Ibi Village : les portes vertes d’Ibi édition 2017, les dates sont encore à confirmer

Les habitués des portes vertes d’Ibi les savent bien, chaque année, Novacel organise au mois de juillet, « les portes vertes d’Ibi », sur le Plateau de Batéké, à près de 120 Kilomètres de Kinshasa. Cette année, le festival rural annuel dérogera à la règle du moins en ce qui concerne les dates.

Olivier Mushiete, Directeur général de Novak (photo – droits tierces)

« Initialement nous aurions bien voulu que cela se passe du 01 au 03 juillet, mais ça ne sera pas possible, car moi – même, et le Professeur LEJOLY, ne serons pas disponibles au pays. On a un petit problème de calendrier, soit on arrive à organiser les portes vertes en juillet, soi on ferra quelque chose en septembre », a informé le Directeur Général de Novacel, Olivier Mushiete.

Les portes vertes d’Ibi sont une initiale d’Olivier Mushiete. Cette foire agricole qui se tient chaque année, vise le partage d’expériences entre Novacel, le public citadin et rural sur l’agroforesterie et le puits de carbone d’Ibi Batéké, dont les estimations de séquestration s’élèvent actuellement à près de 60.000 tonnes de CO2.

Plaidoyer en faveur de la l’agroforesterie climatique durable

Au regard des enjeux de l’heure, Olivier Mushiete et Novacel entendent porter un plaidoyer au plus niveau politique en vue de promouvoir l’agroforesterie climatique durable sur l’ensemble de l’étendue nationale.

« Nous avons plus de 75 millions d’hectares à mettre en valeur dans notre pays. Pour réussir cette étape, il faut que nous mettions en place le cadre qui permet de changer d’échelle. Nous avons besoin d’une politique, c’est indispensable. On ne peut pas organiser un pays comme la RDC sans politique. Et pour cela, il faut avoir les connaissances nécessaires du terrain, la vision et les appareils qui vont rendre ça possible », a –t-il déclaré.

La République démocratique du Congo a déjà mis au point un plan d’investissement et un programme REDD. Le Fonds national REDD en cours de création, le CAFI, et le Fonds verts sont autant d’appareils qui attisent l’appétit d’un grand nombre d’acteurs qui désirent tirer profit de ces différents fonds pour le développement des activités climatiquement résilientes.

 

Alfred NTUMBA

Biodiversité : un nouveau système d’intelligence artificielle anti-braconnage

Après la situation alarmante de la survie des éléphants et des rhinocéros en Afrique, la fondation Lindbergh s’associe à la société Neurala pour lutter contre le braconnage se ces deux espèces emblématiques du continent en mettant en place le programme Air Shepherd, un système qui associe drones et intelligence artificielle pour sauver la vie de ces populations animales.

Actif depuis plusieurs années déjà, le programme Air Shepherd, consiste à veiller sur des zones à risques, là où les braconniers ont l’habitude d’agir, en particulier la nuit grâce à des caméras à infrarouge. Jusqu’à maintenant, les drones, qui pouvaient voler cinq heures d’affilée maximum, se contentaient de déclencher un enregistrement vidéo à chaque détection d’une forme vivante.

Ces images étaient alors transmises à des opérateurs au sol chargés de les analyser. Si une forme humaine était repérée, l’information était transmise aux gardes chargés d’intercepter les suspects. Mais il se posait un souci sur le personnel pour surveiller des milliers d’heures d’images filmées par des drones.

Désormais, les protecteurs des animaux seront assistés par le logiciel d’intelligence artificielle de Neurala Brain. Celui-ci consiste à identifier éléphants et rhinocéros. Il pourra repérer des formes non répertoriées, en temps réel, dans les téraoctets de vidéos fournis par les drones. L’alerte pourra alors être envoyée immédiatement aux rangers, avant même que les intrus aient pu atteindre les animaux.

Selon le PDG de Neurala, Max Versace, ce nouvel outil de lutte anti braconnage parviendra à sauver la vie de milliers d’animaux tout en permettant l’arrestation de nombreux braconniers. « Cette nouvelle collaboration est un très bon exemple, et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le braconnage est important pour une bonne cause », a-t-il précisé.

Depuis dix ans, un éléphant est tué par des braconniers toutes les 15 minutes et deux rhinocéros meurent tous les jours. Si rien n’est fait, à ce rythme, ces deux espèces animales pourraient disparaître sur le continent africain dans les dix ans avenirs.

Jennifer LABARRE
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Cop23 : ouverture du système d’accréditation pour les journalistes

Le Secrétariat de la Convention cadre de nations une sur le changement climatique (CNUCC) annonce l’ouverture du système d’accréditation des journistes devant couvrir la Cop23. Prévue initialement dans les îles Fidji, la conférence des parties sur les changements climatiques aura lieu du 6 au 17 novembre 2017 au World Conference Centre de Bonn, en Allemagne.

Le Secretariat informe que les badges de presse émis lors des précédentes réunions de la CCNUCC ne restent pas valides. Les journalistes  doivent être accrédités pour chaque réunion. Une nouvelle lettre d’affectation et une copie de la carte de presse (ou d’autres documents au lieu d’une carte de presse) sont nécessaires pour être accepté à cette conférence. « L’accréditation en ligne est la SEULE chaîne officielle pour obtenir l’inscription pour les médias« , précise le communiqué.

Les journalistes désireux couvrir ce grand événement sont prier de respecte les différentes étapes d’écritures  à sur le site web de la Convention. « Nous acceptons les demandes d’accréditation des médias jusqu’à la date limite du 31 août 2017. Les demandes seront ensuite examinées et les candidats seront avisés de l’état de leur demande au 22 septembre 2017« .

Des retards pourraient se produire si la demande ne contient pas les documents requis (copie de la carte de presse, lettre d’affectation), ou encore si elle n’a pas été soumise. Une fois la demande approuvée, une confirmation sera envoyée à l’adresse électronique du requérant qui devra couvrir en personne la Cop23 pour le compte de son organe de presse.

Toutefois, le Secrétariat informe que pour des raisons de sécurité, il peut mettre en place des mesures pour gérer le nombre de médias accrédités pouvant assister à la conférence.

Alfred NTUMBA

Santé : les violences dans le Kasaï menacent la vie de près de 400.000 enfants

Près de 400.000 enfants sont menacés de malnutrition aiguë  dans la province du Kasaï au centre de la République démocratique du Congo, a annoncé l’Unicef, ce mercredi 24 mai.

Les troubles qui secouent cette partie du pays ont sérieusement perturbé ces derniers mois l’assistance destinée aux enfants, alors que 400.000 d’entre eux seraient menacés de malnutrition aiguë sévère, a prévenu l’UNICEF.

Les infrastructures sanitaires critiques ne sont plus opérationnelles en raison des affrontements. Rien que dans la province du Kasaï Central, plus du tiers des centres de santé ont été forcés de fermer à la suite de pillages, ou en raison de problèmes de sécurité pour le personnel, ou encore du manque de fournitures médicales, privant ainsi les enfants de services essentiels et de médicaments.

« Ces enfants sont parmi les plus vulnérables du pays et maintenant ils font face à une crise imminente si l’accès aux services de base n’est pas rétabli rapidement », a déclaré la Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique occidentale et centrale, Marie-Pierre Poirier. « Sans soins de santé adéquats, sans accès à la nourriture et à l’eau potable, la vie de centaines de milliers d’enfants est menacée », a-t-elle martelé.

La situation nutritionnelle des enfants est particulièrement préoccupante, car l’insécurité fait qu’il est difficile pour la population locale de cultiver leurs champs. Huit zones de santé dans cette partie du territoire ont été mises en alerte nutritionnelle depuis l’intensification du conflit en août 2016.

Avant même la dernière vague de violence, les provinces du Kasaï étaient parmi les plus pauvres du pays. Plus d’un enfant sur dix meurt avant l’âge de cinq ans en raison du manque de soins de santé adéquats. La moitié des enfants souffrent de malnutrition chronique ou de retard de croissance. Au cours des derniers mois, les affrontements dans la région ont exacerbé cette situation.

« Notre priorité au cours des prochaines semaines est d’atteindre des milliers d’enfants gravement malnutris qui ne peuvent plus être soignés dans les centres de santé qui ont été détruits », a déclaré le Représentant intérimaire de l’UNICEF en RDC, Tajudeen Oyewale.

L’UNICEF a besoin de 40,2 millions de dollars pour sa réponse d’urgence dans le Kasaï.

 

Alfred NTUMBA

Forêt : lancement du projet «  Forêts communautaires en RDC »

Le Réseau Ressources Naturelles (RRN) et ses partenaires ont lancé ce mardi 23 mai à Kinshasa, le projet « Forêts Communautaires en Rdc ». Ce projet vise à accompagner les communautés locales et les peuples autochtones de la Province de l’Equateur dans la demande, la gestion et l’exploitation des concessions Forestières.

Ce projet pilote durera 3 ans. Il sera exécuté d’abord dans la province de l’Equateur avant d’être dupliquer dans d’autres provinces de la République démocratique du Congo, a précisé le Codonnateur du RRN, Joseph Bobia. Il s’est dit déterminer pour que ce projet expérimental soit une réussite. « Ce projet a plusieurs axes d’intervention à savoir, la mise en place des sites pilotes de concessions forestières des communautés locales. L’implication des autorités congolaises au niveaux local, provincial et national pour soutenir les efforts dans la mise en place et le suivi du processus, ainsi que le maintien d’un dialogue a travers les tables rondes multi acteurs sur la foresterie communautaire », a-t-il déclaré.

Pour rappel, le cadre légal régissant les concessions forestières des communautés locales a été finalisé par le Gouvernement de la Rdc en février 2016.

 

Environews avec Abdul connexion

Conservation : Plus d’objets en ivoire au marché Bikeko à Kinshasa

Après plusieurs missions de sensibilisations et opérations coups de poing menées au Marché Bikeko à Kinshasa, aucun objet en ivoire n’est étalé sur ce marché situé à la place Royale dans la commune urbaine de la Gombe. C’est ce qu’indique une correspondance du projet « Application de la loi et lutte contre la criminalité faunique en République Démocratique du Congo (ALCRIF) », émise ce mercredi 24 mai, en direction de différents partenaires techniques et financiers qui ont concouru à la réussite dudit projet.

« Nous avons la joie de vous informer qu’aucun objet en ivoire n’est étalé sur le marché Bikeko de la place royale depuis ce lundi 22 mai 2017. Nous espérons que ce marché, actif depuis plusieurs années, est définitivement fermé », peut-on lire dans cette correspondance qu’Environews-RDC s’est procurée.

De mars à mai 2017, 3 opérations ont été menées dans ce marché. Plus d’une trentaine de Kilogrammes d’ivoire y ont été saisie et plusieurs personnes interpellées. Ces opérations ont été réalisées grâce à la collaboration entre plusieurs structures et Institutions étatiques dont principalement l’ICCN, la DCN, les parquets généraux de Matete et de la Gombe, la police judiciaire des parquets et la Police nationale congolaise (LNI, IPKIN) avec l’appui de certains partenaires, notamment le WWF et TRAFFIC.

« Nous ne nous nous arrêtons donc pas au simple constat établi en ce moment. Nous avons résolu de poursuivre la veille jusqu’à pouvoir établir un constat définitif de la fermeture dudit marché », précise cette correspondance.

Depuis 2013, des actions visant la fermeture du marché de l’ivoire en République démocratique du Congo, ont été menées avec l’appui de plusieurs partenaires  dont AWF, WWF, TRAFFIC, GIZ, et autres, révèle cette correspondance.

Ces opérations ont notamment donnée lieu à la saisie de 54 kg d’ivoire en mars 2015, plus de 150 kg entre 2015 et 2016, sur un total de 590,8 kg saisis en RDC sur la même période.

Certains supports de sensibilisation notamment les panneaux placardés à travers la ville de Kinshasa, ont été produits au cours de cette  même période, et plusieurs sessions de renforcement des capacités ont été organisée à l’endroit des magistrats, OPJ, et douaniers.

Le projet a permis également le suivi judiciaire de plusieurs dossiers ayant donné lieu à des condamnations. Les autorités congolaises sont appelées à redoubler de vigilance en vue de la fermeture complète et définitive du marché de l’ivoire à Kinshasa, précise cette correspondance.

 

Alfred NTUMBA

Enérgie : Cinq pays africains rejoignent l’Alliance solaire internationale

Le Djibouti, la Côte d’Ivoire, la Somalie et le Ghana ont signé ce mardi 23 mai, l’accord-cadre ISA pour rejoindre l’Alliance solaire internationale, tandis que les Comores devraient signer et soumettre son instrument de ratification le mercredi 24 mai.

La cérémonie de signature et de ratification a été organisé en marge de l’Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement à Gandhinagar.

Au total, 30 pays dont la République démocratique du Congo, ont signé l’accord-cadre de l’ISA à Marrakech le 15 novembre 2016.

L’Inde et la France ont été les deux premiers pays à ratifier l’Accord-cadre. Fidji a également complété le processus de ratification et déposera son instrument auprès de l’AME au cours des prochaines semaines.

Rappelons que l’initiative « International Solar Alliance (ISA) » a été lancée lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Paris, le 30 novembre 2015, par le Premier ministre Honendrai Narendra Modi et le Président français François Hollande.

L’ISA est conçue comme une coalition de pays riches en ressources solaires pour répondre à leurs besoins énergétiques spéciaux et fournira une plate-forme pour collaborer à la résolution des lacunes identifiées par une approche commune et convenue.

Alfred NTUMBA

Santé : un africain élu directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

L’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été élu ce mardi 23 mai, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), devenant le premier Africain à prendre la tête de cette puissante agence de l’ONU, qu’il a l’ambition de réformer.

L’Ethiopien Tedros Adhanom, nouveau directeur général de l’OMS. (Photo – Getty Images)

Ce spécialiste du paludisme âgé de 52 ans l’a emporté au 3e tour devant le Britannique David Nabarro, 67 ans, qui a été envoyé spécial des Nations unies pour la lutte contre Ebola, une épidémie ayant fait plus de 11.000 morts en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016.

« Je veux servir les Etats-membres de l’OMS, c’est le seul programme« , a déclaré après son élection le futur directeur général de cette institution internationale chargée de coordonner les réponses aux pandémies et de fixer des normes pour les systèmes de santé de tous les pays.

« Remontons-nous les manches, nous pouvons y arriver« , a-t-il ajouté sous les applaudissements de l’Assemblée mondiale de la Santé qui réunit tous les ans les Etats-membres de l’OMS, aujourd’hui au nombre de 194.

Tedros Adhanom Ghebreyesus prendra le 1er juillet la succession de la Chinoise Margaret Chan qui a dirigé pendant dix ans cette organisation qui a son siège à Genève et emploie dans le monde quelque 8.000 personnes, ce qui en fait une des plus importantes agences des Nations unies.

Avec l’AFP.

Conservation : une peau d’Okapi saisie à Kinshasa

Une peau d’Okapi a été saisie à Kinshasa, ce mardi 23 mai, par l’Institut Congolais pour la Conservation de la nature (ICCN) et la Police nationale congolaise. La pièce rare a été intercepté au marché Bikeko dans la commune de Gombe.
Une peau d’Okapi saisie à Kinshasa ( photo-droit tierces)

Selon les informations à notre disposition, le dossier est actuellement en instruction à l’Inspection provincial de la police de la ville de Kinshasa (IPKIN).

L’identité du vendeur et la source de la peau saisie n’ont pas encore été révélé.
Notons que l’Okapi est intégralement protégé en RDC. La détention des produits et sous produits de ce spécimen est formellement interdite.
Alfred NTUMBA

Biodiversité : « Le monde entier s’est inquiété pour l’avenir des éléphants, et on a presque oublié tout le reste » ( Interview exclusive de Romain Calaque)

L’Union européenne a présenté récemment «Au delà des éléphants, une approche stratégique de l’Union européenne pour la préservation de la biodiversité en Afrique ». Environews RDC, a tendu son micro à Monsieur Romain Calaque, expert en charge de la facilitation des initiatives de l’Union européenne dans la conservation de la nature en Afrique centrale.

Romain parle de l’apport et de l’engagement de son Institution, du partenariat et du volume d’activités déployées en Rdc. L’entretien a eu lieu dans les locaux de la délégation de l’Union européenne à Kinshasa – Gombe.

Romain Calaque, facilitateur de l’Union européenne

Environews RDC (ENV) : Romain Calaque, vous avez présenté l’approche stratégique de l’Union européenne pour la conservation de la nature en Afrique. Vous l’avez intitulé « Au-delà des éléphants », pourquoi cette appellation ?

Romain Calaque (R.C) : Il y a deux raisons qui expliquent cela. La raison constitutionnelle et historique. Historiquement parce que cet exercice stratégique a débuté au moment de la grande crise des éléphants en Afrique Centrale, et leur massacre dans les aires protégées au Nord du Cameroun. Le monde entier quasiment, s’est inquiété pour l’avenir des éléphants de la sous-région et on a presque oublié tout le reste.

L’Union européenne travaille depuis longtemps dans le secteur de la protection de la nature en Afrique centrale et prend en compte cette crise.
Constitutionnellement, le concept relève du fait que les éléphants sont une sorte d’ambassadeur. Ils représentent donc beaucoup des sujets qui tourne autour de la biodiversité. Ce concept est un moyen de démarrer par les éléphants et ensuite aller au-delà.

ENV : Et qu’en fait l’Union européenne ?
RC : L’Union européenne travaille depuis longtemps dans le secteur de la protection de la nature en Afrique centrale, et prend en compte cette crise. Ensuite elle fait tous les efforts nécessaires pour y répondre mais, en même temps ne pas abandonner toute autre activité financée en amont. Le concept relève du fait que les éléphants sont une sorte d’ambassadeur. Ils représentent donc beaucoup des sujets qui tournent autour de la biodiversité. Ce concept est un moyen de démarrer par les éléphants et ensuite aller au-delà.

ENV. : De manière succincte, en quoi consiste cette stratégie ?

R.C. : Il s’agissait ici de décréter une urgence et conserver une stratégie à long terme, d’où l’intérêt de travailler sur une orientation stratégique à une échelle très vaste dans toute l’Afrique qui s’est déclinée dans la sous-région, Afrique centrale, australe et orientale. Il était important d’avoir un document de référence, un guide qui permettrait aux agents de l’union européenne de s’en référer.

ENV.: L’approche stratégique propose que des efforts soient conjugués pour favoriser les engagements à longue durée dans les aires protégées. Cependant, certains experts pensent que le modèle de gestion aujourd’hui en vogue, le Partenariat Public-Privé (PPP), exécuté notamment dans certaines aires protégées de la RDC, renferme les germes du néo-colonialisme. Y avez-vous pensé ?

R.C. : C’est un débat qui agite le secteur, il y a plus d’une dizaine d’années. Le Réseau des aires protégées d’Afrique centrale (RAPAC), a organisé en 2007 des débats sur les différentes modalités de gestion des aires protégées en Afrique Centrale.

A l’époque, la RDC était un pays pilote. On avait commencé dans le Virunga, et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) s’est rendu compte dans le contexte très particulier que c’était une solution efficace pour éviter le pire, et l’Union européenne était le principal partenaire financier des délégations de gestion.

Aujourd’hui on peut dire du point de vue résultat que la faune a été préservée, la plupart des délégations se sont révélées comme un engagement efficace. Quid de la question politique ? S’agit –il du néo-colonialisme ou de l’abandon de souveraineté ?

Ce n’est pas seulement cette modalité de gestion des aires protégées que l’on peut taxer de néocolonial. Ça fait des décennies que la conservation de la biodiversité est traitée de néocoloniale parce que financée et gérée techniquement par les occidentaux, les européens en particulier. Cette question de la puissance coloniale déborde largement la simple délégation de gestion.

Cette question n’a pas été résolue. D’une part on a constaté que les délégations génèrent un problème de frictions, de tensions, donc il a fallu au fil des années identifier ces tensions, les prendre compte et y répondre.

ENV. : L’Union européenne entend injecter 50 % de ses financements dans le développement humain au tour des aires protégées. Quelles sont les astuces que vous comptez mettre en place pour booster ce développement ? Et après combien de temps faudra-t-il pour palper du doigt les retombées de ces investissements ?

RC : Dans le cas de la RDC, le processus stratégique global a débuté il y a 4 ans, le processus d’adaptation de mise en œuvre pour le pays a commencé il y a 2 ans et donc le contrat de subvention sur la modalité adaptée par l’Union européenne vient juste d’être signer.

A priori, de manière étatique, l’Union européenne est d’accord sur un système de suivis de ses projets. Il faut souligner que c’est le gros des investissements de toute l’Afrique, en RDC avec 120 millions d’euros, suivi du Tchad. La RDC et son partenaire ont voulu mettre la barre très haute pour que les territoires très conséquents soient-ils en terme d’argent, de population humaine et de biodiversité, soient appuyés avec un système de suivi et évaluation qui est également très ambitieux. Les premiers résultats seront évalués d’ici un à deux ans.

ENV. : L’Union européenne investit beaucoup en RDC, surtout dans le domaine de la conservation avec le 11ème FED. Quelle lecture faites-vous de différents projets ? En êtes-vous satisfait ?

RC : D’une part il faut dire que c’est une grosse somme d’argent, un volume assez important, c’est un de plus anciens partenariats et donc, on a une possibilité de lire ça dans le temps de manière assez exceptionnelle. Beaucoup de pays n’ont que 10 ans d’expérience avec l’Union européenne, en ce qui concerne la RDC, c’est 30 ans d’expérience.

C’est vraiment une lecture qui peut faire longtemps. On n’a pas enraillé la 6ème extinction en cours au pays. Mais on se bat pour augmenter les moyens engagés dans cette lutte. Disons que la crise est là, et on n’a pas réussi à enrailler les courses du déclin.

ENV. : Pas plus tard qu’il y a quelques jours, les éléphants en divagation ont détruit des champs et tué 1 femme dans le Katanga. L’ICCN tente de ramener ces pachydermes dans le parc, mais il est confronté à d’énormes difficultés financières. L’Union européenne ne peut-elle pas intervenir urgemment dans cette cause ?

RC : C’est un sujet de conflit homme-faune en générale, et homme – éléphant en particulier. On retombe sur « Au-delà des éléphants », parce qu’il existe des conflits faune de manière globale.

Ces conflits sont les résultantes de la perturbation des écosystèmes. Ils apparaissent comme de plus en plus problématique alors même que le nombre d’éléphants continue de décroitre et dans ce cas spécifique du Katanga, on a beaucoup moins de pachydermes qu’il y a 20 ou 30 ans, pourtant ces conflits deviennent de plus en plus en alerte parce qu’ils sont plus une cristallisation d’une dégradation globale des conditions de la biodiversité et des conditions des habitats. C’est plus une conséquence pour nous qu’une cause et il faut comprendre qu’on a les mêmes problèmes dans les régions riches.

ENV. : L’UE investit beaucoup en Afrique centrale dans le domaine de la conservation pour favoriser l’intégration sous régionale, comme cela a été avec son histoire. Y a t-il du répondant en face ?

RC : C’est un grand succès. Je pense que l’action de l’UE en Afrique centrale est au niveau régional. Il faut comprendre que quand vous comparez la situation de l’Afrique centrale avec les gens qui y vivent, ils ne se rendent pas compte parce qu’ils voyagent dans la sous-région, mais ils n’ont toujours pas l’occasion d’aller voir ailleurs. Il faut mesurer qu’aujourd’hui, pratiquement les ¾ des conservateurs des aires protégées ont des relations régulières parfois amicales avec leurs collègues des autres pays. C’est qui n’est pas le cas avec d’autres secteurs. Aucune fois on a vue de réunir les ministres de la santé d’Afrique centrale. Mais par année, les ministres en charge de l’environnement et forêt de la sous-région se réunissent presque deux fois pour parler forêt et environnement.

Je reste convaincu que comme l’agriculture la été pour l’Union européenne, le secteur des forêts reste l’unique qui favorisera l’intégration de la sous région.

Vous pouvez suivre l’intégralité de cette interview vidés sur nos chaines partenaires et très prochainement sur notre site.
Interview réalisée par Jennifer LABARRE