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Forêt : Le gouvernement congolais veut récupérer tous les titres forestiers non mis en valeur

Quelques dizaines des concessions dites de conservation pourraient être récupérées par l’Etat congolais dans les tous prochains jours. Comme il en avait été pour les titres des concessions forestières d’exploitation industrielle non mises en valeur, il en sera de même pour celles-ci. Dans une interview exclusive accordée à Environews RDC, le directeur général en charge des forêts au Ministère de l’Environnement et Développement durable de la RDC, José Ilanga, a annoncé pour bientôt, le début sur toute l’étendue de la République, du contrôle des concessions de conservation non mises en valeur.

La forêt des Miombo dans le Haut Katanga.

« Il y’a des gens qui, pour ne pas perdre leurs concessions forestières, ils sollicitent de l’autorité politique, l’obtention d’une concession de conservation en attendant des jours meilleurs. Beaucoup ont pris des concessions de conservation, mais ils ne les mettent pas en valeur. Nous allons assainir ce secteur, les concessions qui ne sont pas viables l’Etat va les récupérer », a-t-il informé.

Reconnaissant tout de même les difficultés pour les services étatiques de réaliser cette mission de recensement et de contrôle de viabilité, José Ilanga y croit. « On trouvera bien de moyens pour le faire. On doit assainir », a-t-il affirmé. « Nous avons besoin que nos ressources forestières soient valorisées pour l’intérêt de tout le monde. C’est pour cela que nous tendons vers l’organisation des Etats généraux des forêts, et le ministre de l’Environnement venait d’en parler avec l’AFD (Agence Française de Développement) ». Continuer la lecture de Forêt : Le gouvernement congolais veut récupérer tous les titres forestiers non mis en valeur

Forêt : Le gouverneur Mputu décide d’annuler l’arrêté sur les concessions forestières dans le Mai Ndombe

Face à une pression montante en réaction à l’attribution illégale de six concessions forestières aux communautés de Lutoy (Kiri) dans la province de Mai Ndombe, le Gouverneur Paul Mputu a fini par lever l’option d’annuler lui-même son arrêté. Cela ne faisait nullement l’ombre d’aucun doute au regard des allures que l’arrêté provincial pris par le gouverneur a créé des indignations au sein de la société civile et de l’administration de l’environnement au niveau provincial et national.  

Selon les indiscrétions parvenues à notre rédaction, Paul Mputu s’est résolument engagé à annuler le plus vite possible cet arrêté. Il attend que la demande d’annulation vienne de la société civile qui, au courant de la journée avait menacé de saisir les instances compétentes quant à ce.

Rappelons qu’il était reproché à l’exécutif provincial l’abus de pouvoir et la violation des textes légaux régissant le secteur des forêts des communautés locales. Selon les accusations portées contre le gouverneur de la province du Mai Ndombe, environ 1.400.000 hectares des forêts auraient été attribués à six communautés de Lutoy dans le territoire de Kiri.

Alfred NTUMBA

Forêt : Quand le gouverneur Paul Mputu se vend lui-même les forêts dans le Mai Ndombe

C’est une histoire sans pareille, dans laquelle le vendeur est lui même l’acheteur. Dans la province du Mai Ndombe, le gouverneur Paul Mputu aurait mis en place un mécanisme efficace pour se vendre lui-même environ 1.400.000 hectares des concessions des forêts des communautés locales sous-couvert de son Commissaire général à l’Environnement, (l’équivalent du ministre provincial de l’Environnement), Boleko W’alembo, dans le secteur de Lutoy, territoire de Kiri.

Dans une correspondance adressée au BVGRN (Bureau de Veille et de Gouvernance des Ressources naturelles), les communautés locales de ce coin de la République se plaignent de l’attribution exagérée et frisant l’exploitation artisanale ou industrielle du bois d’œuvre sous le label des Concessions des Forêts des Communautés Locales.

« C’est un abus de pouvoir. Le gouverneur vend les forêts en les cédant à son commissaire à l’Environnement. Quel est ce ministre de l’Environnement qui ne connaît pas l’Arrêté sur les concessions des forêts des communautés locales ? On n’attribue jamais plus de 50.000 hectares à une seule communauté », a déclaré Joseph Bobia, coordonnateur du BVGRN.

A en croire les communautés frustrées, les édits du gouverneur Mputu attribuent plus d’un millions d’hectares des forêts à 6 communautés locales en toute violation. « Je suis sous le choc, car c’est le même Boleko qui en sa qualité de commissaire général à l’Environnement est sensé protéger nos forêts. Imaginez que c’est Boleko qui a élaboré la demande des forêts, et c’est lui-même qui les a attribués. Il est à la fois juge et partie », s’est indigné un activiste de l’environnement basé à Kiri. Continuer la lecture de Forêt : Quand le gouverneur Paul Mputu se vend lui-même les forêts dans le Mai Ndombe

RDC : des Ong accusent l’AFD et la Norvège de menacer les forêts congolaises

Une coalition d’ONG congolaises et internationales dont le Réseau Ressources Naturelles (RRN), Groupe de Travail de Climat REDD Rénové, Global Witness, Rainforest Foundation Norway, Rainforest Foundation UK, et Greenpeace accuse l’Agence française de développement (AFD) et le gouvernement de la Norvège de vouloir torpiller le moratoire instauré depuis 2O02 sur les forêts de la RDC.


Dans un communiqué publié ce jeudi 13 juillet, ces organisations non gouvernementales déclarent qu’« une partie de forêts tropicales équivalente à la taille de l’Italie pourrait bientôt être abattue par des exploitants industriels en République Démocratique du Congo, si un programme d’expansion du secteur industriel du bois financé par la Norvège est adopté mardi prochain à Kinshasa ».

Selon ce communiqué, le programme qui sera mis en œuvre par l’AFD avec les financements CAFI, consisterait à lever le moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions forestières industrielles en RDC, financer les entreprises forestières, et tripler l’espace forestier exploité industriellement de 10 à 30 millions d’hectares.

« Ce projet doit être rejeté car il augmenterait massivement les émissions de gaz à effet de serre», a indiqué Jo Blackman de Global Witness.
Irène Wabiwa, Chargée des campagnes de Greenpeace estime que  » CAFI doit travailler avec les autorités congolaises pour annuler ces millions d’hectares de concessions qui opèrent illégalement, au lieu de promouvoir l’expansion d’un secteur qui est clairement hors de contrôle ».

Si ce programme est mis en œuvre, il pourrait être responsable de l’émission de 610 000 000 tonnes de CO2, soit presque autant que le secteur international de l’aviation en 2015. Les nouvelles concessions risquent d’inclure des marécages tourbeux, récemment découverts, qui stockent environ 2.8 milliards de tonnes de carbone. Et si cela serait le cas, environ 10.4 milliards de tonnes d’émissions de CO2 pourront s’échapper dans l’atmosphère précise ce communiqué.

La coalition des Ong fustige cependant, l’attitude controversée du ministre norvégien du climat et de l’environnement, Vidar Helgesen, qui a menacé de bloquer des financements forestiers au Brésil en réponse à un affaiblissement juridique de la protection des forêts et une déforestation croissante. « La Norvège est coupable d’une incohérence dans son approche. Elle donne l’impression de mettre la pression sur le Brésil, mais l’impunité pour des violations graves du droit forestier en RDC », a martelé Simon Counsell de Rainforest Foundation UK.

Cette coalition exige de la Norvège, le gèle des financements qu’elle octroie à des projets forestiers en RDC, jusqu’à ce que toutes les concessions forestières illégales aient été annulées, et jusqu’à ce que la proposition de l’AFD soit rejetée.

Notons que des membres du gouvernement de la RDC, de la Norvège et de la France vont se rencontrer le 17 et 18 juillet à Kinshasa pour réviser et adopter le programme, déjà dans sa deuxième version.
Alfred NTUMBA