Archives par mot-clé : Afrique centrale

Forêt : Les forêts d’Afrique centrale et de l’Amazonie ont atteint le pic de la séquestration de carbone

Une étude de 30 ans mesurant croissance et mortalité d’arbres répartis sur 565 forêts tropicales intactes en Afrique et en Amazonie révèle que la séquestration de carbone a atteint un pic dans les années 1990. Et, que dans les années 2010, la capacité de ces forêts d’absorber du carbone avait déjà diminué d’un tiers. Cette situation s’explique principalement par une mortalité des arbres plus élevée, et donc un plus important rejet de carbone dans l’atmosphère.

Vue aérienne de la forêt à l’est du Cameroun . Photo de  Mokhamad Edliadi/CIFOR

Cette étude publiée dans la revue Nature, c’est mercredi 4 mars, a impliqué près de 100 institutions de recherche à travers le monde. Elle démontre pour la première fois la tendance inquiétante à une échelle globale.

« Nous montrons que le pic de séquestration du carbone a eu lieu dans les années 1990. En combinant des données d’Afrique et d’Amazonie, nous avons pu expliquer pourquoi ces forêts changent. En créant des modèles sur base de tous ces facteurs, nous avons montré que le puits de carbone des forêts africaines diminuera sur le long terme, tandis que celui des forêts amazoniennes diminue beaucoup plus rapidement », a expliqué le Dr Wannes Hubau, chercheur au Musée royal de l’Afrique centrale et premier auteur de l’article. « L’Amazonie deviendrait une source de carbone déjà dans les années 2030 ». Continuer la lecture de Forêt : Les forêts d’Afrique centrale et de l’Amazonie ont atteint le pic de la séquestration de carbone

Climat : Les écologistes verts d’Afrique sonnent l’alarme sur la crise climatique

La question du changement climatique et du Fonds Vert Climat ont fait l’objet de la première académie des écologistes verts d’Afrique organisé par la Fédération des écologistes et verts d’Afrique Centrale (FEVAC), à Kinshasa du 05 au 7 décembre 2019. Face à des situations désastreuses liées au changement climatique que connait la RDC, notamment les inondations répétés, l’heure est aux reflexions pour donner des orientations et stratégies aux décideurs et scientifiques, afin d’aider à préserver la planète et sauver des vies.

« Nous organisons ces réunions pour conscientiser les décideurs, les pollueurs, et tout le monde que nous allons vers les abîmes, nous devons rectifier les tirs. L’homme congolais n’est pas conscient des actions qu’il pose. Entre autres, les constructions anarchiques, la mauvaise gestion des sachets. Nous avons intérêt à garder notre ville propre et léguer une planète vivable aux générations à venir», a souligné Didace Pembe, président de AECO (alliance des écologistes).

Cette troisième rencontre des écologistes verts d’Afrique regroupe plus ou moins 7 pays d’Afrique Centrale. A ceux là, s’ajoute le Burkinafaso et le Nigeria. Continuer la lecture de Climat : Les écologistes verts d’Afrique sonnent l’alarme sur la crise climatique

Forêt : En RDC, l’exploitation du bois d’Afrormosia prend des allures inquiétantes

Très prisé dans l’industrie du bois d’œuvre, Afrormosia de son scientifique (Pericopsis elata) attire l’attention des scientifiques au regard de menaces de disparition auxquelles cette espèces est actuellement confrontée en République démocratique du Congo.  Cette espèce qui a déjà disparu dans plusieurs pays du bassin du Congo risque de disparaître également en RDC à cause d’une demande de plus en plus croissante sur le marché national et international.

Chadrack Kafuti analyse un échantillon dans le premier laboratoire de biologie du bois de la RDC. Axel Fassio/CIFOR

« L’Afrormosia est une espèce qui est en danger. Elle est inscrite sur l’annexe 2 de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction). C’est une espèce fortement demandée dans le marché international parce qu’elle a un bois de bonne qualité, ceci fait que son exploitation prend des dimensions très inquiétantes. Il est donc important de développer des approches qui permettent à ce que l’on continue  à exploiter l’espèce sans pénaliser son avenir », a indiqué Chadrack Kafuti, doctorant à l’Université de Kisangani. Continuer la lecture de Forêt : En RDC, l’exploitation du bois d’Afrormosia prend des allures inquiétantes

Conservation : Les marchés domestiques de l’ivoire disparaissent de plus en plus en Afrique centrale

Une étude complète sur le commerce illégal d’ivoire dans cinq pays d’Afrique centrale vient d’être publiée, après près de 20 ans d’enquêtes sur terrain.
Réalisé par TRAFFIC, ce rapport dont Environews RDC s’est procuré une copie, présente les résultats des investigations sur les marchés d’ivoire dans les principales villes de cinq pays d’Afrique centrale ( Cameroun, République démocratique du Congo, Congo, République centrafricaine et le Gabon), en 2007, 2009 et 2014 et 2015.

D’après les résultats de cette enquête, l’Afrique centrale a été au cours de ces dernières années l’une des principales sources d’approvisionnement illégal en ivoire du commerce national d’ivoire non réglementé dans les pays de la sous-région, dans toute l’Afrique de l’Ouest et dans les destinations étrangères, en particulier en Asie.

La grande révélation de ce rapport est qu’en Afrique centrale, les marchés domestiques ouverts d’ivoire disparaissent principalement en raison des efforts d’application de la loi et de la concurrence avec les réseaux criminels souterrains. A leur place, un commerce international sophistiqué s’installe, favorisé par un haut niveau de corruption et une faible gouvernance.

Si la législation actuelle interdit le commerce domestique de l’ivoire dans tous les pays d’Afrique centrale, à l’exception du Cameroun, le rapport souligne cependant que l’interprétation de la loi dans chaque pays est vague et ambiguë, non seulement de la part des autorités chargées de l’application de la loi, mais aussi de nombreux autres acteurs. La corruption reste donc un véritable frein au respect de l’interdiction de ce commerce.

Tout au long de ces investigations, les recherches de terrain ont montré que les marchés ouverts à la vente illégale d’ivoire en Afrique centrale disparaissent ou deviennent souterrains, souvent face à la pression croissante des autorités qui mènent des opérations fréquentes d’application de la loi.

Les enquêteurs de TRAFFIC ont enregistré moins de 1 kg de produits en ivoire exposés publiquement en 2014/2015 en RDC, au Congo, au Gabon et Cameroun, contre environ 400 kg en 2007 et plus de 900 kg en 1999 parmi les quatre pays.

Le marché de l’ivoire à Kinshasa, en RDC reste la seule exception, avec plus de 400 kg de produits en ivoire enregistrés en 2015. Cependant le pays s’est récemment engagé à renforcer l’application de la loi contre le marché illégal de l’ivoire à Kinshasa, une étape importante soutenue par TRAFFIC et WWF.

Des actions doivent donc être prises sur l’ensemble de la chaine commerciale, dans les pays sources d’Afrique centrale (lutte contre le braconnage, les marchés noirs et la corruption, renforcement de la gouvernance..), aux niveaux régional et international pour lutter contre les organisations criminelles liées à la faune sauvage, et dans les pays consommateurs en Asie pour réduire la demande. Recommande cette étude.
Thierry-Paul KALONJI

Rapac :le « chèques services », un dispositif innovant dans la gestion des aires protégées d’Afrique centrale

Le Réseau des aires protégées d’Afrique centrale (RAPAC), a procédé à la présentation du dispositif Chèques services, qui sera bientôt mis en œuvre pour créer un marché accessible et dynamique de formation pour les aires protégées d’Afrique centrale. Conçu par le Cabinet de consultation Shauri CC, le Chèque service s’inscrit dans un cadre global des réformes engagées par le Rapac depuis 2015.  Continuer la lecture de Rapac :le « chèques services », un dispositif innovant dans la gestion des aires protégées d’Afrique centrale