Archives de catégorie : Climat

USA : Trump réduit de 31% le budget dédié à l’environnement

Donald Trump a proposé jeudi, dans son premier budget, une baisse drastique des ressources allouées à la diplomatie et au climat pour compenser une hausse spectaculaire de dépenses de défense.

Donald Trump, Président des USA (Photo droit tierce)

Le Président américain table aussi sur une réduction spectaculaire de 31% des fonds alloués à l’Agence de protection de l’environnement (EPA), en pointe dans la lutte contre le changement climatique.

Le magnat de l’immobilier propose d’amputer le budget de cette agence de 2,6 milliards de dollars, en particulier en supprimant quelque 3.200 postes, soit environ un cinquième du total.

Il suggère par ailleurs de mettre fin à la participation américaine au Fonds vert de l’ONU pour le climat (Green Climate Fund).

Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump, qui a par le passé mis en doute la réalité du changement climatique, martèle sa volonté de supprimer nombre de règlementations fédérales sur l’environnement qu’il juge inutiles, affirmant qu’elles sont un obstacle aux créations d’emplois.

La hausse de 54 milliards de dollars prévue pour la défense (près de 10%) et les dépenses allouées à la sécurisation de la frontière avec le Mexique s’accompagneront d’une tubaisse marquée des ressources de la plupart des autres ministères et agences fédérales.

Le budget prévoit également une baisse de 28% des ressources du département d’Etat, en charge de la diplomatie de la première puissance mondiale.

À en croire les observateurs, ce budget n’a que très peu de chance d’être adopté en l’état par le Congrès. Décliné en chiffres, le programme du nouveau Président des Etats-Unis se résume en un slogan: «l’Amérique d’abord».

Avec AFP

Kenya : la guerre de l’eau embrase la vallée du rift

La sécheresse qui s’abat sur le Kenya complique la vie et menace la cohabitation entre les communautés du lac artificiel Chesirimion situé au nord du Kenya à Baringo.

Dans cette région, il n’en reste qu’une flaque d’eau. Profond de 15 mètres, cet édifice construit il y a cinq ans devrait offrir à boire à 2 300 personnes et 107.000 têtes de bétails pour les 30 années à venir. Mission impossible pour ce lac du fait de la sécheresse qui strangule cette région qui n’a pas connu des pluies pendant un an.

Dans ce Nord du Kenya, rocailleux et aride, la pluie n’est pas tombée depuis une année, et cela a vidé ce lac de la quasi –totalité de ses réserves. D’autres réserves de la région ne sont remplies qu’au dixième de leur capacité. Il faut parcourir jusqu’à 20 kilomètres pour trouver de l’eau.

En pareilles situations c’est la vie qui devient intenable car la terre ne produit plus rien, et les bétails censés nourrir des personnes meurent par milliers. Rien que la semaine dernière, 5.000 chèvres ont été décimées.

Déjà placée en état de désastre naturel, la région de Baringo vit au rythme d’un village sans âme et sans ombre.
A cette détresse s’invite un conflit tribal opposant deux principaux groupes ethniques du comté à savoir, les Tugen et les Pokots. Ce conflit qui a déjà fait 30 morts est alimenté par la crise de l’eau qui sévit dans cette région. Fuyant la sécheresse, les pokots font descendre leurs troupeaux vers les points d’eau et les pâturages encore préservés de Tugen au sud. La destruction de fermes et de terres à laquelle se livrent les pokots chez les Tugens engendre des affrontements entre ces deux ethnies qui cohabitent et s’affrontent depuis le siècle.

Au Kenya, la sécheresse a ramené plusieurs dizaines d’années en arrière une région entière. Sur 3 millions de Kenyans, 700.000 habitants de Baringo subissent de plein fouet les conséquences des réchauffements climatiques et phénomène météorologique El niño. En rupture des stocks, les boutiques de la région ont fermé leurs portes. Pareil pour les écoles qui ne reçoivent plus d’élèves, faute des nourritures et d’eau pour le repas de midi.

Les élèves les plus tenaces qui tiennent à étudier, arrivent à l’école épuisés, car n’ayant pas dîné, ni pris un petit déjeuné. Les responsables d’établissement se voient dans l’obligation de le renvoyer en famille.

Cette région fait partie du comté le plus affecté par la hausse des températures. Celles-ci atteignent 40 degrés Celsius dès 10 heures.
TPK

Afrique du Nord : la FAO alerte sur une pénurie d’eau

Les pénuries d’eau qui se profilent à l’horizon en Afrique du Nord et au Proche-Orient représentent un énorme défi qui requiert une intervention massive et urgente . D’après la FAO, Cette prédiction est attestée par la baisse de 2/3 des ressources en eau douce ces 40 dernières années. A ce jour, elles sont 10 fois inférieures à la moyenne mondiale d’eau disponible par personne refontes des systèmes alimentaires. L’annonce a été faite par José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO depuis la capitale Egyptienne le CAIRE, où il était en visite.

Pour le numéro un de cette Agence de l’ONU, l’accès à l’eau fait partie des besoins essentiels pour garantir la sécurité alimentaire, la santé humaine et l’agriculture. D’où les pénuries d’eau en passe de sévir dans cette région du monde nécessite des efforts massifs et urgents afin d’éviter une grave crise.
Laquelle crise qui si advenait, menacerait durement la sécurité alimentaire dans ces régions dont les indicateurs semblent bien au rouge.

Comme l’indique si bien la récente étude publiée par la FAO révélant que les températures les plus élevées qui sévissent dans la région pourraient contribuer à écourter de 18 jours, les saisons de production et avoir pour effet de réduire les rendements agricoles de 27 à 57 % d’ici la fin du siècle. Cela sans compter l’élévation du niveau de la mer dans le Delta du Nil pourrait faire perdre à l’Egypte des quantités importantes de terres agricoles productives à cause de la salinisation.

Lors de ses rencontres avec les autorités Egyptiennes, le patron de la FAO a affirmé son soutien envers le pays des pharaons, et s’est engagé à soutenir les programmes visant à lutter contre les pénuries d’eau et à promouvoir une agriculture résiliente face au climat.

Par ailleurs, avec un programme déjà compliqué pour les années à venir, l’Egypte est appelée à faire un choix vis-à-vis de ses cultures et revoir ses modèles de consommation. Elle doit donc éviter un gaspillage d’eau dans le cadre de la culture de blé dans le pays, a averti José Graziano da Silva.

Il sied de noter que les conseils politiques et les idées de meilleures pratiques sur la gouvernance des systèmes d’irrigations font partie des éléments clés de l’initiative de la FAO sur la raréfaction des ressources en eau en Afrique du Nord et au Proche-Orient, à présent soutenue par un réseau de plus de 30 organisations nationales et internationales.
TPK

Comifac : une rencontre sur la finance climatique à Kigali

La Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac) organisera du 13 au 16 mars à Kigali (Rwanda), un atelier sous régional sur la mise en œuvre de l’accord de Paris en Afrique centrale et de renforcement des capacités en finance climatique, couplé à un exercice de renforcement des capacités des Entités Nationales Désignées du CTCN en matière de montage des requêtes d’assistance technique.

Cette réunion réunira 40 délégués des pays membres de la Comifac pour examiner la mise en œuvre de l’Accord de Paris et accroître les capacités des acteurs clés pour la mobilisation des financements internationaux alloués à la lutte contre les changements climatiques.

Il sera question pour les participants de maîtriser l’état des lieux des différents mécanismes de financement de lutte contre les changements climatiques déjà opérationnels et explorer les potentiels mécanismes, et élaborer des notes conceptuelles des projets régionaux d’atténuation et d’adaptation contre les effets néfastes des changements climatiques, destinés aux différents fonds dédiés au climat.

Il ressort du bilan du fonctionnement des différents mécanismes de financement des actions climatiques que la proportion des pays de l’Afrique centrale qui en bénéficient effectivement est faible en raison de contraintes de diverses natures dont la complexité des procédures, le manque de moyens humains et techniques appropriés etc.

Suite aux recommandations des Ministres en charge des Forêts/Environnement de la sous-région, la Commission des forêts d’Afrique centrale a identifié et établit une liste des idées de projets prioritaires pour cet espace reconnue comme très vulnérables aux changements climatiques.

La Comifac relève en effet, le besoin d’un appui technique pour arriver à mobiliser les fonds susceptibles d’aider au développement et à la mise en œuvre de différentes politiques d’atténuation et d’adaptation telles que conçues par ses pays membres.

Notons par ailleurs que la question du financement de la lutte contre le réchauffement climatique en faveur des pays du Sud, a constitué un sujet épineux marqué d’importantes divergences de point de vue entre pays industrialisés et pays émergents lors de la conférence de Paris. Malgré le caractère parfois âpre des débats, ces derniers ont abouti à des dispositions spécifiques de l’Accord destinées à catalyser les actions des investisseurs.

Alfred Ntumba

Bassin du Congo : les pays membres lancent le Fonds bleu

Après l’annonce faite lors de la 22ème Conférence des Partis sur le changement climatique (Cop22), à Marrakech par le Président de la République du Congo, Denis Sassou Ngwesso, les 12 pays membres du Bassin du Congo sont passés de la parole à l’acte en lançant officiellement ce jeudi 09 mars à Oyo (Congo – Brazza), le Fonds bleu pour le Bassin du Congo dont l’objectif est de doter la sous-régions des moyens nécessaires pour subventionner les projets qui permettront de préserver le 2ème poumon vert de la planète et ses 220 millions d’hectares de forêts.


Ce fonds sera alimenté par des cotisations et subventions des pays membres et autres partenaires de la sous-région. Certains pays africains notamment, l’Angola, le Burundi, le Gabon, le Congo Brazza, la République démocratique du Congo, le Tchad, la Zambie, la Tanzanie, le Maroc, le Rwanda, le Cameroun et la Guinée Equatoriale ont décidé de s’associer à ce noble projet.

Des subventions à hauteur de 100 millions d’euros sont attendues chaque année et devront être mises en œuvre pour l’atteinte des objectifs définis par ce fonds, précise la note de présentation de l’initiative.

Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo vise premièrement la préservation des forêts et des eaux du Bassin du Congo, et l’aide des populations à accéder à une meilleure qualité de vie, précise un communiqué de la Fondation Brazzaville, cité par jeune Afrique. « L’objectif autour de cette initiative est de construire des projets capables de soutenir l’économie des Etats membres », a expliqué le Premier ministre congolais, Clément Mouanda.

L’initiative fait suite à un constat lié à la dégradation écologique du Bassin du Congo qui couvre près 4 millions de Km2, partagé par plusieurs pays et peuplé par environ 93 millions d’habitants.

Les projets éligibles aux financements du fonds bleu, sont ceux qui contribueront à l’amélioration des voies navigables, la construction des petits barrages hydroélectriques, le renforcement des systèmes d’irrigation des sols, le développement de la pêche, de la pisciculture, de l’aquaculture et de l’écotourisme.
Jennifer Labarre

Climat : un haïtien remporte un prix international pour la protection de l’environnement

L’entrepreneur Jean Conille a été distingué pour ses efforts dans la conversion des véhicules de transport en commun au gaz propane par son entreprise Autogaz Haïti.

Jean Conille, le patron d’Autogaz/ Photo droits tierces

Autogaz est une compagnie spécialisée dans la conversion de véhicules de transport public, originellement à essence, en gaz propane. Cela se passe ici en Haïti. Jusqu’à 2016, elle avait déjà converti environs 300 milles véhicules, qui n’ont jamais eu un accident majeur. Par cette démarche, elle participe à la protection de l’environnement et au renforcement de l’économie, car les revenus des conducteurs augmentent  en consommant du propane.

Les efforts sont payants. Son patron, Jean Conille, vient de recevoir le prestigieux prix international de leadership économique de l’Institut diplomatique international de Washington (parrainé par Heritage Foundation Group) pour la protection de l’environnement en Haïti, rapporte le site Prweb.

Présenté comme « un philanthrope, un entrepreneur, et même un combattant de la liberté », Jean Conille ne compte pas s’arrêter là. Il veut ainsi pousser Haïti dans la catégorie des  leaders mondiaux dans l’industrie de l’environnement.

La stratégie est bien pensée : par la conversion de plus de véhicules publics au gaz propane, Haïti parviendra à réduire de plus de 13% les effets du gaz à effet de serre dans les cinq prochaines années, conformément à son engagement à la COP 21 à Paris.

Car le propane n’émet pratiquement pas de polluants dans l’atmosphère comparativement  à d’autres sources de carburant. « […] quand nous améliorons l’environnement en Haïti, nous améliorons l’environnement partout dans le monde », a déclaré monsieur Conille dans une interview.

Il faut rappeler que Jean Conille, frère de l’ex-premier ministre Gary Conille, est un habitué des Prix. Il a été le récipiendaire du prix Digicel Entrepreneur de l’année 2015, et sa société Autogaz S.A. a été sélectionnée par PADF.org comme l’une des 10 meilleures idées de développement de membres de la diaspora haïtienne.

Avec loophaiti

Climat : 110 morts en 48 heures à cause de la sécheresse en Somalie

Quelque 110 personnes sont mortes dans le sud de la Somalie jeudi et vendredi des conséquences de la sécheresse, a annoncé le Premier ministre somalien Hassan Ali Khaire.

« Environ 110 personnes sont mortes ces 48 dernières heures à cause de la sécheresse et de diarrhées sévères dues à l’eau dans les régions du sud de la Somalie, en particulier dans les régions de Bay et Bakool », a indiqué Hassan Ali Khaire dans un communiqué daté de samedi.

 » Les Somaliens, où qu’ils soient, doivent sauver leurs frères dans le besoin, qui mourront de faim si on ne les aide pas. La tâche prioritaire du gouvernement sera de venir en aide aux gens qui ont été touchés par la sécheresse », a-t-il ajouté.

« Pas de médicaments »

Les autorités locales du village d’Awdiinle, dans la région de Bay, ont annoncé qu’au moins 69 personnes, la plupart des enfants et des personnes âgées, étaient décédées de diarrhées causées par l’eau.

« Il n’y a pas de médicaments et la maladie est maintenant devenue une épidémie », a déclaré à l’AFP par téléphone un responsable local de ce village, situé à 30 km de la capitale régionale Baidoa.

« C’est à cause de la sécheresse qui a provoqué une pénurie généralisée d’eau. Nous avons besoin de l’aide des agences humanitaires », a-t-il ajouté.

Plus de 20 millions de personnes menacées

La Somalie a décrété fin février « catastrophe nationale » la grave sécheresse qui ravage le pays et menace environ trois millions de personnes, selon les ONG.

La Somalie est, avec le Yémen et le Nigeria, un des trois pays au bord de la famine, déjà officiellement déclarée au Soudan du Sud où elle touche 100 000 personnes.

Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans ces quatre pays.

Propagation des diarrhées aiguës

La dernière famine en date en Somalie, en 2011, résultat d’une grave sécheresse dans la Corne de l’Afrique aggravée par le conflit avec l’insurrection islamiste shebab, y avait tué 260 000 personnes.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’en Somalie plus de 6,2 millions de personnes – soit la moitié de la population – ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont près de trois millions qui souffrent de la faim.

Selon l’agence onusienne, plus de 363 000 enfants sont gravement mal nourris, parmi lesquels 70 000 ont besoin en urgence d’une aide vitale.

La sécheresse a conduit à une propagation des diarrhées aiguës, du choléra et de la rougeole, et près de 5,5 millions de personnes risquent de contracter des maladies transmises par l’eau.

Avec Jeune Afrique

Climat : le réchauffement de la planète coute la vie à plus de 300. 000 personnes chaque année

Le réchauffement progressif de la planète a des conséquences néfastes sur la santé, l’air, l’eau, la nourriture le logement etc. Les effets du changement climatique sont à la base de diverses maladies dont l’ampleur ne cesse de croître. Ils représentent aujourd’hui plus de 300.000 vies perdues dans le monde et coûtent 125 milliards de dollars américains chaque année.

Un agent de régulation de circulation à Shijiazhuang/Chine, photo droits tierces.

D’ici à 2030, le réchauffement de la planète pourrait causer la mort à 1 million de personnes par année, pour un coût de 300 milliards de dollars américains. Selon un rapport de l’OMS publié en 2012, 7 millions de personnes meurent prématurément à cause de la pollution de l’air intérieur et extérieur. Cette tendance s’est accentuée ces 4 dernières années.

Les catastrophes liées au climat aboutissent ainsi à plus de 6O.000 décès par année, principalement dans les pays en développement. Mais aussi en Europe où la canicule de 2003, liée au changement climatique a causé plus de 70.000 décès.

La santé publique mondiale très menacée

Quand nous parlons du changement climatique, nous voyons plus son impact sur la nature mais peu sur la santé. Pourtant le changement climatique constitue une nouvelle menace importante pour la santé publique mondiale. Les effets du changement climatique doit modifier la façon que les décideurs mondiaux doivent envisager la protection des populations vulnérables.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé qu’il existait des preuves écrasantes qui confirment les multiples incidents du changement climatique sur la santé humaine.

La variabilité et la modification du climat ont causés des décès et de maladies à travers les catastrophes naturelles qu’elles entrainent telles que les sècheresses, les inondations et les vagues de chaleur. Les populations sont plus exposées aux rayons ultra-violets du soleil, ce qui explique en partie l’augmentation actuelle des cancers de la peau.

En outre, de nombreuses maladies importantes sont hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations. Ce sont par exemples des maladies à transmission vectorielle courantes comme le paludisme, la dingue, la malnutrition et les maladies diarrhéiques.

Heureusement, une grande partie de ces risques pour la santé peuvent être évitées grâce aux programmes et interventions sanitaires existants. Une action concertée pour renforcer les composantes clés des systèmes de santé et promouvoir des choix de développement sains pourrait permettre d’améliorer dès à présent la santé publique tout en réduisant la vulnérabilité au futur.

Bien que les effets du climat ne se font pas ressentir de la même manière sur toute la planète, cependant, les populations des pays en développement, notamment celle des petits Etats insulaires, des zones arides ou de hautes montagnes, et des zones côtières densément peuplés devront bénéficier d’un traitement de faveur dans la mise en œuvre des mécanismes d’adaptation et d’atténuation à cause de leur situation considérée comme particulièrement vulnérables.

Lors de la 23ème Conférence des parties sur le changement climatique (Cop23) qui se tiendra en novembre en Allemagne, les pays membres discuteront des mécanismes appropriés susceptibles de limiter l’impact des effets du changement climatique sur les Etats insulaires dont les iles Fidji.

Nelphie MIE

UE : l’avenir du marché carbone se décide à Bruxelles

Les gouvernements européens vont discuter énergie et gaz à effet de serre.
Les négociations seront serrées sur les droits à émettre du CO2 .

Une partie de la politique énergétique de l’Union européenne se décide, lundi et mardi, à Bruxelles. Réunis en conseil, les ministres de l’Energie ou de l’Environnement des vingt-huit pays se retrouvent autour de deux grands sujets. D’une part, un premier débat d’orientation va se tenir autour des propositions de la Commission concernant la politique énergétique de l’Union. L’occasion pour les Etats membres d’abattre leurs premières cartes. Puis, mardi, c’est le marché du carbone qui sera évoqué. Avec la possibilité, si les divergences sont dépassées, d’arriver à un accord entre Etats ouvrant la voie à une ultime négociation avec le Parlement européen.

Lundi, le débat portera sur la stratégie à mettre en oeuvre pour atteindre l’objectif que s’est fixé l’Union européenne : réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 – par rapport au niveau de 1990. Les discussions tourneront autour de l’organisation du marché pour que les énergies renouvelables y aient toute leur place. Cela nécessite des mécanismes de fixation des prix assez prévisibles pour attirer les investissements.

La réflexion porte également sur le caractère intermittent de l’éolien et du solaire qui implique de développer les interconnexions et de faire plus de place aux producteurs locaux. Pour la France, l’un des enjeux de la discussion portera sur le mode opératoire de l’Union européenne : avec d’autres, Paris se méfie de l’ingérence potentielle de la Commission. Forte de son industrie nucléaire, Paris juge nécessaire que les Etats membres gardent la main sur leur stratégie pour concourir à l’objectif global d’une réduction des gaz à effet de serre.

Pour les uns, augmenter le prix des droits à polluer…

Mais c’est mardi qu’aura lieu la véritable négociation : l’avenir du marché du carbone baptisé « ETS » (Emissions Trading Scheme). La discussion s’annonce très politique, opposant trois groupes de pays, dont les objectifs sont distincts sans être frontalement opposés.

Pour un premier groupe, auquel appartient la France, la priorité est de faire en sorte que le prix des droits à polluer augmente. Alors que la tonne de CO2 évolue aujourd’hui sous les 5 euros, il semble nécessaire d’atteindre, au minimum, 4 fois cette somme pour que l’objectif initial, celui d’une incitation à investir dans des technologies propres, commence à être atteint.

Concrètement, l’enjeu est d’apurer le marché d’une trop grande quantité de quotas. Il est question d’augmenter le rythme de remplissage de la « réserve de stabilité », déjà créée pour rééquilibrer le marché. Mais Paris, Stockholm, La Haye et Luxembourg proposent aussi de mettre en place un mécanisme permettant de supprimer les droits à polluer retenus dans cette réserve depuis cinq ans. Paris en fait un point essentiel et se dit prêt à faire des concessions sur les autres sujets pour autant que cette disposition soit gravée dans le marbre.

… pour d’autres, accroître les quotas gratuits

Un second groupe de pays, mené par l’Allemagne, veut surtout sécuriser le fait que leurs industriels ne pâtissent pas trop des règles européennes. Il s’agit, là, d’assurer qu’un quota suffisant de droits à polluer soit accordé gratuitement aux industries fortement consommatrices d’énergie et tentées d’aller s’installer sous des cieux moins contraignants. Alors que la Commission propose que 43 % des droits à polluer soient distribués gratuitement, la tentation serait d’augmenter cette proportion – et le Parlement européen est prêt à l’envisager. La France, elle, se méfie des effets d’aubaine, déjà constatés par exemple chez les cimentiers, et veut veiller à un usage strict des quotas gratuits.

Les pays de l’est de l’Europe entendent, eux, surtout défendre le « fonds de modernisation » prévu à leur effet et l’autonomie avec laquelle ils pourront en faire usage, c’est donc un grand marchandage qui se profile, où les alliances de circonstance rendent l’issue finale incertaine. « On peut s’attendre à une discussion jusqu’à ce que mort, ou accord, s’en suive », plaisante un proche des négociations.

Avec Les Echos

 

CLIMAT : quand le Pape François prend le contre pied de TRUMP

Deux ans après la publication de son l’encyclique écologique intitulée Laudato si, dans lequel il exhortait les responsables mondiaux à agir vite pour sauver la planète qu’il qualifie de maison commune, menacée par le réchauffement climatique et le consumérisme, le souverain pontife critique les prises de position du président Américain sur l’écologie.

C’est dans un message qui sera lu ce 19 février à la rencontre des mouvements populaires de Modesto (Californie), que le pape François rappelle que la crise écologique est réelle, prenant directement le contre pieds de D.Trump pour qui le réchauffement climatique est un « canular ».

«  Il est vrai que la science n’est pas la seule forme de savoir et qu’elle n’est pas toujours neutre », reconnait le pape, qui rappelle que « bien des fois, elle cache des vues idéologiques ou des intérêts économiques ».

Par ailleurs, il insiste que nous savons tous ce qui arrive quand on rejette la science et méconnait la voie de la nature.
Comme dans Laudato si où il invitait à la réforme des modes de vie de sociétés de consommation, et corroborait l’opportunité de réclamer la politique de dés investissements des énergies fossiles, dans ce message qui sera lu demain le souverain pontife interpelle à ne pas tomber dans le déni car il y a une urgence. Le temps est court dit-il, avant d’appeler à défendre la création, mentionnant les peuples natifs, alors qu’un projet controversé d’oléoduc soutenu par l’administration Trump menace des terres indiennes dans le Dakota.

Rappelons qu’en 2015, l’encyclique écologique du pape François avait quelque peu contribué à la signature de l’accord de Paris sur le climat. Après sa publication par le Vatican, elle a été saluée par beaucoup de dirigeants à travers le monde qui ont approuvé la révolution éthique et économique que prônait le pape dans cette encyclique tant attendu. Reste à savoir si cette énième voix du souverain pontife sera audible à Trump , pour le pousser à un rétropédalage de sa politique sur le climat.

Thierry-Paul KALONJI