Archives par mot-clé : AFD

Climat : (AFD-FVC), un programme de 750 millions USD pour financer 17 pays du sud

C’est la plus grande annonce à quelques semaines de la COP 24, le Groupe Agence française de développement (AFD) lance un programme de grande envergure intitulé « Transformer les systèmes financiers pour le climat », en partenariat avec le Fonds Vert pour le climat. Plus de 750 millions de dollars US, seront injectés pour financer 17 pays.

« Le FVC (Fonds Vert pour le Climat) a approuvé une contribution de 280 millions de dollars US pour ce programme d’un montant total de plus de 750 millions de dollars US. C’est l’une des plus importantes contributions financières du FVC depuis son opérationnalisation en 2015 », peut-on lire dans un communiqué de l’AFD.

A travers ce financement, le Groupe AFD réaffirme son ambition de mettre en œuvre l’Accord de Paris en accélérant localement la réorientation des flux d’investissement vers un développement à faibles émissions et résilient aux changements climatiques. Continuer la lecture de Climat : (AFD-FVC), un programme de 750 millions USD pour financer 17 pays du sud

Forêt : Vers la levée consensuelle du moratoire en RDC ?

Après une longue période de guéguerres entre le Gouvernement et la société civile environnementale de la RDC, les violons donnent l’air de s’accorder pour une éventuelle levée du moratoire sur l’octroi des allocations forestières en République démocratique du Congo, et la révision du Code forestier promulgué en 2002.

C’est dans ce cadre que s’ouvre ce lundi 23 avril à Kinshasa, la Table Ronde multi-acteurs articulée essentiellement autour de l’élaboration de la politique forestière, de la révision du code forestier et de la levée du moratoire sur les nouvelles allocations forestières et la conversion des titres en concessions forestières.

L’objectif global poursuivi à travers cette rencontre est d’évaluer et susciter un débat public constructif entre toutes les parties prenantes sur la levée du moratoire relatif aux concessions forestières et la révision du Code forestier en vue de conforter la vision de la nouvelle politique forestière en marge de la mise en œuvre de la lettre d’Intention signée entre le Gouvernement de la RDC et l’Initiative pour les Forêts de l’Afrique Centrale, CAFI. Continuer la lecture de Forêt : Vers la levée consensuelle du moratoire en RDC ?

Forêt : Le CAFI donne sa position sur le projet de l’AFD en RDC

Dans un communiqué de presse publié sur son site web, le CAFI invite, au dialogue,  les différents acteurs impliqués dans la controverse au tour de la question du projet d’exploitation industrielle des forêts congolaises, initié en RDC, par l’Agence française de Développement (AFD).

La carte nationale de la biomasse forestière réalisée par le WWF

Au cours des derniers mois, un certain nombre d’ONG nationales et internationales, dont Rainforest Foundation UK, ont fait des appels ouverts à CAFI et à ses donateurs au sujet d’un projet de programme sur la gestion durable des forêts en RDC. Ce programme a été développé en réponse à un appel public à propositions du Fonds national REDD + de la RDC,  publié en novembre 2016. Le CAFI croit fermement que le dialogue avec les ONG internationales est nécessaire afin de receuillir des contributions constructives« , précise ce communiqué.Le CAFI reconnaît tout de même que les défis en RDC et dans la région de l’Afrique centrale dans leur ensemble sont trop complexes pour qu’une seule initiative ou un donateur puisse traiter seul.

Le CAFI prend en considération les différentes contributions des uns et des autres pour un dénouement de la situation.  Il confirme cependant, que la déclaration  de  l’Ong britannique « Rainforest Foundation UK » , a été affiché sur le site web du ministère norvégien du climat et de l’environnement, principal donateur du fonds CAFI, le 13 juillet 2017.

Une note d’information, a été développée. De plus, les questions fréquemment posées sont publiées et mises à jour régulièrement son site web.

 » Nous invitons toutes les parties prenantes intéressées à consulter ces documents et à contacter le CAFI par l’intermédiaire de son Secrétariat « , précise ce communiqué.

 

Alfred NTUMBA

Forêts (RDC) : 30 scientifiques dénoncent le plan de « gestion durable » de l’AFD

Dans une lettre ouverte datée du 13 juillet 2017, trente scientifiques interpellent le ministre de l’environnement norvégien pour lui demander de rejeter le projet de gestion durable des forêts congolaises initié par l’Agence française de développement (AFD). Ce projet de 18 millions de dollars américains, s’inscrit dans le plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) en République démocratique du Congo (RDC). Dans sa phase initiale, le projet envisageait la multiplication par trois, de la superficie des concessions forestières industrielles.


Les scientifiques s’opposent à ce projet d’exploitation de la forêt congolaise, évoquant une raison, «  la destruction des tourbières », un réservoir de carbone découverte récemment dans la cuvette centrale du bassin du Congo, considérée comme la plus grande en zone tropicale.
Parmi eux se trouve le professeur Simon L. Lewis de l’Université de Leeds (Royaume-Uni). Il fait partie de l’équipe de chercheurs qui ont révélé l’importance de ce réservoir de carbone, insoupçonné il y a encore quelques mois.
Dans sa lettre du 13 juillet, le professeur Lewis et les autres signataires s’inquiètent « de constater que l’AFD ne prête aucune attention particulière aux dommages que pourrait provoquer son programme sur les tourbières. Elle n’en parle même pas ». Pour cette raison, « nous considérons que, dans les circonstances actuelles, le projet de l’AFD doit être rejeté », a-t-il souligné.

Les scientifiques insistent sur la fragilité d’un milieu très sensible aux perturbations : « Aujourd’hui, il séquestre du carbone, mais couper les arbres ou modifier le drainage peut facilement conduire ces tourbières à relâcher dans l’atmosphère le carbone stocké, comme nous l’avons constaté en Indonésie », révèlent-ils.

Vers l’annulation des financements CAFI ?

Face à cette controverse entretenue au tour de la question de l’exploitation industrielle des forêts congolaises, les lignes sembles bougées du moins, du coté de l’instance devant financer ce projet.

La Norvège, qui a promis 200 millions de dollars à la RDC pour protéger sa forêt, a été sensible aux arguments évoqués par les scientifiques. « La Norvège et d’autres membres du comité technique du Fonds national REDD qui s’est réuni à Kinshasa ont invité l’AFD à soumettre une proposition qui garantisse que ce projet contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation en RDC », a déclaré le Secrétaire d’Etat au climat et à l’environnement, Lars Andreas Lunde. L’AFD, qui n’a pas reçu officiellement les recommandations du comité technique, n’a pas souhaité s’exprimer, a révélé le Journal le Monde, qui affirme tout de même qu’après des débats tendus, l’Agence française de développement, a obtenu une dernière chance de revoir sa copie.

 

Alfred NTUMBA

RDC : des Ong accusent l’AFD et la Norvège de menacer les forêts congolaises

Une coalition d’ONG congolaises et internationales dont le Réseau Ressources Naturelles (RRN), Groupe de Travail de Climat REDD Rénové, Global Witness, Rainforest Foundation Norway, Rainforest Foundation UK, et Greenpeace accuse l’Agence française de développement (AFD) et le gouvernement de la Norvège de vouloir torpiller le moratoire instauré depuis 2O02 sur les forêts de la RDC.


Dans un communiqué publié ce jeudi 13 juillet, ces organisations non gouvernementales déclarent qu’« une partie de forêts tropicales équivalente à la taille de l’Italie pourrait bientôt être abattue par des exploitants industriels en République Démocratique du Congo, si un programme d’expansion du secteur industriel du bois financé par la Norvège est adopté mardi prochain à Kinshasa ».

Selon ce communiqué, le programme qui sera mis en œuvre par l’AFD avec les financements CAFI, consisterait à lever le moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions forestières industrielles en RDC, financer les entreprises forestières, et tripler l’espace forestier exploité industriellement de 10 à 30 millions d’hectares.

« Ce projet doit être rejeté car il augmenterait massivement les émissions de gaz à effet de serre», a indiqué Jo Blackman de Global Witness.
Irène Wabiwa, Chargée des campagnes de Greenpeace estime que  » CAFI doit travailler avec les autorités congolaises pour annuler ces millions d’hectares de concessions qui opèrent illégalement, au lieu de promouvoir l’expansion d’un secteur qui est clairement hors de contrôle ».

Si ce programme est mis en œuvre, il pourrait être responsable de l’émission de 610 000 000 tonnes de CO2, soit presque autant que le secteur international de l’aviation en 2015. Les nouvelles concessions risquent d’inclure des marécages tourbeux, récemment découverts, qui stockent environ 2.8 milliards de tonnes de carbone. Et si cela serait le cas, environ 10.4 milliards de tonnes d’émissions de CO2 pourront s’échapper dans l’atmosphère précise ce communiqué.

La coalition des Ong fustige cependant, l’attitude controversée du ministre norvégien du climat et de l’environnement, Vidar Helgesen, qui a menacé de bloquer des financements forestiers au Brésil en réponse à un affaiblissement juridique de la protection des forêts et une déforestation croissante. « La Norvège est coupable d’une incohérence dans son approche. Elle donne l’impression de mettre la pression sur le Brésil, mais l’impunité pour des violations graves du droit forestier en RDC », a martelé Simon Counsell de Rainforest Foundation UK.

Cette coalition exige de la Norvège, le gèle des financements qu’elle octroie à des projets forestiers en RDC, jusqu’à ce que toutes les concessions forestières illégales aient été annulées, et jusqu’à ce que la proposition de l’AFD soit rejetée.

Notons que des membres du gouvernement de la RDC, de la Norvège et de la France vont se rencontrer le 17 et 18 juillet à Kinshasa pour réviser et adopter le programme, déjà dans sa deuxième version.
Alfred NTUMBA