Archives de catégorie : Climat

Cop23 : ouverture du système d’accréditation pour les journalistes

Le Secrétariat de la Convention cadre de nations une sur le changement climatique (CNUCC) annonce l’ouverture du système d’accréditation des journistes devant couvrir la Cop23. Prévue initialement dans les îles Fidji, la conférence des parties sur les changements climatiques aura lieu du 6 au 17 novembre 2017 au World Conference Centre de Bonn, en Allemagne.

Le Secretariat informe que les badges de presse émis lors des précédentes réunions de la CCNUCC ne restent pas valides. Les journalistes  doivent être accrédités pour chaque réunion. Une nouvelle lettre d’affectation et une copie de la carte de presse (ou d’autres documents au lieu d’une carte de presse) sont nécessaires pour être accepté à cette conférence. « L’accréditation en ligne est la SEULE chaîne officielle pour obtenir l’inscription pour les médias« , précise le communiqué.

Les journalistes désireux couvrir ce grand événement sont prier de respecte les différentes étapes d’écritures  à sur le site web de la Convention. « Nous acceptons les demandes d’accréditation des médias jusqu’à la date limite du 31 août 2017. Les demandes seront ensuite examinées et les candidats seront avisés de l’état de leur demande au 22 septembre 2017« .

Des retards pourraient se produire si la demande ne contient pas les documents requis (copie de la carte de presse, lettre d’affectation), ou encore si elle n’a pas été soumise. Une fois la demande approuvée, une confirmation sera envoyée à l’adresse électronique du requérant qui devra couvrir en personne la Cop23 pour le compte de son organe de presse.

Toutefois, le Secrétariat informe que pour des raisons de sécurité, il peut mettre en place des mesures pour gérer le nombre de médias accrédités pouvant assister à la conférence.

Alfred NTUMBA

Enérgie : Cinq pays africains rejoignent l’Alliance solaire internationale

Le Djibouti, la Côte d’Ivoire, la Somalie et le Ghana ont signé ce mardi 23 mai, l’accord-cadre ISA pour rejoindre l’Alliance solaire internationale, tandis que les Comores devraient signer et soumettre son instrument de ratification le mercredi 24 mai.

La cérémonie de signature et de ratification a été organisé en marge de l’Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement à Gandhinagar.

Au total, 30 pays dont la République démocratique du Congo, ont signé l’accord-cadre de l’ISA à Marrakech le 15 novembre 2016.

L’Inde et la France ont été les deux premiers pays à ratifier l’Accord-cadre. Fidji a également complété le processus de ratification et déposera son instrument auprès de l’AME au cours des prochaines semaines.

Rappelons que l’initiative « International Solar Alliance (ISA) » a été lancée lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Paris, le 30 novembre 2015, par le Premier ministre Honendrai Narendra Modi et le Président français François Hollande.

L’ISA est conçue comme une coalition de pays riches en ressources solaires pour répondre à leurs besoins énergétiques spéciaux et fournira une plate-forme pour collaborer à la résolution des lacunes identifiées par une approche commune et convenue.

Alfred NTUMBA

Énergie : la RDC se dote d’une carte de la biomasse forestière

Dans un communiqué de presse rendu public le 18 mai 2017, le Fonds mondial pour la nature WWF, a annoncé la disponibilité de la nouvelle carte nationale de la biomasse forestière de la République Démocratique du Congo.

Cette carte rendue possible grâce au projet Carbon Map and Model (CM&M) du WWF, est la première par télédétection LiDAR aéroporté qui dispose des précisions et données nécessaires à la capitalisation du stock de carbone.

La carte nationale de la biomasse forestière réalisée par le WWF

La RDC est devenue le premier pays africain à avoir une carte nationale de biomasse aussi précise et basée sur la méthode d’échantillonnage aléatoire systématique dérivée de l’approche LiDAR.

Selon Bruno Perodeau, directeur de la conservation au WWF- RDC, cette carte permet d’avoir une compréhension du stock de carbone forestier à travers le pays.  » Cette carte nationale de la biomasse forestière est une avancée importante pour la RDC. Elle vient renforcer les connaissances sur le deuxième plus grand massif forestier tropical au monde et le rôle qu’il joue par rapport au changement climatique. La réalisation concertée de cette carte constitue une étape remarquable en termes de méthode nouvellement mise en œuvre et de précision qui en résulte. Les résultats de ce projet permettent d’espérer bientôt des systèmes scientifiquement robuste pour le paiement à la performance des pays et leurs populations engagées dans le mécanisme REDD+ », a-t-il précisé dans ce communiqué.

Son importance

La réalisation de cette carte nationale de la biomasse forestière vient ainsi préciser pour chaque hectare de forêt, les quantités de carbone stockées et par le fait même appuyer les efforts nationaux de surveillance de la couverture forestière tout en facilitant les évaluations des émissions annuelles de carbone provenant de la déforestation nécessaire au paiement éventuelle de la REDD+.

Ce programme contribuera à la fois aux efforts contre les changements climatique, la réduction de la pauvreté et le développement durable. La carte nationale de la biomasse forestière pourra être utilisée comme une base de références pour d’autres activités de conservation, et développement de projets ainsi que pour l’aménagement du territoire dont la réforme a été lancée récemment.

Elle va soutenir la démarche REDD + initiée par le gouvernement de la RDC depuis 2009 tout en facilitant la poursuite des travaux d’investissement au niveau juridictionnel par son appui à la stratégie nationale REDD +.

L’approche LiDAR

LiDAR est une méthode développée par Dr. Sassan Saatchi de UCLA, avec une approche d’échantillonnage de données laser aériennes nommée Light Detection and Ranging qui signifie  » Détection et localisation par la lumière « .  Dans la production de cette  à carte, LiDAR a été choisie pour sa précision dans l’estimation de la structure de la forêt au-dessus du sol, ainsi que sur le coût et l’efficacité du temps à couvrir des zones vastes et inaccessibles du Congo.

Le système LiDAR reste actuellement un outil de télédétection qui utilise la lumière sous forme d’un laser fonctionnant comme un radar. Il détermine la structure de la forêt et de sa canopée avec une précision inégalée.

 

Jennifer LABARRE

France : Nicolas Hulot nommé Ministre de la transition écologique ( Environnement)

Jusqu’à présent, il avait décliné toutes les offres présidentielles. Celle de Jacques Chirac, l’année de sa réélection, en 2002. Celle de Nicolas Sarkozy, qui lui propose en 2007 un ministère englobant l’écologie, le développement et l’aménagement durables, finalement attribué à Jean-Louis Borloo. Celle de François Hollande, qui cherche à le convaincre, au début de 2016, d’accepter un poste de numéro deux dans le gouvernement en cours de remaniement. Cette fois, Nicolas Hulot a franchi le pas.

Nicolas Hulot, Ministre français de la transition écologique ( l’équivalent du ministère de l’environnement) photo droits tierces.

Nommé mercredi 17 mai à la tête d’un grand ministère de la transition écologique et solidaire, l’ancien animateur d’« Ushuaia, le magazine de l’extrême », relève son défi le plus audacieux : orienter l’action gouvernementale dans la voie de la transition écologique et énergétique.

L’accord de principe a été scellé vendredi 12 mai, lors d’un tête-à-tête entre le militant écologiste et le nouveau président de la République, au QG de ce dernier. « C’est une décision mûrie, assure Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot. Il pense qu’il y a une véritable opportunité de réaliser un certain nombre de choses. Il connaît Macron depuis plusieurs mois et il a trouvé une oreille très attentive ».

Emmanuel Macron peut pour sa part se targuer d’avoir réussi un « coup de génie », selon Daniel Cohn-Bendit : « Hulot est typiquement le mec qui n’est ni à droite ni à gauche mais à droite et à gauche. » Avec ce ralliement, le nouveau président dérobe à la gauche l’une de ses thématiques fortes, qui avait été placée au cœur des projets de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon.

Qui est Nicolas Hulot ?

Retour sur son parcours dans notre prochaine publication

Alfred NTUMBA avec AFP

COMIFAC : Que retenir de résultats et acquis du PACEBCo ?

A quelques jours de la clôture du Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo (PACEBECo), l’heure est à la présentation et évaluation des résultats obtenus grâce à ce projet sous-régionale.

Selon le Coordonnateur du PACEBECo, Sem Nditifei Dumana, les résultats obtenus des activités opérationnelles de terrain menées dans les 7 pays ayant bénéficié de ce projet sont très encourageants et méritent d’être capitaliser au regard de défis qui ont été relevés. « Le PACEBCo aujourd’hui c’est la construction de 5 centres de recherches et études écologiques pour le suivi et la collecte de données pour l’évolution des écosystèmes et des ressources biologiques. La dotation en équipements spécialisés de terrain pour 4 écoles de formation membres du RIFFEAC. La dotation des équipements des écogardes aux administrations en charge de 14 aires protégées pour renforcer la lutte anti braconnage et le suivi écologique dans les parcs nationaux », a-t-il informé.

Pour aider à promouvoir durablement le bien-être des populations, le Programme a construit 5 dispensaires pour les soins de santé des populations vivant dans les zones communautaires au tour des aires protégées, 4 forages automatiques avec château et 24 forages à motricité humaine pour l’approvisionnement en eau potable. Environ 60 artisans réparateurs ont été formés pour l’entretien et la maintenance de ces ouvrages dans les différents pays bénéficiaires du projet.

Le PACEBCo a tout de même contribué à la formation de plus de 60 ressortissants sous régionales dans les filières de conservation. « 40 ressortissants de la sous-région bénéficiaires de la bourse PACEBCo ont été formé à l’Ecole de Faune de Garoua et 14 bénéficiaires des bourses doctorale à l’ERAIFT en RDC. En effet, 914 écogardes ont été formés en lutte contre le braconnage et suivi écologique y compris les Officiers de Police judiciaire (OPJ) », a précisé Sem Nditifei.

La satisfaction

La Banque africaine de développement (BAD) qui a financé en grande partie ce projet, se dit satisfaite des résultats obtenus à ce jour et invite les Etats bénéficiaires à pérenniser ces acquis. « En dépit de difficulté rencontré au démarrage et lors de l’exécution du projet, les résultats obtenus à ce jour sont jugés satisfaisante par la banque. En effet l’appui de la BAD a permis au PACEBCo d’atteindre un taux d’exécution estimé à 85%. La Banque africaine de développement reste disposé à appuyer comme il conviendra les efforts du développement des pays membres régionaux à retrouver l’élan et l’impulsion économique nécessaire visant à favoriser les conditions d’une forte croissance inclusive, économique et verte », a indiqué le Représentant résident de la BAD en RDC.

Pour le Représentant du gouvernement de la RDC, les résultats obtenus attestent que le PACEBCo est une valeur ajoutée dans mise en œuvre des politiques nationales en matière de conservation et de gestion durable des écosystèmes dans le Bassin du Congo. « Le gouvernent de la RDC attend les recommandation qui sortiront de cet atelier afin de gérer durablement les acquis de ce projet », a déclaré Léonard Muamba, Représentant du Ministre congolais de l’Environnement et développement durable.

Des leçons à tirer sur les faiblesses

Outre les succès qu’a connu le Projet, il est important de signaler également quelques faiblesses d’ordre administratif liées à la performance des acteurs et au déficit communication qui a caractérisé l’exécution de ce programme tel que les reconnaît la BAD en accord avec la Coordination du projet.

Les travaux de L’atelier de capitalisation des résultats et acquis dudit programme lancé ce mercredi 10 mai à Kinshasa, vont aider les participants venus de pays membres de l’Afrique centrale à passer en revue les actions en tirer des leçons devant constituer un véritable capital à formaliser et valoriser pour servir à la mise en œuvre de programmes similaires ou de tout autre programme intervenant dans le Bassin du Congo.

Notons par ailleurs que le PACEBCo a été lancé en 2009 à Kinshasa et prendra fin le 30 juin 2017. Le projet a été co-financé à hauteur de 28, 53 milliards de Francs Cfa par la Banque africaine de Développement (BAD), la CEEAC et la contribution de bénéficiaires. Le Programme d’appui à Conservation des écosystèmes d’Afrique centrale a été exécuté dans 6 paysage représentant 8 pays d’Afrique centrale à savoir le Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo et Rwanda.

 

Jennifer LABARRE

Climat : le 1er trimestre de l’année 2017 est le plus chaud jamais enregistré

Alors que les Etats-Unis menacent de quitter l’accord de Paris et que Bonn abrite depuis le 8 mai la session annuelle des négociations climatiques, le réchauffement climatique poursuit bien sa course effrénée.

Le premier trimestre de l’année en cours est en effet le deuxième plus chaud jamais enregistré, à moins de 2/10 de degré Celsius derrière les trois premiers mois de l’année 2016, selon les données du National Climatic Data Center (NCDC).

Tous les indicateurs sont, et demeurent au rouge. Chaque jour qui passe, la perspective de pouvoir conserver le climat terrestre sous la barre des 2°C d’augmentation de la température moyenne par rapport à l’ère préindustrielle s’éloigne de plus en plus.
Aujourd’hui, peu sont ceux qui nourrissent encore l’espoir de le maintenir sous le seuil de 1,5 °C de réchauffement, pourtant inscrit dans le marbre de l’accord de Paris, adopté en décembre 2015 au terme de la COP 21.

Le 5 mai, le dernier pointage de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) indiquait qu’un nouveau record était atteint, avec une concantration atmosphérique de CO de plus de 410 parties par million (ppm) relevé au laboratoire de Mauna Loa un niveau jamais atteint depuis le pliocène, il y a quelques 2 millions d’années.

Les phénomènes s’aggravent, non seulement les températures moyennes continuent de s’élever inexorablement, mis tous les phénomènes liés à l’élévation du mercure s’accentuent. Les surfaces de banquise, en Arctique, ont atteint des niveaux exceptionnellement bas tout au long de 2016.

D’autres phénomènes s’aggravent plus qu’escomptés. Des chercheurs Français et Suisses viennent ainsi de conduire une nouvelle analyse, publiée fin avril dans la revue Geophysical Research Letters, suggérant que la montée du niveau marin s’est accélérée au cours des deux dernières décennies. En cause, la perte de glace des calottes polaires du Groenland et de l’Artistique qui s’accélère fortement depuis vingt ans.

Dans le pacifique, la situation actuelle est suffisamment inhabituelle pour que les scientifiques de la NOAA prévoient un retour possible d’EL Nino avant la fin de l’année. Généralement,  » l’ enfant terrible du Pacifique  » revient tous les trois à sept ans, et un retour si rapide n’a jusqu’à présent été observé qu’il y a plus d’un demi-siècle. Difficile toutes, d’affirmer qu’il s’agit là d’une nouvelle manifestation du réchauffement climatique.

Thierry-Paul KALONJI

Climat : Xi Jinping s’engage à défendre l’accord de Paris aux côtés de Macron

Le Président Chinois Xi jinping s’est engagé aux côtés de son homologue français, Emmanuel Macron, à défendre l’Accord de Paris obtenu en décembre 2015.  Le numéro un chinois l’a fait savoir au nouveau président français lors d’une conversation téléphonique, ce mardi 9 mai. 

Xi Jinping, le Président chinois. (Photo droits tierces)

Un message de soutien qui arrive au moment où les Etats-Unis s’apprêtent à se retirer de cet accord. Une réunion des conseillers de l’administration Trump prévue ce 9 mai pour décider du retrait ou non du pays de l’oncle Sam de l’Accord de Paris sur le climat a été reportée en raison d’un problème de calendrier a annoncé la Maison blanche, qui n’a pas fourni de nouvelle date.

Cette réunion devait trancher le débat interne au sein de l’administration portant sur le fait de savoir si le président devrait tenir sa promesse de campagne de sortir les Etats-Unis de l’Accord historique obtenu à Paris en 2015.

Pendant la campagne électorale, Trump avait qualifié le changement climatique de canular perpétré par la Chine. Il avait promis d’annuler l’Accord une fois élu Président.

La communauté internationale s’était engagée en décembre 2015 à Paris pour agir afin de limiter la hausse de la température moyenne bien en deçà de + 2°C, un seuil déjà synonyme de bouleversements à grande échelle, et si possible à + 1,5°C par rapport à l’ère industrielle.

A ce jour, sur le 195 pays signataires, 194 plus l’Union Européenne l’ont déjà ratifié, soit 83 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Parmi les grands émetteurs, seule la Russie n’a pas encore ratifié ce traité.

Donald Trump, a promis d’annoncer sa décision avant le sommet du G7 prévu en Italie les 25 et 26 mai de l’année en cours.

En attendant, tout le monde retient son souffle car un éventuel retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris risquerait de porter un sérieux revers à l’atteinte des objectifs que s’est assigné ce texte , au regard de la place qu’ils occupent sur l’échelle de pollution.
Thierry-Paul KALONJI

Bassin du Congo : Un atelier de capitalisation des résultats du PACEBCo se tient à Kinshasa

Kinshasa, Capitale de la République démocratique du Congo va abriter du 10 au 12 mai, l’atelier sous-régionale de capitalisation des résultats et acquis du Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo).

 

L’enjeu de l’Atelier de Kinshasa est de partager les connaissances acquises et confronter les expériences accumulées tout au long de la mise en œuvre du PACEBCo afin de tirer les enseignements et apprendre les leçons susceptibles d’être utiles tant à d’autres programmes actuels et futurs qu’à des organisations partenaires de la sous-région. Peut-on lire dans un communiqué de presse publié par les organisateurs.

Lancé en 2009, le Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo contribue à la mise en œuvre des axes stratégiques du Plan de Convergence de la COMIFAC et de la politique générale de la CEEAC en matière d’environnement et de gestion des ressources naturelles.

Notons que les PACEBCo couvre les dix pays membres de la COMIFAC que sont : Le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tome & Principe et le Tchad. Il intervient dans six des douze paysages écologiques du Bassin du Congo  à savoir : le paysage Tri nationale de la Sangha (Cameroun, RCA, Congo) ;
le paysage des Virunga (RDC, Rwanda) ;
le paysage Maringa-Lopori-Wamba (RDC) ;  le paysage Maiko-Tayna-Kahuzi Biega (RDC) ;  le paysage Monte Alen-Monts de Cristal (Gabon, Guinée Equatoriale) ; le paysage Lac Télé-Lac Tumba (RDC, Congo).

 

Jennifer LABARRE

Agriculture : l’agrofortesterie en 12 points

L’agroforesterie désigne l’ensemble des pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans l’environnement de production, et s’inspirent, en termes agronomiques, du modèle de la forêt.

François Nkenge, the farmer at Kinkenge village

1. Diversité et complémentarité

Tout comme les écosystèmes naturels, les systèmes agricoles sont dépendants d’une biodiversité minimale afin d’optimiser la production et d’assurer leur pérennité face aux perturbations (maladies, espèces invasives, stress physiologiques…). Ce constat est d’autant plus valable dans un contexte de changement climatique avéré, où les extrêmes s’accentuent. L’agroforesterie, en multipliant les strates végétales, permet d’augmenter la diversité en termes d’espèces, d’habitats, de fonctions écologiques et d’occupation de l’espace, ceci afin d’améliorer la captation, la fixation et le recyclage des ressources.

2. Comprendre le fonctionnement de la forêt

Les écosystèmes naturels font preuve d’une grande résilience dont il est urgent de s’inspirer pour la conduite des agroécosystèmes. En effet, la forêt (spontanée) crée en permanence de l’humus et de la fertilité là où l’agriculture conduit trop souvent à une dégradation des milieux.

Le fonctionnement simplifié de la forêt est le suivant :

• Ses intrants se limitent quasi exclusivement au carbone photosynthétisé, à l’azote de l’air fixé par les bactéries libres et aux minéraux issus de la dégradation de la roche-mère par les bactéries et les racines des arbres.
• La production de biomasse est importante : en moyenne 10 tonnes de production primaire par hectare et par an (en matière sèche).
• Le sol est toujours couvert : un système combinant diverses modalités d’occupation spatiales (strates) et temporelles (vitesses de développement, durée de vie) maximisent la captation des ressources (lumière, eau, nutriments), limitent les fuites (érosion, lixiviation) et nourrissent la vie du sol (exsudats, dégradation des radicelles, chute des feuilles, mort des plantes).
• Le sol forestier n’est jamais travaillé, si ce n’est par bioturbation, et notamment par les vers de terre qui contribuent à la stabilité structurale et à la production d’humus.
• Une forêt spontanée n’est jamais mono-spécifique, sa diversité spécifique et génétique offre une meilleure résistance aux maladies et rend possible son adaptation dans le temps.


3. L’art de la transposition

L’agroforesterie tente de transposer à l’agriculture certains principes de fonctionnement valables dans la forêt, ou plutôt dans la savane. La savane est un milieu semi-ouvert qui maximise la captation d’énergie lumineuse via une complémentarité entre les strates herbacée, arbustive et arborée. Ce milieu est régulièrement soumis à des pressions écologiques (incendies, pâturage), qui l’empêchent d’évoluer vers la forêt. C’est le biome terrestre avec la plus forte productivité (végétale et animale) à l’hectare. La synergie de pratiques agricoles maximisant la couverture végétale des sols (agroforesterie intégrée au semis sous couvert) permet d’approcher une telle production de biomasse.
Transposer, c’est d’abord comprendre, puis imiter, adapter et faire des choix qui permettront d’exprimer pleinement le potentiel des interactions entre arbres, cultures et animaux tout en rationalisant les opérations de production (semis, récolte, parcage…).

4. Maximiser la photosynthèse

Imiter le fonctionnement de la forêt ou de la savane permet de faire du carbone issu de la photosynthèse l’intrant premier du système. C’est ce carbone qui, en retournant au sol tout au long du cycle de vie des végétaux, et après leur mort, nourrit les micro-organismes et crée (ou régénère) la fertilité du sol. Or, l’agriculture actuelle privilégie les sols nus en hiver et ramène trop peu de matière végétale au champ (les céréales sont courtes sur paille, et les résidus sont le plus souvent exportés). Soumis au chaud, au froid, au sec et à l’hydromorphie, les habitants du sol sont affamés. L’objectif premier des systèmes agroforestiers est de maximiser la production de biomasse dans l’espace et dans le temps afin de nourrir la vie du sol, seule garante d’un fonctionnement et d’une fertilité propices à la production.

5. La lignine, cheville ouvrière des humus stables

Le bois mort qui revient au sol contient de la lignine et d’autres polyphénols qui permettent de stabiliser les acides humiques et de nourrir les champignons du sol. Ces champignons décomposeurs sont essentiels puisque ce sont en grande partie eux qui agrègent les particules de sol, le rendant plus résistant à l’érosion et au lessivage. Un sol sans champignons ne se tient pas, s’érode et s’écoule dans les rivières. La lignine est également à l’origine de chaînes trophiques importantes pour l’écologie du sol : plus la matière est récalcitrante à la dégradation, plus elle nourrit de monde !

6. L’arbre tampon

L’arbre est un amortisseur climatique. En puisant et transpirant de l’eau depuis les couches profondes, il rafraîchit l’atmosphère en été, tandis que sa présence limite l’effet du vent, responsable d’importantes pertes d’eau par évaporation.
Face aux inquiétudes sur la concurrence hydrique entre arbres et les cultures annuelles, il faut se rappeler que le bosquet qui longe le champ, lui, ne manque quasiment jamais d’eau malgré une consommation conséquente. Ceci s’explique notamment par le fait que la réserve utile en eau du sol est avant tout biologique.
Au-delà ou en deçà d’une certaine température, les micro-organismes du sol sont moins actifs. Les sols insolés ou glacés – car insuffisamment couverts – se “stérilisent” et ne retiennent plus assez d’eau. Les animaux d’élevage, quant-à eux, perdent en milieu ouvert plus d’énergie à maintenir constante la température de leur corps. L’arbre est bien un outil d’optimisation hors-pair pour produire, protéger, réguler le micro-climat comme le climat global. Disperser l’arbre dans nos paysages, c’est donc bénéficier de ses effets aujourd’hui et demain.

7. Une vision agronomique avant tout

La réintroduction de l’arbre dans les paysages agricoles est l’aboutissement d’une réflexion agro-écologique globale et ne peut en aucun cas être présentée comme une solution isolée. Inutile, donc, de commencer à planter des arbres dans des sols soumis à des indices de perturbations trop importants. L’arbre tire sa force des champignons mycorhiziens avec lesquels il a co-évolué pour augmenter son accès à l’eau et aux ressources minérales. Le travail du sol entrave cette fonction écologique majeure en détruisant les filaments mycéliens et en déstructurant les horizons et agrégats. Il faut donc penser l’arbre comme un maillon dans une chaîne de réflexion plus large sur la couverture végétale des sols et le changement de pratiques agricoles.

8. En agroforesterie, il n’y a pas de modèle

L’agroforesterie repose sur des principes universels, valables tous les contextes et tous les systèmes de production : maraichage, viticulture, grandes cultures, élevage… Chaque agriculteur invente, expérimente, adapte pour développer les pratiques adaptées à ses contraintes et préoccupations. L’arbre agroforestier répond aux critères de multi-fonctionnalité (il a plusieurs fonctions et plusieurs usages) et de multi-temporalité (il fournit des services et ressources à toutes les échelles de temps). Il convient de ne jamais se focaliser uniquement sur les arbres de haut jet à valorisation bois d’œuvre. Si certains sols ne permettent pas la production de bois d’œuvre, est-ce une raison pour en éradiquer les arbres ?

9. La taille n’est pas un crime

L’arbre agroforestier, pour remplir les multiples fonctions qu’on attend de lui, est toujours taillé, que ce soit pour faire du bois d’œuvre, du bois énergie, des fruits, du fourrage, etc. L’arbre « hors la forêt » a été depuis toujours façonné par la taille (y compris, parfois, celle du castor ou de la foudre), et l’arbre forestier, même non géré, perd chaque jour des branches, via un processus d’auto-élagage par compétition avec ses voisins. Un arbre taillé, mieux adapté aux impératifs techniques de l’agriculteur, enclenche plus vite sa réitération racinaire. Il laisse pénétrer assez de lumière pour permettre la pousse de la strate herbacée, produit plus de biomasse et vit plus longtemps. Une grande parte des arbres les plus vieux de nos régions sont ou on été des trognes…

10. Installer un arbre agroforestier : en faire suffisamment, mais ne pas trop en faire

L’arbre champêtre ne se comporte pas comme l’arbre forestier. Il doit être protégé et géré. Ce n’est pas un sujet « naturel », implanté dans son biotope habituel, et dans ces conditions, il faut impérativement lui fournir le bon sol correctement travaillé, la bonne protection, le bon paillage, etc.. Malgré ces nécessités, il faut prendre garde à ne pas produire des arbres fainéants. Cela signifie qu’en aucun cas ils ne seront tuteurés, irrigués – sauf ultime nécessité – et qu’il s’agira de maintenir une couverture permanente à leur proximité pour les obliger à s’enraciner dans les horizons profonds du sol. C’est la garantie d’arbres qui seront à terme résistants au vent, aux engorgements saisonniers et à la sécheresse estivale.

11. Assurer les bonnes connexions

De la ronce au chêne et du saule au lierre : il est primordial, pour le bon fonctionnement d’un système agroforestier, de connecter les habitats dans l’espace et le temps. Il faut donc veiller à mettre en lien les unités paysagères, mais également les phénologies afin d’assurer la continuité des ressources alimentaires disponibles pour la biodiversité et la faune sauvage tout au long de l’année. De même, le maintien d’arbres vieux, morts, creux ou même malades constituent à la fois une ressource, un refuge et un patrimoine de stockage de l’information pour la résilience du système.

12. Faire chaque chose en son temps

Lorsqu’on débute en agroforesterie, il est nécessaire de dresser un ordre des priorités. Tout d’abord, bien gérer l’existant (haies, bosquets, ripisylves), puis protéger ce qui commence à pousser naturellement (régénération naturelle assistée), et ensuite, éventuellement, planter. Avant d’investir dans la plantation, il est essentiel de valoriser/pérenniser la ressource disponible. Ceci étant dit, il n’y a jamais trop d’arbres en agroforesterie, car on peut à tout moment décider d’en enlever : il y a plus de risque à ne pas planter qu’à planter trop !

 

Alfred NTUMBA

 

Climat : Le 5ème rapport du GIEC sera au centre de discussions à Addis-Abeba

La rencontre permettra aussi d’aider les étudiants, les organisations de la société civile et les médias à mieux comprendre la science sur le climat, les solutions contre le réchauffement de la planète et le processus qui conduit à la publication des rapports du GIEC.Durant deux jours, les participants à cet atelier seront édifiés sur les conclusions du 5ème Rapport d’évaluation (AR5) du GIEC, ainsi que les travaux de cet instrument du Programme de nations unies pour l’environnement (PNUE), dans les années à venir conformément à l’Accord de Paris.

Rappellons que le GIEC  a été créé en novembre 1988, à la demande du G7, par deux organismes de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).Il est l’organe principal d’évaluation des effets de changements climatiques.  Son activité principale consiste à préparer des rapports d’évaluation complets sur ce phénomène tous les cinq à sept ans.Alfred NTUMBA