Archives de catégorie : Forêt

Haut-Katanga : reprise du pillage du bois rouge, l’évêque de kilwa-Kasenga dénonce ce trafic illégal

Dans un communiqué de presse publié le 27 novembre 2020, Monseigneur Fulgence Muteba, évêque de Kilwa-Kasenga dénonce de nouveau le pillage du bois rouge dans le Haut-Katanga. Cet espèce rare continue à attirer la convoitise de plusieurs commerçants et, c’est malgré l’existence d’un document de l’autorité provinciale en charge de l’environnement, interdisant l’exploitation de cette essence végétale menacée d’extinction.

« La population locale est perplexe de revoir s’intensifier le trafic des grands camions, dont certains sont immatriculés en Tanzanie et conduits par des sujets tanzaniens, transportant de grumes de ce bois précieux. Les villages Boa, Kasomeno, Ngonga et l’intérieur de Sapwe vers la Luapula, pour ne citer que ceux-là, sont le théâtre de ce spectacle déplorable« , peut-on lire dans ce communiqué de presse.

Qui est derrière ce pillage ?

On en dira jamais assez pour la contrebande organisée dans le trafic de Pterocarpus Ongolensis (Mukula) du Haut-Katanga, dit « Bois rouge ». Ce communiqué de l’évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga précise que « le plus grand célèbre de ces contrebandiers téméraires est nommé Kabongo, pour ne pas le citer, réputé dans l’ecocide de cette essence précieuse dans la région, sans aucune réalisation communautaire« .

Ce même communiqué poursuit, « son homme de main est un certain Pasteur, chargé des opérations d’évacuation de ce butin de la honte vers les endroits autrement plus accessible aux véhicules« .

Comment ce pillage est-il organisé?

Le dénonciateur de ce trafic illicite du bois rouge dans le Haut-Katanga fait savoir que ces hommes soudoient quelques chefs coutumiers et manipulent de jeunes villageois désœuvrés pour évacuer vers Lubumbashi des cargaisons entières de grumes du célèbre produit ligneux de la forêt des Miombo, destinées au marché chinois.

« Ils pretextent ramasser de grumes coupées jadis, dans les conditions les plus illégales, en tout cas en violation délibérée des dispositions du Code forestier et, en plus n’ayant profité en rien aux communautés riveraines. Ce ramassage frauduleux qui, en réalité, participe à l’exploitation et n’en est qu’une étape, avait été suspendu par le gouvernement congolais et, par la suite interdit par le gouvernement du Haut-Katanga. Contre toute attente, il reprend allègrement, non sans y associer quelquefois les produits de nouvelles coupes clandestines constatées à certains endroits« , alerte l’évêque de Kilwa-Kasenga.

Les autorités provinciales y sont-elles complices ?

Mgr Fulgence Muteba très surpris par ce nouveau pillage émet de doute sur l’excellente santé de la corruption. « Ce pillage déguisé n’attire point l’attention des autorités compétentes, moins encore des services de sécurité. Les camions chargés de grumes franchissent toutes les barrières de sécurité, et même la douane de Kasumbalesa, avec une facilité étonnante« , regrette le numéro un du diocèse de Kilwa-Kasenga. Il invite le gouvernement congolais à prendre ses responsabilités et agir.

Demester Maloba, depuis Lubumbashi

FORÊT : YANGAMBI, QUAND LA RESTAURATION RIME AVEC L’ AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE DE POPULATION

La croissance démographique, la pauvreté et le besoin croissant en énergies figurent parmi les principales causes de la perte du couvert forestier en Afrique.  Chaque année, le continent  perd plus de 2 millions d’hectares de forêt. La production de charbon de bois, de bois de chauffe et l’aménagement de l’espace pour des  activités agricoles figurent parmi les causes de cette déforestation. Cette perte du couvert forestier entraîne avec elle aussi la dégradation ou l’appauvrissement du sol, rendant ainsi difficile toute activité agricole.

Transplantation des plantules à la pépinière d’Isalowe ( photo THK)

La République Démocratique du Congo n’est pas épargnée par cette réalité. A Yangambi, dans la province de la Tshopo, la croissance démographique, l’absence de l’électricité, le manque d’emploi durable ainsi que la pauvreté ont poussé la population à exercer une énorme pression sur la réserve biosphère de Yangambi.  Une pression qui dénombre parmi les conséquences, la déforestation qui a entraîné avec elle la dégradation du sol, plongeant ainsi une grande partie de la population dans la pauvreté. C’est ainsi que le Centre de Recherches Forestières Internationale (CIFOR) développe depuis 2017 plusieurs activités dans cette contrée, en vue du développement durable, entre autres la restauration et la sensibilisation des populations. Pour palper du doigt la réalité, nous avons décidé d’effectuer une descente sur  terrain à Yangambi.

Yangambi, un site chargé d’histoire

Après plus de deux heures de navigation sur le majestueux fleuve Congo en partant de la rivière Tshopo puis la rivière Lindi, nous accostons enfin à Yangambi. Dès notre arrivée, nous sommes captivés par les vieux bâtiments datant de l’époque coloniale et quelques vestiges, qui  témoignent de la vie mouvementée qui autrefois animait ce lieu.  Avec la station de recherche  de l’INERA, l’Institut Facultaire Agronomique (IFA/Yangambi) et sa réserve de biosphère, Yangambi fût il y a quelques décennies,   un des grands pôles scientifiques du monde, où se donnaient rendez-vous plusieurs chercheurs et scientifiques venant de tous les coins du monde, pour apprendre et échanger des connaissances sur l’agronomie et la foresterie.

Malheureusement, les guerres qu’a connues la province de la Tshopo n’ont pas épargné Yangambi. Aujourd’hui, ce district de plus d’un million d’âmes porte encore les stigmates de ces sombres pages de l’histoire.  Comme un phénix, ce site rempli d’histoire renaît de ses cendres, grâce au projet Formation, Recherche et Environnement dans la Tshopo (FORETS) du CIFOR, financé par l’Union européenne. « Le partenariat que nous avons avec le projet FORETS, nous permet de récupérer des anciennes terres devenues pratiquement incultes. Ceci est pour nous une façon non seulement de récupérer ces terres, mais de rendre aussi viable le paysage de Yangambi », s’est félicité Michel Lokonda, Directeur de l’INERA-Yangambi.

Des centaines d’hectares recouverts d’arbres

Chargement des plantules dans une remorque (photo THK)

A Yangambi, il était question pour nous d’assister aux activités de restauration lancées depuis 2018 dans le cadre du projet FORETS. Notre arrivée a coïncidé avec la clôture de la grande saison de plantation 2020. Aussitôt arrivés, nous nous sommes donc rendus sur le site où se fait le reboisement. A notre approche, nous apercevons un groupe de gens très motivés. Tenant dans leurs mains ensablées des machettes et houes, elles attendent impatiemment la prochaine remorque des plantules. Nous approchons un jeune homme d’une trentaine révolue. Coiffé d’une casquette noire, machette à la main, Jérôme Isangi est un des  employés du projet FORETSdans le cadre des activités de reboisement. « Je suis enseignant, mais je fais ce travail depuis bien longtemps en attendant que je  sois mécanisé par l’Etat. J’ai fait le reboisement à Bangala et à Nutricen. Ici, je suis à ma troisième plantation », a-t-il renseigné.

Le CIFOR s’est fixé comme objectif de reboiser 600 hectares par an. Un projet ambitieux qui vise non seulement à restaurer le paysage de Yangambi, mais aussi à maintenir le cadre de vie décent des populations, tout en sensibilisant la population sur l’éducation environnementale.

« Depuis le lancement de ces campagnes de restauration, plus de 800 hectares ont été reboisés, et près de 700 mille arbres ont été mis en terre », a expliqué Brice Djiofack, expert junior du projet FORETS. « Pour cette saison, nous avons planté plus de 12 mille arbres par jour, une grande avancée pour le projet », a-t-il renchéri.

Au cours de ces campagnes de plantation, le choix des arbres est porté sur les acacias, les arbres indigènes et les arbres fruitiers. Bien qu’il soit une espèce à croissance rapide, l’acacia est une légumineuse qui favorise la restauration des sols épuisés grâce à la fixation de l’azote, ce qui rend possible la production agricole. Cette espèce a également un haut pouvoir calorifique, ce qui le rend idéal pour produire  la biomasse. Et parmi les arbres autochtones, il y a les arbres à chenilles et autres plantes médicinales. Pour permettre la disponibilité des plantules, deux pépinières ont été mises en place.

La sélection des espaces pour la plantation se fait de manière systémique. « Les terres de Yangambi appartiennent à l’INERA, et ce reboisement est précédé par une prospection qui consiste à choisir des terrains sur lesquels il faudra planter les arbres », a renseigné Fai Colins, facilitateur du terrain du projet FORETS à Yangambi.

Une fois queles terres à repeupler d’arbres sont connues, les campagnes de sensibilisation sont mises en place pour expliquer à la population le bien fondé du projet. Ceci, dans le but de les emmener à participer et s’approprier cette initiative, qui ne vise qu’à améliorer leur bien-être.  Moustapha Mbola, vulgarisateur du projet FORETS, nous explique qu’au départ il y a parfois une certaine méfiance de plusieurs personnes. Mais après échanges, elles finissent par adhérer à l‘idée, s’en approprier et devenir même nos interlocuteurs du projet  auprès des autres personnes encore sceptiques.

La restauration, une activité rémunératrice

En poursuivant notre visite sur les sites de plantation, nous sommes tombés sur un groupe de travailleurs,   dominé par les femmes. Nous débarquons à l’heure de la pause. L’équipe profitait de ce moment pour se restaurer, en attendant la prochaine livraison des plantules. Notre regard  s’est jeté sur une jeune dame au visage rayonnant. Attirés par son sourire, nous nous décidons de l’approcher. Augustine Botoko, c’est ainsi qu’elle se nomme. Cette ancienne commerçante se dit contente et fière de planter des arbres, activité qu’elle entreprend depuis une année. « Je suis mère de six enfants que je prends en charge grâce à ce travail. Depuis que je suis employée ici, ma situation économique s’est beaucoup améliorée. Que Dieu bénisse les initiateurs de ce projet », a-t-elle déclaré sourire aux lèvres.  Motivée par le témoignage de sa collègue, Justine Lola a jugé bon de se confier aussi à nous, concernant cette activité de reboisement à laquelle elle prend part depuis un mois. Pour elle, le plus important n’est pas seulement le fait d’être payée, mais plutôt le fait de bénéficier de ces arbres dans le futur.

Finalement, Daris Lifenda, un jeune qui nous a affirmé qu’il garde des bons souvenirs de ce travail de restauration initié par le projet FORETS, décide de nous emmener à son domicile. A quelques mètres, nous entendons le bruit de vrombissement d’un moteur. Arrivés sur place, nous découvrons un moulin et des gens tout autour venus moudre le manioc, le soja et le maïs. « Ce moulin, je l’ai acheté grâce aux économies que je faisais avec ma rémunération. Il fonctionne avec du gasoil et aide beaucoup de gens de mon quartier, et ceux des quartiers lointains », a-t-il témoigné.

Ce jeune homme de 19 ans nous a confié avoir acheté un deuxième moulin.  Pour chaque saison, c’est presque 500 personnes  qui sont employées dans les plantations.  La plupart d’entre elles reconnaissent qu’au-delà du recouvrement du couvert forestier de leur village, les activités de restauration leur permettent de résoudre certains problèmes comme la scolarisation les enfants, se nourrir, et créer d’autres activités pour avoir un moyen de subsistance.

Des arbres qui alimenteront la centrale à biomasse de Yangambi

Chantier de la centrale à biomasse de Yangambi ( Photo THK)

Hormis la fertilisation du sol, la restauration du couvert forestier, la fabrication du charbon de bois, l’agroforesterie et l’apiculture, le reboisement de Yangambi vise un autre objectif majeur qui pourrait transformer la vie de cette population, il s’agit de la mise en place d’une centrale à biomasse. Cette centrale utilise des substances qui peuvent brûler pour produire de l’énergie qui peut être transformée en électricité. Pour Paolo Cerutti, directeur du projet FORETS, la mise en place de cette centrale vise à développer les entreprises locales comme les PME, ce qui va rénover le substrat économique et contribuer à la lutte contre la déforestation et l’agriculture sur brûlis.  « Nous avons conduit plusieurs études de faisabilité, et es experts ont conclu qu’une centrale de biomasse à Yangambi est possible », a-t-il argumenté. « Nous avons déjà lancé l’appel d’offre pour les premières machines, et nous travaillons de sorte que  tout soit prêt au plus tard novembre 2021 », a dit-t-il.

Cette centrale sera alimentée dans un premier temps avec les arbres des anciennes plantations d’hévéa et des palmiers qui pullulent à Yangambi, en attendant que les arbres plantés atteignent la maturité.

Bien que les forêts soient les principales sources de revenus pour la population, ce modèle d’investissement du projet FORETS à Yangambi prouve qu’il est possible de concilier la préservation des celles-ci et le  maintien d’un cadre de vie décent des populations. Ceci passe par la sensibilisation et la mise en place des alternatives capables de réduire la pression de l’homme sur la forêt, notamment la multiplication des sources de revenus.

Ce reportage a été réalisé avec le soutien du Rainforest Journalism Fund en partenariat avec Pulitzer Center

                                               De retour de Yangambi, Thierry-Paul KALONJI

Forêt : En RDC, l’accaparement des terres par PHC Boteka affecte près de dix-sept villages à l’Equateur

En République démocratique du Congo, l’accaparement des terres reste l’une des causes de conflits fonciers entre les communautés elles-mêmes et parfois entre les communautés et les industriels qui y exploitent. Ces conflits latents finissent souvent par dégénérer. Dans le secteur de Dwali, Territoire d’Ingende dans la province de l’Equateur, près de 17 villages sont sérieusement en conflit qui les opposent à l’entreprise PHC Boteka (Plantation des Huileries du Congo). Si certains d’entre ces villages gardent encore le peu de leurs terres ancestrales, d’autres par ailleurs, assistent impuissamment à la disparition quasi-totale de leur héritage à cause de l’expansion de ladite plantation installée le long de la Rivière Ruki. 

Une vue de l’usine de FHC Boteka.
Après plusieurs conflits fonciers, l’entreprise avait résolu de donner du travail aux habitants de ces différents villages. Quelques années après, la précarité et la malnutrition ont élu domicile dans ces villages.  Menacées par l’insécurité alimentaire à la suite du manque des terres, les communautés ne savent plus à quel saint se vouer. Nous avons résolu de plonger au cœur du scandale d’un multinational qui a imposé ses lois au détriment d’un bien-être collectif, sous un regard discret des autorités du pays.

Après plus de 10 heures de route à bord d’une moto, nous arrivons au village Loonga Moke. Ce village d’environ six cents personnes subit de plein fouet les effets de l’accaparement de ses terres transformées en palmeraie.  Continuer la lecture de Forêt : En RDC, l’accaparement des terres par PHC Boteka affecte près de dix-sept villages à l’Equateur

Forêt : Projet 1 milliard d’arbres à l’horizon 2023, Claude Nyamugabo obtient l’adhésion de Simon Kimbangu Kiangani

Le ministre de l’Environnement et Développement durable,  Claude Nyamungabo a échangé ce mercredi 11  novembre 2020, avec le chef spirituel de l’Eglise Kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani au tour de l’ambitieux programme du chef de l’Etat congolais, « 1 milliard d’arbres d’ici à l’horizon 2023 ». Cette action du ministre s’inscrit dans la logique de la mobilisation des leaders d’opinion pour la réussite de ce programme qui vise la création des jardins scolaires, et le reboisement à travers la RDC. 

« Le chef de l’Etat veux faire de la jeunesse son premier partenaire dans ce projet. L’Eglise  kimbanguiste est un grand partenaire au regards de l’importance qu’elle accorde à l’arbre », a indiqué le Ministre.

Claude Nyamugabo n’a pas caché sa satisfaction quand à la suite réservée à sa requête par le chef spirituel de l’Eglise Kimbaguiste. Il a par ailleurs rassuré que ce dernier est très heureux d’être sélectionné parmi les partenaires pouvant accompagner la vision écologique du président de la République, Félix Tshisekedi.  Continuer la lecture de Forêt : Projet 1 milliard d’arbres à l’horizon 2023, Claude Nyamugabo obtient l’adhésion de Simon Kimbangu Kiangani

Environnement : Un trophée et un Certificat de mérite décerné à ENVIRONEWS RDC

ENVIRONEWS RDC s’est vue décerner  un Trophée et un Certificat de mérite pour son travail aguerri de communication environnementale qu’elle abat en République démocratique du Congo. Le prix flamme verte lui a été remis ce vendredi 06 novembre, au cours d’une soirée organisée à Kinshasa dans le cadre de la deuxième édition du Festival International Génie Vert ( FIGEV). Ce prix met en lumière l’engagement d’ENVIRONEWS RDC qui a mis en place depuis 2013, un site d’information environnementale, www.environews-rdc.org, le premier en Afrique francophone et sa nouvelle chaîne de télévision Environews TV, qui émet depuis Kinshasa  

« Je remercie  les organisateurs  qui ont reconnu en moi ce mérite, d’avoir mis en place une initiative louable et encourageante. Je profite également de cette occasion pour dédier ce trophée et ce brevet à toute l’équipe d’ENVIRONEWS qui m’accompagne depuis des années et qui  malgré les difficultés, travaillent d’arrache-pied pour mettre en lumière ce travail d’information à travers notre site d’information et notre chaîne de télévision. Mais aussi à ma famille qui m’encourage. Recevoir ce prix est un motif d’encouragement mais également un défi pour moi pour pouvoir continuer à aller de l’avant et faire plus que ce que je fais aujourd’hui ». a rapporté Alfred Ntumba, directeur général d’ENVIRONEWS RDC.

La deuxième édition du Festival Génie Vert, a été un cadre de réflexions, d’échanges d’initiatives et d’innovations écologiques. Elle réuni différents acteurs clés qui œuvrent dans le secteur vert en République démocratique du Congo afin de créer une synergie autour des questions environnementales, considérées aujourd’hui comme des question de vie.

Au total, 10 structures qui se sont distinguées en œuvrant dans le secteur écologique ont été primées par le FIGEV au cours de cette deuxième édition. Selon les organisateurs, le choix de lauréats a été rude car, ils devraient remplir les critères prédefinis pour être nominé. Parmi ces critères figurent notamment, l’innovation et l’impact des actions sur la population et l’environnement.

« Nous avons primé de gens qui ont mérité. Je suis persuadé qu’ils feront l’objet d’une certaine fierté ici au Congo tout comme partout ailleurs. ENVIRONEWS est une structure médiatique qui nous a épaté et qui continue à surprendre les congolais. Une structure créée par un jeune congolais très aguerri dans les questions environnementales. C’est vraiment la chaine par excellence dans notre pays qui mène des investigations. Vous savez, un secteur comme l’écologie est un secteur techniquement et scientifiquement fort. Il faudrait des journalistes vertébrés et équilibrés et des structures médiatiques fortes comme ENVIRONEWS et nous sommes très fiers de voir qu’elle est en train de prendre de plus grandes enjambés écologiques » a souligné Patrick Bakwa, coordonnateur du FIGEV.

Signalons par ailleurs que lors de cette deuxième édition du FIGEV, un accent particulier a été mis sur la lute contre le braconnage des espèces de faunes sauvages et la criminalité faunique. Un hommage mérité a été rendu aux éco gardes qui ont perdu leur vie en protégeant les espèces sauvages dans les parcs nationaux et aires protégées de la RDC.

Nelphie MIE

Conservation : Signature de charte de gestion durable de la faune entre le WWF-RDC et l’entreprise CFT

L’entreprise CFT (Compagnie Forestière de Transformation) a signé la charte de gestion durable de la faune dans ses concessions forestières en RDC. La cérémonie de signature de cette charte a été organisée ce vendredi, 30 octobre à Kinshasa, dans les bureaux de WWF-RDC, en présence de quelques membres de société civile environnementale. Il s’agit d’un engagement volontaire que la CFT prend pour promouvoir la gestion durable de la faune dans toutes ses concessions forestières sur l’ensemble du territoire nationale.

La Compagnie Forestière et de Transformation s’engage à ce que l’exploitation, la transformation, le transport et le commerce de la production soient légaux conformément à la législation nationale en vigueur et aux normes des certifications crédibles en gestion forestier

L’une de deux entreprises certifiées NEPCon Legalsource  à ce jours en RDC, l’entreprise CFT met un accent particulier sur la conservation de la biodiversité. 

« On est là pour signer un engagement protéger et faire des efforts pour la protection de la faune dans nos concessions et au tour de nos concessions Cet engagement matérialise les engagements pris par la société depuis plusieurs  années avec l’appuis de WWF. C’est essayer de imiter au maximum le braconnage, le transport et le commerce de  la faune sauvage », a déclaré  Mr Karim, Directeur Général de cette entreprise CFT.

Pendant plusieurs années, le WWF-RDC a accompagné l’entreprise CFT en apportant son expertise de conservation des espèces de faune in et ex situ. 

La signature de charte d’engagement est un motif de fierté pour le WWF-RDC. Il en va de soi que ce genre d’initiatives soit encouragé et soutenu, pensent les responsables de cette ONG intentionnelle de conservation. 

Le fait que la CFT prenne publiquement cet engagement de protéger la faune dans ses concessions, est un acte louable qui devrait interpeler les autres exploitants à lui emboîter les pas.    

« Nous sommes une organisation de conservation. La gestion de la faune est un élément important  et une obligation pour les concessionnaires.  C’est pour cette raison que nous en tant WWF, nous avons estimé que les entreprises qui collaborent avec nous prennent cet engagement volontaire  de lutter contre le braconnage dans les concessions forestières et mettre en place un mécanisme de gestion durable de faune », a indiqué Jean-Marie Bolika, chargé de programme gouvernance forestière au WWF-RDC. 

Le WWF-RDC se félicite des efforts consentis par l’entreprise CFT dans son parcours vers la certification légale. « Dès lors que nous avons pris une dizaine d’entreprises, et qu’il n y’a que deux qui ont de certificats aujourd’hui, ce sont les meilleures », a renchéri Jean-Marie Bolika.

Notons par ailleurs qu’à ce jour en République démocratique du Congo, seules les entreprises CFT avec 479 987 ha, et IFCO (Industrie Forestière du Congo)  avec 261753 ha  ont chacune une  concession certifiée légale située dans la nouvelle province de la Tshopo. 

Alfred NTUMBA 

Forêt : L’OFAC lance son nouveau portail d’analyse sur les écosystèmes forestiers d’Afrique Centrale

Afin d’encourager la prise de décisions informée pour une gestion durable des forêts, la conservation et l’ utilisation responsable de la biodiversité d’Afrique Centrale, l’Observatoire des forêts d’Afrique centrale (OFAC), cellule technique de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), a mis sur pied une nouvelle plateforme d’analyse avec les indicateurs clés des tendances des politiques régionales, nationales et locales et de leurs impacts sur les écosystèmes forestiers.

Des données capitales sont désormais disponibles sur ce portail, telles que les volumes de production, gestion et certification, exportation, transformation et de commercialisation du bois, les politiques et stratégies de conservation, la contribution des forêts et de la biodiversité aux économies nationales, et des nombreuses autres informations collectées sur le terrain, dans les administrations nationales et régionales, ainsi que de très nombreuses images satellites sont compilées dans la plateforme.

Conçue de manière visuellement attrayante et interactive, la plateforme a pour but de faciliter l’accès aux informations régionales, nationales et locales en la matière. La plupart des informations sont ouvertes et gratuites, disponibles sur le site Web : https://www.observatoire- comifac.net/analytical_platform

D’autres outils inédits sont disponibles dans la plateforme comme (i) un module de recensement et d’analyse des initiatives entreprises dans les secteurs de l’environnement, l’aménagement du territoire et le développement socio-économique contenant à ce jour environ 650 projets pour 80bailleurs, 324 agences d’exécution et un montant dépassant les 6 milliards d’euros et, (ii) une librairie multimédia avec plus de 1 200 documents scientifiques, plans d’aménagement, documentsstratégiques et politiques, etc.

« La plateforme analytique sera un outil efficace d’appréciation des données et d’aide à la décision technique et politique, pour les décideurs et les chercheurs des forêts d’Afrique centrale, que nous invitons vivement d’ailleurs, à exploiter ces données et outils fiables et de qualité mis à leur disposition. C’est une étape importante vers une plus grande harmonisation des politiques sectorielles entre les États membres de la COMIFAC et vers une coopération régionale », a dit Raymond Ndomba Ngoye, Secrétaire Exécutif de la COMIFAC.

Lancée en marge du Forum mondial sur les paysages (GLF) « One World – One Health », qui s’est tenu en ligne les 28 et 29 octobre 2020, cette initiative vient renforcer le rôle stratégique que joue l’OFACdans la collecte et la gestion des informations en Afrique Centrale.

Cette initiative a été financée par l’Union européenne (UE) à travers la composante régionale du programme ECOFAC 6 (projet RIOFAC) et l’UE et l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et duPacifique (ACP) à travers le programme BIOPAMA.

La rédaction

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Forêt : Politique forestière nationale, le GTCRR invite Claude Nyamugabo à amorcer un dialogue avec CAFI et FONAREDD

Le Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR) invite le ministre de l’Environnement et Développement durable, Claude Nyamugabo à amorcer le dialogue avec le Fonds CAFI et le FONAREDD pour harmoniser sur le modus operandi pour la production d’une politique forestière nationale consensuelle sans sortir du cadre spécifique du PGDF (Programme de Gestion durable des Forêts). Dans une déclaration faite à Kinshasa, ce samedi 24 octobre, le GTCRR relève que la démarche actuelle du MEDD suscite quelques interrogations et en conséquence des doutes en ce qu’elle semble ne pas s’inscrire dans le PGDF, qui est pourtant une composante à part entière du Plan d’investissement REDD+ en cours de mise en oeuvre et de la stratégie Cadre REDD+.

Aerial view of forest in East Cameroon. Photo by Mokhamad Edliadi/CIFOR

Le GTCRR souligne les risques majeurs de sortir des balises, consensuellement déjà tracées, pour le développement de tous les programmes, en raison de l’unité de la vision, de la connectivité des objectifs gouvernementaux affirmés. Il propose par contre la production au préalable d’une analyse ou une revue sectorielle actualisée au titre de diagnostic du secteur forestier.

Au lancement des travaux de l’élaboration de la politique forestière nationale, au mois de mars 2020, le calendrier du ministère de l’Environnement et Développement durable prévoyait que le document de la politique forestière devrait être disponible d’ici la fin de cette année. « Intenable ! Si l’on veut faire un travail de qualité », rétorquent à ce jour, les acteurs de la société civile environnementale regroupés au seins du GTCRR. Ils soulignent la nécessité de  poser un véritable diagnostic du secteur des forêts, recueillir les données de terrain, notamment celles de la dynamique des tourbières et des communautés locales et peuples autochtones pygmées.  Continuer la lecture de Forêt : Politique forestière nationale, le GTCRR invite Claude Nyamugabo à amorcer un dialogue avec CAFI et FONAREDD

Forêt : Nouveau partenariat RDC-CAFI (2021-2030), la partie congolaise s’apprête pour les négociations 

Il a fallu trois jours de travaux intenses pour que les participants à l’atelier des consultations nationales sur le cadre du nouveau partenariat RDC-CAFI, puissent formuler des recommandations pertinentes devant servir de trame de discussions entre le gouvernement congolais et le Fonds CAFI (Initiative pour les forêts d’Afrique Centrale). Des discussions prévues au mois de novembre et qui devront aboutir à la signature d’une lettre d’intention pour un nouveau partenariat qui démarre en janvier 2021, pour une période de 10 ans.

Au cours de ces consultations nationales organisées par le FONAREDD, les participants ont passé au peigne fin les forces et les faiblesses de la mise en oeuvre de la lettre d’intention signée en 2016.  Plusieurs points communs ont été relevés comme faiblesse, notamment, le manque de données et des statistiques, la nécessité pour le gouvernement de prendre ses responsabilités pour changer la classification du pays et les risques fiduciaires, les très bonnes lois dont la mise en oeuvre traine, et les défis de la gouvernance et de la  capacitation à tous les niveaux.

Aux cotés de ces faiblesses, se dressent  aussi les forces, sur lesquelles le nouveau partenariat en gestation pourrait se baser.  Il s’agit notamment de la volonté politique manifeste, la prise de conscience sur l’importance de préserver le capital forestier, et l’émergence d’une forte appropriation au niveau des provinces.

Le ministre de l’Environnement et développement durable s’est félicité du travail abattu par les experts. Il a par ailleurs promis une implication sans faille du gouvernement congolais pour la réussite du nouveau partenariat dont les négociations pourraient démarrer au mois de novembre prochain.

« En ma qualité du vice président du comité de pilotage du FONAREDD, je porterais le document final à l’attention des autres membres du gouvernement représentés dans le comité de pilotage, ainsi qu’au chef du gouvernement pour orientations finales. Ceci servira de base pour les négociations qui seront lancées avec CAFI », a indiqué Claude Nyamugabo, ministre de l’EDD. Continuer la lecture de Forêt : Nouveau partenariat RDC-CAFI (2021-2030), la partie congolaise s’apprête pour les négociations 

Forêt : Le FONAREDD consulte les parties prenantes pour préparer le nouveau partenariat RDC-CAFI (2021-2030)

Les enjeux au tour de la signature de la lettre d’intention entre la République démocratique du Congo et l’Initiative pour les Forêts d’Afrique centrale (CAFI) pour la période 2021-2030, sont de taille. Il faut faire mieux que le premier volet signé en 2016. Le Fonds National REDD (FONAREDD) a réuni à Kinshasa, ce mardi 20 octobre, toutes les parties prenantes pour des objectifs bien précis, tirer les leçons apprises du premier partenariat RDC-CAFI, identifier les priorités du nouveau partenariat et formuler des nouveaux engagements nationaux.

« Notre rencontre de ce jour vise à puiser sur ce que nous avons bâti ensemble pour baliser l’avenir. En effet, les nombreux échanges que nous aurons durant ces trois jours vont effectivement définir et orienter les interventions du FONAREDD sur les dix prochaines années« , a déclaré Félicien Mulenda, coordonnateur du FONAREDD.

Selon lui, les présentes consultations sont organisées pour que la partie congolaise définisse ses priorités ainsi que des engagements réalistes qui sous-tendront le prochain accord avec CAFI. Les participants venants de toutes les provinces devront identifier, dans tous les secteurs concernés par la REDD, des innovations et des changements qu’ils poserons sur la table des négociations. Continuer la lecture de Forêt : Le FONAREDD consulte les parties prenantes pour préparer le nouveau partenariat RDC-CAFI (2021-2030)