Goma : le dioxyde de carbone (CO2) fait de nouvelles victimes

Le dioxyde de carbone continue d’endeuiller des familles dans la ville de Goma chef-lieu de la Province du Nord-Kivu. A la fin du mois d’avril dernier, deux personnes ont été trouvées mortes asphyxiées par ce gaz, pendant qu’ils travaillaient sur une fosse sceptique dans le quartier Keshero, avenue Rivuzimuami, non loin du marché Kituku. Continuer la lecture de Goma : le dioxyde de carbone (CO2) fait de nouvelles victimes

Conservation : Un éco-garde tombe sous la balle de braconniers dans le Parc national de la Garamba

Un éco-garde a été tué dans la nuit du 3 mai dans le Parc national de la Garamba situé dans la partie Nord-Est de la République démocratique du Congo.
Selon les informations parvenues à la Rédaction d’Environews-RDC, le vaillant gardien est tombé en plein exercice de sa profession, sous une balle de braconniers qu’il poursuivait ensemble avec les autres paramilitaires​ de cette vielle aire protégée du pays.
Si aucune déclaration officielle n’a été encore faite par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), organe de gestion de ce parc cependant, sur sa page Facebook, l’institution étatique rend hommage à ce vaillant garde de parc.
 
 Le Secrétaire exécutif du Réseau des aires protégées d’Afrique centrale (RAPAC), Omer Ntungu, a rendu un hommage à ce garde de parc. Dans un message publié sur le site web de cette institution sous-régionale, l’on peut lire ce message :
 » TIM EST TOMBÉ »

TIM était Ecogarde, un vrai Ranger au parc national de la Garamba en République Démocratique du Congo.

TIM est tombé ce 3 mai 2017, alors qu’il poursuivait des braconniers dans le secteur de Burusi, frappé de plein fouet par une balle.

TIM est tombé, victime de sa passion, de son devoir et de sa détermination. Et son dernier soupir soulève une vague d’indignation dans notre profession, nous qui chaque matin nous levons pour combattre ces criminels fauniques.

TIM est tombé en RDC. Mais il est aussi tombé au Cameroun, au Congo, au Gabon, en RCA, en Guinée Equatoriale, au TCHAD, à Sao Tomé.

TIM est tombé partout où nos Ecogarde, chaque seconde, protègent nos précieuses ressources au péril de leur précieuse vie.

TIM est tombé et à fait tomber chacun de nous. Mais alors, en mourant, il a démultiplié notre rage, notre obstination, notre détermination à en finir avec ces trafficants bassement humains pour qui la valeur d’une vie se dévalue face au bénéfice d’une défense d’éléphant. Des énergumènes qui n’ont plus d’humain que le corps qui transporte leur immoralité.

TIM ton combat n’est pas vain. Il ne le sera jamais. Nul part il n’est écrit qu’à la fin de la journée, le Mal l’emporte. Non. Ce combat est juste, ton sacrifice l’est dix fois plus.

TIM, je ne suis pas toi. Je ne le serai jamais. Je suis moi. Et ce combat, le tien, me reste chevillé au corps, plus que jamais. Comme toi, je consacre chaque jour ma vie à préserver nos trésors naturels. Comme toi je tomberai un jour. C’est la loi de la nature. D’autres continueront. C’est la loi de notre profession.

TIM tu es parti. Ne te retourne pas. Sache juste que Derrière toi personne ne lâchera. Malgré la douleur et la déchirure.

TIM bonne route.

Notons que chaque année l’ICCN enregistre plusieurs cas de perte en vies humaines de son personnel d’appoint qui paient de leurs vies pour protéger la méga biodiversité de la République démocratique du Congo.

Malgré leur engagement à protéger les aires protégées et la biodiversité qu’elles regorgent, jusqu’au sacrifice suprême, ces paramilitaires vivent dans une précarité indescriptible.

Alfred NTUMBA

 

Biodiversité : Les bruits de l’homme affectent négativement les espèces sauvages

Encore et toujours, l’homme reste la principale cause de la destruction de l’environnement et la rupture de l’équilibre écosytémique. De par ses activités, il dérègle non seulement le climat mais rompt aussi la quiétude des animaux jusque dans les espaces les plus sauvages. Ceci, pas seulement du fait de la déforestation ou du braconnage, mais également en raison du bruit qu’entraînent ses activités.

Cette pollution sonore constitue une nouvelle menace pour les aires protégées et les espèces qu’elles abritent. Elle réduit leur survie et leur reproduction, entraînant des effets néfastes en cascade pour l’ensemble des écosystèmes.

Voilà l’alerte lancée par une étude publiée dans la revue science. La première menée à une échelle aussi large, celle du continent américain, relayée par le journal le monde.

La pollution sonore est souvent perçue comme un problème inhérent aux villes. Or, l’expansion de l’urbanisation, des réseaux de transports et des activités humaines dans les zones rurales change la donne. Le bruit affecte également les espaces protégés, qui sont un instrument important de conservation de la biodiversité, et qui procurent des bénéfices aux humains.

Pour capter ces sons diffus, l’équipe de chercheurs a analysé 1,5 millions d’heures d’enregistrements acoustiques, recueillis dans 492 sites aux USA. Ils ont ensuite extrapolé à l’aide de modèles ; à l’ensemble des 100 000 zones protégées, qui représentent 14 % du territoire terrestre du pays. Ensuite ils ont calculé l’excès de bruit d’origine anthropique par rapport aux niveaux sonores considérés comme naturels.

Résultats

La pollution sonore liée aux humains double le bruit de fond dans 63% des aires protégées, et le multiplie par dix dans 21% de ces zones. Ces nuisances réduisent ainsi de 50 à 90% les endroits où les sons naturels peuvent être entendus.

Les effets délétères du bruit sont connus de longue date pour l’homme. A l’issue de cette étude, il est prouvé que le bruit des hommes peut empêcher un animal d’entendre d’autres sons importants, qui lui permettent de se diriger, de chercher de la nourriture, de défendre son territoire, d’éviter des prédateurs, d’attirer un partenaire ou de maintenir des groupes sociaux.

Solutions

Les chercheurs proposent des solutions pour limiter des bruits anthropiques dans les zones protégées, en mettent en place de navettes pour limiter le trafic routier ou en demandant l’alignement des couloirs aériens sur les principales routes.
Thierry-Paul KALONJI

Gabon : des interpellations pour trafic de bois et d’ivoire

 onze personnes, dont sept Chinois, ont été arrêtées au Gabon pour exploitation illégale de bois et transport d’ivoire

Huit forestiers – sept Chinois et un Gabonais – ainsi que trois personnes de diverses nationalités africaines soupçonnées de trafic d’ivoire, ont été interpellés par une mission de Contrôle d’aménagement forestier (CAF), selon les conclusions de l’enquête de la police forestière transmises mercredi à l’AFP. Du matériel a également été saisi.

Le CAF déplore dans un communiqué « des milliers de mètres cube de bois détournés » et « des milliards de francs CFA perdus », à l’issue d’une mission de deux semaines menée dans la province de l’Ogooué-Ivindo (est du pays).

Le communiqué rapporte également la saisie de « 60 kilos d’ivoire » dans un camion supposé transporter de l’eau minérale. Les huit forestiers sont notamment soupçonnés d’avoir coupé des essences interdites, trop jeunes ou situées dans des zones de conservation contre la dégradation de la forêt, ajoute le communiqué.

La mission a été soutenue par l’ONG belge Conservation Justice, avec qui elle a recensé onze entreprises forestières aux pratiques douteuses.

« Cela souligne le désordre qui existe dans le secteur forestier et la corruption et les complicités qui y règnent », a commenté auprès de l’AFP un membre de l’ONG, Luc Mathot, ajoutant: « Il semble que la mission a subi des pressions pour être au final suspendue ». Cette mission a pris fin le 26 avril.

« Il ne fait aucun doute que des ramifications entre les opérateurs forestiers et les agents publics existent », relève le communiqué de la mission.

En novembre 2015, une trentaine de personnes – dont deux représentants du ministère des eaux et forêts – avaient été arrêtées dans la même province pour trafic de Kevazingo, un bois précieux.

Connu dans le monde pour sa biodiversité et situé au coeur de l’Afrique centrale, le Gabon est recouvert à près de 80% de forêts.

Le pays a mis en place les projets « Gabon vert », en parallèle de « Gabon industriel ».

Début avril, le gouvernement gabonais a signé plusieurs accords pour l’exploitation commerciale du bois avec une délégation de 27 entreprises chinoises.

AFP

Santé : l’Eucalyptus, une antibiotique de référence contre les infections

Originaire de l’Australie, l’eucalyptus est un arbre issu de la famille de myrtacées qui pousse partout dans certains pays dont le climat est tempéré et chaud. Egalement connu sous les noms de gommier bleu ou arbre à Koala, l’eucalyptus regorge plus de 600 espèces entre autre l’eucalyptus globulus, l’eucalyptus radiata ou l’eucalyptus citriodora.

Reconnu pour ses propriétés anti-infectieuses, antiparasites et antivirales ; cet arbre est utilisé pour traiter les affections bronchiques. Il est employé pour soulager les inflammations des voies respiratoires, les maux de gorge, les otites, les sinusites et même l’asthme.
De manière occasionnelle, l’eucalyptus peut calmer les douleurs névralgiques (type sciatique ou cervico-brachiale), les infections des voies urinaires. L’eucalyptus citrioda peut être utilisé comme anti-moustique.

C’est à son huile essentielle, issue de ses feuilles, contenant de l’eucalyptol et du myrtol qui possède des vertus bactéricides, fongicides et antimicrobiennes que l’eucalyptus doit ses vertus.

Thérapie

Reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) grâces à ses bienfaits, l’eucalyptus est un arbre aux vertus antiseptiques et antibactériennes. Il agit comme un fluidifiant et un expectorant, c’est-à-dire qu’il favorise l’évacuation des sécrétions bronchiques. Il est de ce fait indiqué dans le traitement des inflammations des voies respiratoires telles que le rhume, la bronchite aigue ou chronique, la toux grasse et la sinusite.
On peut le trouver sous plusieurs formes : feuilles séchées pour préparer des infusions, teinture ou extrait fluide à ingérer et huile essentielle.

Les spécialistes s’accordent pour affirmer que l’eucalyptus peut être utilisé aussi bien par voie interne qu’externe. On peut donc faire infuser pendant 10 minutes 3 grammes de feuilles d’eucalyptus dans 150 ml d’eau bouillante et en prendre deux fois par jour en cas d’inflammation des voies respiratoires. En teinture-mère on prendra environ 15 ml deux fois par jour. En inhalation, on utilisera l’huile essentielle d’eucalyptol à raison de 5 gouttes diluées, dans du miel par exemple.
Par voie externe, l’huile essentielle est employée en fiction, mélangée à une huile végétale. Elle peut être appliquée sur la poitrine et sur les articulations enflammées.

Précaution

La panoplie des vertus qu’offre l’eucalyptus ne l’exempte pas quelques précautions d’emploi, car ses huiles essentielles ne sont pas anodines. Elles ne doivent pas être utilisées chez les femmes enceintes et chez les jeunes enfants. Il est donc préférable de demander conseil à un aromathérapeute ou pharmacien qualifié avant de se servir de l’huile essentielle d’eucalyptus. De plus, il ne faut pas les utiliser pures. Il est toujours recommander de les diluées dans une huile végétale avant de les prendre ou de les appliquer sur la peau.
Aux patients atteints de de diabète, il leur est recommandé d’utiliser l’eucalyptus avec beaucoup de précaution, à cause de son effet hypoglycémiant.

 

Thierry-Paul KALONJI

Biodiversité: le Rwanda accueille 10 rhinocéros noirs de l’Afrique du Sud

Depuis ce matin, à 3h30, le Rwanda a accueilli dix rhinocéros noirs de l’Afrique du Sud. Après leur quarente à Thaba Tholo Game Ranch en Afrique du Sud, les rhinocéros sont arrivés en bonne santé et sont maintenant en route vers le parc national d’Akagera où ils seront reintroduits.
https://mobile.twitter.com/hashtag/RwandaRhinos?src=hash

 

Selon des sources proches du Parc national d’Akagera, des dispositions sécuritaires ont été prises pour assurer la protection et la reproduction de ces animaux.

C’est la première fois que les rhinocéros sont au Rwanda depuis la dernière observation en 2007.

 

Prince Alfred NTUMBA

Afrique : Addis-Abeba abritera le FADD 2017

Le Forum régional d’Afrique sur le développement durable 2017 (FADD) se tiendra du 17 au 19 mai au siège de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique (CEA), à Addis-Abeba, sous le thème « Assurer une croissance inclusive et durable et une prospérité pour tous », rapporte le site marocain, le vert.ma.

Ces assises, auxquelles prendront part les experts de haut niveau des ministères et organismes chargés de la planification économique, de la finance, de l’environnement et des affaires sociales, des mines et des ressources minérales, de la science et de la technologie des pays membres de la CEA, serviront de plateforme pour effectuer le suivi et l’examen au niveau régional et faciliter l’apprentissage, y compris l’échange d’information, d’expériences et des enseignements tirés dans le cadre de l’accélération de la mise en œuvre des programmes 2030 et 2063, annonce la CEA sur son portail électronique.

Le but principal du Forum régional africain sur le développement durable 2017 est de mettre particulièrement l’accent sur les indicateurs de développement durable sélectionnés pour le FADD 2017 et les objectifs correspondants du premier plan décennal de mise en œuvre du programme 2063.

Le Forum se propose également d’effectuer le suivi et l’examen au niveau régional, délibérer sur les progrès réalisés, aborder les défis et les opportunités dans la mise en œuvre des deux programmes et fournir une plate-forme pour l’apprentissage entre les pairs, outre le partage des expériences, des bonnes pratiques et des enseignements pour accélérer la mise en œuvre des deux programmes.

Délibérer et approuver les priorités et les recommandations de l’Afrique sous forme de messages clés et comme contribution collective de la région à la session de 2017 du FADD est une mission qui attend les participants à ce conclave régional africain.

Les activités du Forum se dérouleront autour des six sous-thèmes axés sur les indicateurs des ODD sélectionnés pour le FADD 2017. Il s’agit d’éradiquer toutes les formes de pauvreté en Afrique, d’éliminer la faim et assurer la sécurité alimentaire en Afrique, mener une vie saine et promouvoir le bien-être de tous, consacrer l’égalité du genre et de l’autonomisation de toutes les femmes et les filles, édifier des infrastructures résilientes et promouvoir une industrialisation et une innovation inclusive et durable, outre la conservation et l’utilisation durable des océans, des mers et des ressources marines pour le développement durable.

Ce Forum verra également la présence des représentants de la société civile, des entreprises et des organisations industrielles, des universités et des instituts de recherche, ainsi que des institutions internationales et régionales à l’image de la Commission de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement, de l’Agence de planification et de coordination du NEPAD, des Communautés économiques régionales et d’autres organismes et organisations internationales.

Force est de constater que l’élimination de la pauvreté et la promotion de la prospérité en Afrique dépendent de la réalisation d’une croissance inclusive et durable dans la région.

Il va sans dire que la consécration de l’égalité du genre et de l’autonomisation des femmes est une dimension critique de l’inclusion dans la région. Pour restructurer leurs économies et réaliser une croissance soutenue, les pays africains ont identifié l’agriculture, les infrastructures résilientes, l’industrie, l’innovation et la gestion durable des ressources marines comme des domaines prioritaires pour les investissements nationaux et étrangers, lit-on dans une note introductive de cet événement régional.

Avec le vert

Biodiversité : Tinder inscrit Sudan sur sa page

L’application Tinder a lancé une grande campagne de financement pour tenter de sauver Sudan, le tout dernier mâle rhinocéros blanc du nord.

Agé de 43 ans, Sudan est le dernier représentant masculin de cette espèce dont la survie semble incertaine à cause du braconnage dont elle fait l’objet.

Depuis quelques jours, Sudan a son profil sur l’application de rencontres Tinder. Le but de cette collaboration entre Tinder et l’Organisation OI Pejeta conservancy n’est pas de permettre à ce vieux mâle de trouver l’amour, mais cette campagne intitulée  «  the most eligible bachelor in the world » ( le célibataire le plus éligible au monde), vise à récolter des fonds pour sauver les rhinocéros blancs du nord qui sont sévèrement menacés d’extinction.

Les utilisateurs de Tinder verront apparaître le profil de Sudan dans leurs recherches. En glissant sa photo vers la droite, ils seront redirigés vers une plateforme qui leur permet de faire un don pour sauver le rhinocéros. Comptant sur la générosité des célibataires, Tinder et OI Pejeta conservancy espèrent récolter 9 millions dollars.

Cet argent servira à financer la toute première fécondation in-vitro d’un rhinocéros. Il s’agit là sans nul doute de la dernière chance de sauver le rhinocéros blanc du nord.

En effet, Sudan a dépassé l’espérance de vie de l’espèce et son sperme n’est plus aussi performant qu’auparavant. Il vit avec deux femelles mais l’une d’entre elles est trop vieille pour se reproduire. Si la fécondation in-vitro est un succès, l’organisation espère établir un troupeau de 10 rhinocéros blancs du nord après cinq ans.

Vivant dans une réserve au Kenya, Sudan est à ce jour l’animal le plus protégé au monde car il est surveillé 24/24 par des rangers armés.
Thierry-Paul KALONJI

Agriculture : l’agrofortesterie en 12 points

L’agroforesterie désigne l’ensemble des pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans l’environnement de production, et s’inspirent, en termes agronomiques, du modèle de la forêt.

François Nkenge, the farmer at Kinkenge village

1. Diversité et complémentarité

Tout comme les écosystèmes naturels, les systèmes agricoles sont dépendants d’une biodiversité minimale afin d’optimiser la production et d’assurer leur pérennité face aux perturbations (maladies, espèces invasives, stress physiologiques…). Ce constat est d’autant plus valable dans un contexte de changement climatique avéré, où les extrêmes s’accentuent. L’agroforesterie, en multipliant les strates végétales, permet d’augmenter la diversité en termes d’espèces, d’habitats, de fonctions écologiques et d’occupation de l’espace, ceci afin d’améliorer la captation, la fixation et le recyclage des ressources.

2. Comprendre le fonctionnement de la forêt

Les écosystèmes naturels font preuve d’une grande résilience dont il est urgent de s’inspirer pour la conduite des agroécosystèmes. En effet, la forêt (spontanée) crée en permanence de l’humus et de la fertilité là où l’agriculture conduit trop souvent à une dégradation des milieux.

Le fonctionnement simplifié de la forêt est le suivant :

• Ses intrants se limitent quasi exclusivement au carbone photosynthétisé, à l’azote de l’air fixé par les bactéries libres et aux minéraux issus de la dégradation de la roche-mère par les bactéries et les racines des arbres.
• La production de biomasse est importante : en moyenne 10 tonnes de production primaire par hectare et par an (en matière sèche).
• Le sol est toujours couvert : un système combinant diverses modalités d’occupation spatiales (strates) et temporelles (vitesses de développement, durée de vie) maximisent la captation des ressources (lumière, eau, nutriments), limitent les fuites (érosion, lixiviation) et nourrissent la vie du sol (exsudats, dégradation des radicelles, chute des feuilles, mort des plantes).
• Le sol forestier n’est jamais travaillé, si ce n’est par bioturbation, et notamment par les vers de terre qui contribuent à la stabilité structurale et à la production d’humus.
• Une forêt spontanée n’est jamais mono-spécifique, sa diversité spécifique et génétique offre une meilleure résistance aux maladies et rend possible son adaptation dans le temps.


3. L’art de la transposition

L’agroforesterie tente de transposer à l’agriculture certains principes de fonctionnement valables dans la forêt, ou plutôt dans la savane. La savane est un milieu semi-ouvert qui maximise la captation d’énergie lumineuse via une complémentarité entre les strates herbacée, arbustive et arborée. Ce milieu est régulièrement soumis à des pressions écologiques (incendies, pâturage), qui l’empêchent d’évoluer vers la forêt. C’est le biome terrestre avec la plus forte productivité (végétale et animale) à l’hectare. La synergie de pratiques agricoles maximisant la couverture végétale des sols (agroforesterie intégrée au semis sous couvert) permet d’approcher une telle production de biomasse.
Transposer, c’est d’abord comprendre, puis imiter, adapter et faire des choix qui permettront d’exprimer pleinement le potentiel des interactions entre arbres, cultures et animaux tout en rationalisant les opérations de production (semis, récolte, parcage…).

4. Maximiser la photosynthèse

Imiter le fonctionnement de la forêt ou de la savane permet de faire du carbone issu de la photosynthèse l’intrant premier du système. C’est ce carbone qui, en retournant au sol tout au long du cycle de vie des végétaux, et après leur mort, nourrit les micro-organismes et crée (ou régénère) la fertilité du sol. Or, l’agriculture actuelle privilégie les sols nus en hiver et ramène trop peu de matière végétale au champ (les céréales sont courtes sur paille, et les résidus sont le plus souvent exportés). Soumis au chaud, au froid, au sec et à l’hydromorphie, les habitants du sol sont affamés. L’objectif premier des systèmes agroforestiers est de maximiser la production de biomasse dans l’espace et dans le temps afin de nourrir la vie du sol, seule garante d’un fonctionnement et d’une fertilité propices à la production.

5. La lignine, cheville ouvrière des humus stables

Le bois mort qui revient au sol contient de la lignine et d’autres polyphénols qui permettent de stabiliser les acides humiques et de nourrir les champignons du sol. Ces champignons décomposeurs sont essentiels puisque ce sont en grande partie eux qui agrègent les particules de sol, le rendant plus résistant à l’érosion et au lessivage. Un sol sans champignons ne se tient pas, s’érode et s’écoule dans les rivières. La lignine est également à l’origine de chaînes trophiques importantes pour l’écologie du sol : plus la matière est récalcitrante à la dégradation, plus elle nourrit de monde !

6. L’arbre tampon

L’arbre est un amortisseur climatique. En puisant et transpirant de l’eau depuis les couches profondes, il rafraîchit l’atmosphère en été, tandis que sa présence limite l’effet du vent, responsable d’importantes pertes d’eau par évaporation.
Face aux inquiétudes sur la concurrence hydrique entre arbres et les cultures annuelles, il faut se rappeler que le bosquet qui longe le champ, lui, ne manque quasiment jamais d’eau malgré une consommation conséquente. Ceci s’explique notamment par le fait que la réserve utile en eau du sol est avant tout biologique.
Au-delà ou en deçà d’une certaine température, les micro-organismes du sol sont moins actifs. Les sols insolés ou glacés – car insuffisamment couverts – se “stérilisent” et ne retiennent plus assez d’eau. Les animaux d’élevage, quant-à eux, perdent en milieu ouvert plus d’énergie à maintenir constante la température de leur corps. L’arbre est bien un outil d’optimisation hors-pair pour produire, protéger, réguler le micro-climat comme le climat global. Disperser l’arbre dans nos paysages, c’est donc bénéficier de ses effets aujourd’hui et demain.

7. Une vision agronomique avant tout

La réintroduction de l’arbre dans les paysages agricoles est l’aboutissement d’une réflexion agro-écologique globale et ne peut en aucun cas être présentée comme une solution isolée. Inutile, donc, de commencer à planter des arbres dans des sols soumis à des indices de perturbations trop importants. L’arbre tire sa force des champignons mycorhiziens avec lesquels il a co-évolué pour augmenter son accès à l’eau et aux ressources minérales. Le travail du sol entrave cette fonction écologique majeure en détruisant les filaments mycéliens et en déstructurant les horizons et agrégats. Il faut donc penser l’arbre comme un maillon dans une chaîne de réflexion plus large sur la couverture végétale des sols et le changement de pratiques agricoles.

8. En agroforesterie, il n’y a pas de modèle

L’agroforesterie repose sur des principes universels, valables tous les contextes et tous les systèmes de production : maraichage, viticulture, grandes cultures, élevage… Chaque agriculteur invente, expérimente, adapte pour développer les pratiques adaptées à ses contraintes et préoccupations. L’arbre agroforestier répond aux critères de multi-fonctionnalité (il a plusieurs fonctions et plusieurs usages) et de multi-temporalité (il fournit des services et ressources à toutes les échelles de temps). Il convient de ne jamais se focaliser uniquement sur les arbres de haut jet à valorisation bois d’œuvre. Si certains sols ne permettent pas la production de bois d’œuvre, est-ce une raison pour en éradiquer les arbres ?

9. La taille n’est pas un crime

L’arbre agroforestier, pour remplir les multiples fonctions qu’on attend de lui, est toujours taillé, que ce soit pour faire du bois d’œuvre, du bois énergie, des fruits, du fourrage, etc. L’arbre « hors la forêt » a été depuis toujours façonné par la taille (y compris, parfois, celle du castor ou de la foudre), et l’arbre forestier, même non géré, perd chaque jour des branches, via un processus d’auto-élagage par compétition avec ses voisins. Un arbre taillé, mieux adapté aux impératifs techniques de l’agriculteur, enclenche plus vite sa réitération racinaire. Il laisse pénétrer assez de lumière pour permettre la pousse de la strate herbacée, produit plus de biomasse et vit plus longtemps. Une grande parte des arbres les plus vieux de nos régions sont ou on été des trognes…

10. Installer un arbre agroforestier : en faire suffisamment, mais ne pas trop en faire

L’arbre champêtre ne se comporte pas comme l’arbre forestier. Il doit être protégé et géré. Ce n’est pas un sujet « naturel », implanté dans son biotope habituel, et dans ces conditions, il faut impérativement lui fournir le bon sol correctement travaillé, la bonne protection, le bon paillage, etc.. Malgré ces nécessités, il faut prendre garde à ne pas produire des arbres fainéants. Cela signifie qu’en aucun cas ils ne seront tuteurés, irrigués – sauf ultime nécessité – et qu’il s’agira de maintenir une couverture permanente à leur proximité pour les obliger à s’enraciner dans les horizons profonds du sol. C’est la garantie d’arbres qui seront à terme résistants au vent, aux engorgements saisonniers et à la sécheresse estivale.

11. Assurer les bonnes connexions

De la ronce au chêne et du saule au lierre : il est primordial, pour le bon fonctionnement d’un système agroforestier, de connecter les habitats dans l’espace et le temps. Il faut donc veiller à mettre en lien les unités paysagères, mais également les phénologies afin d’assurer la continuité des ressources alimentaires disponibles pour la biodiversité et la faune sauvage tout au long de l’année. De même, le maintien d’arbres vieux, morts, creux ou même malades constituent à la fois une ressource, un refuge et un patrimoine de stockage de l’information pour la résilience du système.

12. Faire chaque chose en son temps

Lorsqu’on débute en agroforesterie, il est nécessaire de dresser un ordre des priorités. Tout d’abord, bien gérer l’existant (haies, bosquets, ripisylves), puis protéger ce qui commence à pousser naturellement (régénération naturelle assistée), et ensuite, éventuellement, planter. Avant d’investir dans la plantation, il est essentiel de valoriser/pérenniser la ressource disponible. Ceci étant dit, il n’y a jamais trop d’arbres en agroforesterie, car on peut à tout moment décider d’en enlever : il y a plus de risque à ne pas planter qu’à planter trop !

 

Alfred NTUMBA

 

Conservation : ETIS, une boîte à outil pour lutter contre le commerce illégal de l’ivoire

Le Réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore (TRAFFIC) et le Fonds mondial pour la nature (WWF RDC), ont organisé le mardi 26 avril à Kinshasa, un atelier sur l’utilisation de la boite à outil du système d’information sur le commerce des produits d’éléphants.

Photo de famille prise à Kinshasa, lors du lancement de l’atelier d’évaluation de la lutte anti braconnage. (Photo – Environews RDC)

Cet atelier organisé à l’intention de représentants des institutions de contrôle, de celles en charge de l’application de loi et des  organisations de la société civile, avait  à pour but d’améliorer la gestion et la conservation des éléphants à travers le renforcement des capacités des parties prenantes à la collecte, l’analyse et l’interprétation des saisies des produits d’éléphants et d’autres données d’information sur le commerce de la faune au moyen du système (ETIS) de la CITES.

En effet, ETIS est un vaste système d’information conçu pour évaluer les niveaux actuels ainsi que les tendances du commerce illicite de l’ivoire et des produits d’éléphants a précisé Cléo Mashini, responsable du TRAFFIC en RDC. « Il s’agit d’un outil de la CITES que chaque Parties à la CITES, dont la RDC, doit remplir le formulaire de compilation de données de toutes les saisies des produits d’éléphants depuis 1997 et les envoyer au Secrétariat de la CITES », a-t-il précisé.

Pour Alfred Yoko, Chef de programme faune à WWF-RDC, il y’a encore possibilité de sauver les éléphants qui restent sur le sol congolais. « Nous restons optimistes quant à la survie de nos éléphants, à condition d’appliquer tous les mécanismes que nous développons, notamment l’approche braconnage zéro », a-t-il déclaré.

Il a été démontré à travers les différentes présentations que le commerce international des espèces sauvages représente beaucoup des produits évalués à des milliards de dollars. Chaque année, des dizaines des milliers d’éléphants sont tués juste pour leur défense. La diminution des populations d’éléphants a été reconnue comme une préoccupation majeure non seulement par les gouvernements, les ONG de conservation et les écologistes, mais aussi par les habitants locaux dont les moyens de subsistance sont directement affectés.

La République démocratique du Congo qui a déjà promulgué la loi relative à la conservation de la nature, doit s’efforcer à l’appliquer sans interférence afin de décourager les inciviques qui jusque là, se livrent impunément au braconnage des éléphants et le commerce illégal de l’ivoire.

 

Nelphie MIE et les stagiaires de l’IFASIC
Aminatha Bimpe,
Grâce Mbombo

Premier Site d'information environnementale en Afrique centrale