Climat : un haïtien remporte un prix international pour la protection de l’environnement

L’entrepreneur Jean Conille a été distingué pour ses efforts dans la conversion des véhicules de transport en commun au gaz propane par son entreprise Autogaz Haïti.

Jean Conille, le patron d’Autogaz/ Photo droits tierces

Autogaz est une compagnie spécialisée dans la conversion de véhicules de transport public, originellement à essence, en gaz propane. Cela se passe ici en Haïti. Jusqu’à 2016, elle avait déjà converti environs 300 milles véhicules, qui n’ont jamais eu un accident majeur. Par cette démarche, elle participe à la protection de l’environnement et au renforcement de l’économie, car les revenus des conducteurs augmentent  en consommant du propane.

Les efforts sont payants. Son patron, Jean Conille, vient de recevoir le prestigieux prix international de leadership économique de l’Institut diplomatique international de Washington (parrainé par Heritage Foundation Group) pour la protection de l’environnement en Haïti, rapporte le site Prweb.

Présenté comme « un philanthrope, un entrepreneur, et même un combattant de la liberté », Jean Conille ne compte pas s’arrêter là. Il veut ainsi pousser Haïti dans la catégorie des  leaders mondiaux dans l’industrie de l’environnement.

La stratégie est bien pensée : par la conversion de plus de véhicules publics au gaz propane, Haïti parviendra à réduire de plus de 13% les effets du gaz à effet de serre dans les cinq prochaines années, conformément à son engagement à la COP 21 à Paris.

Car le propane n’émet pratiquement pas de polluants dans l’atmosphère comparativement  à d’autres sources de carburant. « […] quand nous améliorons l’environnement en Haïti, nous améliorons l’environnement partout dans le monde », a déclaré monsieur Conille dans une interview.

Il faut rappeler que Jean Conille, frère de l’ex-premier ministre Gary Conille, est un habitué des Prix. Il a été le récipiendaire du prix Digicel Entrepreneur de l’année 2015, et sa société Autogaz S.A. a été sélectionnée par PADF.org comme l’une des 10 meilleures idées de développement de membres de la diaspora haïtienne.

Avec loophaiti

Forêt : l’Union européenne finance un nouveau projet du CIFOR à Yangambi

Le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), annonce le financement par l’Union européen de son projet FORETS à Yangambi, dans la province de la Tshopo. Dans un communiqué émis ce mardi, 07 mars, le CIFOR a informé que ce projet quinquennal aura le double objectif de stimuler le développement économique dans des zones qui en ont bien besoin et aussi de limiter les impacts sur l’environnement.

« Les abondantes ressources naturelles du pays sont menacées par le changement climatique, et le projet FORETS s’attachera à minimiser ces risques qui pèsent sur les populations et l’environnement en protégeant les forêts et en améliorant la gestion forestière », a indiqué M. Bart Ouvry, ambassadeur de l’UE en RDC, cité par ce communiqué.

Constituant la prochaine phase de la collaboration entre le CIFOR et l’UE en République démocratique du Congo, le projet FORETS s’organise autour de deux axes d’intervention à savoir, la Réserve de biosphère de Yangambi, et la Faculté des sciences de l’Université de Kisangani. « Cette nouvelle phase est très intéressante, car elle permettra d’étoffer le nombre de professionnels congolais et de scientifiques très qualifiés qui appréhenderont beaucoup mieux le secteur forestier et seront prêts à s’atteler aux divers problèmes du pays dans les domaines de l’environnement et du développement », a précisé Christian Amani, Superviseur des activités universitaires du projet à Kisangani.

Les travaux prévus dans le cadre de ce nouveau projet à l’Université de Kisangani, visent à rapprocher les chercheurs aux communautés locales au tour de la Reserve. Le CIFOR accompagnera les étudiants congolais en master et en troisième cycle. Il soutiendra la recherche à l’Université et fournira une infrastructure adéquate et des outils scientifiques indispensables. Peut-on lire dans ce communiqué.

Des formations en gestion du territoire et des ressources naturelles, en plantation d’arbres et en recherche appliquée et ciblée seront organisées à Yangambi, une ville qui fut, en son temps, la plus grande station de recherche tropicale du monde. Une fois formés, ces scientifiques apporteront au pays une approche holistique qui alliera la biophysique à la gouvernance des ressources naturelles, grâce aux deux grands volets de l’étude : ‘‘homme-forêt’’ et ‘‘forêt-environnement’’, précise ce communiqué.

La réserve de Yangambi qui s’étend sur 250. 000 hectares, présente une biodiversité foisonnante. Elle cependant, confrontée à de multiples pressions des communautés locales composées de cultivateurs et de commerçants.
Alfred NTUMBA

Santé : La pollution de l’environnement tue 1,7 million d’enfants par an

Deux nouveaux rapports de l’OMS pointent cette fois les dangers de la mauvaise qualité de l’air intérieur, de l’eau, le tabagisme passif et le manque d’hygiène comme les principaux facteurs de la mortalité infantile dans le monde.

Scène de liesse d’enfants à Itipo, province de l’Equateur /Photo Alfred NTUMBA – Environews

Selon ses deux nouveaux rapports, ces facteurs entraînent le décès de 1,7 million d’enfants de moins de cinq ans chaque année. « Ces enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air et de l’eau, car leurs organes et leur système immunitaire sont en cours de développement et leur organisme, et notamment leurs voies respiratoires, sont de petite taille », rappelle le Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS, cité par le point.fr.

Le premier rapport (intitulé Inheriting a Sustainable World : Atlas on Children’s Health and the Environment) révèle qu’une grande partie des pathologies potentiellement létales pour les très jeunes – maladies diarrhéiques, paludisme et pneumonie – peuvent être évitées grâce à un accès à l’eau potable et à l’utilisation de combustibles propres pour la préparation des repas. Le second rapport (Don’t pollute my future ! The impact of the environment on children’s health), dresse le panorama des conséquences de la pollution de l’environnement. Chaque année, par exemple, 570 000 enfants de moins de cinq ans meurent d’infections respiratoires attribuables à la pollution de l’air et 361 000 de maladies diarrhéiques par manque d’eau potable, de moyens d’assainissement et d’hygiène.

Il faut y ajouter les 270 000 enfants qui décèdent peu après leur naissance de diverses affections, dont la prématurité, qui pourraient être évitées.

Et manifestement, cela ne risque pas de s’arranger. « Les nouveaux dangers environnementaux, tels que les déchets électroniques et électriques (comme les téléphones portables usagés) qui ne sont pas correctement recyclés, exposent les enfants à des toxines qui peuvent entraîner une diminution des aptitudes cognitives, un déficit de l’attention, des lésions pulmonaires ou encore un cancer », estime l’OMS. Elle prévoit que la quantité de déchets électroniques et électriques aura augmenté de 19 % entre 2014 et 2018, pour atteindre 50 millions de tonnes.

Les expositions dangereuses peuvent débuter pendant la grossesse et accroître le risque de naissance prématurée. En outre, lorsque les nourrissons et les enfants d’âge préscolaire sont exposés à la pollution de l’air intérieur et extérieur et au tabagisme passif, ils risquent de contracter une pneumonie pendant l’enfance et une affection respiratoire chronique telle que l’asthme tout au long de la vie.

L’exposition à la pollution atmosphérique peut aussi faire augmenter le risque de cardiopathie, d’accident vasculaire cérébral et de cancer tout au long de l’existence révèle ces rapports.

Décidément, tous les voyants sont au rouge concernant la pollution. Nul n’y échappe. Les photographies récurrentes de villes placées sous une chape de brouillard chimique le prouvent bien. Aujourd’hui. Il y’a urgence d’agir conclut ces rapports.

Climat : 110 morts en 48 heures à cause de la sécheresse en Somalie

Quelque 110 personnes sont mortes dans le sud de la Somalie jeudi et vendredi des conséquences de la sécheresse, a annoncé le Premier ministre somalien Hassan Ali Khaire.

« Environ 110 personnes sont mortes ces 48 dernières heures à cause de la sécheresse et de diarrhées sévères dues à l’eau dans les régions du sud de la Somalie, en particulier dans les régions de Bay et Bakool », a indiqué Hassan Ali Khaire dans un communiqué daté de samedi.

 » Les Somaliens, où qu’ils soient, doivent sauver leurs frères dans le besoin, qui mourront de faim si on ne les aide pas. La tâche prioritaire du gouvernement sera de venir en aide aux gens qui ont été touchés par la sécheresse », a-t-il ajouté.

« Pas de médicaments »

Les autorités locales du village d’Awdiinle, dans la région de Bay, ont annoncé qu’au moins 69 personnes, la plupart des enfants et des personnes âgées, étaient décédées de diarrhées causées par l’eau.

« Il n’y a pas de médicaments et la maladie est maintenant devenue une épidémie », a déclaré à l’AFP par téléphone un responsable local de ce village, situé à 30 km de la capitale régionale Baidoa.

« C’est à cause de la sécheresse qui a provoqué une pénurie généralisée d’eau. Nous avons besoin de l’aide des agences humanitaires », a-t-il ajouté.

Plus de 20 millions de personnes menacées

La Somalie a décrété fin février « catastrophe nationale » la grave sécheresse qui ravage le pays et menace environ trois millions de personnes, selon les ONG.

La Somalie est, avec le Yémen et le Nigeria, un des trois pays au bord de la famine, déjà officiellement déclarée au Soudan du Sud où elle touche 100 000 personnes.

Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans ces quatre pays.

Propagation des diarrhées aiguës

La dernière famine en date en Somalie, en 2011, résultat d’une grave sécheresse dans la Corne de l’Afrique aggravée par le conflit avec l’insurrection islamiste shebab, y avait tué 260 000 personnes.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’en Somalie plus de 6,2 millions de personnes – soit la moitié de la population – ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont près de trois millions qui souffrent de la faim.

Selon l’agence onusienne, plus de 363 000 enfants sont gravement mal nourris, parmi lesquels 70 000 ont besoin en urgence d’une aide vitale.

La sécheresse a conduit à une propagation des diarrhées aiguës, du choléra et de la rougeole, et près de 5,5 millions de personnes risquent de contracter des maladies transmises par l’eau.

Avec Jeune Afrique

Biodiversité : les étudiants de l’Unikin invités à s’engager pour sauver la vie sauvage

La vie sauvage dans le monde et en République démocratique du Congo (RDC), mérite une attention exceptionnelle au regard des menaces qui pèsent sur elle. Durant ces dernières décennies, la planète perd de manière vertigineuse certaines espèces sauvages à cause des actions directes ou indirectes de l’homme.

Les étudiants de la faculté des sciences agronomiques de l’Unikin lors de la célébration de la Journée mondiale de la vie sauvage à Kinshasa. Photo/Jennifer Labarre – Environews

Pour conscientiser l’homme sur l’importance de protéger cette vie sauvage en péril, l’ONU consacre chaque année depuis 2014, une journée à la vie sauvage (le 03 mars). A l’occasion de cette journée, le Fonds mondial pour la nature (WWF) avec l’appui de ses partenaires a organisé à Kinshasa, un forum qui a réuni plusieurs acteurs dont les étudiants de la Faculté des sciences agronomiques de l’Université de Kinshasa (Unikin).

Placée au niveau international sous le thème « écoutons la voix des jeunes », et décliné au niveau national sous : « Protégeons les sites qui abritent les espèces menacées de la faune et de la flore sauvages », cette journée a été une occasion pour la RDC de sensibiliser les jeunes sur les enjeux de la conservation, en l’occurrence celles de la vie sauvage animal et végétal, en vue de les impliquer dans la lutte contre les différents crimes fauniques.

« En ce jour, nous voulons rappeler aux uns et aux autres, qu’il est plus grand temps de réaliser que la faune sauvage contribue énormément à la survie de l’espèce humaine. Il est temps de s’engager à cette grande lutte pour un avenir meilleur ». A souligné le Directeur Général de l’Institut congolais pour la conservation de la Nature (ICCN), Cosma Wilungula.

Le Dg de l’ICCN a exhorté les jeunes à considérer les avantages de la vie sauvage et les dangers qui planent sur elle. « En tant que jeune, vous devez vous intéresser à la conservation des espèces menacées d’extinction dans notre pays, et contribuer aux stratégies de réduction de la demande afin de freiner le braconnage et le commerce illégal des espèces sauvages à l’avenir », a-t-il rappelé.

Avec une population composée essentiellement des jeunes, représentant plus 70% de la population congolaise, la RDC a une responsabilité face aux défis majeurs de la conservation de sa méga biodiversité surtout dans les aires protégées. « La journée mondiale de la vie sauvage 2017 nous donne une nouvelle occasion d’inciter les jeunes à aborder les questions de conservation. C’est également l’occasion pour eux d’engager le dialogue les uns avec les autres et, ensemble, tracer un nouveau chemin vers un monde meilleur », a indiqué un communiqué de presse de WWF émis à cette occasion.

Margaret Kinnaird, Responsable de la Faune et flore sauvage au WWF à dans ce communiqué invité la population du monde et les décideurs à une action concertée pour sauver la biodiversité. « Nous sommes à une époque charnière pour la plupart des espèces les plus fragiles, menacées par les activités humaines dont la crise actuelle du braconnage, les impacts du changement climatique et la destruction des habitats », a-t-elle insisté

L’échange fructueux entre le Dg de l’ICCN et les étudiants de l’Unikin a permis à ces derniers de mieux cerner et comprendre le bien-fondé de leur implication. « Vu le niveau des menaces qui pèsent sur notre faune sauvage, nous profitons de cette occasion pour lancer un appel en direction des autorités congolaises, qu’ils doivent promouvoir une bonne politique de conservation et de gestion de la afin de stimuler la jeunesse à s’approprier et s’engager de manière individuelle dans la lutte contre la criminalité faunique, et le commerce illicite de l’ivoire », a précisé un étudiant finaliste en sciences agronomiques de l’Unikin.

Le rapport planète vivante 2016 du WWF et de la société zoologique de Londres a montré que d’ici à 2020 on pourrait assister à une chute des populations mondiales de poissons, d’oiseaux, des mammifères, d’amphibiens, et de reptiles, celles-ci ayant déjà décliné de 58% entre 1970 et 2012. Ce rapport montre que les activités humaines exercent une pression énorme sur les espèces sauvages à un niveau inégal dans l’histoire.

Jennifer Labarre

Climat : le réchauffement de la planète coute la vie à plus de 300. 000 personnes chaque année

Le réchauffement progressif de la planète a des conséquences néfastes sur la santé, l’air, l’eau, la nourriture le logement etc. Les effets du changement climatique sont à la base de diverses maladies dont l’ampleur ne cesse de croître. Ils représentent aujourd’hui plus de 300.000 vies perdues dans le monde et coûtent 125 milliards de dollars américains chaque année.

Un agent de régulation de circulation à Shijiazhuang/Chine, photo droits tierces.

D’ici à 2030, le réchauffement de la planète pourrait causer la mort à 1 million de personnes par année, pour un coût de 300 milliards de dollars américains. Selon un rapport de l’OMS publié en 2012, 7 millions de personnes meurent prématurément à cause de la pollution de l’air intérieur et extérieur. Cette tendance s’est accentuée ces 4 dernières années.

Les catastrophes liées au climat aboutissent ainsi à plus de 6O.000 décès par année, principalement dans les pays en développement. Mais aussi en Europe où la canicule de 2003, liée au changement climatique a causé plus de 70.000 décès.

La santé publique mondiale très menacée

Quand nous parlons du changement climatique, nous voyons plus son impact sur la nature mais peu sur la santé. Pourtant le changement climatique constitue une nouvelle menace importante pour la santé publique mondiale. Les effets du changement climatique doit modifier la façon que les décideurs mondiaux doivent envisager la protection des populations vulnérables.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a confirmé qu’il existait des preuves écrasantes qui confirment les multiples incidents du changement climatique sur la santé humaine.

La variabilité et la modification du climat ont causés des décès et de maladies à travers les catastrophes naturelles qu’elles entrainent telles que les sècheresses, les inondations et les vagues de chaleur. Les populations sont plus exposées aux rayons ultra-violets du soleil, ce qui explique en partie l’augmentation actuelle des cancers de la peau.

En outre, de nombreuses maladies importantes sont hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations. Ce sont par exemples des maladies à transmission vectorielle courantes comme le paludisme, la dingue, la malnutrition et les maladies diarrhéiques.

Heureusement, une grande partie de ces risques pour la santé peuvent être évitées grâce aux programmes et interventions sanitaires existants. Une action concertée pour renforcer les composantes clés des systèmes de santé et promouvoir des choix de développement sains pourrait permettre d’améliorer dès à présent la santé publique tout en réduisant la vulnérabilité au futur.

Bien que les effets du climat ne se font pas ressentir de la même manière sur toute la planète, cependant, les populations des pays en développement, notamment celle des petits Etats insulaires, des zones arides ou de hautes montagnes, et des zones côtières densément peuplés devront bénéficier d’un traitement de faveur dans la mise en œuvre des mécanismes d’adaptation et d’atténuation à cause de leur situation considérée comme particulièrement vulnérables.

Lors de la 23ème Conférence des parties sur le changement climatique (Cop23) qui se tiendra en novembre en Allemagne, les pays membres discuteront des mécanismes appropriés susceptibles de limiter l’impact des effets du changement climatique sur les Etats insulaires dont les iles Fidji.

Nelphie MIE

Ressources naturelles : quand la RDC fait la chasse aux sorciers

Un réalisateur français et l’un des employés non congolais travaillant pour Greenpeace se sont vus expulsés du sol congolais, malgré toutes les autorisations nécessaires et l’accréditation officielle délivrés par le Ministère de Communication et Média de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’annonce un communiqué de Greenpeace publié ce mercredi, 01 mars 2017 à Kinshasa.

Le réalisateur et l’équipe qui l’accompagnait, se trouvaient dans la Province de l’Equateur où ils filmaient le quotidien des communautés locale dans la zone d’Imbongo, près de la concession forestière des Etablissements MOTEMA, appartenant à l’Amiral Baudouin Liwanga Mata, précise ce communiqué.
« Ils étaient présent légalement dans le pays. Leur expulsion est une nouvelle inquiétante de la manière dont certains officiels congolais essaient de limiter le rôle des medias et de la société civile dans le pays, pour protéger notamment les intérêts de grandes entreprises », a dénoncé Irène Wabiwa Betoko, Responsable de la campagne forêt à Greenpeace Afrique.

Le réalisateur ainsi que l’employé de Greenpeace dont les noms n’ont pas été révélés aux medias, ont été arrêté le vendredi 17 février dans leur lieu de tournage, et acheminé à Mbandaka, Chef- lieu de la Province de l’Equateur où leur matériel vidéo et passeport ont été confisqué. « Personne n’a été placé en détention. Le réalisateur a été interrogé par les autorités de la Direction générale de Migration (DGM), avant que lui et l’équipe qui l’accompagnait soit renvoyé à Kinshasa. Les bases légales pour leur brève arrestation et expulsion qui a suivi restent floues », précise Madame Wabiwa.

Du côté de la RDC, aucune explication n’a encore été fournie sur cette expulsion.

Un règlement des comptes ?

En février dernier, Greenpeace a publié un nouveau rapport mettant en cause les autorités congolaises d’avoir violé le moratoire sur les forêts instauré en 2002. Ce rapport qui avait pointé du doigt l’ancien Ministre de l’Environnement, Robert Bokpolo Bongeza, avait été l’objet de vives critiques auprès de différents bailleurs des fonds internationaux.
A en croire les autorités de Greenpeace Afrique, tout porte à croire que les actions menées par la RDC à l’endroit des organisations de défense des droits de l’environnement visent à limiter leurs champs d’action. « Le fait que notre employé et qu’un réalisateur documentant les activités des communautés dans les concessions forestières soient expulsés sans aucune raison légale, seulement quelques semaines après nos révélations est très inquiétant, et nous laisse penser que cette décision a été influencé par les intérêts de grandes entreprises forestières pour limiter le rôle critique de Greenpeace », a insinué Irène Wabiwa.

Signalons qu’en juin 2016, deux employés de Global Witness ont été expulsés de RDC dans conditions similaires.
Alfred NTUMBA

UE : l’avenir du marché carbone se décide à Bruxelles

Les gouvernements européens vont discuter énergie et gaz à effet de serre.
Les négociations seront serrées sur les droits à émettre du CO2 .

Une partie de la politique énergétique de l’Union européenne se décide, lundi et mardi, à Bruxelles. Réunis en conseil, les ministres de l’Energie ou de l’Environnement des vingt-huit pays se retrouvent autour de deux grands sujets. D’une part, un premier débat d’orientation va se tenir autour des propositions de la Commission concernant la politique énergétique de l’Union. L’occasion pour les Etats membres d’abattre leurs premières cartes. Puis, mardi, c’est le marché du carbone qui sera évoqué. Avec la possibilité, si les divergences sont dépassées, d’arriver à un accord entre Etats ouvrant la voie à une ultime négociation avec le Parlement européen.

Lundi, le débat portera sur la stratégie à mettre en oeuvre pour atteindre l’objectif que s’est fixé l’Union européenne : réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 – par rapport au niveau de 1990. Les discussions tourneront autour de l’organisation du marché pour que les énergies renouvelables y aient toute leur place. Cela nécessite des mécanismes de fixation des prix assez prévisibles pour attirer les investissements.

La réflexion porte également sur le caractère intermittent de l’éolien et du solaire qui implique de développer les interconnexions et de faire plus de place aux producteurs locaux. Pour la France, l’un des enjeux de la discussion portera sur le mode opératoire de l’Union européenne : avec d’autres, Paris se méfie de l’ingérence potentielle de la Commission. Forte de son industrie nucléaire, Paris juge nécessaire que les Etats membres gardent la main sur leur stratégie pour concourir à l’objectif global d’une réduction des gaz à effet de serre.

Pour les uns, augmenter le prix des droits à polluer…

Mais c’est mardi qu’aura lieu la véritable négociation : l’avenir du marché du carbone baptisé « ETS » (Emissions Trading Scheme). La discussion s’annonce très politique, opposant trois groupes de pays, dont les objectifs sont distincts sans être frontalement opposés.

Pour un premier groupe, auquel appartient la France, la priorité est de faire en sorte que le prix des droits à polluer augmente. Alors que la tonne de CO2 évolue aujourd’hui sous les 5 euros, il semble nécessaire d’atteindre, au minimum, 4 fois cette somme pour que l’objectif initial, celui d’une incitation à investir dans des technologies propres, commence à être atteint.

Concrètement, l’enjeu est d’apurer le marché d’une trop grande quantité de quotas. Il est question d’augmenter le rythme de remplissage de la « réserve de stabilité », déjà créée pour rééquilibrer le marché. Mais Paris, Stockholm, La Haye et Luxembourg proposent aussi de mettre en place un mécanisme permettant de supprimer les droits à polluer retenus dans cette réserve depuis cinq ans. Paris en fait un point essentiel et se dit prêt à faire des concessions sur les autres sujets pour autant que cette disposition soit gravée dans le marbre.

… pour d’autres, accroître les quotas gratuits

Un second groupe de pays, mené par l’Allemagne, veut surtout sécuriser le fait que leurs industriels ne pâtissent pas trop des règles européennes. Il s’agit, là, d’assurer qu’un quota suffisant de droits à polluer soit accordé gratuitement aux industries fortement consommatrices d’énergie et tentées d’aller s’installer sous des cieux moins contraignants. Alors que la Commission propose que 43 % des droits à polluer soient distribués gratuitement, la tentation serait d’augmenter cette proportion – et le Parlement européen est prêt à l’envisager. La France, elle, se méfie des effets d’aubaine, déjà constatés par exemple chez les cimentiers, et veut veiller à un usage strict des quotas gratuits.

Les pays de l’est de l’Europe entendent, eux, surtout défendre le « fonds de modernisation » prévu à leur effet et l’autonomie avec laquelle ils pourront en faire usage, c’est donc un grand marchandage qui se profile, où les alliances de circonstance rendent l’issue finale incertaine. « On peut s’attendre à une discussion jusqu’à ce que mort, ou accord, s’en suive », plaisante un proche des négociations.

Avec Les Echos

 

Eau : célébration de la journée du Nil

Les pays membres du bassin du fleuve Nil célèbrent en Tanzanienne, ce 22 février la 18ème journée du Bassin du Nil sous le thème : « notre Nil partagé, source d’énergie, de nourriture et d’eau pour tous ».

Des brises-lames construites pour protéger une résidence privée au village Ntiamfumu/Photo, Alfred Ntumba

« Cette célébration marque le jour où les pays du Bassin du Nil ont décidé de prendre soin collectivement des eaux du bassin Nil et des ressources qui y sont associées, et de les utiliser dans une perspective gagnant-gagnant au bénéfice des générations actuelles et futures », A indiqué le communiquer de presse émis à ce sujet par l’Initiative du Bassin du Nil.

A Dar-es-Salam les dix pays membres et amis de l’initiative du Bassin du Nil, ont souligné  l’importance du fleuve Nil dans la quête de la sécurité alimentaire, énergétique et hydraulique de ce bassin, ainsi que l’usage des ressources en eau dans ces trois secteurs.  « Nous avons travaillé ensemble en tant que pays membres pour négocier et se mettre d’accord sur plus de 35 projets d’investissement contribuant à la sécurité de l’approvisionnement, en nourriture, en eau et en énergie dans la région », a dit le ministre tanzanien des eaux et l’irrigation, Gerson Lwenge.

Actuellement l’initiative du Bassin du Nil exécute 35 projets transfrontaliers dans ses Etats membres au profit de 30 millions d’âmes. Le plus récent projet de cette organisation est la construction en cours du barrage hydroélectrique de Rusumo falls avec une production attendue de 80 méga watts d’ici à 2020.«  Ces différents projets qui se pointe au cœur des discussions dans la capitale commerciale, une fois mise en œuvre par les pays membres, bénéficieront à plus de 30 millions de personne d’ici à 2025 », a ajouté le ministre.

Le Bassin du Nil concerne la RDC (qui déverse 1% de ses eaux) dans ce grand fleuve de 6.695 kilomètres, le Burundi, l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tanzanie et le Rwanda. 10 pays membres dont la RDC qui déverse 1% de ses eaux dans ce grand fleuve long de 6 millions 695 mille kilomètres.

Jennifer LABARRE

Conservation : la situation politique serait l’une des causes du retard de décaissement du 11ème FED en RDC

Depuis la signature du 11ème Fonds européen de développement (FEF) en 2014, aucun décaissement n’a encore été effectif pour permettre à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), de mettre en œuvre sa politique de conservation in-situ dans les parcs nationaux et aires protégées de la RDC. 

« Il y a 120 millions d’euros destinés au secteur de la conservation. Nous sommes en attente du décaissement. Les procédures sont très avancées, nous sommes au dernier virage des négociations avec l’Union européenne. Il se pourrait que le montant initial soit revu à la hausse d’après d’autres procédures du partenaire », a fait savoir le Directeur de cabinet du Directeur général de l’ICCN, Augustin Ngumbi.

Ces fonds qui seront décaissés par l’Union européenne ont pour objectif d’assurer le développement global de la conservation dans les 4 parcs phares du pays, à savoir : la Garamba, le Virunga, la Salonga, et l’Upemba. « Il y a les axes prioritaires qui ont été identifiés notamment la protection des espèces dans leurs milieux naturels, le renforcement de la gestion des parcs sus évoqués qui connaissent beaucoup des problèmes, dont le plus récurrent est le braconnage », a précisé le Dircab.

Au-delà de la conservation in-situ, ces fonds permettront entre autres d’améliorer les conditions de vies des populations riveraines, le développement des infrastructures, le développement de l’agriculture de subsistance et la prise en charge effective des éco gardes.

Le retard dans le décaissement

D’aucun se pose la question de savoir le pourquoi du retard dans le décaissement de ces fonds ? Si bien que personne ne veut l’avouer tout haut, cependant l’œil avertit constate que la situation politique que traverse la RDC serait l’une des causes qui justifient ce grand retard. « Outre les multiples procédures d’accès à ce fonds, il faut comprendre aussi que la situation politique actuelle du pays aurait un impact sur ce retard de décaissement », a estimé Augustin Ngumbi et d’ajouter qu’une fois décaissés, ces fonds rencontreront les besoins auxquels ils sont destinés.

Les financements du 11ème FED, vise globalement à contribuer à l’amélioration de la bonne gouvernance économique des ressources naturelles, la gestion durable des aires protégées et la préservation de la biodiversité.

Jennifer LABARRE