Archives par mot-clé : forêts

Forêts : Jean-Marie Bolika, « le secteur forestier de la RDC ne crée pas des richesses »

Le secteur forestier de la République démocratique du Congo reste bien celui qui n’apporte pas grand-chose au budget national, ceci malgré le potentiel forestier que regorge le pays. Dans une interview exclusive accordée à ENVIRONEWS RDC, Jean Marie Bolika, coordonnateur de Programme Gouvernance forestière à WWF-RDC, fustige les pertes enregistrées chaque année dans ce secteur vital qui, s’il était bien encadré devrait contribuer à la création des richesses du pays.

Jean Marie Bolika, coordonnateur de Programme Gouvernance forestière à WWF-RDC.

Il pointe du doigt l’expansion des activités de l’exploitation forestière illégale et non contrôlée des forêts à travers la république. « Il y’a de sérieux problèmes au niveau de contrôle forestier. Même si l’aménagement forestier a avancé au tour de 30 concessions, mais le problème reste entier sur le contrôle forestier », indique-t-il.

Selon ce cadre du WWF-RDC, le gouvernement congolais peine encore à punir les délinquants forestiers, par le fait que l’exploitation forestière illégale prend des proportions très alarmantes. Ceci a pour conséquence la perte que le gouvernement congolais enregistre dans ce secteur en termes d’argent et de couvert forestier. Continuer la lecture de Forêts : Jean-Marie Bolika, « le secteur forestier de la RDC ne crée pas des richesses »

FORETS : CLÔTURE DU FORUM SUR LA BONNE GOUVERNANCE FORESTIÈRE EN RDC

C’est sur une note satisfaisante que s’est clôturé le forum des parties prenantes sur la gestion durable des forêts et le développement des réformes de gouvernance forestière , organisé par la CEFDHAC (Conférence sur les Écosystèmes forestiers d’Afrique Centrale),  du 6 au 8 décembre à Kinshasa.

Cette rencontre qui a réunis les experts de différents secteurs, a permis l’aboutissement d’une note de contribution à la définition des stratégies de la gestion durable des forêts de la RDC. Au cours de ces travaux, un consensus sur les réformes du secteur forestier en cours a été trouvé, et le mémo adressé aux futurs décideurs du pays afin de préserver et gérer durablement les forêts congolaises a été adopté.

« Il était question pour nous d’être concret en produisant des livrables concrets, parmi lesquels il y’a la note de contribution des parties prenantes, mais aussi le mémo adressé aux candidats députés nationaux et présidents de la république », a déclaré Ngoy Isikimo, président national du CEFDHAC. Continuer la lecture de FORETS : CLÔTURE DU FORUM SUR LA BONNE GOUVERNANCE FORESTIÈRE EN RDC

Forêts : Projet FORETS, le satisfecit de l’Union européenne et du CIFOR

Après dix-huit mois d’exécution du projet FORETS (Formation, Recherche, et environnement dans la Tshopo), les résultats sont satisfaisants et concrets. Cette information a été livrée à la presse par le Directeur du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), Robert Nasi. Au cours d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, ce jeudi 22 novembre, le Directeur général du CIFOR n’a pas caché sa joie de voir ce projet apporter de résultats escomptés à mi-parcours.

« Le projet a démarré en 2017, mais nous avons passé les 18 mois à mener des recherches approfondies pour bien comprendre et apprendre des décisions fondées sur des preuves. C’est maintenant avec une grande satisfaction que nous commençons à voir la concrétisation de notre dur travail », a-t-il fait savoir.

Ce projet basé sur une approche intégrée vise à développer les filières économiques devant permettre de réaliser les plus de bénéfices économiques en vue d’améliorer la qualité de vie des communautés tout en préservant la riche biodiversité de la Reserve de biosphère de Yangambi. Continuer la lecture de Forêts : Projet FORETS, le satisfecit de l’Union européenne et du CIFOR

Forêts : le Général Tango Four accusé d’exploitation illégale de bois

La société civile de l’ancienne province de l’Equateur accuse le chef d’état-major adjoint des forces armées de la RDC, le général Gabriel  Amisi Tango Four de l’exploitation illégale des bois dans cette partie  du pays. Une exploitation jugée illégale  au regard du moratoire  encore en vigueur sur les forêts congolaises, signé par le gouvernement de la RDC.

Le général Amisi Tango Four semble avoir plusieurs cordes à son arc quand il s’agit du business. Après avoir été cité dans une affaire de ventes de minutions au sein de l’armée, le voilà encore aujourd’hui épinglé dans une affaire d’exploitation illégale du bois dans l’ancienne province de l’Equateur.

D’après la société civile de cette province,  cet officier de  l’armée congolaise serait propriétaire de Maniema Union 2, une société gérée par sa femme et qui emploie des ouvriers chinois. Ces derniers mois,  cette société d’exploitation des bois s’est vue attribuer deux concessions dans les territoires de Bikoro et de Boende. Une attribution qui constitue une violation du moratoire sur les forêts congolaises.

Pour le ministère de l’environnement, cette attribution n’est entachée d’aucune irrégularité car il s’agissait de concessions déjà attribuées, mais dont les concessionnaires n’auraient pas respecté leur cahier des charges.

C’est faux, rétorque Greenpeace qui affirme que les attributions de ces concessions sont contraires à l’article 23 du moratoire signé par le président Kabila qui suspendait toute acquisition de droit d’exploitation, y compris pour les anciens titres.

«Le ministre n’a pas le droit de réhabiliter d’anciens titres au profit de nouveaux acquéreurs », a déclaré Irène Wabiwa, responsable de campagne forêt de Greenpeace à Kinshasa.

Pour rappel, Greenpeace et la société civile ne sont pas les seuls à se plaindre. Il y a peu, deux sociétés qui détenaient ces permis d’exploitation ont adressé une correspondance au ministre de l’environnement, pour dénoncer le débarquement des ouvriers chinois de Maniema Union 2 sur leurs concessions, alors qu’ils disent, selon ces lettres, être en train de régulariser la situation, notamment en termes de clauses sociales.

Signalons que jeudi dernier, cette affaire avait viré au drame, après des échauffourées qui ont éclaté entre des chinois exploitant le bois pour le compte de Maniema Union 2 et la population de Nsamba, dans le territoire Boende, causant ainsi 2 morts dont un chinois, a indiqué la société civile.

Une situation consécutive aux mauvais traitements infligés par le personnel de cette société et l’absence de ces fameuses clauses sociales, toutes les compensations prévues au bénéfice de la population.

 

Thierry-Paul KALONJI

Forêts : La RDC révèle son outil de référence du niveau d’émissions des forêts

Dans le souci d’opérationnaliser le Système de surveillance nationale des forêts, et développer ses différents piliers, le Ministère de l’Environnement et Développement durable à travers les directions des inventaires et aménagement forestier et du Développement durable en collaboration avec la FAO a procédé à la présentation de son document du niveau d’émissions de référence des forêts congolaises, NERF, lors d’un atelier tenu à Kinshasa.

Cet outil de performance de la RDC, s’inscrit dans le cadre du programme de finalisation et de mise en œuvre du système national de surveillance des forêts qui contribue également à la réduction des émissions dues à la déforestation.

« Pour élaborer ce NERF au titre de la Convention cadre des Nations unies sur le Changement climatique, la RDC a initié un système national de suivi des forêts opérationnel et complet. Ce système comprend un inventaire forestier national, un inventaire des gaz à effet de serre du secteur forestier national et un système national de surveillance des terres par satellite. Ce premier NERF qui s’étend de l’année 2000 à 2014, se concentre d’abord sur la déforestation, l’activité pour laquelle les données sont disponibles, fiables et transparentes », a fait savoir, le représentant du secrétaire général du MEDD, dans son discours d’ouverture. Continuer la lecture de Forêts : La RDC révèle son outil de référence du niveau d’émissions des forêts

Forêt : Clôture de la première phase du Projet Formation Recherches et Environnement dans la Tshopo (FORETS)

Le CIFOR (Centre de Recherche Forestière Internationale),  a présenté à Kinshasa,  les résultats d’une série d’études sur les filières de développement et conservation dans le paysage de la Réserve de biosphère de Yangambi réalisées dans le cadre du projet FORETS ( Formation, Recherche et Environnement dans la Tshopo).

Au total, près de dix études ont été menées pendant cette période. Les analyses faites dans les filières agricoles et agroforestières, les secteurs de l’énergie et du bois, ont été complétées par des analyses approfondies du panorama institutionnel et la réduction d’un plan de développement des capacités des agents de certains partenaires clés basés à Yangambi, comme l’INERA, l’IFA et la MAB-UNESCO. Continuer la lecture de Forêt : Clôture de la première phase du Projet Formation Recherches et Environnement dans la Tshopo (FORETS)

Forêt : WWF invite les acteurs au respect des textes du moratoire

Le Fonds Mondial pour la Nature (WWF),  a dans un communiqué publié ce vendredi, 02 mars,  interpellé les différents acteurs notamment le gouvernement et la société civile  à considérer  les textes du moratoire sur les forêts congolaises. Cette sortie médiatique de WWF fait suite à la réattribution  de 3 concessions d’une superficie de 650.000 hectares des forêts par le Ministre congolais de l’Environnement et du Développement Durable.

«En tout état de cause, le WWF voudrait rappeler à tous les acteurs la nécessité d’assurer un processus transparent et compétitif des adjudications des concessions forestières industrielles, afin de rencontrer les obligations des textes réglementant le secteur forestier en RDC, et de respecter les engagements pris auprès des partenaires nationaux et internationaux.Car, au regard des articles 83 et 84 de la législation forestière en vigueur, l’acquisition de nouvelles concessions forestières se fait par voie d’adjudication. Mais à titre exceptionnel, elle peut l’être de gré à gré conformément à l’article 86», peut-on lire dans ce document. Continuer la lecture de Forêt : WWF invite les acteurs au respect des textes du moratoire

RDC-Forêt : levée du moratoire, Amy Ambatobe explique le bien-fondé de la mesure

La question de la levée du moratoire sur les forêts de la République démocratique du Congo ne cesse de préoccuper plus d’un congolais. Si les aspects de gouvernances et des conditions adéquates à remplir pour lever cette mesure prise depuis 2002, ont été relevés à Kinshasa par certains observateurs lors du lancement de l’atelier de réflexion initié à ce sujet par le gouvernement, cette question s’est invitée également aux audiences que le ministre de l’Environnement et développement durable, Amy Ambatobe a accordé aux acteurs de la société civile et Ongs internationales à Bonn en Allemagne.   

Pour Amy Ambatobe, le secteur forestier de la RDC est confronté à de redoutables défis. Conséquence, les recettes publiques générées par ce secteur sont considérablement inférieures aux taux officiellement évalués. Continuer la lecture de RDC-Forêt : levée du moratoire, Amy Ambatobe explique le bien-fondé de la mesure

Forêt : la gestion des tourbières forestières, un nouveau défi pour le gouvernement congolais

Découvertes récemment en République démocratique du Congo, les tourbières forestières posent de défit majeurs liés surtout à leur gestion. Le ministre de l’Environnement et développement durable, Amy AMBATOBE a annoncé la signature d’un nouvel arrêté sur la gestion de ces tourbières forestières en RDC. Cette révélation a été faite lors de la journée politique organisée par Greenpeace Afrique sur Esperanza, ce 30 octobre à Matadi dans la province du Kongo Central.

Le ministre de l’environnement et développement durable, Amy Ambatobe, à Matadi sur le bateau Esperanza.
Crédit photo/ serge Ntumba Environews RDC

Cette journée qui a portée  sur la présentation de résultats de la recherche sur ces tourbières, avait pour objectif d’inciter et assurer une démarche participative dans la gestion des tourbières par l’application et la consultation des différentes parties prenantes notamment les communautés locales et les peuples autochtones, élaborer la stratégie nationale de gestion des tourbières et assurer la mise en œuvre de celle-ci par les principaux bailleurs technico-financiers, et la société civile.

« A l’issue de cette découverte, la RDC ira à la COP23 avec un lobbying portant sur l’importance de ses tourbières forestières et sa bonne gestion. C’est pourquoi nous avons anticipé avec l’arrêté pour une mise en place de cette unité de gestion », a déclaré le Ministre de l’Environnement et développement durable.

A en croire, Victorine Che Thoner, Responsable de la campagne forêt du Bassin Congo à Greenpeace Afrique, les tourbières forestières jouent un grand rôle dans la lutte contre les changements climatiques. Avec sa capacité énorme de séquestration du dioxyde de carbone, elles pourront contribuer à la protection des forêts  du Bassin du Congo, qui reste une préoccupation primordiale au regard des défis majeures qui pèsent sur elles.

« Cette nouvelle découverte des tourbières forestières en RDC, dans la province de l’Equateur, devra s’inviter à la table des discussions lors de la COP23 à Bonn, pour amener les décideurs à reconsidérer les approches de gestion et de protection des forêts du Bassin du Congo, dont celles de la RDC jouent un rôle important dans la lutte contre les changements climatiques. J’invite les autorités congolaises, à saisir cette opportunité pour présenter les résultats de cette recherche en Allemagne, en vue d’attirer l’attention du monde et augmenter le niveau de préoccupation pour protéger les forêts du Bassin du Congo », a-t-elle souligné.

Pour le professeur Corneille EWANGO, expert en écologie, ressources naturelles et écosystèmes tropicales, le gouvernement congolais doit assurer la protection de cet écosystème, pour bénéficier des fonds de paiements pour services environnementaux qui doit être  bien orientés au profit des communautés locales et peuples autochtones qui contribuent directement à la gestion des écosystèmes.

En effet, avec cette nouvelle donne de tourbières forestières, la RDC devrait encore peser sur l’échiquier international, par ce qu’elle amène non seulement la couverture forestière entant que cette galopée mais aussi le sous-sol qu’elle contient  en terme de tourbière avec sa capacité immense de séquestré le carbone, a estimé Irène WABIWA, responsable de la campagne forêt à Greenpeace Afrique, en RDC.

A la fin de cette cérémonie, le ministre congolais de l’Environnement et Développement durable, a formulé son vœu à l’arbre de souhait érigé dans le navire Esperanza, pour le futur des forêts du Bassin du Congo. « Nous voulons que la communauté internationale se joigne aux efforts qui sont entrain d’être déployer par le gouvernement congolais, en ce qui concerne la protection, la sauvegarde et la conservation de nos forêts mais aussi donner des moyens nécessaire pour que ces ressources profite aux populations locales et autochtones».

 
Jennifer LABARRE

Forêt : 51 % des surfaces boisées mondiales ont disparues en 2016

Dans un rapport  paru ce lundi 23 octobre 2017, Global Forest Watch (GFW)  a affirmé  qu’en 2016, les surfaces forestières qui ont été déboisées dans le monde équivalent à  la superficie de la Nouvelle-Zélande.  Une perte  qui a ainsi atteint un niveau record de 29,7 millions d’hectares.

Selon le rapport,  Cette déforestation s’explique par la forte augmentation des feux de forêt en 2015 et 2016. La responsabilité de l’agriculture et de l’activité minière est également pointée du doigt. Ce bond de 51 % en un an s’explique surtout par les nombreux incendies ayant sévi dans le monde l’an dernier.  Ce triste record des forêts détruites peut être battu en 2017, au regard des  récents brasiers en Californie et au Portugal.

Outre les incendies, la déforestation liée à l’agriculture, la coupe de bois et l’activité minière ont également contribué à l’importante réduction des forêts en 2016.

Ce rapport souligne aussi que la forte augmentation des feux de forêt en 2015 et 2016 est l’une des conséquences du courant cyclique chaud du Pacifique El Niño, le second plus intense jamais enregistré, qui a créé des conditions très sèches dans les Tropiques. Il a aussi joué un rôle dans les forêts boréales et tempérées.

Pour  GFW , un partenariat de surveillance des forêts lancé par l’organisme de recherche World Resources  Institute  (WRI) renseigne que  le changement climatique accroît aussi l’intensité et le coût des feux de forêt.

Le Brésil, l’Indonésie et le Portugal, ont subi des accroissements particulièrement importants de pertes de couverture forestière par le feu en 2016. Ainsi, elle a doublé au Brésil avec la région amazonienne qui a perdu 3,7 millions d’hectares, soit plus du triple de 2015. Le Portugal a perdu 4 % de ses surfaces boisées, la plus grande proportion tous pays confondus et près de la moitié des forêts calcinées dans toute l’Union européenne. Les auteurs du rapport affirment d’autre part que  la prévalence d’eucalyptus  qui brûlent facilement combinée à une mauvaise gestion des sols et au manque de mesures de prévention comme des coupe-feu expliquent ce bilan.

La République du Congo  quant à elle a subi l’incendie de forêt le plus étendu jamais signalé en Afrique centrale avec 15 000 hectares détruits en début 2016. A Fort McMurray, au Canada, les flammes ont ravagé en mai plus de 600 000 hectares et provoqué 8,8 milliards de dollars de dégâts.

Ces incendies de forêts et la déforestation  ne restent pas sans conséquences sur l’environnement. ils peuvent entraîner une hausse des morts prématurées, des maladies et avoir un impact économique très négatif, prévient le rapport, soulignant qu’ils peuvent aussi affecter les sources d’eau, la biodiversité et libèrent d’énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère.
Thierry-Paul KALONJI