Cop23 : l’adoption d’une position commune pour faire entendre la voix de la RDC

Face aux enjeux de l’heure, les membres de la société civile environnementale regroupés au sein du GTCR rénové (Groupe de Travail Climat RED rénové), ont adopté ce samedi  04 novembre,  une position commune en vue de faire entendre la voix de la République démocratique du Congo, à la 23ème Conférence des parties sur le Climat (COP23), qui ouvre ses portes ce lundi 06 novembre 2017, à Bonn en Allemagne.       

Pour Julien Kabalako, Coordonnateur national de GTCR rénové, il était question au cours de ces échanges, de trouver un consensus sur certaines matières qui seront exploitées dans les différents  groupes de travail auxquels vont participer les délégués de son institution. « Nous percevons que les Etats développés n’honorent pas véritablement leurs engagements. Pour nous c’est une question de recevabilité. C’est pour cela que la société civile aux côtés du gouvernement veut marteler et démontrer que la RDC est au cœur des enjeux, par rapport aux grandes questions liées aux massifs forestiers, aux  réserves en eau douce et à la tourbière récemment découverte sur le sol congolais», a-t-il insisté.

Le GTCR entend à travers les discussions à Bonn, faire entendre la voix des communautés locales et celles des peuples autochtones qui, depuis la nuit de temps ont toujours conservé les écosystèmes forestiers. Cependant, elles n’en tirent pas réellement profit. « Nous pouvons aujourd’hui affirmer, grâce aux informations et recherches qui le prouvent que les forêts tropicales qui restent encore debout à travers le monde entier, sont celles localisées sur les territoires de communautés autochtones. C’est pourquoi nous voulons que la question de droit de communautés autochtones puisse prendre une place de choix, dans tous les instruments qui seront développés à Bonn. Car il y’aura pas de développement verte, ou de gestion durable des forêts, sans le respect de droits de ces communautés », a déclaré Patrick Kipalu, Coordonnateur national de Forest People Program (FPP).

Au total, une vingtaine de délégués de la société civile, membres du GTCR rénové effectueront le déplacement de Bonn dès ce lundi. Sur la liste des actions à mener à la COP23, figure également le lobbying au tour des tourbières découvertes dans la province de l’Equateur, qui selon ces experts, est un élément de plus pour pouvoir prendre au sérieux le rôle que les communautés jouent dans la gestion durables de ressources forestières en RDC. « Aujourd’hui si ces tourbières sont détruites, elles vont libérer des milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Nous pensons que c’est très important d’approcher des communautés, et leur donner les moyens de leur développement, pour qu’elles continuent à protéger ces espaces vitaux, qui contribuent à la régulation du climat mondial », a précisé Monsieur Kipalu.

Signalons qu’au totale, plus de 300 délégués de la RDC sont attendus à la COP23. Ces délégués viennent de la société civile, du monde scientifique, du secteur privé et des institutions étatiques. Ils ont pour mission de porter haut l’étendard de la RDC, et apporter une expertise nécessaire pour aider le pays à peser dans le débat.

 

Alfred NTUMBA

 

Climat-USA : l’homme est l’auteur du réchauffement climatique (Rapport)

Les agences fédérales du gouvernement américain ont publié vendredi dernier avec l’accord de la Maison blanche, un rapport qui établit un lien sans détour entre les changements climatiques et la pollution engendrée par les activités anthropiques. La Maison blanche n’a émis aucune objection, quant aux affirmations révélées par ce rapport.

C’est une première depuis l’arrivée à  la Maison blanche, de Donald Trump, qu’un document d’une telle envergure sur la responsabilité de l’homme dans le dérèglement climatique soit rendu public, avec l’autorisation d’un gouvernement américain reconnu pour ses positions hostiles à la lutte contre le changement climatique.

Posté sur un site spécifique et non celui de la Maison blanche, ou celui de l’Agence pour la protection de l’environnement, ce rapport  appelé Climate Science Special Report (CSSR), note que la température annuelle moyenne de l’air à la surface du globe a augmenté de 1°C entre 1901 et 2016. Et que la période actuelle est désormais la plus chaude de l’histoire de la civilisation moderne. Il prévient qu’entre 2021 et 2050, la hausse devrait atteindre 1,4 degré supplémentaire. « Il est extrêmement probable que les activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, sont la cause dominante du réchauffement observé depuis le milieu du XX e siècle », indique ce texte  qui fait partie de l’évaluation nationale des Etats-Unis sur le climat.

C’est en vertu d’une décision du congrès datant de 1990 que  treize agences concernées par le climat  doivent élaborer tous les quatre ans ce document d’évaluation, qui au final devra être contresigné par l’académie nationale des sciences avant d’être rendu public.

Des extraits du CSSR avaient filtré en août dans la presse, alors que plusieurs scientifiques s’inquiétaient d’un possible veto du cabinet de Trump sur sa publication, deux mois après l’annonce par le président américain de la sortie de son pays de l’accord de Paris.

Est-il possible d’espérer grâce à la publication de ce rapport, un revirement de la Maison blanche vers une reconnaissance de la part de l’homme dans le réchauffement climatique, susceptible d’infléchir la position américaine sur l’accord de Paris ? Rien n’est moins sûr pour l’instant, d’autant que l’équipe Trump n’est pas une contradiction près.

Selon le New York Times, la décision de publier le CSSR  a été prise par Gary Cohn, le directeur du conseil économique de la maison blanche. Préoccupé par le projet de réforme fiscale, sur lequel les républicains comptent faire campagne pour les législatives de novembre 2018, il aurait évité la distraction qu’aurait constitué un affrontement avec la communauté scientifique, en cas d’un veto contre ce document.

Pour sa part, Donald Trump n’était que vaguement conscient de la publication de ce rapport, affirme le quotidien.

 

Thierry-Paul KALONJI

COP23 ​:​ ​​ une COP d’actions, enjeux et perspectives pour les Etats membres

Ce lundi 06 novembre, s’ouvre à Bonn en Allemagne, la 23ème Conférence des parties sur le Climat (COP23). Cette COP, dite d’actions sera une tribune pour les pays membres de faire une évaluation sur les deux ans qui se sont écoulées après la signature de l’accord de Paris. Le ​12​ ​décembre​ ​2015​ ​restera​ ​sans​ ​nul​ ​une​ ​date​ ​historique​ ​dans​ ​la​ ​lutte​ ​contre​ ​le réchauffement​ ​climatique.​ ​Pour​ ​la​ ​première​ ​fois,​ ​plus​ ​de 180​ ​Etats​ ​membres​ ​de​ ​la convention​ ​cadre​ ​des​ ​nations​ ​unie​ ​sur​ ​le​s ​changements​ ​climatiques​ ​​ ​étaient​ ​parvenus​ ​à aplanir​ ​leurs​ ​divergences​ ​pour​ ​sauver​ ​la​ ​planète​ ​embrasée​ ​par​ ​les​ ​gaz​ ​à​ ​effet​ ​de serre​ ​produits​ ​par​ ​les​ ​activités​ ​anthropiques.​

​La​ ​satisfaction​ ​ressentie​ ​ce​ ​jour-là​ ​à Bourget, n’était​ ​pas​ ​loin​ ​de​ ​celle​ ​que​ ​ressentent​ ​les​ ​fidèles​ ​catholiques​ ​à​ ​la​ ​vue​ ​de​ ​la fumée​ ​blanche​ ​qui​ ​s’échappe​ ​de​ ​la​ ​cheminée​ ​du​ ​Vatican​ ​pendant​ ​le​ ​conclave​ ​des cardinaux.

« Nous​ ​avons​ ​un​ ​accord​ ​!!!!« ​ ​​, se​ ​sont​ ​exclamées​ ​plusieurs​ ​personnes,​ ​à​ ​l’annonce​ ​par Laurent​ ​Fabius​ ​de​ ​l’adoption​ ​de​ ​l’accord​ ​de​ ​Paris. ​ ​Ce​ ​texte,​ ​qui​ ​vise​ ​d’une​ ​part​ ​à​ ​limiter​ ​l’augmentation​ ​de​ ​la​ ​température​ ​moyenne​ ​de​ ​la planète​ ​bien​ ​en-dessous​ ​de​ ​2°C​ ​par​ ​rapport​ ​aux​ ​niveaux​​ ​​préindustriels​ ​et,​ ​d’autre​ ​part, « à​ ​poursuivre​ ​les​ ​efforts​ ​pour​ ​limiter​ ​la​ ​hausse​ ​des​ ​températures​ ​à​ ​1,5°C« ,​ ​est​ ​entré​ ​en application​ ​le​ ​4​ ​novembre​ ​2016.​ ​Ce​ ​laps​ ​de​ ​temps​ ​entre​ ​la​ ​signature​ ​et​ ​l’entrée​ ​en vigueur​ ​s’explique​ ​par​ ​la​ ​nécessité​ ​de​ ​réunir​ ​la​ ​signature​ ​de​ ​55​ ​pays​ ​responsables ​d’au​ ​moins​ ​55%​ ​des​ ​émissions​ ​de​ ​gaz​ ​à​ ​effet​ ​de​ ​serre.

Deux​ ​ans​ ​après​ ​,​ ​le​ ​moment​ ​est​ ​venu​ ​pour​ ​passer​ ​de​ ​la​ ​parole​ ​à​ ​l’action​.​ ​​C’est​ ​déjà​ ​demain que​ ​sera​ ​donné​ ​le​ ​coup​ ​d’envoi​ ​des​ ​travaux​ ​de​ ​la​ ​COP23,​ ​qui​ ​se​ ​tiendra​ ​à​ ​Bonn,​ ​en Allemagne,​ ​du​ ​6​ ​au​ ​17​ ​novembre​ ​prochains.​ ​Mais​ ​​ ​​ ​plusieurs​ ​autres​ ​objectifs​ ​seront​ ​inscrits à​ ​l’agenda​ ​de​ ​cette​ ​réunion​ ​,​ ​notamment​ ​celui​ ​de​ ​gérer​ ​la​ ​délégation​ ​américaine,​ ​après l’annonce​ ​de​ ​Donald​ ​Trump ​sur​ ​le​ ​désengagement​ ​​ ​de​ ​son​ ​pays​ ​à​ ​l’accord​ ​de​ ​Paris.

Au regard de toutes les catastrophes naturelles qui ont précédé cette 23ème Conférence des parties sur le Climat, il est plus que jamais impératif d’appliquer l’accord de Paris pour éviter à la planète une trajectoire apocalyptique. C’est pour cette raison que la COP23, sous la présidence des îles Fidji devra tenir​ ​d’un certain nombre d’enjeux.

​Faire​ ​avancer​ ​les​ ​négociations​ ​sur​ ​l’accord​ ​de​ ​Paris

L’une des tâches de cette la COP23 est bien celle de « préparer le dialogue de facilitation, qui portera sur la révision des contributions nationales à la hausse afin d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris« , explique le Parlement européen, qui enverra une délégation de 12​ ​députés​ ​à​ ​Bonn pour un​ ​dialogue​ ​normalement​ ​prévu​ ​pour​ ​2018.

Cette COP23 s’annonce donc comme une conférence plutôt technique, qui vise à préparer la COP24, qui sera organisée en 2018, en Katowice (Pologne). C’est à ce moment-là que l’on connaîtra les détails de la mise en oeuvre concrète de l’accord de Paris que Laurent Fabius​ ​avait​ ​décrit​ ​comme​ ​ »ambitieux​ ​et​ ​équilibré« .

​Gérer​ ​la​ ​position​ ​américaine

La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe. Le 1er juin dernier, Donald Trump a confirmé que les États-Unis se retireraient de l’accord de Paris, considérant que le texte « désavantageait » son pays. Pour autant, la décision du président américain ne pourra entrer en application qu’à​ ​partir​ ​de​ ​2019, une​ ​délégation​ ​américaine​ ​sera​ ​donc​ ​bien​ ​présente​ ​à​ ​Bonn.

Les regards seront braqués sur les représentants de l’administration Trump, qui auront à choisir entre plusieurs stratégies, notamment, s’impliquer dans les négociations pour avantager leur pays,​ ​paralyser​ ​les​ ​discussions​ ​ou​ ​alors​ ​rester​ ​neutres​ ​et​ ​en​ ​retrait.

​Empêcher​ ​d’autres​ ​pays​ ​d’emboîter​ ​le​ ​pas​ aux USA

 Si le risque semble modéré, il n’est pas impossible que certains pays, qui redoutent les règles auxquelles ils seront soumis, puissent eux aussi se désengager de l’accord de Paris, au même titre que les États-Unis. À ce titre, une attention toute particulière sera portée au cas de la Russie, seul pays du G20, avec la Turquie, qui n’a pas ratifié le texte à l’heure actuelle.

Vladimir Poutine pourrait par exemple réitérer la stratégie mise en place en 2001, lors du retrait des États-Unis du protocole de Tokyo. Il avait ainsi profité de la situation pour obtenir de nombreuses concessions concernant les objectifs demandés à son pays avant de se réengager.

 ​Sensibiliser​ ​la​ ​planète​ ​sur ​la​ ​situation​ ​des​ ​îles​ ​pacifiques

« Les enjeux pour nous sont extrêmement importants », a déclaré le premier ministre des îles Fidji et président de la COP23, Frank Bainimarama. « Spécialement pour nos amis des îles Marshall, Tuvalu et Karibati, dont l’existence même est menacée. Mettre en œuvre l’accord de Paris est crucial mais pas suffisant pour nous sauver. Nous devons aussi convaincre le reste du monde d’aller encore plus loin« , avait-il expliqué lors du discours d’ouverture​ ​d’un​ ​rassemblement​ ​préparatoire​ ​à​ ​la​ ​COP,​ ​le​ ​16​ ​octobre​ ​dernier.

Ces territoires sont en effet en grand danger. Plusieurs experts et ONG estiment que si le réchauffement climatique n’est pas limité à 1,5 degré, les îles et littoraux pourraient être rayés​ ​de​ ​la​ ​carte. A quelques heures du début de ces grandes assises sur le climat, les défenseurs de la planète ne souhaitent rien de plus que la volonté des politiques, à concrétiser l’accord de Paris qu’ils ont eux-mêmes​ ​signé.
Thierry-Paul​ ​KALONJI

Climat : des entités publiques et privées formées sur les finances climatiques en RDC.

C’est sur une note positive que  s’est clôturée le 2 novembre dernier,  la session de formation  sur les finances climatiques, les standards fiduciaires internationaux et les normes environnementales sociales, organisée par la  Coordination du Fonds vert pour le climat en RDC en collaboration avec le Centre de suivi écologique.  L’activité s’est inscrite dans  le cadre des opérations préparatoires de la RDC à la conquête des financements climatiques.

Les participants à cette séance de formation ont pendant 3 jours, engrangés des connaissances relatives à la finance climatique. Accord de Paris, architecture de la finance climatique, genèse du Fonds vert  pour le climat et les normes  fiduciaires de bases, tels sont les thèmes qui ont été développés au cours de cet atelier de renforcements de capacité.

Selon les organisateurs, cet atelier a été initié dans le but d’aider les entités publiques et privées de la RDC, à se rendre compétitives sur le marché de finance climatique. « Grâce à cette formation, on acquiert des grandes capacités pour pouvoir monter des projets qui seront éligibles.  Nous savons à présent comment arriver à présenter plus de projets de qualité éligible afin d’attirer plus de financement climatique pour la RDC », a  confié Hans NDJAMBA, Coordonnateur national du Fonds vert pour le climat.

Les faiblesses, les points forts, et les opportunités que regorgent la RDC concernant le financement climatique ont été passés en revus par les participants. Après des travaux  en groupes, les apprenants ont par la suite émis des propositions pour remédier aux faiblesses, améliorer les points forts et renforcer davantage les opportunités. «J’étais agréablement surpris, car la plus part de participants a suivi avec beaucoup d’intérêt cette formation et s’est engoué lors des travaux de groupe. Grâce à cette formation, ils ont amélioré leur capacité en ce qui concerne la finance climatique », a déclaré  le facilitateur de cette formation, Jahd LEBBEN.

Pour leur part, les participants n’ont pas caché leur joie d’avoir enrichi leur connaissance sur le financement du Fonds vert pour le climat. Ils ont promis d’utiliser à bon escient toutes les connaissances engrangées pendant ces trois jours, afin d’aider la RDC a bénéficier pleinement du Fonds vert, d’autant plus qu’elle est une actrice stratégique dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Apres Kinshasa, cet atelier s’étendra à l’intérieur du pays, ont assuré les responsables de la Coordination nationale du Fonds vert pour le climat.

 

Thierry-Paul KALONJI

 

 

 

 

Santé : les effets des changements climatiques affectent déjà notre santé

C’est un rapport qui  une fois de plus suscite émoi et consternation. Les changements climatiques ont  à ce jour un impact concret sur notre santé. Les symptômes provoqués par l’augmentation des températures moyennes et la multiplication des événements climatiques extrêmes sont clairs depuis quelques années, et les impacts sur la santé sont bien pires qu’on ne le pensait auparavant. La transition vers une société sobre en carbone s’avère plus que jamais un impératif. C’est ce qui ressort d’un rapport publié mardi 31 octobre dans la revue médicale britannique The Lancet, relayée par lemonde.fr

Selon ce document, le nombre de personnes affectées par les vagues de chaleur a augmenté d’environ 125 millions  entre 2000 et 2016. Les auteurs ont  relevé  les conséquences sur leur santé allant du stress thermique ou coup de chaleur à l’aggravation d’une insuffisance cardiaque préexistante ou à un risque accru d’insuffisance rénale liée à une déshydratation. Sur la même période, la hausse de température a par ailleurs réduit de 5.3 % la productivité des travailleurs dans les zones rurales, poursuit le rapport.

Le réchauffement du climat a par ailleurs élargi le champ d’action du moustique porteur de la dengue, augmentant son aptitude à transmettre la maladie de 9,4 % depuis 1950, tandis que le nombre de personnes infectées était presque multiplié par deux tous les dix ans.

Baptisé «  compte à rebours sur la santé et les changements climatiques », ce rapport entend mesurer tous les ans jusqu’en 2030 les progrès réalisés pour quarante indicateurs clés concernant ces deux sujets.

Lancé en 2015, il est élaboré par vingt-quatre organismes de recherche et organisations internationales, dont l’organisation mondiale de la santé et l’organisation météorologique mondiale.

Le nombre de catastrophes climatiques a augmenté de 46% entre 2000 et 2016, observent les auteurs du rapport. Et  Il y a peu de doute qu’il y aura à l’avenir une hausse de la fréquence et de la gravité de ces épisodes, concluent-ils.

Malgré cette triste prédiction, il faut relever qu’après quinze ans d’inaction relative, les progrès vers une société sobre en carbone et pour s’adapter au changement climatique se sont accélérés ces cinq dernières années, notamment grâce à l’accord de Paris.

Mais au vu de la multiplication prévisible des phénomènes climatiques extrêmes, de nombreuses barrières technologiques, financières et politiques restent à franchir, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu, pour s’adapter et limiter l’impact sur la santé, avertit ce rapport.

 

Thierry-Paul KALONJI

Sud-Kivu : Reboisement du camp Saïo pour lutter contre les menaces de glissement de terrain

Les militaires de la 33ème région militaire ont procédé ce mercredi 01 novembre, au reboisement de la colline du Camp Saïo à Bukavu. Cette action initiée par le ministère provincial de l’Environnement, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les intempéries et les érosions qui menacent ce camp, ainsi que la centrale hydroélectrique de la Ruzizi I.

« Nous avons mis en terre 6.425 plantules  des grevelia et eucalyptus  sur le site Camp SAIO. Plusieurs militaires de la 33ème région militaire ont pris part à cette activité. Même les Rasta men nous ont apporté leur soutien », a affirmé Major Kajibwami, un membre du bureau de la Communication de la 33ème Région militaire.

A en croire la source militaire, cette action a été entreprise par les militaires pour aider à la protection de la  centrale hydroélectrique de la Ruzizi I, menacée par le glissement de terrain, et restaurer le couvert végétale en vue de stopper l’avancer des érosions sur ce site.

La colline Camp SAIO a été déboisée il y a plusieurs années. Les conséquences de ce déboisement sont à ce jour, incalculables, informe le major Kajibwami. Ce Camp reste exposé aux intempériesqui ne cessent de menacer les toitures des maisons d’habitation et des bureaux.

 

Janvier Barahiga

Forêt : définition des actions à mener en faveur des autochtones dans la gestion des tourbières  

La société civile environnementale a défini quelques actions prioritaires à mener à ce stade pour protéger les droits des peuples autochtones et des communautés locales, dans la nouvelle approche de gestion des tourbières. Lors de la journée de la communication de la société civile organisée sur la navire Esperanza, à Matadi, ce mercredi 01 novembre 2017, les délégués de la société civile ont recommandé entre autres, que les textes légaux sur la foresterie communautaire soient complétés et appliqués, et qu’une forte sensibilisation des parties prenantes dans la revisitation de différentes réformes, soient promue.

Le Groupe Bikoki na biso au siège de la DGPA

Au cours de ces échanges, les délégués de la société civile environnementale ont insisté sur la répartition équitable de retombées financières devant découler de la gestion des tourbières. Et qu’un accent particulier soit mis sur les bénéfices des peuples autochtones et les communautés locales, dont la survie dépend de ces tourbières. La découverte des tourbières doit aussi donner naissance à des nouvelles méthodologies de développement pour ces communautés, pensent-ils.

« D’abord nous devons évoquer la question des acquis au niveau national, notamment ceux de la REDD et la foresterie communautaire, sur base desquels nous allons établir un nouveau plaidoyer pour que toutes les parties prenantes y trouvent de bénéfices. A cela s’ajoute la volonté politique pour amorcer les différentes réformes entre autres, celles liées à l’aménagement du territoire qui est à la base de plusieurs conflits », a informé Issa Lingbelu, Expert au Groupe de Travail Climat REDD (GTCR Rénové).

La découverte des tourbières dans l’ancienne province de l’Equateur, suscite non seulement des espoirs, mais aussi des inquiétudes. Certains observateurs s’interrogent sur l’avenir de ces espaces. « Notre crainte est de voir dans l’avenir, ces tourbières devenir des aires protégées. Car, nous estimons qu’une fois celles-ci vont attirer les paiements pour services environnementaux, elles deviendront une matière première pour l’Etat congolais », a déclaré Alex Yuma, Assistant de la planification à la Dynamique de groupe des peuples autochtones, DGPA. Alex a invité le gouvernement congolais à définir et préciser sa vision par rapport à ces milieux marécageux.

 

Jennifer LABARRE

 

 

 

Sud-Kivu : la Réserve naturelle d’Itombwe, un bien sans maître ?

Depuis plusieurs années, la Réserve naturelle d’Itombwe dans la province du Sud-Kivu, a été prise d’assaut par les groupes armés, les exploitants miniers et les braconniers qui fusent de partout. Les différents acteurs de la société civile de la province cette province, œuvrant aux alentours de cette réserve, déplorent le laisser–aller observé dans cette aire protégée. L’exploitation minière et le braconnage y sont  pratiqués, même, par les non-congolais. Dans une interview accordée à Environews RDC, ce mercredi 01 novembre 2017, le président de la Société civile de Mwenga, Richard Minyota Kaseke,  évoque le manque d’arrêté ministériel devant réglementer si pas interdire l’accès à cette réserve.

« Je suis déçu de constater que depuis plusieurs années, la Réserve d’Itombwe ne fonctionne qu’avec un édit provincial provisoire qui la délimite. Et pourtant cette aire protégée est sensée bénéficier d’un arrêté ministériel au niveau national. L’édit provincial est tellement fragile et moins contraignante que, même les non-congolais y exploitent des minerais et d’autres y pratiquent le braconnage », a-t-il déclaré, avant d’inviter le Ministre national de l’Environnement et développement durable, à s’en occuper afin de protéger la biodiversité dans ce site. « Les étrangers venus du Burundi et de la Tanzanie pratiquent la chasse dans ce site sans en être inquiétés. Ils pratiquent le braconnage à outrance, sans tenir compte de périodes de reproduction des animaux ».

Outre le braconnage, Richard Minyota, confirme l’existence des réseaux d’exploitation illégale de bois d’œuvre, et des minerais par les groupes armées qui y opèrent, notamment les FDLR et FNL venus respectivement du Rwanda et du Burundi.

Cette réserve qui est subdivisée en 7 différents axes à savoir, Basile, Wamuzimu, Itombwe, Lwindi, Burhinyi et Bafuliru est partagée par 418 452 habitants, qui selon le président de la Société civile de Mwenga, les communautés locales de ces différents villages vivent au dépend de ressources naturelles de cette aire protégée.

D’une superficie d’environ 12.000 km², la Réserve naturelle d’Itombwe dispose d’un massif central qui abrite d’importantes populations de chimpanzés de l’Est, et des gorilles de Grauer, espèce menacée d’extinction.

 

Janvier Barhahiga

 

Forêts : « une bonne gestion des tourbières de la RDC passe par la foresterie communautaire », Irène Wabiwa  

Partant des exigences d’humidité, de température et de bons usages, la gestion des tourbières dépend également de la sauvegarde et de la protection des forêts par les communautés locales. Cet aspect est selon les experts, une solution très efficace dans la gestion de cette richesse récemment découverte en République démocratique du Congo. Cette affirmation a été faite, lors de la journée des solutions organisées par Greenpeace Afrique, ce 31 octobre à Matadi, dans la province du Kongo Central.

Cette journée de réflexion sur des solutions alternatives en vue de gérer au mieux les tourbières de la RDC, a mis en avant la foresterie communautaire, qui reste jusqu’à ce jour une alternative efficace dans la protection des forêts et au développement des Communautés locales.

« Notre pays a connu l’exploitation industrielle depuis plus de 10 ans. Cette exploitation qui ne profite ni au développement, moins encore à l’économie du pays a montré ses limites. Greenpeace pense que la foresterie communautaire est une solution alternative pour aller dans le sens de développement », a déclaré la responsable de campagnes forêt de Greenpeace Afrique, Irène Wabiwa. « Si le gouvernement congolais, et les bailleurs de fonds donnent la priorité à la foresterie communautaire, en sécurisant les droits de communautés locales, il y a une chance de maintenir nos forêts intactes et conserver les tourbières ».

A en croire Jules Katubadi, membre de l’ONG environnementale CODELT (Conseil pour la Défense de l’Environnement par la Légalité et la Traçabilité), il est important que les communautés locales connaissent leur droit pour mieux bénéficier des avantages de la conservation forestière. « La jouissance d’un droit part de la connaissance de celui-ci. Les communautés locales n’ont pas bénéficiés de leurs forêts par ce qu’il y avait un problème de connaissance de leurs droits. La volonté du législateur congolais à ce jour est non seulement de garantir les lois mais de permettre aux communautés locales de le reconnaître à travers les mécanismes mise en place dans les textes juridiques. Avec cette nouvelle approche des tourbières, il est souhaitable d’avoir au plus vite les outils juridiques de mise en œuvre de leurs gestion, pour en garantir les bénéfices des communautés locales », a-t-il souligné.

En effet, les problèmes de la foresterie communautaire ne réside pas au niveau des lois ni des concepts mais plutôt dans l’application de la loi. « Par rapport aux droits des Communautés locales, nous ne voulons pas tomber dans les mêmes erreurs que le processus REDD+. Il est important de voir en amont comme en aval les mécanismes de protection des droits des populations locales qui vivent autour des tourbières et voir dans quelle mesure les sécuriser par rapport aux investissements que ces tourbières attirent », a précisé déclaré Nadia Mbanzidi, experte juriste à Forest people program (FPP).

Les participants à ces travaux ont formulés quelques recommandations auprès des décideurs pour une bonne gestion des tourbières de Lokolama, notamment, la sensibilisation et le renforcement des capacités des Communautés locales. Les participants souhaitent aussi voir impliquer de façon systématique, toutes les parties prenantes dans la phase d’élaboration des politiques liées à la gestion des tourbières.

Un accent devrait être mis sur la valorisation des produits non lignés pour diminuer la pression sur les forêts. A la fin de ces assises, le navire Esperanza a permis à tous les participants de donner une chance aux forêts du Bassin du Congo, en laissant un vœu pour la protection des forêts congolaises.

 

Jennifer LABARRE

Fonds vert : la République démocratique du Congo affûte ses armes

La Coordination du fonds vert pour le climat en RDC en collaboration avec le Centre de suivi Ecologique ont ouvert ce 31 octobre à Kinshasa, une session de formation sur les finances climatiques, les standards fiduciaires internationaux et les normes environnementales sociales. Cette activité qui s’inscrit dans le cadre des activités du fonds vert pour le climat en RDC se veut un moment crucial pour aider le pays de s’outiller davantage sur les différents contours du fonds vert d’une part, et de se perfectionner afin d’élaborer des projets compétitifs pour bénéficier des financements d’autre part.

C’est dans la salle arche située dans l’enceinte de la clinique Ngaliema que les ONG œuvrant dans la gestion et suivi des projets, les membres de l’Autorité nationale désignée ADN et des institutions susceptibles d’être accréditées assisteront pendant  trois jours à cet atelier de renforcement de capacité.

Pour les organisateurs, l’objectif de cette rencontre est de permettre aux participants de se familiariser avec l’architecture de la finance climatique et les principaux fonds sur le climat, et d’acquérir les connaissances de base relatives au fonds vert et ses modalités de fonctionnement.

Les pays du monde étant soumis à une rude concurrence pour obtenir ces financements du fonds vert, il est impérieux que la RDC qui regorge  des ressources énormes en terme de forêts affûte bien ses armes afin de  rendre ses projets  éligibles  auprès du Fonds vert de l’ONU pour le climat.

«  Cet atelier est important pour la RDC, dans la mesure où elle  va renforcer ses capacités pour mieux accéder aux opportunités de financement que présente le fonds vert sur le climat actuellement », a souligné Jadh LEBBENE, consultant en changement climatique.

Outre les compétences techniques que doivent avoir  les pays désireux de bénéficier du fonds vert, ceux-ci doivent disposer d’une autorité nationale désignée (AND) qui remplit le rôle du point focal au niveau du fonds vert. Ainsi les projets élaborés liés à l’atténuation ou l’adaptation seront soumis au fonds vert via les agences accréditées. Cette procédure est applicable notamment  pour la RDC qui n’a pas jusqu’à ce jour une agence accréditée.

Si tout va  bien, le pays pourra se départir de cette procédure car elle est en voie d’obtenir sa propre agence d’accréditation entièrement congolaise, a renseigné Rubin RACHIDI, directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Environnement et développement durable.

Notons qu’après cette première session de formation, une deuxième est attendue la semaine prochaine. Elle aura cette fois-là pour objectif de permettre aux participants de savoir comment remplir le formulaire des projets concrets à développer et à présenter au fonds vert.

 

Thierry-Paul KALONJI

Premier Site d'information environnementale en Afrique centrale