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Conservation : 590,8 Kilogrammes d’ivoire saisis au marché Bikeko entre 2015-2016

Le célèbre marché Bikeko en plein centre-ville de la capitale congolaise a fait l’objet d’une étude, à cause de la présence remarquée de l’ivoire d’éléphants décliné sous plusieurs formes, et vendus au vu et au su de tous, sur les étales de ce marché. Menée par TRAFFIC-RDC entre l’année 2015 et 2016, Cette étude dont les résultats ont été révélés ce mercredi 30 août à Kinshasa, démontre les faiblesses et les succès de différents mécanismes mis en place pour lutter contre le traffic illicite de l’ivoire en RDC.

Les chiffres sont sans appel. 590,8 Kilogrammes d’ivoire ont été saisis durant cette période, près d’une cinquantaine de personnes arrêtées pour trafique d’ivoire, et trois jugements de condamnation obtenus.
« Nous avons essayé de faire une comparaison sur une période allant de 1989 à 2016. Nous avons constaté qu’il y avait de moins en moins des tables qui vendaient de l’ivoire, soit une dizaine de tables en 2016 contre soixante quatorze en 1989. En plus, nous avons constaté que les trafiquants semblaient être beaucoup plus sensibilisés sur la législation congolaise qui interdit ce commerce« . A précisé Cléo Mashini, Coordonnateur de TRAFFIC – RDC.

Durant la période de l’étude, une quantité importante d’ivoire a été saisie principalement à Kinshasa, soit (360,8Kg), à Goma (30Kg), et à Lubumbashi (200Kg). 2 personnes ont été arrêtées et condamnées à des peines de prison à Goma et 13 à Kinshasa.

Selon la même étude, la grande partie de l’ivoire vendu sur le marché de Kinshasa ou qui passe par Kinshasa à destination de l’étranger, provient principalement des ex – provinces de l’Equateur, Katanga, et la Province Orientale. Souvent dissimulés, ces colis qui font le parcours de combattants, arrivent à Kinshasa par voies routière, aérienne et fluviale.

Des actions d’envergures initiées au début de l’année 2017, par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) en collaboration avec la Police nationale congolaise, et les Ont de la conservation, ont permis d’aboutir à la fermeture du Marché Bikeko.  » La fermeture de ce marché est tombé à pic, car cela choquait, de voir les produits de l’ivoire étalés dans ce marché, d’autant plus que la RDC a adhéré à la CITES (Convention sur le commerce international des éspèces de faune et de flore sauvages ménacées d’extinction), et que la législation congolaise est claire, l’éléphant est une espèce intégralement protégée. Ses produits et sous-produits ne peuvent pas se retrouver en vente sur la place publique« , a déclaré Monsieur Mashini.

Des enquêtes réalisées à Kinshasa entre juillet et août 2016, notamment aux ports de Maluku et Baramoto, dans les agences de fret, ateliers de fabrication des objets en ivoire, au Grand marché, au Marché de la Liberté et le Marché Bikeko, ont permis d’identifier un certain nombre d’indicateurs de gouvernance et de pratiques liées au commerce illicite de l’ivoire.

L’analyse des données collectées sur terrain a permis d’identifier l’implication des certaines personalités politiques et militaires dans ce commerce. TRAFFIC-RDC envisage creuser davantage à travers une nouvelle étude, afin d’identifier individuellement ces personnalités qui enfreignent la loi.

A ce jour, la RDC dispose d’un stock d’ivoire saisi évalué à près de 13 tonnes. Environ 81% de ce stock se trouve à l’Hôtel de monnaie, 15% à l’ICCN et 4% à la DGDA (Direction générale de douane et assises), l’ANR (Agence nationale de renseignements), les Parquets, et la Police.

Paradoxalement, seul 11% des saisies de l’ivoire en provenance de la RDC ont été réalisées au pays, contre 89% à l’étranger.

Au terme de cette étude, une série de recommandations à été formulée en direction des décideurs en vue de lutter éfficacement contre le trafic illicite de l’ivoire, considéré comme un fléau qui dévaste systématiquement les populations d’élephants de la République démocratique du Congo.

Notons que le trafic illégal des produits de la faune est le 5ème commerce illicite le plus rentable au monde avec environ 10 milliard de dollars par année, après la drogue.

 

Alfred NTUMBA