Forêt : En RDC, la loi sur les droits des pygmées adoptée à l’Assemblée nationale

C’est une étape très importante que vient de franchir le projet de loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées de la République démocratique du Congo.  près d’une année après son adoption à l’Assemblée nationale, cette loi vient d’être votée à l’unanimité par les députés nationaux, ce jeudi 07 avril.

Le président de l’Assemblée nationale de la RDC, Mboso Nkondia, au sortir de la plénière sur l’adoption de loi sur les pygmées. (Photo – droits tierce)

Une action qui a réjouit tous les acteurs qui se sont toujours mobilisés pour la cause de ce peuple de forêt. “Nous venons de franchir une étape importante. A présent, nous attendons la relecture au Sénat et la promulgation de cette loi par le chef de l’Etat”, s’est félicité Patrick Saidi, coordonnateur de la DGPA (Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones).

99% des députés présents à l’hémicycle ont voté pour cette loi. “ C’est une avancée significative vers l’intégration et l’égalité des chances envers nos semblables et compatriotes« , a déclaré le député Guy Mafuta, cité par Ouragan FM.

L’adoption de cette loi a été précédée d’un débat qui a permis de relever un amendement  sur la durée de sa mise en application, une fois qu’elle sera promulguée par le chef de l’Etat. Selon l’Article 142 de la constitution qui ouvre une brèche sur cette disposition, cette durée est de 30 jours. Le député Garry Sakata a sollicité un délai de 60 jours en lieu et place de 30 jours. un amendement qui a été accepté.

Pour le député Ruben Rachidi Bukanga qui a porté cette loi au cours de la législative en cours, cette adoption est historique. “Je dois être sincère. Depuis que je suis député, c’est la première fois qu’une loi est votée par tous les députés, avec seulement un seul non”, a-t-il indiqué. “ Ca veut dire que les députés ont compris les problèmes que nous avons soulevé pour ces peuples” 

Notons par ailleurs que les associations des peuples autochtones et celles des bantoues qui travaillent pour leur accompagnement se préparent déjà pour les étapes suivantes de cette loi. Surtout, sa vulgarisation et son application. 

Alfred NTUMBA

Alimentation : ‘‘Célébrons la cuisine congolaise sans viande de brousse’’, une nouvelle manière de manger à Kinshasa

A Kinshasa, une campagne multimédia novatrice et positive, qui s’articule autour d’une nouvelle tendance de la cuisine Congolaise, ouvre une nouvelle page de l’histoire de la gastronomie de la ville. Sous le slogan “Célébrons la cuisine Congolaise sans viande de brousse”, cette campagne a été lancée le 24 mars dernier, par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable, Claude Nyamugabo Bazibuhe. 

Célébrons la cuisine congolaise sans viande de brousse est une invitation aux kinois et kinoises à explorer des recettes congolaises simples et délicieuses sans viande de brousse, afin d’apporter une solution à la problématique de la surconsommation de la viande de brousse à Kinshasa.

Le Ministre de l’Environnement et Développement Durable, « Je vous invite à privilégier les repas sans viande de brousse, lorsque que vous vous retrouvez en famille ou dans des restaurants entre amis, et collègues. Appropriez-vous ce nouveau mode de vie”. 

Le lancement de cette campagne a également connu la participation de Madame Godelive Muvaro, surnommée “Maman Malewa” par les kinois. Reconnue pour son charisme et l’exquisité de ses plats, elle montrera au cours de la campagne comment préparer facilement de bonnes recettes congolaises sans viande de brousse, en favorisant d’autres aliments locaux disponibles dans les marchés de la ville, tels que le poisson, la viande de chèvre, les chenilles, et autres.

Les kinoises et kinois disposent désormais d’une campagne pour les accompagner vers une nouvelle manière de manger sans viande de brousse, en explorant une cuisine congolaise délicieuse et avantageuse qui permet de réduire la demande de viande de brousse à Kinshasa et en même temps de contribuer au maintien de la faune sauvage congolaise, et par conséquent à la sécurité alimentaire des communautés rurales qui en dépendent. 

Une variété de supports de communication, notamment le site web de la campagne, les réseaux sociaux, et dans les prochains mois, des parutions à la télévision, la radio, et l’affichage public dans la capitale congolaise va permettre de promouvoir cette campagne qui promet d’attirer des millions de kinoises et  kinois à explorer la bonne cuisine congolaise sans viande de brousse. 

A suivre…

LA Rédaction

Médias : La deuxième édition de la Foire des Femmes des Médias, ENVIRONEWS RDC y était présente

Organisée par l’Union Congolaise des Femmes des Médias « UCOFEM » et l’Association Congolaise des Femmes de la Presse Ecrite « ACOFEPE », cette foire s’était inscrite dans le cadre du plaidoyer de la réforme du cadre légal des médias pour une meilleure jouissance de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo, levant ainsi les barrières à une forte représentativité des femmes dans les médias. 

Cette deuxième édition qui a eu lieu à Kinshasa du 29 au 31 mars 2021, a permis de mettre en lumière le travail des femmes des médias. 

Au menu de ces assises, des panels d’échanges et des réflexions sur plusieurs thèmes tels que : le leadership dans le milieu du travail, les femmes des médias et environnement de travail en période de Covid-19, la représentation des femmes dans les médias en période de Covid-19, la situation de la femme congolaise en période de Covid-19 et rôle des médias, les technologies de la communication en période de Covid-19 : défis et opportunités pour la femme des médias en RDC ; ainsi que des expositions du travail des femmes des médias en vue de valoriser le travail abattu par les femmes pendant ce contexte difficile lié à la Covid-19.

Au total treize intervenants dont douze femmes et un homme sont intervenus dans six panels prévus pour ce forum. Il a été question de conscientiser les femmes des médias afin qu’elles se rappellent toujours le rôle qu’elles ont à jouer dans la société. 

Outre les travaux en atelier, cette édition a également permis aux médias d’exposer leurs activités.  Au total, quarante-cinq médias se sont partagés les stands érigés dans le chapiteau du collège culturel Boboto. 

Chaque jour, quinze médias ont exposé leurs savoir-faire. Ouverte en présence de la Directrice Générale Adjointe d’Internews, Noémie Kilembe, cette foire avait été lancée par la déléguée générale de la francophonie en RDC, Néfertiti Chibamba.

Le dernier jour, l’assistance a eu droit au partage d’expériences de deux femmes des médias qui se sont distinguées pendant la Covid-19. Il s’agit de Jolie Tshidibi, Journaliste et Secrétaire de rédaction à l’Agence Congolaise de Presse (ACP) et Lynn Mazianda, Jounaliste à la Samba News et Habari RDC.net.

Notons par ailleurs que cette foire n’a pas seulement réuni les professionnels des médias, mais également les organisations de défense et de promotion de la liberté de la presse et des droits des femmes dans les médias. Elle était donc ouverte tant aux utilisateurs qu’aux consommateurs des médias.

Sarah Mangaza

Conservation : Le Parc national de la Lomami sera désormais co-géré par l’ICCN et la Société Zoologique de Frankfurt

L’option de co-gérer ce jeune parc national de la République démocratique du Congo a été levée le 30 mars dernier, lors d’un atelier organisé à Kinshasa. Créé en 2016, ce parc a toujours été géré par l’ICCN (Institut congolais pour la Conservation de la Nature). Désormais, il le sera également par l’Institut Zoologique de Frankfurt. 

« Je crois qu’il est question que les acteurs opérationnels puissent muer leurs efforts sur les nouveau statut ou mode de gestion de cette aire protégée. Nous avons présenté la boussole de ce contrat », a expliqué Jeff Mapilanga, directeur technique et scientifique de l’ICCN, cité par le média en ligne RTEC Tropicana.

Pour Matthieu MIRAMBO, Directeur de programme de la Société Zoologique de Frankfurt, le Parc national de la Lomami est le seul parc qui a été créé avec une implication particulière de toutes les couches de la population locale. C’est ainsi qu’il y a moins de pressions de la population riveraine sur l’aire protégée, aussi, toutes les normes qui sont dans la loi qui régissent le secteur de la conservation de la nature en République Démocratique du Congo ont été prises en compte

« Ce parc a les atouts possibles pour être classé dans la liste des patrimoines mondiaux», a-t-il fait savoir. 

Le plus jeune de tous les parcs de la République Démocratique du Congo a été créé par le décret n°16024 du 19 juillet 2016. Le Parc national de la Lomami est situé à cheval sur les provinces de Maniama et Tshopo. Il a une superficie de 8 874 Km² et s’inscrit dans un paysage écologique de plus de 22 000 Km². 

Avec RTEC Tropicana.

Conservation : Deux congolais arrêtés à la frontière ougandaise avec 20 défenses d’éléphants

Deux citoyens congolais ont été arrêtés le jeudi 01 avril, à Kasindi (frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda). L’opération conjointe entre l’ONG Conserv Congo et les services des renseignements ougandais a abouti à la saisie de 20 défenses d’éléphants. Les deux congolais arrêtés font partie de deux grands réseaux de trafiquants d’ivoire, opérant dans la région du massif des Virunga et transportant illégalement des produits de la faune entre la RD Congo et l’Afrique de l’Est.

Dans le but de contrer le trafic international d’espèces sauvages en RDC et dans la région, Conserv Congo a établi des liens très étroits et bons avec tous nos pays voisins et l’Ouganda en particulier. L’Ouganda est l’un des rares pays au monde à avoir accordé la priorité aux poursuites pour crimes contre les espèces sauvages dans son système judiciaire”, indique Adams Cassinga, coordonnateur de Conserve Congo..

Les deux congolais présumés trafiquants d’ivoire risquent entre cinq et dix ans de prison. “Récemment, le même tribunal a condamné deux autres suspects d’ivoire à cinq ans chacun pour possession de 47 kilos d’ivoire”, renseigne Monsieur Cassinga.

L’Ouganda a créé un tribunal spécial pour les crimes contre les espèces sauvages et les affaires sont donc immédiatement examinées et poursuivies par la suite. Dans cette entreprise, les fonctionnaires des tribunaux travaillent en étroite collaboration avec les agents de sécurité, la société civile et d’autres organisations à but non lucratif de conservation pour anéantir les crimes contre les espèces sauvages. 

Au cours de la dernière décennie, la RDC est devenue l’une des principales sources de produits de la faune et aussi un grand point de transit pour les produits d’autres pays.

La plupart des espèces faisant l’objet d’un trafic international comprennent l’ivoire, les écailles de pangolin, la corne de rhinocéros, les grands singes et les perroquets gris africains.

80 pour cent des espèces sauvages commercialisées en Ouganda proviennent du Congo et ce n’est pas un cas isolé car il en va de même pour presque tous les neuf voisins du Congo.

Des enquêtes sont toujours en cours afin de démanteler et d’en savoir plus sur le modus operandi de ces réseaux criminels. “Il est imminent que de nouvelles arrestations aient lieu après réception des déclarations des suspects. Dans deux jours, Ces deux congolais comparaîtront devant le tribunal”, précise notre source.

Alfred NTUMBA

Forêt : La Division de la foresterie communautaire reçoit un deuxième lot du matériel informatique, don de l’APEM

L’ONG APEM (Action pour le promotion et protection des peuples et espèces menacés, avec le financement de la RFUK (Rainforest Forest UK), a remis à la Division de la Foresterie communautaire du Ministère de l’Environnement, un deuxième  lot de matériel informatique. Composé des ordinateurs, scanners, clés USB, disques durs externes et imprimantes, outils jugés indispensable au travail de ce service devront permettre à la DFC de faire le suivi et analyses fiables des forêts communautaires sur toute l’étendue de la RDC.  La cérémonie de remise a eu lieu ce mercredi 31 mars, à Kinshasa.

Fifi likunde Mboyo, chef de division Foresterie communautaire recevant le matériel informatique.

« Nous remercions nos partenaires qui nous facilitent le suivi du processus sur toute l’étendue de la RDC. Nous profitons également de cette occasion pour lancer un appel aux partenaires concernés à la mobilisation des fonds pour doter aussi d’autres provinces de ces matériels en vue de permettre auxdites divisions provinciales de mieux accomplir leurs tâches», s’est réjoui Fifi Lukunde, chef de division de la foresterie communautaire.                            

 Ce deuxième lot de matériels vient également promouvoir le soutien politique et financier international du processus de la foresterie communautaire et renforcer la transparence du processus de sauvegarde des forêts du Congo. Ce deuxième lot de matériel informatique sera distribué dans les provinces de Kinshasa, Equateur et du Nord-Kivu.

« C’est juste pour permettre à cette division de  bien faire son travail en ce qui concerne la récolte  de données de la foresterie communautaire. Ces matériels permettent de corriger quelques erreurs qui ont été repérées dans la base des données en ligne. Et,  améliorer les analyses dans les jours avenirs », a précisé  Blaise Mudodosi, coordonnateur de l’ONG APEM.

Signalons que la division de la foresterie communautaire avait déjà bénéficié d’un premier lot des matériels au cours des années précédentes.

Nelphie MIE

Forêt : Les acteurs de Kinshasa formés sur l’utilisation de la base de données de la Foresterie communautaire en RDC

Plusieurs acteurs de Kinshasa ont été sensibilisés sur l’existence d’une base de données dédiée à la foresterie communautaire en République démocratique du Congo.  Ils ont été renforcés en capacité sur l’usage de ces données au cours d’un atelier organisé à Kinshasa, ce 30 et 31 mars.

A ce jour, le travail conjoint avec la DFC (Division de la foresterie communautaire), a permis de centraliser les informations de 70 concessions forestières des communautés locales et 30 initiatives en cours d’approbation. 

« La plateforme facilite le partage d’information entre les trois niveaux de gouvernance forestière. Le niveau central, provincial et local. C’est vraiment un outil de suivi de la foresterie communautaire à travers la RDC », a indiqué Margot Lessenge, administrateur de la base de données foresterie communautaire.

La base de données vient en appui à la prise de décision dans la mesure où elle permet d’identifier facilement les chevauchements et les superpositions des titres. Une donne sensible et importante dans l’attribution des concessions des forêts des communautés (CFCL). 

« Il y a eu des dérapages parce qu’il n’y avait pas cet outil. Il y’a eu attribution des certaines CFCL avec chevauchement.  A présent, avant l’attribution, nous adressons une note technique aux gouverneurs des provinces pour demander s’il y a superposition ou pas, pour attribution », a-t- elle renchérit. 

Pour Blaise Mudodosi, coordonnateur de l’ONG APM, qui a aidé à la mise en œuvre de ce projet, il était important d’avoir au niveau national une base de données qui renferme toutes les informations sur le processus.

« Aujourd’hui, nous travaillons avec la DFC pour maintenir et gérer cette base de données. L’idée est d’arriver à ce que les experts de l’administration s’approprient l’outil et le gérer eux même », a-t-il déclaré. 

Notons tout de même que cette plateforme a connu aussi des difficultés liées à la réticence des acteurs en ce qui concerne le partage des données. « Nous pensons que cela était lié au manque d’information sur l’existence même de cette plateforme. Maintenant qu’ils sont au courant, nous espérons voir changer le rythme d’envois de données », a précisé Monsieur Mudodosi

Lancée depuis 2018, la plateforme numérique est accessible à tous les utilisateurs disposant de l’internet. Il suffit de se rendre à l’adresse www.rdc.geocfcl.org. Il y trouvera toute la documentation partant de documents officiels d’attribution aux documents de gestion et d’exploitation des concessions des forêts communautaires.

Alfred NTUMBA

Forêt : Le GTCR-R invite les porteurs des projets PIREDD au respect des sauvegardes de Cancun

A l’approche de la fin de différents Projets Intégrés REDD (PIREDD) en République démocratique du Congo, les organisations de la société civiles réunies au sein du Groupe de Travail REDD Rénové, ont saisi l’occasion pour évaluer la prise en compte du respect des sauvegardes de Cancun dans ces projets et autres programmes financés par le fonds CAFI. C’était au cours d’un atelier organisé à Kinshasa, le 29 et 30 mars qu’ils ont livré la conclusion de leur évaluation.

« Le constat pour nous a été très fâcheux. Les PIREDD sont à -30 % de mise en œuvre de respect de sauvegarde. Nous avons constaté ensemble qu’il n’y a pas eu une harmonisation des outils de sauvegarde », a précisé le coordinateur du GTCRR, Guy Kajemba.   

Pour la société civile environnementale, il est inconcevable de remarquer l’existence des PIREDD où l’on ne trouve même pas des mécanismes de gestion des plaintes, ni des plans de partage de bénéfice etc. « Nous allons produire bientôt notre rapport sur le suivi des PIREDD », a informé Guy Kajemba.

En République démocratique du Congo, la question de sauvegarde reste un défi majeur dans l’atteinte des objectifs poursuivis à travers les différents projets intégrés Redd en exécution au pays. Cette difficulté est exacerbée par les manuels de procédures des porteurs des projets qui ne permettent pas de suivre de près cette question.  

Selon les acteurs de la société civile, la multiplicité des manuelles de procédures rend la tâche plus difficile, lorsqu’il faut considérer que la Banque Mondiale a ses exigences différentes de celles du PNUD, de la FAO et des autres.

Le GTCRR entend s’investir dans la nouvelle génération des PIREDD en cours d’élaboration pour suivre de plus près la prise en considération de la question de sauvegarde. Afin de remonter le niveau de performance du programme. 

« Nous allons mener au niveau du gouvernement, ce plaidoyer pour qu’il tienne compte des questions du genre, des peuples autochtones et des jeunes. Bref, toutes ces questions de sauvegarde, parce que si l’on ne tient pas compte de cela, la REDD+ n’a pas son importance pour le moment », a renchéri la présidente du Conseil d’Administration de la CFLEDD, Néné Mainzana.

Le Groupe de Travail REDD Rénové TCRR recommande cependant à la coordination nationale REDD d’actualiser le guide sur le SESA en assurant sa mise en œuvre et son appropriation dans les différents programmes et projets REDD+ au niveau national ; harmoniser et valider un plan IEC spécifique sur les sauvegardes dans tous les PIREDD. 

Il invite par ailleurs les porteurs des projets à veiller au respect des sauvegardes de Cancun dans leurs activités et d’appuyer les coordinations provinciales du GTCRR dans le suivi. Mais surtout de produire un rapport spécifique montrant la mise en œuvre de leurs activités.

« Nous apprécions les recommandations formulées par le GTCRR. Il est question de mettre en place des outils standard qui vont permettre d’assurer un suivi convenable de ce PIREDD », s’est félicité Julien Mathe, coordonnateur de l’ONG Gashe, basée à Mbandaka.

Notons que le GTCRR entend produire des outils de collecte d’informations et d’évaluation des indicateurs des sauvegardes, et renforcer les capacités de ses membres sur les plans simples de gestion. 

Alfred NTUMBA

Climat : Réflexion sur une synergie entre le processus REDD+, la mise en œuvre de la CDN et la prise en compte des ODD en RDC

Les experts de Coordination nationale REDD en collaboration avec les Fonds mondial pour la nature(WWF), le Ministère de l’Environnement et Développement durable et le Ministère du Développement rural ont réfléchi sur les articulations et synergies entre le processus REDD+, la mise œuvre de la CDN (Contribution déterminée au niveau National) et la prise en compte des Objectifs du développement durable en RDC. Cette réflexion a eu lieu ce mardi 30 mars, à Kinshasa. 

« En tant que partenaire de l’Etat congolais, nous avons pensé faire la promotion de l’inter-sectorialité. Nous avons pu réunir un certain nombre de ministères pour essayer de voir dans quelle mesure nous pouvons mieux sensibiliser les dirigeants de la RDC, afin de rendre concret les engagements pris au niveau international et en tirer profit. Nous devons tous mettre la main à la pâte pour que les communautés locales à la base puissent profiter de ces résolutions »,a rapporté Inoussa Njumboket, point focal forêt au WWF-RDC.

Il était également question de clarifier les rôles et responsabilités des tous les membres des différentes structures présentes en matière de coordination sur l’action climatique en RDC, avant de mettre  en évidence les obstacles constituants de freins pour la concrétisation du processus REDD+ et l’atteinte des ODD. 

« Les Objectifs du développement durable concernent tous les pays du  monde.  Tandis que le mécanisme REDD+ est élaboré essentiellement pour les pays en développement prioritairement les pays tropicaux forestiers. Dans cette démarche, la RDC s’était engagée à réduire de 17 % ses émissions de gaz à effet de serre, par rapport à 1990. Pour ce faire de notre part, à travers la CDN, nous avons identifié les secteurs qui émettent beaucoup de gaz pour qu’en réponse, nous proposions les activités visant à réduire considérablement les émissions en touchant tous les secteurs possibles », a indiqué Assani Ongala, coordonnateur national REDD.

Pour le ministère de l’Environnement et Développement Durable, il est temps de donner au pays l’opportunité de renforcer ses capacités pour l’intégration du développement national à moyen et à long terme, afin de formuler sa feuille  de route pour la mise en œuvre de l’action climatique.

« Nous sommes en train de réfléchir pour poser les bases de synergies potentielles entre différents processus déjà en place. En termes de délai, réellement il est attendu que la Contribution déterminée de la RDC révisée soit soumise à la Convention d’ici juillet 2021. Mais la mise en œuvre de l’action climatique se fera dans le temps », a révélé Aimé Mbuyi Kalombo, expert Climat à la DDD ( Direction du Développement Durable) du MEDD.     

Les pourparlers ont abouti à l’identification des contraintes liées à l’atteinte des objectifs de la CDN mais également l’identification des connexions potentiellement complémentaires entre les objectifs de la REDD+ et les ODD. 

En RDC, la Stratégie nationale REDD+ est basée sur la gouvernance, l’aménagement du territoire, la sécurisation foncière, l’exploitation agricole et forestière durable et tant d’autres. Pour son opérationnalisation, cette dernière a été déclinée dans un plan d’investissement validé en 2013 et mis à jour en décembre 2015 pour un montant estimé à 1.1 milliard de dollars américains.

Nelphie Mie

Biodiversité : Les chimpanzés à face blanche font leur retour dans la Réserve de biosphère de Luki (RD CONGO)

Alors qu’on les croyait disparus à jamais, des chimpanzés réapparaissent dans la réserve de biosphère de Luki, faisant à la fois l’étonnement et la joie des chercheurs. Un exemple de résilience et de survie qui prouve que les efforts de conservation de la réserve peuvent produire des fruits inattendus.

En décembre 2020, les professeurs Jean Semeki et Cédric Vermeulen, respectivement de l’Université de Kinshasa et de l’Université de Liège en Belgique, avaient installé des pièges caméras permettant de capturer des images de la faune de la réserve. Un mois après l’installation de ce dispositif, le mystère de la présence des chimpanzés est enfin levé. La Réserve de Luki abrite effectivement quelques individus de cette espèce de primates en plus de petits mammifères.

La forêt de Luki et ses environs est bien connue pour ses essences forestières mais l’on ne peut affirmer que la diversité de sa faune soit sa caractéristique première. Et encore moins la présence de grands singes. Pourtant des récits ont existé accréditant la thèse de la présence de chimpanzés (Pan troglodytes verus), récits laissant souvent assez sceptiques sur leur authenticité.  

La Réserve est certes la dernière relique de l’ancienne forêt dense du Mayombe. Mais, il ne faudrait pas perdre de vue qu’elle est en quelque sorte un ilot au milieu d’un environnement largement altéré par l’activité humaine ne tenant sa survie qu’à la volonté et la passion de ses défenseurs.

« La présence des chimpanzés est donc un encouragement aux efforts des différents projets mis en œuvre par le Fonds mondial pour la Nature (WWF) les dix dernières années. Le dernier en date étant le projet de ‘Renforcement de la résilience au changement climatique des communautés locales de Luki et de Mai-Ndombe en RDC’, mis en œuvre par le WWF et l’Ecole Régionale Postuniversitaire d’Aménagement et de Gestion intégrés des Forêts et Territoires tropicaux(ERAIFT) depuis janvier 2019 avec l’appui financier de l’Union Européenne », a indiqué Ernest NTUMBA, gestionnaire de ce projet. 

Sous la gestion de l’ERAIFT, l’observation de la faune en général et des chimpanzés en particulier se poursuit. Ceci devrait permettre de mieux cibler l’effort de surveillance à consentir pour protéger les chimpanzés, espèce rare, dont le statut – suivant la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – est en danger.

Ainsi, la présence certifiée de chimpanzés dans la Réserve de biosphère de Luki est une opportunité pour sa conservation et protection.

Si l’évidence de la présence de ces animaux est ainsi démontrée, il doit assurément s’agir d’une évolution positive de leur habitat qui leur a permis de se sentir en sécurité. Les travaux inlassables de préservation de la Réserve fournissent un résultat certes inattendu qui a le mérite de démontrer que les efforts mis en œuvre sont payants. Les arbres et la végétation sont protégés des menaces et ceci profite aux habitants naturels de la forêt. 

La Rédaction

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