l’interprétation de la loi dans chaque pays est vague et ambiguë, non seulement de la part des autorités chargées de l’application de la loi, mais aussi de nombreux autres acteurs. La corruption reste donc un véritable frein au respect de l’interdiction de ce commerce.

Tout au long de ces investigations, les recherches de terrain ont montré que les marchés ouverts à la vente illégale d’ivoire en Afrique centrale disparaissent ou deviennent souterrains, souvent face à la pression croissante des autorités qui mènent des opérations fréquentes d’application de la loi.

Les enquêteurs de TRAFFIC ont enregistré moins de 1 kg de produits en ivoire exposés publiquement en 2014/2015 en RDC, au Congo, au Gabon et Cameroun, contre environ 400 kg en 2007 et plus de 900 kg en 1999 parmi les quatre pays.

Le marché de l’ivoire à Kinshasa, en RDC reste la seule exception, avec plus de 400 kg de produits en ivoire enregistrés en 2015. Cependant le pays s’est récemment engagé à renforcer l’application de la loi contre le marché illégal de l’ivoire à Kinshasa, une étape importante soutenue par TRAFFIC et WWF.

Des actions doivent donc être prises sur l’ensemble de la chaine commerciale, dans les pays sources d’Afrique centrale (lutte contre le braconnage, les marchés noirs et la corruption, renforcement de la gouvernance..), aux niveaux régional et international pour lutter contre les organisations criminelles liées à la faune sauvage, et dans les pays consommateurs en Asie pour réduire la demande. Recommande cette étude.
Thierry-Paul KALONJI

Biodiversité : Le pangolin est l’animal le plus braconné  au monde

Méconnu du grand public, le pangolin reste  en tête de la liste des animaux les plus chassés par les braconniers dans le monde, devant les éléphants et les rhinocéros comme l’ignorent  beaucoup de personnes.

Vivant en Asie du Sud-Est et en Afrique, cet insectivore est convoité pour ses écailles, sa chair, ses os et organes.

Malgré son statut d’espèce protégée  acquis depuis septembre 2016  à Johannesburg, en Afrique du Sud lors  de la réunion  de la CITES, le  cauchemar  de ce petit animal  est loin de se terminer.

Outre son goût et ses écailles qui contiennent de la Kératine, des nombreuses légendes en Asie du Sud-Est attribuent au pangolin des vertus thérapeutiques et aphrodisiaques.

La vulnérabilité de cette espèce est tributaire aux caractéristiques lui imparties  par la nature. Solitaire et mesurant entre 30 et 80 centimètres, le pangolin se roule en boule lorsqu’il se sent en danger. Ceci le rend ainsi une proie facile pour les braconniers qui n’ont plus qu’à le mettre dans leurs sacs.

Les douanes des certains pays asiatiques, d’Amérique et même de France saisissent chaque mois des centaines de kilo de peaux, d’écailles et de viande de pangolin.

Planant déjà sous l’ombre de l’extinction, la disparition de cet animal qui rend quelques services  environnementaux engendrerait  la prolifération des fourmis et des termites dans les régions où il évolue.

La communauté internationale s’active donc à multiplier des actions pour sauver cet animal qui est en passe de disparaître. L’ONG WildAid a associé pour cette cause le célèbre acteur Chinois Jackie Chan.

Ce dernier est apparu dans une vidéo dans laquelle il enseigne le Kung-fu à un trio de pangolins. Selon les responsables de cette ONG, Jackie Chan dispose d’un vaste public en Asie, il est certain que cette campagne aura un impact positif.

Dans cette vidéo, on peut entendre l’acteur Chinois proclamer «  le massacre s’arrête quand on arrête d’acheter »

Thierry-Paul KALONJI

Conservation : 590,8 Kilogrammes d’ivoire saisis au marché Bikeko entre 2015-2016

Le célèbre marché Bikeko en plein centre-ville de la capitale congolaise a fait l’objet d’une étude, à cause de la présence remarquée de l’ivoire d’éléphants décliné sous plusieurs formes, et vendus au vu et au su de tous, sur les étales de ce marché. Menée par TRAFFIC-RDC entre l’année 2015 et 2016, Cette étude dont les résultats ont été révélés ce mercredi 30 août à Kinshasa, démontre les faiblesses et les succès de différents mécanismes mis en place pour lutter contre le traffic illicite de l’ivoire en RDC.

Les chiffres sont sans appel. 590,8 Kilogrammes d’ivoire ont été saisis durant cette période, près d’une cinquantaine de personnes arrêtées pour trafique d’ivoire, et trois jugements de condamnation obtenus.
« Nous avons essayé de faire une comparaison sur une période allant de 1989 à 2016. Nous avons constaté qu’il y avait de moins en moins des tables qui vendaient de l’ivoire, soit une dizaine de tables en 2016 contre soixante quatorze en 1989. En plus, nous avons constaté que les trafiquants semblaient être beaucoup plus sensibilisés sur la législation congolaise qui interdit ce commerce« . A précisé Cléo Mashini, Coordonnateur de TRAFFIC – RDC.

Durant la période de l’étude, une quantité importante d’ivoire a été saisie principalement à Kinshasa, soit (360,8Kg), à Goma (30Kg), et à Lubumbashi (200Kg). 2 personnes ont été arrêtées et condamnées à des peines de prison à Goma et 13 à Kinshasa.

Selon la même étude, la grande partie de l’ivoire vendu sur le marché de Kinshasa ou qui passe par Kinshasa à destination de l’étranger, provient principalement des ex – provinces de l’Equateur, Katanga, et la Province Orientale. Souvent dissimulés, ces colis qui font le parcours de combattants, arrivent à Kinshasa par voies routière, aérienne et fluviale.

Des actions d’envergures initiées au début de l’année 2017, par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) en collaboration avec la Police nationale congolaise, et les Ont de la conservation, ont permis d’aboutir à la fermeture du Marché Bikeko.  » La fermeture de ce marché est tombé à pic, car cela choquait, de voir les produits de l’ivoire étalés dans ce marché, d’autant plus que la RDC a adhéré à la CITES (Convention sur le commerce international des éspèces de faune et de flore sauvages ménacées d’extinction), et que la législation congolaise est claire, l’éléphant est une espèce intégralement protégée. Ses produits et sous-produits ne peuvent pas se retrouver en vente sur la place publique« , a déclaré Monsieur Mashini.

Des enquêtes réalisées à Kinshasa entre juillet et août 2016, notamment aux ports de Maluku et Baramoto, dans les agences de fret, ateliers de fabrication des objets en ivoire, au Grand marché, au Marché de la Liberté et le Marché Bikeko, ont permis d’identifier un certain nombre d’indicateurs de gouvernance et de pratiques liées au commerce illicite de l’ivoire.

L’analyse des données collectées sur terrain a permis d’identifier l’implication des certaines personalités politiques et militaires dans ce commerce. TRAFFIC-RDC envisage creuser davantage à travers une nouvelle étude, afin d’identifier individuellement ces personnalités qui enfreignent la loi.

A ce jour, la RDC dispose d’un stock d’ivoire saisi évalué à près de 13 tonnes. Environ 81% de ce stock se trouve à l’Hôtel de monnaie, 15% à l’ICCN et 4% à la DGDA (Direction générale de douane et assises), l’ANR (Agence nationale de renseignements), les Parquets, et la Police.

Paradoxalement, seul 11% des saisies de l’ivoire en provenance de la RDC ont été réalisées au pays, contre 89% à l’étranger.

Au terme de cette étude, une série de recommandations à été formulée en direction des décideurs en vue de lutter éfficacement contre le trafic illicite de l’ivoire, considéré comme un fléau qui dévaste systématiquement les populations d’élephants de la République démocratique du Congo.

Notons que le trafic illégal des produits de la faune est le 5ème commerce illicite le plus rentable au monde avec environ 10 milliard de dollars par année, après la drogue.

 

Alfred NTUMBA

Conservation : Un célèbre défenseur des éléphants abattu en Tanzanie

Un célèbre défenseur sud-africain de l’environnement, qui s’était consacré à la lutte contre le braconnage des éléphants en Tanzanie, a été tué par balles par des inconnus à Dar es Salaam, a annoncé jeudi soir sa fondation. Wayne Lotter, co-fondateur de la branche tanzanienne de la fondation de protection de la nature PAMS (Protected Area Management Solutions), a été tué dans la nuit de mercredi à jeudi à Masaki, un quartier huppé de Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, a annoncé PAMS dans un communiqué.

Les motivations des auteurs sont inconnues.

« Wayne avait consacré sa vie à la faune sauvage africaine, travaillant d’abord, alors qu’il était encore jeune homme, comme ranger dans son Afrique du Sud natale, puis en étant à l’avant-garde de la lutte contre le braconnage en Tanzanie », écrit la fondation dans son communiqué, assurant que la police tanzanienne a ouvert une enquête.

La Tanzanie, l’un des pays qui comptent la plus importante population d’éléphants sur le continent africain, est aussi l’un des plus touchés par le braconnage.

Un recensement récent notait que la population de pachydermes y a diminué de 60% entre 2009 et 2014. La fondation PAMS estime toutefois qu’une « réduction considérable » du braconnage a été constatée depuis 2014, notamment grâce aux efforts d’une unité tanzanienne d’élite spécialisée dans les crimes « graves » nationaux et internationaux (NTSCIU), dont le braconnage.

La fondation PAMS aide au financement de cette unité, qui a arrêté près de 900 braconniers ces dernières années, dont la Chinoise Yang Fenlan, surnommée la « reine de l’ivoire », actuellement jugée pour le trafic illégal de 706 défenses d’éléphants entre 2000 et 2014.

En mars, le plus célèbre trafiquant d’ivoire tanzanien, Boniface Matthew Maliango, surnommé « le Diable », a été condamné à 12 ans de prison après son arrestation par la NTSCIU.​

Avec la Libre. Afrique

Conservation : 3 gardes parc tués par les Mai-Mai dans le Parc national des Virunga

Le Parc National des Virunga a annoncé ce mardi 15 août, la mort de trois de ses gardes, tués dans la nuit du 14 août en plein exercice de leurs fonctions, par les rebelles du groupe armée Mai-Mai, dans le secteur Nord du parc. L’attaque s’est déroulée à l’occasion d’une patrouille de routine organisées par ces illustres disparus.


Charles Paluku Syaira, Jonas Paluku Malyani et Pacifique Musubao Fikirini ont été attaqués et tués dans leur campement installé dans cette partie du Parc. Un quatrième garde est actuellement porté disparu à la suite du même incident. « Nos pensées et nos condoléances les plus sincères vont aux familles et aux veuves des gardes Charles Paluku Syaira, Jonas Paluku Malyani et Pacifique Musubao Fikirini. Le garde Charles laisse derrière lui son épouse et huit enfants, garde Jonas son épouse et cinq enfants, et le garde Pacifique son épouse et quatre enfants », peut-on lire dans un communiqué émis à ce  à sujet.

Cette attaque porte à huit le nombre de gardes parc morts dans l’exercice de leurs fonctions au cours de l’année 2017. Durant les 20 dernières années, plus de 160 écogardes ont fait le sacrifice de leur vie pour protéger le Parc National des Virunga.

Les autorités du Parc National des Virunga déplorent cet incident et condamnent cet acte de barbarie commise à l’endroit de son personnel. Ils invitent par la même occasion ceux qui souhaitent exprimer leur soutien aux familles des gardes Charles, Jonas et Pacifique ainsi qu’aux proches de tous les autres gardes disparus, de bien vouloir verser une contribution au Fallen Rangers Fund du Parc National des Virunga.

Notons par ailleurs que cet incident n’a pas affecté les activités touristiques du parc.

 

Alfred Ntumba

Afrique : Incinérer l’ivoire, solution miracle pour sauver l’éléphant ?

Si la question ne se pose pas encore sur la place publique, cependant, elle vaut son pesant d’or, dans la mesure où depuis quelques décennies, le continent africain est secoué par une vague d’incinération de l’or blanc. Cette pratique est soutenue par certains experts qui pensent que « l’ivoire n’a de place que sur l’éléphant ». Paradoxalement, face à la situation dramatique de l’éléphant africain, le remède miracle ne semble pas porter les vertus lui dévolues.

Incinération de l’ivoire au Kenya en 2016 (photo droit tierce)

Depuis 1989, la vague d’incinération de l’ivoire s’est propagé à travers les pays d’Afrique. En 2016, le Cameroun et le Kenya ont brulé l’ensemble de leurs réserves nationales en ivoire. Pour le Kenya, Il s’agit de la plus grande incinération d’or blanc organisé en Afrique. Au total 105 tonnes soit 5 % du stock mondial d’ivoire, estimés à plus de 200 millions de dollars américains, sont partis en fumée dans un braisier qui avait brulé pendant plusieurs jours.

Le président Kenyan, Uhuru Kenyatta qui a donné le premier coup de torche, a appelé à « l’interdiction totale du commerce de l’ivoire ». Car avait il insisté, « la survie des éléphants ne sera jamais assurée tant qu’une demande existe ».
Avant le Kenya et le Cameroun, la Zambie, le Denver, la France, la Malaisie et la République du Congo, et tant d’autres pays du monde s’étaient inscrits dans cette logique.

La République démocratique du Congo s’apprête elle aussi à incinérer son stock d’ivoire, avait annoncé le Directeur général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Pasteur Cosma Wilungula.

Plus de deux décennies après ce mouvement d’incinération, qui hante encore le milieu de la conservation en Afrique et dans le monde, l’heure n’est-elle pas arrivée pour s’arrêter un moment et faire le bilan de toutes ces actions qui font perdre à l’Afrique plusieurs milliards de dollars ?

D’aucun pense que ce geste loin d’être dépourvu de sens, nécessite davantage d’être accompagné par des stratégies efficientes et efficaces de lutte anti braconnage, et des mesures draconiennes susceptibles de décourager les trafiquants qui œuvrent sous la bénédiction de certaines autorités locales et de communautés.

L’ivoire et les guerres en Afrique


Après le diamant du Sierra Léone, le pétrole de l’Angola et le coltan de la RDC, l’ivoire semble être la nouvelle ressource dont l’exploitation est nourrie par les guerres en Afrique.

Puissant et rentable, le commerce illicite de l’ivoire génère aux trafiquants 3 milliards de dollars américains chaque année. Quoi de plus normal que ce business florissant puisse attiser l’appétit de contrebandiers.

Des rebellions armées comme, l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), qui opère activement dans la partie allant du sud de l’Ouganda jusqu’au Nord – Est de la République Démocratique du Congo, les milices somaliennes (les Shebab et les Janjawid) au Darfour se financent en partie grâce à ce trafic.

Ces ivoires moissonnées en Afrique, finissent leur course dans certains pays asiatiques notamment la Chine, en tête avec une demande estimée à 70%, suivie de la Thaïlande et du Japon.

Souvent condamnée à tord et à raison, la Chine ne  cache pas sa volonté politique de combattre le trafic de l’ivoire sur son sol. Au cours de cette année 2017, le pays a pris la ferme décision de fermer son marché intérieur de l’ivoire. Une mesure qui a conduit à la fermeture de plusieurs ateliers de fabrications artisanales d’objets en ivoire.

Si cette mesure a été saluée par plusieurs, cependant, de l’avis des experts,  elle pourrait aussi favoriser la prolifération des marchés clandestins qui deviendraient  par la suite une épine dorsale dans la lutte contre le braconnage.

En 2013, la Convention sur le commerce International des Espèces de Faunes et de la Flore (CITES), sur base de résultats obtenus grâce à l’analyse et l’interprétation des saisies des produits d’éléphants et d’autres données d’informations sur le commerce de la faune au moyen du système d’ETIS, a identifié huit pays les plus fortement impliqués dans la chaine du commerce illégale de l’ivoire. En tant que pays d’origine, de transit ou de destination de l’ivoire à savoir, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Malaisie, Philippine, Chine, Thaïlande et Vietnam.

Une brèche ouverte par la CITES 

La seule mesure efficace de conservation qui a mis fin pendant huit ans à ce trafic a été l’interdiction du commerce d’ivoire en 1989, lorsque 70.000 éléphants étaient tués chaque année et que la moitié de la population avaient été décimée pendant la décennie précédente pour passer de 1,3 millions à 640.000.

Cette mesure a été en partie levée en 1997 sous la pression du Japon, ouvrant ainsi la voie au braconnage des éléphants. Ces activités se sont nettement accélérées suite à l’autorisation en 2008 par la CITES, de la vente d’ivoires au Japon et à la Chine, par trois pays d’Afrique subsaharienne à savoir le Botshuana, la Zimbabwe et la Namibie.

L’année 2011 reste marquée par un regain du trafic de l’ivoire des éléphants d’Afrique. 38,8 tonnes d’ivoire d’ivoires ont été saisi par les douanes dans le monde ce qui représente près de 4000 éléphants abattus.

Le trafic illégal d’ivoire qui menace la survie des éléphants en Afrique est concentrée géographiquement sur deux régions du continent. Une étude publiée l’année dernière par une équipe de chercheurs de l’université de Washington démontre que 85% d’ivoires des éléphants de forets interceptés entre 2006 et 2014 venaient d’une zone protégée s’étendant entre le Cameroun, le Congo et le Gabon. Et plus de 85% de l’ivoire d’éléphants de savane provenaient de l’Est du continent, surtout de la Tanzanie.

Ce crime transnational formé des réseaux sophistiqués et groupes criminels experts dans la contrebande est commandité en dehors de l’Afrique, mais avec la complicité d’une main d’œuvre locale.

L’Afrique qui voit ses populations d’éléphants connaitre un déclin, doit prendre cette menace à bras le corps, en mettant en place des mesures et stratégies efficaces de lutte contre le braconnage de l’éléphant.

Pour rappel, chaque année, entre 25.000 et 30.000 éléphants sont tués en Afrique sur une population restante estimée à 450.000 éléphants sur l’ensemble du continents. Plus de 75% d’éléphants d’Afrique ont été braconnés depuis le début du 21ème siècle. Des chiffres qui en disent trop sur la menace grandissante qui pèse sur ce pachyderme, considéré comme le plus grand jardinier de la forêt.

Si rien n’est fait, d’ici dix and, l’extinction de l’éléphant d’Afrique pourrait l’emporter.
Alfred NTUMBA

Biodiversité : La situation de l’éléphant reste dramatique en RDC

Si rien n’est fait dans un avenir proche, l’éléphant du Congo pourrait disparaitre défensivement sur le sol congolais. Dans un communiqué émis à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’éléphant, le Fonds mondiale pour la nature (WWF), alerte une fois de plus sur la situation dramatique que connaissent les populations d’éléphant et leur habitat naturel en République Démocratique ainsi qu’en Afrique Centrale suite aux phénomènes du braconnage et du commerce illicite de l’ivoire.


« Nous courons droit vers une extinction pure et simple de ce grand mammifère. Cette journée est une opportunité pour rappeler aux uns et aux autres qu’il est plus que temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré le Directeur national de WWF-RDC, Jean- Claude Muhindo.

Il a par la même occasion encouragé les autorités congolaises à faire appliquer la loi sur la protection des espèces menacées dans toute sa rigueur en vue de protéger les populations d’éléphant de la République Démocratique du Congo et lutter contre la criminalité faunique dans le pays.

Alors que le braconnage est une menace immédiate et directe pour l’éléphant d’Afrique, précise ce communiqué, la perte de l’habitat est la plus grave menace à long terme pour la survie de l’espèce. Sur 1,2 million d’éléphants qui peuplaient l’Afrique en 1980, seulement 500 000 environ sont encore en vivants, ceci malgré la lourde menace du braconnage qui pèse sur ces pachydermes.

« Cette célébration est une nouvelle occasion pour rappeler que le braconnage, la détention et la commercialisation des espèces intégralement protégées, notamment l’éléphant, ainsi que leurs produits et sous-produits sont formellement interdits par la loi en République Démocratique du Congo », précise ce communiqué.

Des actions énergiques sont donc nécessaires pour renverser cette tendance, notamment en termes d’appui aux gardes parcs et de renforcement de l’application des lois, estime WWF-RDC.

Toutefois, le Fonds mondial pour la nature se réjouit des avancées significatives constatées dans cette lutte avec la fermeture du plus grand marché de l’ivoire dans la ville Kinshasa et ce, grâce aux opérations coups de poing des Parquets de la République et de la Police Nationale qui ont donné lieu à des saisies d’ivoires et à des arrestations. Pour le WWF, ces efforts doivent se poursuivre pour s’assurer de la fermeture effective de tous les marchés d’ivoire partout dans le pays afin de protéger les éléphants.

 

Alfred NTUMBA

Biodiversité : deux commerçants interpelés à Mbadaka pour détention illégale d’un crocodile

Deux commerçants ont été interpelés à Mbandaka, le vendredi 04 août 2017, par les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) en collaboration avec l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Il leur est reproché, la détention illégale d’un crocodile vivant (Faux-gavial d’Afrique). Le dossier se trouve actuellement au niveau du Parquet de Grande Instance de Mbandaka.

L’origine de ce crocodile, sa taille et le lieu de sa capture n’ont pas été révélés. Les présumés commerçants seront jugés conformément à l’Arrêté interministériel n° 03/CAB/MIN/ECN-EF/2006 et n°099/CAB/MIN/FINANCES/2006 du 13 juin 2006 portant fixation des taux des droits, taxes et redevances à percevoir, en matière de faune et de flore, à l’initiative du Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature, Eaux et Forêts, et la Loi n° 82-002 du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse. Affirment des sources judiciaires.

Pour rappel, le Crocodile du Nil de moins de 1,50m (Crocodile niloticus), et le Crocodile à museau étroit ou faux Gavial de moins de 1,50m (Crocodulus cataphractus), sont intégralement protégés.

Tandis que, le Crocodile à nuque cuirassée de plus de 0,50 m de longueur (Osteolaemus tetraspis), le Crocodiles du Nil de plus de 1,50m (Crocodiles niloticus), et le Crocodile à museau étroit ou faux gavial de plus de 1,50m (Crocodiles cataphractus), sont partiellement protégés.

NB : Il faut noter que le niveau de protection de ces espèces dépend de leur taille (ainsi en cas de doute il faut les mesurer). Mais dans tous les cas, elles sont protégées soit totalement, soit partiellement.
Alfred NTUMBA

Biodiversité : Trois nouvelles zones considérées comme prioritiares pour la conservation en RDC

Les résultats obtenus dans le cadre du Projet d’Appui aux Aires Protégées (PARAP), ont révélé que 3 nouvelles zones considérées comme prioritaires pourraient aider à l’extention du réseau national des aires protégées de la République démocratique du Congo. Ces zones sont situées, dans les provinces du Nord Ubangi, Lualaba  (Territoire de Kapanga) et Maniema. Ces résultats ont été dévoilés par le Fonds mondial pour la nature (WWF-RDC), le mardi 18 juillet à Kinshasa, lors d’une réunion de validation des résultats dudit projet.

La première phase du PARAP a été exécutée de 2011à 2016, par le WWF-RDC et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), avec l’appui initial d’un financement du Ministère allemand de l’environnement (BMU).  Le projet visait, la production du plan stratégique devant synthétiser les analyses et recommandations, pour l’extention du réseau national des aires protégées de la République démocratique du Congo.

Ce plan stratégique doit constituer un véritable outil d’aide, à la prise de décisions, sur le processus d’aménagement du territoire en cours de développement, afin d’atteindre les objectifs d’Aichi pour la biodiversité 2011-2020.

Selon le Coordonnateur du programme,  Menar Mbende, il était question dans ce projet, d’accompagner le gouvernement congolais dans ses efforts pour l’atteinte des objectifs d’Aichi c’est-à-dire, atteindre 15% de l’étendue allouée à la conservation sur l’ensemble du territoire national, ceci, conformément à la loi relative à la conservation, et 17%, conformément à la Convention sur la biodiversité, CDB.

« Il était important d’abord d’évaluer ce que dispose le pays, avant de planifier l’extension du réseau. Actuellement, la RDC est à 13,5% de l’étendue du territoire national alloué à la conservation. Les résultats du projet prouvent que l’on peut d’ici à quelques années, arriver à 15% ou 17% de l’espace dédié à la conservation », a-t-il fait savoir.

Les résultats validés lors de cet réunion, sont entre autres, les rapports d’évaluations des aires protégées visitées par le programme, la carte du réseau des aires protégées, les rapport thématiques ( eaux douces, et services écosystémiques), le guide de création des aires protégées, les protocoles de collectes des données, ainsi que les bases des données aires protégées et faune.

« Il faut retenir que nous avons travaillé seulement sur une dizaine d’aires protégées et quatre zones prioritaires sur le nombre qui existe. Il s’avère très important d’évaluer ces données pour s’assurer de la viabilité de ces aires protégées. Ces résultats permettront à l’ICCN et ses partenaires d’entrevoir les nouvelles opportunités et faire des analyses de viabilité sur d’autres aires protégées pour améliorer et ettendre le réseau des aires protégées dans le pays », a déclaré Flory Botamba, Coordonnateur des projets à WWF-RDC.

Selon le Directeur du Département Technique et Scientifique de l’ICCN, Mapilanga wa Tsaramu, il est important de capitaliser les données récoltées à la fin de cette première phase, pour réadapter le programme à long terme en tenant compte des recommandations de toutes les parties prenantes.

« Les recommandations recueillies à l’issue de ces travaux prouvent nettement qu’il y a un travail très colossal à faire. Il nous faut une mobilisation des fonds pour étendre ce réseau et la mise en œuvre de la feuille de route adoptée », a-t-il souligné.

Une équipe restreinte des experts de l’ICCN et de WWF, travaille à la validation de ces résultats, avant de passer à la deuxième phase sensée être opérationnelle, et qui nécessite des financements conséquents pour l’extention du réseau des aires protégées de la RDC.

Notons qu’à ce jour, la RDC compte près de 101 aires protégées, dont seulement 58 y compris les jardins, sont gérées par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature et 85 seulement ont des textes légaux.

 

Jennifer LABARRE